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Jean-Célestin EdjanguéLa République des sans-souci
Mukala, l’un des fi ls de Papa Mbota et Sita Ndabo, était devenu La République
président de la « République des sans-souci », en Afrique, par la seule
volonté de l’ancienne puissance coloniale. Cette dernière devait l’assurer
de son maintien au pouvoir à vie. Dans ce jeu politique où la mère des sans-souci
patrie puisait dans les ressources économiques de la jeune République
depuis son indépendance en 1960, c’est l’immense majorité du peuple
qui trinquait. Le clan du président était quant à lui à l’abri du moindre
besoin. Les voitures rutilantes, les villas cossues, les costumes
troispièces et autres vêtements de luxe complétaient une liste non exhaustive
de biens. Mukala et les siens dégageaient une puissance déconcertante,
sûrs de l’appui que leur apportait l’ancienne puissance coloniale…
Jusqu’au jour où la jeunesse de la République des sans-souci décide
d’en fi nir avec un régime qui appauvrit l’immense majorité du peuple
tout en se remplissant les poches. Plus dure sera la chute, l’alliée
d’hier, la puissance coloniale, ayant laissé tomber le régime Mukala,
pour se ranger… du côté de la jeunesse ! Une jeunesse qui doit, à son
tour, faire ses preuves au pouvoir. Elle est attendue, comme un maçon,
au pied du mur…
Jean-Célestin Edjangué est diplômé en histoire de
l’université d’Angers et en sociologie de l’université de
Nantes, en France. Auteur de nombreux ouvrages sur
le Cameroun et sur l’Afrique, journaliste, il a travaillé
notamment au sein de la rédaction de Ouest-France
et de La Nouvelle République du Centre-Ouest, à Angers, avant d’être
grand reporter au quotidien camerounais indépendant Le Messager, dont
il a par ailleurs été correspondant en Europe. Il a présenté et coproduit
de nombreuses émissions à la télévision et à la radio au Cameroun.

Image de couverture © Patrick Mamia
Ecrire l’Afrique
ISBN : 978-2-343-03388-4 Ecrire l’Afrique
14 €
Jean-Célestin Edjangué
La République des sans-souci






La République des sans-souci

Écrire l’Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen

Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette
collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.


Dernières parutions

Casimir Alain NDHONG MBA, Au dire de mes aïeux. Une facette
du passé des Fang du Gabon, 2014.
Darouiche CHAM et Jean EYOUM, Mon continent À Fric, Un essai
à deux voix sur l'attractivité du continent Africain et de sa
jeunesse, 2014.
Marie-Françoise MOULADY-IBOVI, Étonnant ! Kokamwa !, 2014.
Réjean CÔTÉ, Un sorcier africain à Saint-Pie-de-Guire, 2014.
Mamadou DIOP, Rahma, l’école d’une vie, 2014.
Simon DIASOLUA, Entre ciel et terre, Les confidences d’un pilote
de ligne congolais, 2014.
Kasoum HAMANI, Niamey cour commune, 2014.
Roger KAFFO FOKOU, Les cendres du temps, 2014.
Pierre FREHA, Chez les Sénégaulois, 2014.
Patrick BRETON, Cotonou, chien et loup, 2014.
Cikuru BATUMIKE, L’homme qui courait devant sa culpabilité, et
autres nouvelles, 2014.
Mahmoud Bensaïd BAH, Les défis de la démocratie en Guinée,
2014.
Georges ROUARD, Nuit noire à Dôko, 2014.
O. TITY FAYE, La chute de la Révolution. Les derniers complots.
La tourmente, livre III, 2014. Prêt pour la Révolution ? De l’emprise du parti
unique à la marque du fouet rouge : la révolte. La tourmente, livre
II, 2014.
O. TITY FAYE, Selon la Révolution ! La randonnée de l’étudiant
guinéen sous la Révolution. La tourmente, livre I, 2014.
Karamoko KOUROUMA, Poste 5 ou l’incroyable aventure de
Togba, 2014.
Jean-Célestin Edjangué



La République
des sans-souci






























Du même auteur, aux éditions L’Harmattan


Éducation à l’environnement en Afrique. Le rôle des médias, 2014
Afrique, que fais-tu de ta jeunesse ? Les paradoxes d’un enjeu moteur du
développement, 2013
Les colères de la faim… Pourquoi l’Afrique s’est embrasée en 2008, 2010
Cameroun. Un volcan en sommeil, 2010

















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03388-4
EAN : 9782343033884







Chaque être humain à la liberté d’agir pour construire
sinon de subir la trajectoire de sa vie.



A tous les peuples qui, à un moment de leur histoire,
ont connu les affres de la domination de l’homme
par l’homme. Qu’ils sachent que la nature humaine
est diablement complexe…



A mes parents qui ont fait de moi ce que je suis.
Les mots me manqueront toujours pour leur dire
ma reconnaissance incommensurable.



A mon épouse, dont le soutien indéfectible n’a d’égal
que la complicité solide qui nous lie, je dédie ces quelques
lignes, qui sont autant de traces de nos destins croisés.







Avant-propos
En chaque journaliste somnole l’âme d’un écrivain.
A-t-on coutume de dire dans le milieu des hommes et
femmes de médias. Pourtant, il n’a pas encore été prouvé
scientifiquement que tout journaliste soit
automatiquement, mécaniquement, un écrivain. Et alors…
J’ai commencé à coucher ces quelques lignes sur du
papier au courant de l’été 2010. Nous étions en pleine
célébration de cinquantenaire des indépendances des pays
d’Afrique francophone. Les quatorze Etats continentaux
qui ont accepté d’accéder à la souveraineté territoriale, en
1960, au lendemain du référendum organisé par la France
du général de Gaulle. Pour être tout à fait honnête, je me
dois de rappeler que je venais alors de publier deux
ouvrages, que je qualifierai d’enquêtes journalistiques.
L’idée m’est alors venue, presque dans la foulée de ces
deux premiers ouvrages, de reprendre mon stylo et
d’ouvrir mon ordinateur. Encore que je n’avais vraiment
jamais posé l’un ni fermé l’autre, en dépit des apparences.
Mais cette fois, au lieu d’enquêtes journalistes, qui
sous-tendaient l’esprit de ces deux premiers livres, un sur
le Cameroun deux ans après les troubles de février 2008,
et l’autre sur les émeutes de la faim en Afrique, je voulais
m’exercer dans un autre type d’écriture, un genre mêlant
le fait historique imagé avec les faits d’actualité. Pour dire
vrai, les faits d’actualité n’étaient guère ma préoccupation
première au moment où je me lançais. Mais, force est de
constater qu’ils ont fini par non seulement rattraper les
personnages et l’intrigue, mais sont allés beaucoup plus
loin que mon imaginaire. La réalité, a-t-on à l’habitude de
dire, dépasse souvent la fiction. Je voulais écrire un essai
romancé sur la colonisation et ses conséquences dans un
continent africain qui, en principe devenu souverain,
continu d’être considéré comme la chasse gardée des
puissances impérialistes d’antan. Les peuples d’Afrique,
de plus en plus mécontents de cette réalité, commencent à
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s’organiser pour s’en défaire. La jeunesse africaine,
particulièrement, qui a conscience de représenter une force
démographique incontestable, planifie un mouvement de
révolte qui va finir embraser progressivement toutes les
villes et régions de la « République des sans-souci »,
jusqu’à renverser le régime néocolonialiste installé au
lendemain de l’indépendance.
Cette jeunesse va donc prendre le pouvoir, adopter la
démocratie, mais en l’accommodant aux réalités
culturelles de son pays sans en dénaturer les fondements
institutionnels. Le président de la République sera élu au
suffrage universel. Son pouvoir exécutif sera flanqué de
deux autres pouvoirs : le législatif et le judiciaire. Les trois
piliers de la loi fondamentale seront séparés, l’avis du
peuple sera requis sur presque toutes les questions
essentielles qui engagent le quotidien de la communauté…
Tout un programme.
Voilà l’histoire, un peu schématisée, la trame qui a
guidé mon essai. Bien sûr, cette histoire s’alimente de la
vie des personnages de la République des sans-souci, ainsi
que du quotidien des gens qui font la vie des villes et
villages du pays. Comme la famille de Papa Mbota et Sita
Ndabo, dont l’un des fils, Mukala est devenu le premier
chef de l’Etat de la République des sans-souci par la seule
volonté de la puissance colonisatrice.
Et c’est sur ces entrefaites que la réalité va entrer en
scène. Dès le dernier trimestre de 2010, les mouvements
contestataires apparaissent de plus en plus en Afrique du
Nord. Les manifestations se multiplient en Tunisie, en
Egypte, au Maroc, en Algérie et en Libye. Ce vent
revendicatif n’aura pas la même force dans tous ces pays.
Mais il aura la même issue parce qu’il était porté par les
motivations identiques des habitants : les populations
réclament davantage de liberté, une démocratie basée sur
la participation active de tous à la bonne gouvernance, une
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