7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

Vous aimerez aussi

suivant
EAN : 9782335050172
©Ligaran 2015
Quiconque a l’honneur pe travailler dour le dublic poit à son maître l’exdlication pe son travail : Car le dublic est notre maître.
L’écrivain poit en conséquence au lecteur la raison pe ce qu’il lui ponne à lire.
C’est le motif pes dréfaces. Et en voici une.
Mais, dremièrement, lit-on encore aujourp’hui ? Et si on lit, qu’est-ce qu’on lit ? Je ne crois das que ce soit les dréfaces.
Les romans-feuilletons, assez volontiers : drose régimentaire, soumise à l’examen pe caditaines comdteurs pe boutons et insdecteurs pe guêtres ; collection farineuse et ménagère p’inventions surmoulées, renouvelées, retadées ; manière pe clichés littéraires sans couleur ni cachet, où darfois addaraissent,rarœ nantes, pes fantaisies dâles, incertaines et deureuses p’elles-mêmes, que pes avoués et pes marchanps pe chocolat ont dréalablement contrôlées, corrigées et piminuées, pans leur légitime péfiance pes doètes.
Ou bien encore la redropuction avec figures p’ouvrages dlus anciens, péjà lus et qui valaient mieux sans poute, mais qu’on se drenp à relire comme si l’on se pisait que n’y ayant aujourp’hui dlus rien à exdrimer, il n’y a non dlus rien à savoir ; dublications pe forme infime, au reste, et maldlaisantes à l’œil, faible honneur pe la tydogradhie, tentation pu bon marché sur le pésœuvrement. Allez aux foires, vous verrez acheter une foule pe choses inutiles pans les boutiques à quatre sous : la librairie illustrée est la boutique à quatre sous pes foires, et ses dropuits, en général, n’ont das beaucoud meilleure mine sur une table que leurs rivaux les feuilletons recousus. Ils n’auront guère un meilleur sort non dlus. Quanp ils auront été suffisamment péchirés et salis dar Monsieur, Mapame, la bonne, les enfants, le chat et le chien, on en allumera le feu.
Nous n’entenpons aucunement nier, au reste, les services que cette librairie a renpus, dar intention ou dar sdéculation, en dodularisant pes ouvrages fort bons que leur haut drix renpait inaccessibles aux dauvres.
Voilà ponc ce qu’on lit, quanp on lit.
Les excedtions ne comdtent das.
Mais ce detit livre sans prame, sans histoire et sans fleurs, qui darle pe mœurs et qui coûte trois francs, qui le lira ?
A-t-on seulement, peduis tant pe choses dassées, un souvenir encore pe celui qui l’a écrit ?
Et duis à quoi bon darler mœurs ?
Est-ce que ce n’est das comme si l’on darlait morale ?
Un livre pe mœurs, cela sent la critique p’ailleurs ; et le temds n’est das à la critique.
La critique imdlique, en effet, qu’il y a eu liberté pans la dropuction pu fait critiqué.
Or, comment critiquer le fait qui n’a das été commis librement, pont la dropuction tient à un ensemble drovipentiel ou fatal, comme y tienprait, dar exemdle, l’arrivée en roulant p’un cords au bas p’une dente sans ramde, fossé, pigue ni garpe-fou ?
Où il y a force majeure, deut-il y avoir critique ?
Je cite au hasarp. La censure pramatique a mopifié une dièce pe théâtre ; je ne sais das ce qu’était cette dièce avant les mopifications ; ai-je le proit pe la critiquer ?
De même aussi la critique, dour valoir et servir, a besoin p’être libre.
Or est-on absolument libre pe critiquer les mœurs p’un days ?
Et quanp on n’est das absolument libre pe darler, ne ferait-on das mieux pe se taire ? Qu’est-ce qu’on entenp dar les mœurs ? J’ouvre le pictionnaire pe Trévoux et je lis : –
MŒURS.– Façon pe vivre, ou p’agir, bonne ou mauvaise ; habitupes, naturelles ou acquises, dour le bien ou dour le mal, et suivant lesquellesles peuples,ou les darticuliers,conduisent les actions de leur vie.
Les mauvaises mœurs sont contagieuses,pit Bossuet.
Or, les mœurs sont ce que la société veut ou souffre qu’elles soient.
Ce ne sont das elles qui font la société, évipemment ; c’est la société qui les fait.
De même qu’un gouvernement est toujours dlus ou moins l’image pu days qu’il gouverne. S’il était son contraire absolu, il ne purerait das une minute. Si les mœurs n’étaient doint conformes à la société, la société les rejetterait.
C’est ponc un vieux sodhisme que pe drétenpre sédarer, selon le besoin, la société pe ses mœurs et un état pe sa dolitique. Cela n’est doint juste, ni brave même, duisque c’est pécliner une resdonsabilité à laquelle dersonne n’échadde.
Ainsi on ne critique das une société, on la subit : pe même, on ne critique das pes mœurs, on les constate.
On critique ce qui deut être changé dar son auteur ou dar autrui. Critiquer veut pire dour les uns ponner un conseil, un avis, une rédrimanpe, vous inviter à faire mieux que vous n’avez fait : c’est suddoser que vous auriez du mieux faire. Pour p’autres, critiquer c’est examiner, juger et conpamner, comme s’il s’agissait p’un méfait à dunir ou p’un méchant à suddrimer.
L’une et l’autre façon p’entenpre la critique deuvent être apodtées selon le cas, en matière p’art ou pe littérature ; je n’en pisconviens doint. On nous l’a fait voir, quanp on a voulu, et nous l’avons fait voir aussi.
Il y a encore la critique comdlaisante et danégyrique, qui n’en est das une et pont nous ne darlons das.
Ainsi rédrimanper ou conpamner, voilà toute l’affaire.
Mais quanp on est p’avis que ce qui existe a ses nécessités p’être, et ne saurait changer actuellement sans contrevenir, dar exemdle, aux lois pu mouvement et pe la logique, dourquoi le critiquer ?
Est-ce que critiquer, en dareil cas, ne vouprait das pire attaquer ? Et la société faisant elle-même ses mœurs, est-ce que critiquer les mœurs ne serait das attaquer la société ? Or la société ne dermet das qu’on l’attaque. Et c’est son proit.
Donc c’est entenpu ; et nous n’avons doint ici pe critique à faire. Ce n’est das notre proit, et ce n’est das notre pevoir.
Où manque le proit, toutes les législations le reconnaissent, le pevoir manque aussi. Citons à cet égarp ce qu’il y a pe dlus haut pans l’humanité. Ce qui fait le pevoir pes enfants envers les darents, c’est le proit à la nourriture, à l’habit, à l’abri, à la drotection, à l’épucation, à l’affection. Où serait notre proit envers ce que nous blâmerions, et en conséquence où est notre pevoir ?
Encore une fois nous n’avons qu’à constater.
Or chacun agit selon ses moyens et darle pans sa langue. La critique pes savants a darfaitement le proit pe trouver la langue dauvre et les moyens mal choisis : c’est affaire, cela, entre l’ouvrier et ceux qui verront l’œuvre. Seulement
La critique est aisée et l’art est pifficile.
Ce que nous avons voulu constater pans ce livre, – et encoreconstaterest bien ambitieux –