La gloire des Verner

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A une époque où la majorité des livres publiés traitent de politique, d'économie ou au mieux d'histoire, où les simples récits sans messages plus ou moins cachés se font rares, c'est un plaisir de redécouvrir la tradition des vrais romans anglais. Si on tient à tirer une leçon de ce beau roman, ce sera la constatation que les grands sentiments sont perdurables, pour éviter le qualificatif prétentieux d'éternels. Voyager en diligence ou en TGV ne change rien aux rapports profonds entre êtres humains.
Publié le : lundi 1 septembre 2014
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EAN13 : 9782336354668
Nombre de pages : 506
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La Gloire des Verner
Collection Littérature classique Textes et commentaires Cette collection est consacrée à la réédition, l’analyse et la présentation de textes classiques de la littérature mondiale des e origines à la fin du XIX siècle. Titres parus Alexandre Ivanovitch KOUPRINE,Monstres insatiables,Traduit du russe, introduit et annoté par Françoise Wintersdorff-Faivre, 2013.Alain CHARDONNENS,Terreur prussienne,2012 Jacques LARDOUX,Lessonnetsde William Shakespeare,2012.
Mrs. Henry WoodLAGLOIRE DESVERNER
Traduction nouvelle et préface de Maurice Huet
OUVRAGES DU TRADUCTEUR Sous le pseudonyme de Maurice Valentin : Nouvelles Tunisiennes,Mémoire de notre temps éd., Montpellier, 1992 et 2002. Le mauvais côté de la voie,édition personnelle, Castelnau le Lez, 1998. Trois enjambées (Tunisie 1951-1972), L’Harmattan éd., Paris 2005. Sous le nom de Maurice Huet : Le Pommier et l’Olivier, Charles Nicolle, une biographie, Sauramps médical éd., Montpellier 1995. Tel climat, quelle santé ?L’Harmattan éd., Paris 2001. Drôles d’idées pour esprits curieux.L’Harmattan éd., Paris 2009. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30313-0 EAN : 9782336303130
PRÉFACE
La Gloire des Vernera enchanté mes quinze ans. J’y trouvais une belle histoire d’amour dans un environnement que la géographie, les diffé-rences d’époque, de conventions sociales, et mille autres détails rendaient aussi exotique que si elle s’était déroulée au bout du monde et non de l’autre côté de la Manche. La traduction de L. de Lestrive, datant de 1878, respectant le vouvoiement entre parents et enfants, entre frères et sœurs, entre jeunes amis, accentuait cet éloignement de mon milieu de petit français. Je n’ai pas tenu à conserver toutes ces conventions. Il m’a semblé qu’en se rapprochant de notre monde actuel par des dialogues adaptés, on sentirait mieux combien les sentiments sont universels et se moquent des différences de langage. De Lestrive s’est permis de nombreuses libertés, supprimant des passages, et même rajoutant de petits résumés pour mieux entrer dans cette belle histoire d’amour. L’auteur, Mrs. Henry Wood, les a approuvées. Je n’avais donc pas à y revenir moi-même. La traduction de 1878 reste absolument remarquable et je tiens à préciser que j’en ai conservé de multiples passages, mot à mot, ponctuation comprise. e  En cette fin duXIX siècle, les voyages étaient loin d’être aussi simples qu’aujourd’hui. Aller en Australie — comme le font plusieurs personnages du roman — prenait plus d’un mois avant la percée du canal de Suez. Sur terre, on utilisait le train. Mais les petits déplacements
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se faisaient individuellement à cheval et à plusieurs dans des voitures plus ou moins confortables et peu rapides.  Autour de Rachel Frost, personnage clef et pourtant à peine entrevu, gravitent les héros que nous apprenons à connaître peu à peu : le beau Lionel Verner, trop parfait, toujours prêt à se sacrifier ; Lucy, aussi parfaite, mais de façon plus discrète ; la poignante Sybille West qui souffre durement par sa faute entre deux caprices ; l’extravagant Jan, sans doute le plus sensé malgré les apparences ; les suspects, les deux frères Massingbird, dont l’un se révèlera comme le mal incarné ; l’inquiétant Dr. West qui de loin tire les ficelles. Autant de personnages se croisant dans une histoire passionnante.  On reste confondu devant le talent de romancière de Mrs. Henry Wood (1814-1887) qui se cache modestement derrière l’identité d’un mari inconnu. De son vrai nom, Ellen Price, elle a vécu plus de vingt ans en France. Son mari faisait de mauvaises affaires et pour gagner un peu d’argent, elle s’est lancée dans la littérature en répondant à une annonce offrant 100 livres à un ouvrage vantant la tempérance. Ce futDanesbury Housequi obtint un grand succès Cela l’a encouragée à publier ensuite une cinquantaine de romans dont le plus célèbre estEastline. Trois seulement ont été traduits en français.  Je suis persuadé que, malgré tout ce qui éloigne aujourd’hui les adolescents de la lecture, il s’en trouvera qui prendront plaisir à s’immerger dans la merveilleuse histoire deLaGloire des Verner.
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Chapitre 1 Rachel Frost
 Le soleil d’après-midi déclinant vers l’horizon éclairait un délicieux paysage. Tamisés par les frais feuillages des chênes et des tilleuls, ses rayons caressaient les haies prêtes à fleurir, traînaient sur le gazon déjà d’un joli vert, puis illuminaient les fenêtres d’une belle demeure, perchée sur une hauteur, qui semblait affirmer sa domination sur ces vastes étendues et sur les arbres majestueux. Ce n’est pas que cette maison avait de quoi plaire aux amateurs de vieilles pierres. On n’y voyait ni pignons ni tourelles délabrées, pas plus que de gouttières contournées ou de fenêtres à meneaux. La bâtisse n’était pas de meulières ou de briques enjolivées par le temps. C’était un beau et solide manoir promettant de belles pièces, sans cheminées qui fument ni portes qui battent et avec tout l’espace nécessaire. Les portes-fenêtres donnaient sur une terrasse ensablée qui courait tout le long de la maison, avec au centre un large volée d’escaliers. Elle se continuait, de chaque côté, par une pelouse en pente douce qui conduisait à de belles allées. Les parterres de fleurs embaumaient déjà avant les promesses de l’été. Plus loin, d’autres allées ombragées garantissaient du soleil quand il brûlait à midi. Des bosquets et des labyrinthes tortueux promettaient des rencontres secrètes, si secret il y avait. Des arbustes odorants ; le
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