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Extrait  « Les mélodies de la chasse d'eau »   de   Philippe Azar   -   Bookless editions

 

Les gens ont toujours eu une vision trop romantique de l’artiste. La faute à RIMBAUD et à sa foutue légende. L’artiste à toujours été le plus grand égoïste que je connaisse. Le monde peut s’écrouler devant lui, tout ce qui l’intéresse, c’est de préserver sa petite œuvre prétentieuse et merdique pleine de suffisance et de complaisance et cela aux dépens du monde entier. Il est loin d’être le meilleur des hommes. Il ne vit que pour parfaire son art ce qui l’obsède à chaque seconde et le rend invivable, insupportable, cruel, irresponsable et les excès dont il fait preuve sont autant de bulles d’air pour le sortir d’une malédiction créatrice dans laquelle il se noie. Mais c’est par essence un aventurier, celui qui rêve de rentrer dans ce trou plein d’araignées qui fait peur à tout le monde, d’atteindre cette lueur qui scintille au loin. Ça l’attire, devient un besoin qui ne se contrôle pas et n’est rien d’autre que de la fascination pour l’inconnu. Il a constamment besoin de tout essayer, de se mettre en danger pour éliminer ses doutes, faire taire toutes ces questions qui se bousculent quelque part entre sa conscience et sa raison. Sa vie n’est qu’un combat pour atteindre la perfection de la nature, une bagarre sans fin vers le geste pur, l’émotion universelle, la ligne parfaite. Sa lutte contre la mort, la grande prêtresse du temps, gagne du terrain dans tous ses actes ; et c’est le seul averti, l’érudit au centre de ce monde qui le juge comme un fou parce que ses yeux voient des choses que vous ne verrez peut-être jamais. Il utilise ses jours et ses nuits à donner, découvrir, chercher, vérifier, s’interroger, se tromper et remettre en cause tout ce qu’il a créé pour retranscrire sa vérité aux couleurs de ses tripes, avec des mots, des traits, des sons pleins de bile fielleuse, des paroles pleines de salive, douces et tendres, qui finiront parfois comme des caresses râpeuses pour vous faire rire ou pleurer et tout ça, cet ensemble qui vient avant tout de son cœur, qu’il soit adulé ou détestable est sa véritable essence.