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Les Mots violets

De
238 pages
En ces limbes qui séparent les ténèbres de la conscience, la cacophonie des images: une dune, une arme, une main couverte de sang, des paroles autour de la peinture, Gabriel… Plus proches, les chansons distillées par la radio et les voix de Mariek et de Jeanne, à son chevet, qui le ramènent au monde, qui lui assurent que Dedieu, qui s’est occupé de lui toute la nuit, reviendra le voir… Pour Franck, brûlé, momifié, curieux embryon qui revient à la vie dans une chambre d’hôpital, le réveil est un interminable dédale, un processus infini, les repères ne cessant de se mouvoir et de se déplacer. Et encore ces gendarmes qui attendent pour lui parler d’un incendie… Chaos d’une résurrection dont ne s’élève qu’une question: comment en suis-je arrivé là? À travers Franck qui se cherche et recolle les morceaux, c’est nous que F. M. Duplantier déstabilise et plonge dans un univers romanesque plus proche du maelström que du labyrinthe. Sol meuble et friable, menaçant de nous emporter à chaque instant loin de la veille, vers les strates opaques et mouvantes d’un esprit qui se cherche et se recompose, l’écriture de ces Mots violets fonctionne comme un piège et devient le matériau fragmentaire d’une quête de soi magnétique.
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IDDN.FR.010.0114713.000.R.P.2010.030.40000
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2010
« On suit la route rouge pour arriver à lauberge vide. Le château est à vendre, les persiennes sont détachées. Le curé aura emporté la clef de léglise. Autour du parc, les loges des gardes sont inhabitées. Les palissades sont si hautes quon ne voit que les cimes bruissantes. Dailleurs il ny a rien à voir là-dedans » A. Rimbaud Illuminations Enfance
Chapitre 1 Les oyats pliaient sous le vent, et caressaient mes jam-bes nues. Le sol trop meuble fuyait sous mes pas, javançais difficilement vers la petite lumière pâle qui bril-lait au bout de la dune. Vent de sud-ouest, chargé de mer, de promesses dorages violents sur la dune. Et daventures incertaines. Un magnolia déraciné. Des baleines pleuraient au large, ou alors cétait la tempête qui se levait au cur de locéan, qui commençait à déborder de fureur. Lair était salé, et je me souvenais aussi de cette odeur brûlée caractéristique que prend la forêt à la tombée de la nuit suante de résine après une journée dété chaude. Je peinais. Mes pieds senfonçaient à chaque pas dans le sable, jessayais de tenir sous les bourrasques hostiles, entre deux pentes. Forêt, océan. Et le soleil se couchait, et la nuit montait dans un brouhaha dimages delle. Jenjambais bientôt un pipeline crevé, une flaque dhuile noire étalait ses odeurs dégouts, des effluves de pétrole montaient dans le brouillard de mes nuits cauchemardes-ques. Une plateforme pétrolière, au loin, caressait les nuages noirs de sa flamme jaune criarde. Une épave rouil-lée pleurait sur la grève déserte. Et javançais, songeur, vers une maison de bois accrochée sur le bord de la dune, une petite lumière violette au loin, une étoile. Trois mouettes immenses senvolaient, noires, caque-tant comme une foule dans un grand magasin. Lune delle était revenue se poser sur le sable, à deux pas, me regar-dant drôlement, hochant la tête, dodelinant de la queue. Un
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il bleu, un autre rouge, un bec violet semblaient articuler une histoire. Elle souriait. Il y avait détranges bruits qui montaient de derrière la dune côtière dénudée. Des claquements de portes, des voix. Une femme des hommes.  Non pas encore, pas tout de suite, jai besoin dencore un peu de temps  Cest trop important, Gabriel, tu le sais.  Oui mais cette mission, les mots, cest difficile  On ne peut plus reculer, tu es volontaire, ne loublie pas, Gabriel.  Mais, Pauline, je ne suis pas sûr que Il y avait ce vent qui sengouffrait entre les mots, les déformait peut-être aussi. Je ne saisissais pas bien. Pau-line ? Ce nétait pas elle ! Ce nétait pas possible ! Jentendis alors un bruit sec, un coup de feu, un pistolet peut-être qui claquait. Et puis des échos de portes de voi-ture qui se fermaient. Puis des voix, encore.  Les mots, Gabriel, justement, cest le cur, cest ta mission, tu le sais très bien. Tout ce temps, ce travail pré -liminaire, nous y sommes, il faut y aller maintenant, Gabriel !  Je ne suis pas sûr du tout de pouvoir, justement ces mots et puis il y a ces hommes, une trop grande énigme  Mais non mais non, allez, dépêche toi aimer cest sa maison, tu vas voir tu y vas comme on a dit la première personne qui vient rencontre tu la suis jus-quau bout tout ce travail détudes  Jusquau bout ?  Oui, oui, juste une éraflure, ce nest rien, la balle ta juste effleuré.
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