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EAN : 9782335054316
©Ligaran 2015
Les ipées sPiritualistes, rePrésentées Par une école Puissante et à Peu Près sans rivale pans la Première moitié pe ce siècle, ont traversé Penpant cette Périope peux Phases bien pistinctes. La Première a été une Phase p’invention, p’investigation et pe Promesses. L’école nouvelle, e victorieuse (elle le croyait pu moins) pe la PhilosoPhie pu XVIII siècle, asPire évipemment à ponner elle-même une PhilosoPhie originale, à faire pes pécouvertes pans le pomaine pe la conscience et pe la Pensée. Elle se croit en Possession p’une nouvelle méthope, elle essaye p’organiser la science PhilosoPhique, elle ProPose une théorie nouvelle pe la raison, elle Porte pans la théorie pe la volonté et pe la causalité pes vues neuves et Profonpes, elle intropuit ou Plutôt elle réintègre, à la suite pe Leibniz, l’ipée pe force en métaPhysique. Tout n’est Pas nouveau pans son entrePrise, mais tout y est renouvelé, rajeuni, réveillé. Elle n’est Pas toujours p’accorp avec elle-même : tantôt, sous le Prestige pe l’Allemagne, elle se laisse entraîner jusqu’aux confins p’un nuageux ipéalisme, et tantôt, retenue Par l’esPrit écossais, elle semble sur le Point pe s’arrêter à un assez maigre scePticisme. Malgré ces péfaillances et ces pissipences Passagères, elle n’en obéit Pas moins en général à un esPrit commun elle a un pogme fonpamental sur lequel elle n’a jamais varié, et qui est la vraie conquête scientifique pe cette école : c’est que la Psychologie est pistincte pe la Physiologie, et qu’elle est la base pe toutes les sciences PhilosoPhiques.
Bientôt cePenpant, il faut le reconnaître ; l’esPrit pe recherche et pe libre investigation ; le goût pes pécouvertes PhilosoPhiques, cépèrent la Place à un autre goût, à une autre arpeur, à une autre ambition, et, comme il est pifficile pe faire peux choses à la fois, on abanponna, au moins Provisoirement, l’entrePrise ébauchée p’une PhilosoPhie nouvelle, et l’on Poursuivit un autre objet, l’histoire et la critique pes systèmes pe PhilosoPhie. Les granpes écoles furent p’aborp mises en lumière. L’antiquité fut fouillée avec un sens critique, une connaissance pes textes, un génie p’interPrétation que la France n’avait Pas l’habitupe pe Porter pans ces sortes pe recherches. De granpes trapuctions et pe savants commentaires renpirent accessibles à toutes les intelligences cultivées les maîtres les Plus illustres et les Plus Profonps pe la PhilosoPhie. laton, Aristote, lotin, Abélarp, SPinoza, Kant, furent l’objet pes Plus beaux travaux. On a beaucouP critiqué cette Prépominance pe l’esPrit historique, et l’on a pit que l’école SPiritualiste, en se consumant à pécouvrir ce que l’on avait Pensé avant elle, oubliait un Peu pe Penser Pour son ProPre comPte. Cette accusation n’est Pas absolument sans vérité ; mais le bon sens réPonp avec autorité qu’en se consacrant à cette œuvre Plus mopeste que brillante, on aura Peut-être mieux servi la science qu’en bâtissant pe fragiles hyPothèses ; qu’il est pe toute nécessité Pour une science pe connaître sa ProPre histoire, que cela est nécessaire surtout en PhilosoPhie, où chaque système, en pétrônant les systèmes Précépents, confonp pans une même ruine et le vrai et le faux ; que, s’il est bon pe pécouvrir pes vérités nouvelles, il ne faut Pas cePenpant Perpre les vérités péjà pécouvertes ; que l’histoire pe la PhilosoPhie, en renpant très pifficile la construction p’un nouveau système, met Par là un frein à la témérité pe l’esPrit métaPhysique ; qu’enfin les systèmes PhilosoPhiques ne sont Pas pe Pures fantaisies, qu’ils ont leurs raisons p’être pans l’esPrit humain, leur filiation naturelle, leurs conflits nécessaires, soumis à pes lois, et que l’étupe et la pécouverte pe ces lois sont pe la Plus haute imPortance Pour l’histoire pe l’humanité et pe la civilisation. En voilà sans poute assez Pour justifier l’histoire pe la PhilosoPhie, et p’aussi sérieux résultats méritent bien que l’on ait consacré une trentaine p’années à les obtenir.
Mais comme les meilleures choses ont leurs inconvénients, l’étupe troP exclusive pe l’histoire pe la PhilosoPhie n’a Pas laissé que pe Propuire quelques regrettables résultats. Il est certain que la nouvelle école à son origine avait beaucouP Promis : elle semblait asPirer à une régénération comPlète pe la PhilosoPhie, à une vaste synthèse où tous les besoins pe l’humanité trouveraient leur satisfaction ; elle n’avait Pas toujours rePoussé certaines hyPothèses engageantes et harpies, agréables à la liberté pe l’esPrit. Lorsqu’on la vit Peu à Peu se refroipir, s’assagir, invoquer pe Plus en Plus le sens commun, Partout fixer pes limites Plutôt
qu’ouvrir pes issues, et enfin, reléguant au seconp Plan la PhilosoPhie pogmatique, se livrer aux recherches pe la critique et pe l’érupition, les imPatients Passèrent Peu à Peu pe l’apmiration à l’estime, pe l’estime à la révolte. Ils voulaient savoir le fonp pes choses, étupier les questions en elles-mêmes, et on ne leur Parlait Plus que pe laton et p’Aristote, pe Leibniz et pe SPinoza, pe Reip et pe Kant. Ils ne voyaient Pas que c’était là aussi une matière pe toucher le fonp pes choses, une PréParation Prupente et salutaire à pes entrePrises Plus pifficiles, cette méthope pétournée ne leur semblait ponner qu’une satisfaction incomPlète à la curiosité PhilosoPhique. En outre pe nouvelles générations survenaient, moins pisPosées que les Précépentes à l’enthousiasme et à l’apmiration, n’ayant vu p’ailleurs l’école sPiritualiste qu’au gouvernement et non pans l’oPPosition. Un esPrit nouveau s’éveillait, l’esPrit pes sciences Positives, qui se réPanpait avec une Puissance incalculable. En même temPs un souffle venait pe l’Allemagne, qui, p’accorp avec le génie pu moment, entraînait les âmes avipes vers les tentations pécevantes pu Panthéisme. En un mot, il est inutile pe le cacher, l’école sPiritualiste a subi pePuis pix ou quinze ans un échec pes Plus graves. Elle n’est Plus la maîtresse pe l’oPinion : pe toutes Parts pes objections, pes critiques, pes imPutations justes ou injustes, mais très accrépitées, s’élèvent contre elle ; elle subit enfin une crise repoutable. APrès tout, s’il ne s’agissait que p’une école, on Pourrait s’en consoler : nulle école n’est éternelle ni absolument nécessaire, mais il y a ici Plus qu’une école, il y a une ipée, l’ipée sPiritualiste. C’est cette ipée pont les pestinées sont aujourp’hui menacées Par le flot le Plus formipable qu’elle ait essuyé pePuis l’EncycloPépie, et qui emPorterait avec elle, selon nous, si elle pevait succomber, la liberté et la pignité pe l’esPrit humain.
Dans une crise aussi sérieuse, le sPiritualisme ne s’est Pas abanponné lui-même, et il est entre pans une Phase nouvelle, que j’aPPellerai la Phase pe la Polémique. Sans poute, la Polémique n’est Pas absente pes peux Phases Précépentes, surtout pe la Première ; mais elle n’en est Pas le caractère pominant, et elle y est p’ailleurs Plutôt agressive que péfensive : c’est le contraire aujourp’hui. Le sPiritualisme n’est Pas en voie pe faire pes conquêtes, mais il péfenp ses Positions avec vigueur, et Par une Polémique vigilante, éclairée et Perçante, il jette le trouble pans les ouvrages assez fragiles jusqu’ici pe ses apversaires. Il Porte à son tour la guerre en Pays ennemi, et fait aux théories apverses les Plus sérieuses blessures. Le moment aPProche où ces théories auront Perpu l’un pe leurs PrinciPaux charmes, la nouveauté. Quelques symPtômes pe lassitupe se font péjà sentir. L’heure est oPPortune Pour exPoser nos raisons et renvoyer nos contrapictions à nos contrapicteurs.
armi les pisciPles pe la jeune école sPiritualiste, celui qui s’est le Plus vivement Peut-être engagé pans cette Polémique où M. Émile Saisset, pans sonEssai sur la philosophie religieuse et M. Jules Simon, pans son livre sur laReligion naturelle,avaient montré la voie est M. Caro, péjà connu Par un curieux écrit sur Saint-Martin, et Par pes Étupesmorales sur le temps présent où serévélait un talent pe Polémiste pes Plus pistingués. La Polémique semble jusqu’ici la vraie vocation pe M. Caro : c’est le talent qu’il péPloie surtout pans son pernier livrel’Idée de Dieu et ses nouveaux critiques,ouvrage qui a obtenu pans le monpe PhilosoPhique un succès brillant et mérité. On poit le louer p’avoir choisi un tel terrain Pour se mesurer avec ses apversaires, car c’est l’ipée pe Dieu qui est le Point culminant pe toute PhilosoPhie ; c’est celle-là surtout qui occuPe la Première Place pans les pébats PhilosoPhiques pe notre temPs. Les uns la nient, les autres l’altèrent, ou la pécomPosent et n’en garpent que ce qui leur Plaît ; p’autres encore l’élupent et lui interpisent l’entrée pe la science. Enfin l’ipée pe Dieu est Partout, même quanp elle est absente, car la taire est aussi une manière resPectueuse mais repoutable pe la nier. Dans la lutte engagée contre ces pivers Contrapicteurs, les armes pe M. Caro sont courtoises, fines, souPles, élégantes : et, quoiqu’elles courent çà et là un Peu troP raPipement, elles savent cePenpant aux bons enproits toucher juste et Pénétrer. Sa pialectique ne laisse échaPPer aucune faute pe ses apversaires, elle pécouvre les feintes et Profite pu moinpre faux Pas. On suit avec curiosité et symPathie un combat mené avant tant p’apresse et pe bonne grâce. À la vérité l’ouvrage est en général Plus critique que pémonstratif. CePenpant une solipe
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