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Lafi

De
148 pages
Lafi raconte le quotidien d'une femme d'expatrié au Burkina Faso pendant plus de deux années. Etre femme, mère, amie, amante et nassara à Ouaga relève du défi tout en procurant mille plaisirs. Via ce récit, l'auteur offre un voyage dans une Afrique colorée et chaleureuse.
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« La lumière fait partie de ma vie. Jamais froid, jamais faim. Emmanuelle Lecomte
Je ne connais pas l’ennui du long terme immuable. Il y a plus de
quinze ans, j’ai quitté le nid d’origine pour sans cesse goûter,
courir et découvrir le monde. J’essaie de ne jamais m’habituer.
Éviter la routine. Aiguiser chaque jour ce regard curieux à
travers le kaléidoscope de ma vie d’expatriée. Sans cesse en
quête d’un ailleurs. Je suis une expat’ nomade et j’aime ça. » La Lafi raconte le quotidien d’une femme d’expatrié au Burkina
Faso pendant plus de deux années. Être femme, mère, amie,
amante et nassara à Ouaga relève du défi tout en procurant Récit de vie au Burkina
mille plaisirs. Qu’il s’agisse d’un bien-être physique ou moral,
la routine sous d’autres cieux, fussent-ils exotiques, existe
aussi. Via ce récit, l’auteur nous o re un voyage dans une
Afrique colorée et chaleureuse de laquelle on revient très
souvent charmé, voire transformé.
Emmanuelle Lecomte écrit et voyage depuis
l’adolescence. La logique veut que les deux
activités aillent de pair. Formée en communication
sociale et en anthropologie, elle a enseigné le
français comme langue étrangère au Cambodge et
au Burkina Faso. Elle vit actuellement en Belgique
avec sa famille et continue le voyage via les mots et l’image
jusqu’au prochain départ.
Couverture : photo de l’auteur.
ISBN : 978-2-343-04691-4
14,50 €
Rue des Écoles / Récits
Emmanuelle Lecomte
La
Rue des Écoles / RécitsLAFIRue des Écoles
Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux
personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique,
politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction
(romans) et des textes autobiographiques.
Déjà parus
Cambona (Christophe), Apologie du grand âge, 2014.
Girard (Marc), Ces géants qui m’ont précédé, 2014.
Monteil (Pierre), Les mensonges de l’Histoire, Tome 2, 2014.
Duflot (Patricia), La compagnie des ailes, 2014.
Maen, Au cœur de l’Afrique, 2014.
Merlin-Dhaine (Martine), Les masques sont silencieux, 2014.
Lafontaine (Geneviève), La vie crisocal, 2014.
De Tounens (Antoine), Edmée, 2014.
Aron (Edith), Il faut que je raconte, 2014.
Hadjadj (Akila), Vol au-dessus des bidonvilles, 2014.
Benoit (Jean-Louis), Le petit chemin de Saint-Cloud ou L’année de
l’agreg, 2014.
Sanchez (Patricia), Le Kaléidoscope d’Orphée, 2014.

Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr Emmanuelle LECOMTE
Lafi
*
Récit de vie au Burkina © L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04691-4
EAN : 9782343046914A cette belle aventure,
A tous ceux qui m’y ont soutenue.

Avant-propos
Pendant près de quinze ans, j’ai vécu sous un soleil
ardent. Un soleil dont la luminosité est telle qu’elle
parvient à nous aveugler. Un soleil tenace et permanent
qui atténue la couleur du linge et celle de la peau. Un
soleil aux allures fières qui brille sans répit sur des terres
simultanément arides et humides. Un soleil dont je suis
devenue accro et qui me manquera le jour de
l’éloignement.
La première fois que j’ai fait le grand voyage loin de
mes nuages quotidiens, j’avais vingt-trois ans et je prenais
l’avion vers Ouagadougou. Certes, j’avais déjà bourlingué
du Nord au Sud de l’Europe. Remplie d’idéaux, j’étais
déjà persuadée que le monde ne tournait pas rond. J’avais
même pu observer des inégalités ici et là. Mais jamais je
n’avais mis les pieds en dehors des limites de cette
parcelle du monde que je résumais pour moi-même, et ce
grâce aux rumeurs médiatiques, comme étant la plus
développée de notre planète !
A l’université, j’avais suivi un cours intitulé « La
problématique du tiers-monde ». Le mot même si
mystérieux avait suffi à exacerber ma curiosité. Que
signifiait ce fameux tiers ? Cette année-là, le programme
exigeait que les étudiants accomplissent un premier stage
d’observation dans une quelconque entreprise à visée
sociale. J’avais choisi le Burkina Faso comme entreprise.
La destination m’était offerte sur un plateau d’argent. Des
amis y effectuaient leur première mission de volontaires
en développement. Ils m’accueillaient au sein de leur
9
structure. Pays politiquement stable et économiquement
très pauvre, j’allais peut-être pouvoir trouver des réponses
à mes questions… Celles que j’avais notées avant le
départ s’étaient multipliées après mon retour. J’en étais
revenue quelques semaines plus tard encore plus confuse
que jamais mais avec le soleil irrémédiablement accroché
aux lèvres. Et l’envie de retourner sur une terre de laquelle
je n’avais décidément rien compris mais pour laquelle
j’avais développé une affection toute particulière.
Depuis ce voyage-là, j’ai baladé mes yeux, mon cœur et
mes bagages pendant des années dans l’hémisphère sud.
D’Afrique en Asie et d’Asie en Afrique. Seule au départ et
multipliée à l’arrivée. A l’origine, il y avait un projet
commun. Celui que je partageais avec l’homme que je
voulais à tout prix dans cette vie. Le jour où j’ai obtenu
mon diplôme, on s’est lancés tous les deux vers l’inconnu.
Passionnés que nous étions par les terres ensoleillées et
étrangères. Là où le sourire annonce la couleur des
humeurs. Personne ne nous avait prédestinés à cette
passion du voyage, issus tous deux de familles
traditionnelles et attachées aux coutumes locales. Le
hasard nous avait réunis autour d’un projet imaginé
comme une grande aventure au départ, devenu une
habitude de vie aujourd’hui. Depuis quinze ans, nous
sillonnons les routes parfois pour quelques jours, parfois
quelques mois voire des années. Atteints du même virus,
l’instabilité, nous réalisons difficilement pouvoir nous
fixer à un endroit ou à un autre. Ne sommes-nous pas
continuellement en quête d’un ailleurs ?
Quand je serai rentrée chez moi, alors seulement je
relirai ces lignes. Celles qui retraceront ce que ma
mémoire aura peut-être déjà inconsciemment effacé. Je
ranimerai le conscient et celui de mes enfants qui auront
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partagé avec moi un peu de ce temps. J’attiserai même,
pourquoi pas, la curiosité d’autres rêveurs désireux de
faire le voyage virtuellement. Ou mieux encore de
globetrotteurs avertis pour lesquels ces souvenirs réveilleront
l’une ou l’autre madeleine enfouie ou enterrée ici et là, à
Ouaga ou ailleurs.
Les mots que j’aurai posés sur le papier me permettront
de faire le deuil du départ que j’ai décidé de prendre
aujourd’hui. Si les aléas de la vie me font choisir le nid
d’origine pour m’y poser quelque temps, je sais que le
repos ne sera pas long. Je sens presque déjà mes jambes
qui fourmillent et le cœur qui s’emballe à l’idée de
découvrir d’autres cieux et d’y côtoyer d’autres âmes.
Quand je quitte un endroit, je creuse un peu de mon moi et
me déséquilibre à chaque fois. Je suis un oiseau migrateur
atteint d’un virus peu commun vu que je retourne rarement
au même endroit. Sauf cette fois ! Ouagadougou fait
exception à la règle. Cela lui vaut les milliers de mots que
j’ai très envie de lui dédier ici. A toi Ouaga, endroit de vie,
endroit de fête, d’ambiance et de découvertes. A tous ces
plaisirs visuels, olfactifs et cutanés que tu m’as donnés à
vivre pendant deux années et demi.

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Chapitre 1
Bonne arrivée
Il y a quelques mois, ma petite famille a débarqué à
Ouagadougou, capitale du Burkina Faso en Afrique
francophone occidentale. Ouagadougou, c’était ma
première destination hors Europe il y a quinze ans et voilà
que j’y reviens, quelques années et rides plus tard,
accompagnée de mes trois enfants et de leur papa. Nous
connaissions déjà le Togo voisin où nous avions vécu trois
années sans enfants. Vivre l’Afrique en famille change la
dynamique quotidienne et la vision que nous en avions.
La ville n’accuse pas trop de changements. Une
Afrique fidèle et pareille à elle-même. Les gens toujours
aussi souriants, pas méfiants pour un sou. Tout cela
semble joli et gentil. A des milliers de kilomètres, là où la
vie suit un rythme frénétique, beaucoup nous envient.
J’avoue que chez nous, on ne se soucie pas de devoir
habiller les enfants chaudement chaque matin, de laver la
voiture, de regonfler les pneus des vélos, d’arroser le
jardin, de repasser le linge, ou que sais-je encore ? On ne
fait tellement plus rien que tout devient naturellement
évident. On ne vit presque plus qu’une vie de loisirs sans
tâches ni contraintes. Notre étiquette de « Nassara » nous
oblige à créer de l’emploi et à engager du personnel de
maison. Mais c’est le cas aussi des locaux qui en ont les
moyens. Ici, tout le monde a sa cour et le personnel qui s’y
agite.
Tout a commencé pour notre petite tribu un mardi cinq
janvier à 10h25 du matin. Dans notre nouvelle maison
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