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Le Tartuffe

De
88 pages
Brecht, entré au purgatoire, avait fait l'objet d'un dossier de notre précédent numéro, cette fois c'est Polti : les 36 situations dramatiques. Il semble que notre invention ne puisse plus inventer ? Pure folie. Le labyrinthe sécrète sa sortie, les mots sont de miel ou de fiel sauf que leur goût est réversible. Vous avez dit classique ? A voir. A lire. Comme on lira Musset ; les livres sur le théâtre ; la rupture d'anévrisme en live d'un acteur, Mondory, chouchouté de Corneille. Accident dramatique de travail d'un comédien zélé qui avait franchi l'ubris de planches trop brûlantes ? Š
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N°3 PRINTEMPS 2014
le tartuffe revue périodique de théâtre 3
02
directeur de la rédactioN_GÉRáRD allouche Secrétariat de rédactioN_JáDE laNza GraphiSme et miSe eN paGe_cORInnE B. oNt collaBoré à ce Numéro_JEán GilliBert, JEán GrapiN, JáDE laNza,  mICHELelleNBerGer… couverture :cOUVERTURE DE Lá PREMIÈRE ÉDITIOn (1895) DU CÉLÈbRE LIVRE DE GEORgEs pOLTI © BIbLIOTHÈQUE JáCQUEs dOUCET
Le TartuffeparaîT TrOiS fOiS par aN. PriX aU NUmérO : 12v La rEvUE rEçOiT lE mardi dE 10h À 12h aU 25, rUE dES ÉCOlES 75005 PariS (L’HarmaTTaN VidéO).
La rEvUELe TartuffeEST régiE SElON lE COdE jUridiqUE dES ASSOCiaTiONS dE 1901. MEmBrES : Gérard ALLoucHe (préSidENT), JaNE RobeRts (SECréTairE), MariE-thérÈSE MoRon (TréSOriÈrE). AdrESSE dU SiÈgE : 17 rUE dE la PrOCESSiON 75015 PariS. Mail : tarTUffE.harmaTTaN@ClUB-iNTErNET.fr
LES maNUSCriTS ENvOyéS À la rEvUE SONT plaCéS SOUS la rESpONSaBiliTé dE lEUrS aUTEUrS ET NE SONT paS rENdUS.
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02834-7
S O M M A I R E
 Éditorial  pAge04L es 36 cHAnDeLLes Du tHÉâtRe  _GÉRáRD allouche
 pAge06Le RetouR Des cLAssIQues  _JEán GrapiN
10Musset ou LA VoLuPtÉ Du sAcRIFIce  pAge  _JáDE laNza
 CartEBlaNCHE  pAge27Le DAMneuR ou L’eRRAnce FÉconDe Des RÉIncARnAtIons  _JEán GilliBert
 mÉmoirEvivE  pAge45suR scèneMonDoRY, ActeuR FÉtIcHe De coRneILLe : un A.V.c.  _GÉRáRD allouche
 dossiEr51Les 36 sItuAtIons DRAMAtIQues  pAge  _mICHEL elleNBerGer
 livrEs  pAge80tou t à tRAc Au tHÉâtRe  DutHÉâtRe à LA LIbeRtÉ e  LARePRÉsentAtIon tHÉâtRALe en FRAnce Au xVIIsIÉcLe  DutHÉâtRe Au cIRQue Du MonDe  VoYAGe(s)suR LA DIAGonALe Du cLoWn  bAbeLReVIsItÉe
03 le tartuffe
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É d i T o R I A L
Les 36 cHAnDeLLes Du tHÉâtRe
le tartuffe 05
ConsTrUirE lE ThÉáTrE, lE dÉconsTrUirE ; sans cETTE viE organiqUE qUi lE mÉTamorphosE il sEraiT sans voix. QU’EsT-cE qUE lE classiqUE, sinon Un classEmEnT, oUi, Un ordrE miliTairE. à RomE, l’acmÉ dE la TrompETTE TriomphanTE : « NoUrri dU passÉ, En qUêTE d’avEnir : Un classiqUE. »
MUssET avaiT la fibrE paTrioTiqUE. L’amoUr. « On croiT qU’aimEr, Enfin, c’EsT lE bonhEUr sUprêmE… Non. AimEr, c’EsT doUTEr d’Un aUTrE ET dE soi-mêmE. » VoilÀ vEnUEs lEs volUpTÉs dU sacrificE. LE TrianglE parfaiT sElon GEorgE Sand EsT parTagEUr. MUssET sorT dE scènE.
LE dossiEr EsT consacrÉ aU 36 siTUaTions dramaTiqUEs sElon GEorgEs PolTi (1868-1946). MillE piècEs misEs En morcEaUx ET misEs En Tiroir. CET hommE qUi s’apprêTaiT À rEndrE son TabliEr la cinqUanTainE vEnUE fUT rappElÉ À l’acTUaliTÉ par la jEUnEssE monTanTE ET Un floT fÉminin. « L’hommE pEnsE En droiTE lignE, la fEmmE En spiralE. »
Dans sa carTE blanchE, JEan GillibErT rappEllE qUE l’ÉThiqUE prÉcèdE l’EsThÉTiqUE. LE ThÉáTrE dE JEan GEnET dÉbaT dE cE combaT dE l’êTrE ET dU paraîTrE. CommE « lEs noTions mascUlin / fÉminin TransgrEssEnT lEs psychologiEs ET lEs adhÉsions rEligiEUsEs. »
Mondory, acTEUr fÉTichE dE CornEillE, fUT-il vicTimE d’Un accidEnT dU Travail oU d’UnE maladiE profEssionnEllE ? Son EngagEmEnT paroxysTiqUE sUr scènE monTrE lEs ravagEs dE l’alExandrin, armE lÉTalE ET lEs poUvoirs dEs moTs plUs morTEls qUE l’ÉpÉE…
GÉRáRD allouche _ DirECTEUr dE la rédaCTiON
06
l er e t o u rd e Sc l a S S i q u e S
le retour deS claSSiqueS _JEán GrapiN
le tartuffe07
Anciens, modernes, auteurs, scénographes, répertoire contempo-rain, tradition, chefs de file, chefs de bandes, néoromantiques, néo-baroques, néoburlesques il semble que l’époque (toute époque) soit plongée dans un mouvement perpétuel de création langagière pour caractériser les mouvements et ce au prix de la dilution, de destruc-tion-reconstruction des signes du passé et de refondation du sens. Coassement des grenouilles d’Aristophane le monde grouille de que-relle de mots, d’images nouvelles, insensées. Castagne à la recherche d’une suprématie médiatique, gloire éphémère d’une création. Tem-pête. (Dans un verre d’eau ?). Classique dira-t-on…
A la manière d’un marronnier la question du retour périodique des classiques apparaît comme une récurrence nécessaire de tout passage en revue. Le classique n’est-il pas un havre offert aux tur-bulences du monde, des turbulences de l’esprit ? Une manière de raison dans le tohu-bohu des émotions, comme une permanente nécessité ?
Si l’on veut comprendre l’effervescence contemporaine en ce temps où le théâtre européen et ses pratiques se trouvent confrontées À celles des autres continents (où la notion même de théâtre se noie d’ailleurs dans les théâtralités) ne faut-il pas quitter le flux des mots et regarder l’origine. Réinterpréter le monde À travers le mythe qui s’en dégage ?
Le dispositif matériel du théâtre est facile À appréhender. Le monde grec nous a en effet légué les principaux concepts, toujours d’actualité. Ainsi le mot théâtre représente-t-il l’enceinte offerte au public. La scène est la tente sous laquelle se joue le drame la tragédie ou la farce. L’académie est un enseignement des idées dispensé dans le parc d’Academos par Platon. Le point critique est le point qui dans la crise fait basculer vers la vie ou de la mort et À partir duquel se définissent les critères. Il est facile de se repré-senter sur scène le coryphée qui porte le chant de la plainte et de la douleur ainsi que dans le public le critique qui commente et explique.