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Entre tes jambes

De
105 pages

Entre tes jambes

Parcours lesbiens

Laura Syrenka
Crystal est la Médium du Bip (Brigade d'Investigations paranormales). Elle voit en Deborah une Miss catastrophe nymphomane ! Au fil des enquêtes, Crystal va-t-elle changer sa façon de voir ?

Nora, tombe sous le charme de Jacinthe, mais vingt ans les séparent. Nora se cherche alors dans les bras d'autres femmes aux charmes particuliers, mais quelque chose lui manque... ?

À travers trois histoires et de nombreux personnages, Laura Syrenka trousse un roman érotique, fort et puissant. « Entre tes jambes » décrit les instants de vie de femmes qui se connaissent, s'aiment, se quittent, et se lient. Elles ont chacune leur personnalité, attachantes, sensuelles, fragiles et fortes à la fois.

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Entre tes jambes

 

Parcours lesbiens

 

 

Laura Syrenka

 

 

 

À ma Deborah,

Tu es la femme de ma vie.

Je t'aime.

 

 

 

 

Chapitre 1 : Crystal et Margot… et puis Deborah

 

 

— Qu’est-ce que tu fais, ma jolie sorcière ? me dit Margot, derrière moi, en enserrant ma taille et en posant son menton sur mon épaule.

— Un aphrodisiaque, répondis-je, concentrée.

— Hum ! La bonne idée. Le précédent m’a laissé un souvenir inoubliable.

Tandis que Margot continuait à danser lascivement le slow avec mon dos, ma concentration devenait de plus en plus rare…

— Tiens, rends-toi utile, donne-moi la cornue de 6, s’il te plaît.

Mon bras restait en arrière, mais la cornue se faisait attendre.

— Voilà, me dit Margot.

— Alors, donne, lui répondis-je, un peu agacée.

— Prends-la, reprit-elle.

Exaspérée, je me retournai et la vis, nue et désirable devant moi, dans notre cuisine. Elle s’assit sur la table carrelée où s’entassaient mes livres de spagirie qu’elle poussa négligemment de la hanche. Elle était là offerte et splendide, exhibant ses rondeurs qui avaient le mérite de me rendre dingue… J’éclatais de rire !

— Margot, pas maintenant, de grâce, j’ai ma préparation qui va tourner si je n’ai pas la cornue.

Je m’avançais pour la saisir quand elle me fit barrage en léchant le lobe de mon oreille.

— Alors, viens la chercher.

— Oh, et puis zut, j’arrête, je me rends à tes instances, ô divine déesse de l’amour ! m’écriais-je le souffle court en éteignant le feu sous la préparation.

Je saisis Margot par les hanches et l’allongeais sur la table.

— Là, tu vois, tu es enfin raisonnable ! me dit-elle en dégrafant ma blouse,

— Oui, et je viens de perdre une préparation qui m’a pris 2 heures, mais l’appel de ton corps se faisait par trop insistant pour que mon esprit d’Alchimiste n’y succombe pas !

Margot gloussa de plaisir et de satisfaction, caressant ma tête tandis que je m’attaquais à une autre sorte de prépa : lutiner ma femme !

Margot a 46 ans, j’en ai 48, nous sommes toutes les deux de la même taille, rondes toutes les deux, opulentes et généreuses, elle est informaticienne et moi, je suis Passeur d’âmes et Alchimiste. Quand Margoton est fâchée contre moi, elle me traite de Droguiste, de Folle hallucinée, mais en ce moment, elle ne me semble pas fâchée du tout, elle semble même vouloir que je poursuive plus avant mon exploration.

J’aime lécher ses tétons qui réagissent au quart de tour sous la succion. Elle est belle à damner un saint, en l’occurrence une sainte ! Le velouté chaud de sa peau m’excite, je descends doucement, lentement explorer la ligne naturelle de son ventre et m’agenouille devant sa toison brune, tendre et frisée. Margot, réactive, ouvre alors les cuisses et découvre le trésor de son intimité. Suaves, fragiles, ses lèvres entrouvertes m’invitent à pénétrer. Je m’enfouis dans sa douceur et aspire son clito. Bientôt gonflé de plaisir, celui-ci se dresse, tel un pénis miniature et se met à distiller le suc, miel de femme, que j’aime tant voir surgir sous mes assauts. Ses lèvres ne sont pas en reste, elles désirent aussi les effleurements de ma langue et je m’attarde à jouer avec ses petites lèvres que j’aspire et rejette sans jamais me lasser. Mon aimée redouble alors de petits cris d’invite et mes seins se durcissent devant son excitation. Des spasmes incontrôlés proviennent de mon vagin qui a envie d’elle autant que j’ai envie de la pénétrer.

— Margot, j’ai très envie de toi, mais je voudrais que nous allions sur le lit, la fenêtre est ouverte et je ne veux pas te faire l’amour devant les voisins.

— Crystal, mon joyau, ils en ont vu d’autres, tu ne crois pas ?

— Oui, mais aujourd’hui, j’ai envie d’intimité, viens.

Je l’entraînai dans notre chambre et tirai le rideau précipitamment. J’avais envie de prendre mon temps et de lui faire l’amour toute l’après-midi ! Je sortis le lubrifiant de la table de nuit et l’huile de massage. J’étais prête à la combler et à recevoir la jouissance dans ses bras.

J’aime tellement jouir dans ses bras, elle a cette façon bien à elle de m’emmener au-delà de l’imaginable, de me surprendre, de me faire crier de plaisir… Je l’adore !

Margot se coucha sur le lit et s’enduit les mains d’huile de massage à la fraise. Moi, j’achevais de me déshabiller et la rejoignis en n’oubliant pas le lubrifiant. Alors le plaisir, le vrai commença.

J’avais déjà commencé à la faire mouiller, mais j’avais envie de la préparer à plus de jouissance et pour cela j’avais besoin d’un peu de gel. Tandis que ma main s’immisçait dans sa vulve entrouverte de désir, je retournais aux seins de Margot qui apaisaient ma faim indéniable de la partie supérieure de son corps. J’entrepris de les mordiller goulument. Margot adorait ça et son plaisir augmentant, je prenais d’autant plus les choses à cœur. Un cri s’échappa de ses lèvres et je vis à ses yeux révulsés que mes doigts dans sa vulve avaient atteint l’objectif prévu.

— Ça va ma douce ?

— Encore, répondit-elle, le souffle court et les mains crispées sur mes épaules. Encore, mon aimée, fais-moi crier !

La danse langoureuse de mes doigts à la porte de sa vulve se fit plus insistante à l’intérieur et leur pression circulaire fut bientôt accompagnée par les mouvements du bassin de Margoton. Son corps était à moi, sa vulve était chaude et humide, elle décelait un trésor, je le savais et j’irai le chercher là où il se nichait. Je connaissais mon épouse par cœur, pourtant, je ne lui faisais jamais l’amour de la même façon, je l’étonnais, comme elle m’étonnait toujours et c’est de cet émerveillement que notre couple se nourrissait.

Margot était à la porte du plaisir suprême, son corps tendu comme un arc réclamait la jouissance et soudain, je sentis qu’elle partit, ses yeux s’ouvrirent plus grand, son souffle s’arrêta un instant, tel un papillon suspendu au-dessus d’un ciel de lit, témoin secret de nos ébats et le mystère se révéla. Au plus profond de son intimité, la contraction orgasmique de son vagin provoqua la sortie de trois petits crochets musculeux qui saisirent mes doigts. J’étais la seule à connaître ce secret ! Son orgasme s’accompagnait toujours de ces petits crochets, et tant qu’il durait, ils se serraient par intermittence autour de mes doigts, les enserrant comme des petites mains minuscules. Puis, la jouissance s’activait et ma femme devenait fontaine sacrée. Le miel qui jaillissait de son vagin était sacré à mes yeux, il était parfumé et chaud. Son plaisir était d’une incomparable douceur !

Pour ce fut son tour ! Margot sortit lentement de son extase. Elle avait soif de mes lèvres. Elle m’attira à elle et tandis qu’elle m’embrassait, elle entreprit de me caresser les fesses. Ses doigts experts me faisaient chavirer et ma colonne vertébrale ne fut bientôt plus qu’une longue route nationale à ses mains comme des voitures faisaient un continuel va-et-vient. Je m’allongeais à sa demande à plat ventre sur le lit et elle monta sur mes jambes. Mon amazone aux mains agiles monta à l’assaut de mon corps comme une guerrière chevauche un cheval, l’enserrant dans ses genoux. Elle s’allongea ensuite sur moi et tout en susurrant des mots sensuels, me prépara au plaisir. Elle écarta mes jambes avec les siennes et introduisis sa main entre le drap et mon pubis qu’elle pinça légèrement, me faisant tressaillir.

— Aïe, m’écriais-je, surprise.

— Je t’ai fait mal ?

— Non, surprise seulement, je t’en prie, continue.

Sur mon invitation, elle s’aventura entre mes lèvres et me caressa le clitoris avec insistance. Celui-ci ne tarda pas à réagir et je voulus me retourner, mais elle me maintint de tout son poids à plat ventre sur le lit.

— Si tu bouges, je t’attache ! me mit-elle en garde d’autorité.

— Ouh ! ça devient sérieux, dis-moi…

Je n’arrivais plus à prononcer une parole, j’avais la tête enfouie dans l’oreiller et je suivais le rythme de ses caresses en mugissant de plaisir.

Margot abandonna mon clito et s’aventura le long de mes fesses, tandis qu’elle me léchait, ses doigts écartèrent ma vulve et pénétrèrent en moi avec fermeté et puissance, elle me dominait et elle le savait. Je sentais son impérieux désir et j’aimais ça, je me sentais une petite chose sous son emprise. Elle remonta plus haut encore et m’imprima le balancement de sa main allant et venant en moi. Je n’étais pas assez humide à son goût, elle se saisit du lubrifiant tout en mordant ma fesse avec gourmandise. Je n’en pouvais plus, j’avais envie d’elle, qu’elle me pénètre jusqu’au bout, j’avais tellement envie.

— Viens tout de suite, m'écriai-je frénétique.

— Attends un peu, ma petite, c’est moi qui commande.

— Oui, mais viens, j’ai la chatte en feu ! Je veux jouir !

Margot continuait à m’exciter en pénétrant mon anus avec sa langue, chaude et impérieuse, je relevais le bassin de plaisir tandis qu’elle me pénétra. Sa main tout entière allait et venait en moi, me faisant crier, bientôt son poignet suivit et sa main grattant frénétiquement la paroi, provoquant à chaque assaut des feulements animaux de ma part, elle me rendait folle. Ma soumission était délicieuse, et n’était pas finie, elle se jouait de moi, et j’adorais ça. Bientôt, la lame de fond de l’orgasme me submergea et me laissa sur la rive du plaisir hoquetant, cherchant à reprendre mon souffle. Je ne voyais plus clair, Margot m’avait emmenée si loin, que j’avais peine à retrouver la terre ferme.

— Je t’aime, me dit-elle tout simplement, en revenant s’allonger auprès de moi.

— Je t’adore, lui répondis-je avant de sombrer dans le sommeil.

Une claque sur les fesses me ramena à notre présent.

— Réveille-toi paresseuse, tu m’as promis une après-midi d’amour !

— Laisse-moi récupérer, s’il te plaît, tu m’as mise K.O. !

— Encore, te dis-je ! me dit-elle aguicheuse en m’embrassant.

Je la saisis dans mes bras et la retournais comme une crêpe en riant.

— Tu m’épuises, le sais-tu ?

— Oui, mais tu aimes ça !

— C’est vrai, mon petit bout de femme audacieuse !

— Audacieuse à l’excès quand tu m’affoles !

— Hum ! Tout un programme !

— Alors, si tu me faisais tester ton aphrodisiaque ?

— Tu l’as fait rater !

— Tu m’as prise sur la table de cuisine, je te signale ! dit-elle faussement outragée.

— J’aurais pu te le faire essayer, si tu m’avais laissée le terminer.

— Alors, choisis autre chose pour le même résultat.

— Tu en veux encore ?

— J’en voudrais toujours plus !

— Insatiable, répondis-je en l’embrassant goulument.

Je me redressais pour reprendre du lubrifiant quand le téléphone sonna.

— Laisse sonner, c’est ton jour de congé. M’ordonna Margot en caressant ses seins pour m’inviter à m’y attarder.

— Ce doit être pour une affaire.

— Laisse sonner, c’est ma journée avec toi, je n’en partagerai aucune minute !

Je cédais de bonne grâce et débranchais le téléphone. Notre plaisir fut sans limites et le piercing de sa langue fit des merveilles. Margot avec trois piercings : un sur la langue, un sur le sein droit et un sur une des petites lèvres. Elle avait le don de me rendre dingue. Ces après-midis de repos qu’elle nous octroyait d’autorité avaient le charme subtil de l’imprévu. Nous vivions ensemble depuis deux ans, Margot faisait toujours en sorte de prendre son après-midi quand je travaillais à la maison. Je savais que je n’aurais le loisir de travailler que le matin ces jours-là, ces après-midis de plaisirs avaient le goût de l’impromptu, je savais qu’elle m’y surprendrait et je les attendais avec gourmandise comme un gamin attend de déballer son cadeau ! Margot était le beau cadeau de mon existence. Nous fûmes parmi les premières à profiter du mariage pour tous. Je me rappelle avec émotion son entrée dans la salle de la mairie. Elle était belle et désirable dans son joli tailleur-jupe rose, ses longs cheveux frisés rassemblés en grappe sur son épaule. Ce jour-là, Margot m’avait dit OUI, et je me sentais la plus riche du monde avec mon trésor à mon bras. Elle était belle et le savait. Mon petit bout de femme me mène depuis par le bout du nez, mais je dois dire que j’adore ça !

L’après-midi passa comme un rêve et lorsque Margote me laissa un peu de repos, je sombrai dans un sommeil sans rêves, la tête sur son bas-ventre, le lieu de ma joie.

La nuit était tombée quand elle me réveilla en bougeant.

— Debout, ma jolie dormeuse, je vais commander une pizza et nous allons faire la dînette.

— Tu as raison, j’ai grand faim ! Quelle heure est-il ?

— 21h ! s’exclama-t-elle triomphante.

Margote était fière de m’avoir mise sur les genoux ! Devant mon expression amusée, elle m’expliqua triomphante : « J’ai réussi ! Tu es à moi et je t’ai gardée avec moi toute l’après-midi ! Et tu sais quoi ? J’ai encore faim de toi, de ton corps et de tes lèvres. Joignant le geste à la parole, elle me caressa les grandes lèvres en mordillant ma bouche.

— Oui, mon cœur, tout ce que tu voudras, mais après le dîner et surtout après une bonne douche.

— Ou un bain ? Que dirais-tu d’un bon bain, avec des huiles essentielles pour ranimer ton corps fatigué, te redonner envie de moi et te …

— Bon, je pencherai d’abord pour un bain avec toi et ensuite une pizza.

— Cela n’enlève en rien la proposition de la nuit ?

— On verra. Demain, ma douce, je pars en mission, et je n’ai pas envie d’avoir les jambes en coton.

— Je saurai te les revigorer. Me dit-elle en me caressant la jambe avec son pied nu.

— M’exciter, c’est sûr, me revigorer, ça l’est moins, gloussais-je en la prenant par la taille. Viens te baigner, je vais mettre l’eau à couler.

Je sortis nue de la chambre, ne prenant même pas la peine de me rhabiller, car avec Margot, c’était presque inutile. Elle trouvait toujours le moyen de me les enlever ! Souriant à cette idée érotique, j’ouvris les robinets et répandis des galets effervescents dans l’eau chaude, allumais des bougies autour de la baignoire jacuzzi de notre duplex.

Le bureau de Margot était en haut, mon laboratoire d’alchimie spagirique au rez-de-chaussée, car il donnait dans la cuisine, notre chambre était de plain-pied et le salon nous servait de salle à manger également. Margot croyait aux vertus des appartements Feng-Shui et c’était elle qui avait choisi les meubles japonais qui garnissaient la pièce dans un vide élaboré. Des tatamis sur le sol, des gros coussins de soie, un meuble bas pour la télé, un jardin de sable et de pierres dans l’angle opposé à la fenêtre. Tout respirait le calme et la méditation. Un vrai contraste avec la musique préférée de Margot : le heavy métal !

Elle me rejoignit enveloppée dans son déshabillé de soie vert.

— Tu t’es ravisée ?

— Non, je l’ai mis pour te donner le plaisir de me l’enlever.

— Oh, et tu comptes me laisser faire ?

— Peut-être… dit-elle en insinuant une caresse entre mes jambes.

— L’eau est chaude, tu viens sur moi ?

— Avec… plaisir.

J’entrai la première dans l’eau. Elle était délicieuse et revigorante avec ses effluves de galets au pin. Margot mit en route les jets et s’assit sur moi. Je pris l’éponge et commençai à la savonner… partout avec dévotion.

— Oh oui, là j’adore ça, dit-elle en dirigeant ma main avec insistance.

— Et toi, tu ne fais rien ?

— Tu vas voir, si je ne fais rien !

Margot se saisit à son tour de l’éponge et se rassit sur moi ce coup-ci face à moi. Elle entreprit de me savonner avec lenteur et mon corps se cabra de plaisir sous ses caresses appuyées.

— Là, ce n’est pas l’éponge qui me savonne !

— Oserais-tu t’en plaindre ?

— Pas du tout ! répondis-je troublée par son toucher félin.

Nous avons joué avec la force des jets et la position de nos corps, tout était mesuré et rythmé comme un ballet. Quand Margot me plaça sur un jet intermittent et qu’elle me suça les seins avec l’énergie d’une naïade déchaînée, je ressentis une nouvelle vague d’orgasme m’envahir. Pour la quatrième fois, Margot avait su m’entraîner là où elle voulait. Elle savait sublimer l’art de l’amour et faire de chaque instant un paroxysme érotique !

— La pizza est un régal ! J’avais très faim ! Dis-je rassasiée. J’étais vautrée sur nos coussins et je caressais les boucles brunes de Margot avec délice.

— Qu’est-ce que tu fais demain ?

— Je pars avec le B.I.P. à Maubeuge.

— C’est loin.

— J’y resterai trois nuits et je reviendrai dimanche à 7h du mat ! Tu as intérêt à m’attendre au lit, je viendrai te réveiller et j’apporterai des croissants.

— Tout un programme. Mais quand même c’est bien long. Je vais me sentir très seule, dit Margot en baissant la voix.

— J’aimerais que tu viennes me rejoindre, tu sais. N’y aurait-il pas un moyen pour qu’on se retrouve à Maubeuge samedi ?

— Je ne crois pas, c’est la période des bilans comptables et les clients veulent que je sois présente au cas où le programme planterait.

— Vendredi, tu sors du travail, tu sautes dans ta mini-jupe en croco et tu prends le train !

Mon numéro de mentaliste ne marcha pas. Ce que Margot voulait, c’était que j’écourte mon séjour, mais c’était impossible. J’étais très nerveuse de la voir me faire ainsi une crise de jalousie.

— Écoute, je ne serai absente que trois nuits, et puis nos retrouvailles n’en seront que plus délicieuses.

— Tu n’y seras pas seule… Qu’est-ce qui me prouve que tu dormiras toute seule ? Il y a toujours Deborah dans ton équipe de chasseurs de fantômes.

Et voilà, nous en revenions toujours à mon ex ! Déborah est bi, elle s’est tapée toute l’équipe de la Brigade d’Intervention Paranormale. Elle est craquante, mais franchement depuis que Margot est entrée dans ma vie, Déborah ne me fait plus ni chaud ni froid. J’aimais bien au début de notre relation que Margot se montre jalouse, cela me flattait. Mais maintenant, je trouvais sa suspicion très déplacée. Son manque de confiance en moi m’humiliait et elle le savait. C’était son côté manipulatrice. Je me levai, exaspérée.

— Bon, si tu ne me fais pas confiance…

— Quoi ? Qu’est-ce que tu vas me faire ?

— Bouder ! Et si tu veux mon avis, ce n’est vraiment pas le moment de me faire une scène, car je préfèrerais garder un délicieux souvenir de notre nuit que celui d’une dispute !

— Bon, ça va, tu as gagné ! Je te rejoindrai samedi matin à Maubeuge !

— Voilà qui est mieux, ça c’est une grande fifille ! m’empressai-je de dire en la serrant contre moi.

— Arrête, je n’aime pas quand tu m’appelles comme ça ! dit-elle en se détachant de ma clé au cou (vivent les immobilisations de judo !).

— Tu viens ? Je vais me coucher ! lançai-je à la cantonade en sortant de la pièce sans débarrasser.

— Tu ne m’aides pas à ranger ?

— Je t’aime ! répliquai-je pour l’agacer un peu. Moi aussi, je peux jouer avec ses nerfs.

Margot termina de remettre notre salon en ordre et éteignit les lumières. Elle arriva toutefois dans la chambre avant moi et ouvrit la fenêtre en grand. L’air de novembre était glacé.

— Brrr ! On gèle !

— Ça sentait le fauve ! Je me demande bien pourquoi ? me taquina Margote en tapotant les oreillers.

— Tu as tellement froid que tes pointes de seins sont dressées comme des boutons de sonnette !

— C’est pour mieux t’attirer, mon enfant ! dit-elle mystérieusement en éteignant la lumière.

Margot alluma une petite lumière laser rouge. Celle d’un pointeur. Avec, elle dessinait des motifs éphémères sur sa peau de chabine et je m’empressai de retrouver ma bonne humeur pour la rejoindre et jouer, telle une chatte, avec la lumière, effleurant au passage les moindres détails de son corps offert et plantureux.

 

 

 

Chapitre 2

 

 

Mon train était à 7h30. Quand le réveil sonna, ma première réaction fut de l’éteindre. Ce satané réveil sonnait toujours aux mauvais moments ! En l’éteignant, je dus me déplacer dans le lit. Margot qui dormait contre moi se réveilla à demi et grogna. J’eus toutes les peines du monde à la replacer confortablement dans notre lit avant de sortir. Je restai un temps à regarder sa chevelure bouclée étalée sur les oreillers et son épaule ronde émergeant de la couette. Dieu que j’avais envie de la caresser. Mais à la place, je me mordis la lèvre et dus me faire violence, car j’avais encore ma valise à faire, appeler un taxi et sauter dans le train.

D’habitude, Carlos, le chef de la Brigade venait me chercher dans le minibus d’intervention, mais là, il avait eu un problème de moteur et l’équipe avait dû se rendre à Maubeuge en train. Nous venions tous de la région parisienne et depuis la gare du Nord, il nous faudrait 2h49 pour arriver à destination.

Quand j’arrivai à la gare, je vis un bonnet péruvien violet et un sac à dos rose que j’aurais pu reconnaître parmi cent milles ! Deborah était en dessous. Elle semblait sautiller sur place tellement elle était menue et pressée par la foule. Le train de 7h30 était très recherché, toutes destinations confondues. Je ne pus réprimer un fou rire de la voir se débattre comme un petit roquet nerveux qui tente de se faire remarquer dans une cohue de gros cabots !

— Deborah ! Par ici ! m'écriai-je de la voix la plus forte que mes cordes vocales enrouées pouvaient produire.

— Ah ! Te voilà ! Ouf, je désespérais de voir quelqu’un de l’équipe.

Debo sortit son rouge à lèvres de sa poche et se refit « une beauté ». C’était un vrai tic chez elle ! Elle ne pouvait pas s’empêcher de saisir son rouge à lèvres lorsqu’elle était stressée. Après cinq ans de travail à ses côtés, je finissais par la connaître par cœur. Blonde (décolorée), elle sortait un peu du lot dans notre troupe de bruns et de rouquins.

Deux femmes et trois hommes sur le terrain, un chef au bureau : notre brigade était petite, mais efficace. En général nous n’avions besoin que de trois jours pour boucler une affaire paranormale, car nous étions tous spécialisés dans notre domaine.

Carlos au bureau coordonne les opérations,

Bill s’occupe des enregistrements,

Jacques est notre spécialiste sons et vidéo,

Deborah est l’attrape fantôme,

Et moi, je suis la Passeuse d’âmes. Je préfère d’ailleurs le terme de Passeur, car je le trouve plus noble ainsi.

Deborah était notre appât. Ultra sensible, elle était notre « Lapin crétin ». Ne riez pas, c’est vrai ! Si quelqu’un était envoûté lors d’une opération : c’était Debo ! Si le plancher s’effondrait : c’était Debo qui en faisait les frais ! Si le fantôme de la maison avait les mains mal placées : c’était sur Debo que ses mains se baladeraient !

Je n’ai jamais pu faire la part entre la propension de Debo à être dotée de malchance ou son hypersensibilité qui la rendait impressionnable. La part de vrai était indéfinissable ! Mais, le plus drôle, c’était qu’elle nous était indispensable pour la plupart des affaires.

Plongée dans mes pensées, je n’avais même pas remarqué que nous étions arrivées au quai où le train étalait ses wagons anonymes et tristounets.

Évidemment, Debo resta coincée dans la porte du wagon à cause de la largeur de son sac à dos. Je fus tentée de la pousser en mettant mes mains sur la chute de ses reins, mais j’hésitais et y renonçais, car je ne voulais pas qu’elle croie que ce fut une avance. Elle était tellement collante quand elle se faisait des films ! Finalement, après cinq minutes de lutte acharnée pour s’extirper de l’encadrement, Debo reçut la main secourable d’un homme un peu moins regardant que moi. Elle sursauta comme un lapin pris par surprise et lui décocha un sourire reconnaissant pour l’acte héroïque de l’avoir sauvée ! Décidément, les ingénues, ça paie toujours !

L’homme enhardi par son sourire lui prit son sac et le porta jusqu’à sa place, espérant s’asseoir devant elle et engager la conversation. Elle s’assit en croisant les jambes haut sur sa mini-jupe en laine et je crus l’espace d’un instant que le hardi galant homme allait avaler sa cravate ! Bigre, un tel spectacle au petit-déjeuner faisait sortir les yeux de la tête. Il fait dire que Debo ne connaissait pas les embarras d’un slip, je ne l’avais jamais vu en porter ! Elle enfilait un collant fin et une jupe toujours plus courte en hiver qu’en été.

Pour l’heure, Debo minaude et enlève son blouson avec beaucoup de mal tant il est serré. Forcément, un blouson de deux tailles en dessous de sa corpulence a du mal à glisser. Mais la « belle » aime mettre en valeur sa poitrine que l’homme en face d’elle reluque avec bonheur. Une fois débarrassée de son blouson, elle entreprend de monter sur son siège pour poser son tout petit porte-documents et là encore, Monsieur serviable a de quoi regarder.

Moi, je suis morte de rire, et j’ai du mal à garder mon sérieux. Debo n’a pas fini son numéro, elle se rassoit, puis se relève, relève sa jupe pour mieux monter sur le siège et cherche frénétiquement dans son porte-documents. Elle pousse des soupirs à arracher le cœur d’un homme sensible !

— Où diable ai-je mis mon porte-monnaie ? J’ai une telle faim…

— Hum ! voudriez-vous m’accompagner au wagon restaurant, je serai heureux de vous inviter… s’enhardit le passager qui croit dur comme fer à sa bonne fortune.

— Oooooh c’est siiiiiii gentil de votre part ! Je constate que grâce à vous, Monsieur, la galanterie n’a pas encore disparu en France ! Disant ces mots, Deborah se pend à son bras avec reconnaissance et sort avec lui.

Je sais bien ce qui va se passer ensuite, car il sacrifiera au cérémonial du « transport » avec la chère Debo qui ne peut jamais voyager sans faire l’amour, car les transports forment la jeunesse ! Elle va déjeuner avec lui à table au wagon-bar, pendant qu’ils en seront aux croissants, elle va caresser sa jambe de son pied déchaussé et emploiera à distraire son hôte de son babillage futile tout en lui adressant avec le pied maints réconforts à l’entrejambe. Puis le Monsieur grisé s’excusera de ne pouvoir lui proposer ce qu’il désire vu l’endroit où ils se trouvent et Debo lui répondra d’un air faussement ingénu qu’il existe de charmantes toilettes dans lesquelles il y a assez d’espace pour tenir à deux sans tomber, car : « voyez-vous, les trains m’excitent autant que les avions » !

Deux heures plus tard, Debo revint dans notre wagon, un peu échevelée, les joues roses et les yeux brillants. Je l’interrogeai du regard.

— Ah j’adore les voyages en train ! Celui-ci était très excitant !

— Tu penses, Paris-Maubeuge, c’est inoubliable ! répondis-je en pouffant.

— TOUT À FAIT ! me répondit-elle avec ses grands yeux pleins de fausse candeur.

— Et… tu l’as laissé où ?

— Oh, il est un peu fatigué, le trajet, je suppose, il n’a pas eu beaucoup d’arrêts, tu comprends ? Je crois qu’il est au bar en ce moment.

— C’est sûr, Paris-Maubeuge, ça tue ! dis-je hilare.

— Oui, c’est un peu ça.

— Nous n’allons pas tarder à arriver Debo…

— Oh, alors, il faut que j’aille me repoudrer le nez, qu’est-ce que tu en penses ?

— Ne tarde pas en route, car Maubeuge n’est pas le dernier arrêt, tu risques de laisser passer la station et de te retrouver on ne sait où.

— Tu as raison Crys, je vais être prudente, promis. Ciao !

Et la revoilà en chasse ! Elle vient à peine de se taper un pauvre bougre dans les toilettes et la revoilà décidée à occuper ses 30 dernières minutes ! Je la regarde amusée se diriger tout droit vers les contrôleurs. Je ne sais pas s’ils seront attentifs à ses appels, toujours est-il qu’ils disposent d’un wagon privé et ça ! ça fait fantasmer la groupie des transports ! Heureusement pour elle, il n’y a pas de contrôleuse dans le lot, car son manège marcherait certainement moins bien. Je me penche pour regarder ce qu’elle fait et je reste estomaquée de voir les contrôleurs éclater de rire et partir avec elle à l’avant du train !

J’espère qu’elle a dévalisé la pharmacie en capotes avant de partir ! Notre nympho est lancée !

 

 

 

Chapitre 3

 

 

Arrivées à la gare, nos hommes de la brigade nous attendent. Ils aident Debo à descendre en n’oubliant pas de glisser les mains un peu partout en l’embrassant sur les deux joues, tandis que moi ? C’est un peu : démerde-toi !

— Eh ! Surtout ne m’aidez pas les mecs ! dis-je à la cantonade.

Mais ils ne m’entendent pas, ils sont déjà partis avec la belle et moi je me traîne ma valise qui pèse une tonne ! Bon, de toute façon, je me console en me disant que je préfère être à ma place qu’à la sienne et rejoins l’équipe sans rancune. Depuis 5 ans, j’ai l’habitude !

Jacques a pris la vieille camionnette de nos débuts et nous n’avons pas la place de nous y entasser tous. Alors, évidemment Deborah monte sur les genoux de Bill et moi je m’assois sur les sacs de voyage au fond de la camionnette. Je ne voudrais surtout pas gêner !

J’éprouve malgré tout un petit pincement au cœur, car Debo a été ma Maîtresse durant un temps et je n’aime pas partager. Du temps où elle explorait son côté lesbien, nous avons fait l’amour partout où l’imagination pouvait nous le permettre. Moi, j’aimais bien son côté effronté et cela m’excitait de la suivre dans ses délires.

Nous avons stoppé l’ascenseur de la tour Montparnasse en pleine montée pour « jouer ensemble », elle m’a entraînée dans une visite nocturne des catacombes, je l’ai suivie en plein Pigalle dans les cabines, nous avons fait l’amour à la sauvette dans la grande roue de la Concorde lors d’une panne. Je dois dire que s’envoyer en l’air dans une nacelle à 65 mètres du sol, ça laisse des souvenirs ! Partout où elle pouvait s’asseoir sur moi, elle le faisait et me chevauchait sans scrupule. Mais moi, au bout d’un moment cela ne me plaisait plus, je n’aimais pas son côté exhibitionniste et je me suis lassée. Quand nous étions dans une chambre d’hôtel ou chez moi, elle semblait éteinte, n’avait plus envie de plaire et boudait.

Je compris alors que l’aventure n’avait d’intérêt pour elle que dès lors qu’elle ressentait le goût du risque et le plaisir de se donner en spectacle. Nous nous sommes expliquées un soir après une mission et nous décidâmes de nous quitter bonnes amies. Mais pour Deborah, l’amitié déborde souvent sur le sexe et je ne suis plus maintenant que spectatrice mortifiée de ses ébats publics, car je ne veux plus y prendre part.

— Quand est-ce qu’on arrive ? questionne Deborah.

— Bientôt, pourquoi ? lui répond Jacques.

— Parce que je suis mal assise, Bill pourrais-tu retirer ton portable de ta poche, s’il-te plaît, il me gène, fait-elle en se cambrant sur les genoux du passager.

— Ce n’est pas mon portable Debo, je suis désolé, je ne peux pas l’enlever, réponds Bill jouasse !

— Oh, je comprends… Dans ce cas, cela ne me dérange pas du tout ! répond la fausse ingénue en se tortillant pour « trouver sa place ».

Impatiente devant leur manège, je me manifeste :

— On va où exactement Jacques ? Je croyais qu’on travaillerait à Maubeuge ?

— Presque ma belle, nous avons été appelés par un propriétaire d’un gîte de charme à Obrechies. Il a acheté un vieux corps de ferme qu’il a entièrement rénové. Malheureusement pour lui, des bruits de plaintes surviennent la nuit, la fenêtre d’une chambre du premier étage ne cesse de s’ouvrir et de claquer, des lumières se promènent toutes seules, enfin, bref…

Nous reprenons en chœur : « LA ROUTINE HABITUELLE ! »

— C’est exactement ça, reprend Jacques. Monsieur Le Robecq voudrait ouvrir pour les fêtes de Noël, mais avant il voudrait se débarrasser des phénomènes paranormaux qui se produisent dans le gîte.

— On le comprend aisément, les fantômes ne sont à la mode qu’en Écosse.

— Oui, en France, ça ne fait pas vendre, réplique la Lapine Crétine d’un ton enjoué.

— Debo, pourrais-tu de décaler un peu s’il te plaît ? lui demande Bill.

— Oh oui, bien sûr, je peux bouger si tu veux.

— C’est ça, fit Bill.

— Ah je vois l’ancienne ferme ! Ouf, on va sortir de là. J’ai hâte de me dégourdir les jambes, soupirais-je.

Monsieur Le Robecq devait vraiment nous guetter, car il vient à notre rencontre à peine la camionnette arrêtée. C’est un homme d’une cinquantaine d’années. Il a l’air de savoir ce qu’il dit lorsqu’il parle de phénomènes paranormaux. Parfois, nous tombons sur de sacrés illuminés, mais ce client semble sérieux et même contrarié.

— Ah ! Vous voilà ! Comment s’est déroulé votre voyage ? Bien, j’espère.

Ce disant il nous tend à chacun une poignée de main énergique.

— Oui, très bon, nous vous remercions, répond Jacques notre responsable d’opérations en l’absence de Carlos.

— Je vais vous conduire au salon pour que nous puissions faire le point sur la situation, ensuite je vous montrerai les lieux où les manifestations se produisent. Je compte sur vous pour que cela cesse au plus vite, car voyez-vous je dois ouvrir sans tarder !

N’attendant aucune réponse de notre part, le propriétaire nous tourne le dos et se dirige à pas redoublés vers le gîte, supposant que nous sommes à sa suite.

L’intérieur de la grande salle est très design, d’un blanc clinique. Seules les poutres apparentes rénovées rappellent le cachet ancien de la ferme.

— Cette ferme date de 1781. Elle valait une bouchée de pain lorsque je m’en suis porté acquéreur l’année dernière ! J’ai investi beaucoup d’argent dans la rénovation et j’ai pris un décorateur professionnel pour lui donner fière allure. Regardez les poutres d’époque, elles sont encore solides ! Nous avons tout transformé pour rendre le corps de bâtiment plus fonctionnel : installation de salle de bain dans chacune des chambres, cloisons mobiles japonaises dans certaines qui peuvent être utilisées en véritables suites 5 étoiles ! Ayant l’intention d’ouvrir le gîte en décembre, je l’ai inauguré avec élus et journalistes locaux, directeurs de marketing Voyages et quelques Jet-setters lors du W. E. du 15 septembre. Le caviar et le champagne coulaient à flots, distributions de cadeaux aux participants, draps de soie, grand traiteur pour les buffets et Grand Chef pour les dîners…

Il poursuivit après un profond soupir : malheureusement, durant la première nuit, mes invités sensés m’adresser de la clientèle sont tous partis précipitamment. Seul le Maire d’Obrechies a eu la correction de m’expliquer la raison de sa fuite. Ils entendirent des bruits inquiétants, des soupirs, des plaintes, la fenêtre de la chambre 6 ne cessait de s’ouvrir et de claquer. Cette ambiance effrayante fit paniquer les invités. Le lundi suivant, je reçus les appels des journalistes et directeurs marketing qui me conseillèrent de réitérer mon inauguration une autre fois après avoir débarrassé la bâtisse de ses occupants d’outre-tombe. C’est même l’un d’eux qui m’a recommandé votre agence. Il m’a dit qu’il avait eu besoin de vous pour une affaire du même genre.

— Le château de Malville, c’est exact, acquiesce Jacques, le B.I.P. avait été missionné pour un cas d’apparition de Dame Blanche.

— Brr ! Votre métier ne doit pas être très rassurant ! Côtoyer des fantômes et autres esprits… Il faut avoir le cœur bien accroché, ajouta Monsieur Le Robecq avec une grimace.

— Moi, j’aime beaucoup travailler avec l’équipe, dit Deborah. Toutes ces affaires à élucider… Cela me donne la chair de poule, mais j’aime ça ! Tenez, voyez comme ma peau réagit quand on parle de ça.

Joignant le geste à la parole, Debo saisit la main du propriétaire et la pose délicatement sur sa poitrine.

— Hum ! Oui, en effet, fit-il en laissant quelques instants sa main avant de réaliser qu’il n’est pas seul avec elle. Bien, je vais vous montrer les endroits qui me posent problème. Se levant de la même façon qu’il nous avait tourné le dos dans le jardin, il nous précède dans l’escalier de bois qui mène aux chambres aménagées. Deborah le suit de près et le rattrape pour monter l’escalier avec lui.

— Cela ne vous dérange pas que je prenne votre bras ? Les marches sont peut-être glissantes, je ne voudrais pas tomber…

— Vous êtes en sécurité avec moi, Mademoiselle, ou plutôt, je devrais dire Madame, car désormais le titre de Mademoiselle n’a plus cours en France.

— Cela ne fait rien, de toute façon je ne suis pas mariée, mais on ne peut pas dire que je sois une demoiselle non plus. Je suis parfaitement libre de moi-même, vous savez ?

— Je suis enchanté de le savoir, répondit l’homme qui brusquement se faisait très protecteur.

Le couloir du premier était clair et agréable. Les fenêtres donnaient sur l’arrière du bâtiment, laissant aux regards une perspective...

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