Fiction et café dans vallée impériale

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Quiconque s'intéresse au Brésil, à son histoire et à la structuration de sa société, connaît l'importance de la vallée du fleuve Paraïba do Sul, qui depuis l'Etat de São Paulo, s'infléchit vers le Nord-est entre Rio de Janeiro et Minas Gerais. C'est là que le café, qui a dominé l'économie du pays pendant si longtemps, a commencé à être cultivé à grande échelle, en complète dépendance de l'importation en masse de travailleurs esclaves depuis l'Afrique. Actuellement, le visiteur de passage aurait besoin qu'on le mette au courant de cette histoire, car l'enfilade de collines arrondies dénudées des arbres qui autrefois les recouvraient, ne garde aucune trace des caféiers qui les ont remplacés.
Publié le : samedi 1 mars 2014
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EAN13 : 9782336340913
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Fiction et café
dans une vallée impériale
Trois romans de la fazenda esclavagiste au Brésil
REMERCIEMENTS
Ce travail est une version adaptée pour l’édition de la thèse de Doctorat en Études Lusophones (Littérature Brésilienne) soutenue le 8 février 2007 à l’Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris3 – UFR des Études Ibériques et Latino-Américaines sous le titreFiction et café dans la vallée du Paraïba - Trois romans de la fazenda esclavagiste. Ma thèse n’aurait pas pu prendre forme sans la compétente direction de Madame le Professeur Jacqueline Penjon, que je remercie. Après la soutenance, mes recherches auraient certainement échoué au fond d’un catalogue de thèses, sans l’intérêt généreux que le Professeur John Gledson a bien voulu leur accorder. Le dialogue ainsi noué a abouti à cette édition. Qu’il en soit remercié. Une centaine d’années après les romans de l’esclavage, le photographe et agronome brésilien Arminio Kaiser a enregistré e la suite de la marche du café au 20 siècle. Merci à lui, à Edson Luiz Vieira et http://www.camaraclara.org.br, qui nous donnent accès à ces photos admirables. Les mains de l’homme qui égrènent le café ne sont peut-être pas très différentes d’un siècle à l’autre.
Regina M. a. Machado
Fiction et café dans une vallée impériale
Trois romans de la fazenda esclavagiste au Brésil
Préface de John Gledson
INDIGO
Cet ouvrage a été publié avec le concours du Centre de recherches sur les Pays lusophones (CREPAL) de l’Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris 3
En application des articles L. 122-10 à L. 122-12 du code de la propriété intellectuelle, toute reproduction à usage collectif par photocopie, intégralement ou partiellement, du présent ouvrage est interdite sans autorisation du Centre français d'exploitation du droit de copie (CFC, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris). Toute autre forme de reproduction, intégrale ou partielle, est également interdite sans autorisation de l’éditeur.
© INDIGO & Côté-femmes éditions 55 rue des Petites Écuries 75010 Paris http://www.indigo-cf.com
er Dépôt légal, 1 trimestre 2011 ISBN 2-35260-0715 EAN9782352600718
SOMMAIRE
PRÉFACE de John Gledson ..................................................................... 9
INTRODUCTION .....................................................................................
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I – Temps de l’écriture et temps des histoires........................ 22 a) Un premier temps de l’écriture des romans du corpus – les années 1870. .................................................................................... 24 José de Alencar : un auteur de son temps ........................................... 28 Le politique................................................................................................ 28 La formation de l’écrivain........................................................................ 30 L’œuvre analysée par le créateur............................................................. 34 La réception d’une création artistique................................................... 37 Bernardo Guimarães : un écrivain méprisé pour cause de pédagogie ? 38 L’homme plus visible que l’écrivain....................................................... 39 b) Deuxième temps de l’écriture des romans – les années 1910...... 42 Coelho Neto – un professionnel de l’écriture...................................... 45 L’autocritique de l’écrivain...................................................................... 48 Une réception très diversifiée................................................................. 54 c) Un temps unique pour les histoires – Autour de 1850– Premiers ébranlements d’un système de valeurs littéraires et autres. 57 O Tronco do ipê– une étrangeté pas encore inquiétante....................... 60 A escrava Isaura -un pamphlet séduisant et pas si bête........................ 64 Rei Negro– rachat épique et anachronique d’une dette du romantisme 69
II – Une périphérie littéraire............................................................. 74 a) En amont : des documents historiques, des apologues, des contes O Capitão Silvestre74…Premier roman brésilien sur le café ?.................. As vítimas algozes –Un apologue de Joaquim Manuel de Macedo........... 78 b) Les contes et chroniques des gens de peu....................................... 81 Des oppositions toponymiques et valoratives...................................... 83 Um leilão na roçaetO Coronel F,de Augusto Emilio Zaluar................. 83 c) En aval – bilans et mémoires ............................................................. 86 Après 1888 – des constatations, des contes, des chroniques ............ 89 Casos da RoÇa- Adelino Magalhães......................................................... 89 Le « Général Café » et les « Villes mortes » - Monteiro Lobato91 94Les mémoires de la vallée défunte .....................................................
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FICTION ET CAFÉ DANS UNE VALLÉE IMPÉRIALE
LA VALLÉE DANS LE TEMPS RACONTÉ....................................... 99 III – La fazenda comme espace de concentration du temps 99 a) Le temps des fazendas – Métaphore et miroir de l’Empire ......... 101 Une vallée emblématique de son temps ............................................... 105 Un passé derrière l’autre ......................................................................... 108 Pai mineiro, filho cavaleiro, neto sapateiro” – grandeur et décadence en quelques générations .......................................................................... 110 b) Le présent : explicitations et ambiguïtés .......................................... 117 Un présent de désenchantement ........................................................... 117 c) Des épilogues de désolation et mort ................................................ 119
IV – Les lieux.......................................................................................... 124 a) Les festivités – Le palais reflété dans les fazendas ......................... 124 b) Les lieux et la couleur des noms - les deux pôles de la fazenda .. 129 LaCasa grande, si bien nommée par les esclaves ................................. 129 Senzala ....................................................................................................... 136 c) Le salon éclairé et frivole ................................................................... 137 Les diverses répliques du salon .............................................................. 140 Salons privés et salons publics ............................................................... 145 d) La cabane lieu des mythes ................................................................. 148 Le miroir qui redouble le monde .......................................................... 150
V – Le regard........................................................................................... 154 a) Appropriation du paysage – un droit de maître .............................. 154 Regards distraits, gestes attentifs ........................................................... 154 b) Transgression du regard – un fait d’esclave .................................... 159 La transgression accomplie .................................................................... 159 Une transgression annoncée .................................................................. 161 Au-delà du jardin : paysage de lumière et clarté, nature d’ombre et mystère .................................................................................................. 164
LA TRAME DES COULEURS ............................................................... 168
VI – Les couleurs des voix dans les romans de la fazenda168 Références mythologiques et scientistes à l’usage du narrateur ....... 171 b) Entre narrateur et personnages ........................................................ 177 c) Le narrateur induit l’intrigue ............................................................. 181
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TROIS ROMANS DE LA FAZENDA ESCLAVAGISTE AU BRÉSIL
VII – Rapport des formes et des couleurs............................... 190 a) Un chromatisme orienté et expressif ............................................... 191 Des lignées spirituelles du Noir au Blanc .............................................. 191 Des couleurs qui s’attirent et se confondent ....................................... 195 Des couleurs qui se brisent ................................................................... 198 Le roi est mort, vive le roi ...................................................................... 200 Mariage et héritage .................................................................................. 205 Mariages d’esclaves .................................................................................. 209
VIII – Quelques clichés incoutournables................................. 213 a) Respect de l’ordre esclavagiste .......................................................... 214 Couleur de peau et sensualité ................................................................ 217 Piété et pitié .............................................................................................. 221 b) La nature lieu d’éveil .......................................................................... 225 c) EntreCasa GrandeetSenzala: –Feitor............................................... 230
IX – Formation et conformation d’un héritier...................... 234 Histoires d’un jeune homme pauvre .................................................... 237 Un héritier idéal ...................................................................................... 241 Des héritiers impossibles ........................................................................ 243 b) Héritier et bachelier ............................................................................ 246 c) L’usurpateur – la force et la beauté du diable étranger ................. 253 L’usurpateur porté par l’immigration ................................................... 256
X – À l’intérieur de laCasa Grande............................................. 258 a) Une parole informée chez les femmes – adéquation et transgression.... 259 L’éducation idéale des filles libres ou esclaves .................................... 259 Les fonctions « Mère » et « Éducatrice » .............................................. 262 Mãe Preta(la nounou noire) – la parole créatrice ............................... 263 Mucama ..................................................................................................... 269 b) Les convives ......................................................................................... 274 Compadre.................................................................................................... 274 Le curé et lesubdelegado............................................................................ 278 Les Conseillers du Maître ....................................................................... 280
XI – Un nouveau langage, une vieille mémoire – paroles d’esclaves.......................................................................... 284 b) Entre maîtres et esclaves – Dialogues de la légèreté de l’horreur 288 Un bonheur impossible à contester ..................................................... 288 Les cadeaux vivants ................................................................................ 294
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FICTION ET CAFÉ DANS UNE VALLÉE IMPÉRIALE
c) L’esclave animalisé, idéalisé, mythifié ............................................... 298 Monstres et sorciers ................................................................................ 300 Les gardiens du temple ........................................................................... 306
309 CONCLUSION ..........................................................................................
315 BIBLIOGRAPHIE .....................................................................................
CORPUS ...................................................................................................... 315 CORPUS PRINCIPAL .............................................................................. 315 OUVRAGES GÉNÉRAUX ..................................................................... 315 CRITIQUE ET HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE BRÉSILIENNE315 315 HISTOIRE ET CIVILISATION DU BRESIL .................................... 320 HISTOIRE DU CAFÉ .............................................................................. 322 THÉORIE ET CRITIQUE LITTÉRAIRE ........................................... 323 OEUVRES LITTÉRAIRES DIVERSES ............................................... 325 FICTION ...................................................................................................... 325 LETTRES, ESSAIS, CHRONIQUES ..................................................... 326 OEUVRES LITTÉRAIRES SUR LES FAZENDAS DE CAFÉ ...... 327 FICTION ..................................................................................................... 327 BIBLIOGRAPHIES, DICTIONNAIRES ET ENCYCLOPÉDIES 329
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PRÉFACE 1 John Gledson
uiconque s’intéresse au Brésil, à son histoire et à la Q structuration de sa société, connaît l’importance de la vallée du fleuve Paraïba do Sul, qui depuis l’État de São Paulo, s’infléchit vers le Nord entre Rio de Janeiro et Minas Gerais. C’est là que le café, qui a dominé l’économie du pays pendant si longtemps, a commencé à être cultivé à grande échelle, en complète dépendance de l’importation en masse de travailleurs esclaves depuis l’Afrique. Actuellement, le visiteur de passage aurait besoin qu’on le mette au courant de cette histoire, car l’enfilade de collines arrondies dénudées des arbres qui autrefois les recouvraient, ne garde aucune trace des caféiers qui les ont e remplacés. Quelques demeures seigneuriales du 19 siècle, quelques-unes en ruines, d’autres devenues des hôtels où l’on s’échappe de Rio pour un week-end, c’est tout ce que les anciennes fazendas présenteront aux yeux du visiteur pressé. Mais s’il veut s’attarder et écouter, de plus en plus cette région s’organise pour reconstituer l’époque de son apogée, celle du Second Règne, de l’Empereur Pedro II (1840-1889), sans oublier la combinaison tragique (toxique ?) du café et de l’esclavage qui ont fait sa grandeur. Quant à l’expression littéraire qu’a pu se trouver cette société bâtie sur des bases aussi brutales pendant cette même période, c’est la question suscitée par ce livre. C’est vers la moitié du e 19 siècle que la fertilité du sol commence à s’épuiser,
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