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11 - Les îles Lofoten

12 - Mes vacances en Angleterre

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14 - Ce n'est pas ma journée

15 - Un escort de grand luxe

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16 - J'ai tout connu, je veux tout oublier

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18 - Sur les quais de la Seine

19 - Une première fois anecdotique

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20 - Dans le train

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24 - Valse avec le coursier

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26 - Leur première fois

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27 - Avec mon ami d'enfance

28 - Le concours de branlette

29 - Le mannequin américano-danois

30 - La répétition de théâtre

Ça reste en famille

31 - Ça se finit avec mon frère

32 - Entre frères jumeaux

Au lycée et à l'internat

33 - Ouvertement gay au lycée

34 - Il faut qu'on se voie nus

35 - La retraite monocale

36 - À l'internat

 

 

 

La première fois

Ma première expérience homosexuelle

 

 

 

36 récits vécus,

présentés par Pédro Torres

On se construit en se comparant. Loin d’être du voyeurisme, l’échange d’expériences permet de mieux se situer dans le concert humain. Aussi, la première fois des autres nous intéresse-t-elle.

Faire parler les gens sur leur première fois est une gageure. Les réponses sont succinctes, voire évasives : « Super ! », « Bof ! », « C’était trop bien », « C’était pas top ». Et puis, avec patience, entre deux autres sujets de conversations, les langues se délient, les tabous tombent. Après tout, nous avons tous eu une première fois et notre histoire vaut bien celle d’un autre.

Ces récits ont été recuillis oralement dans mon entourage auprès de personnes, pas toutes homosexuelles, de tous âges.

Véridiques, ils ont été réécrits dans l’esprit des échanges que j’ai eus avec mes interlocuteurs.

J’ai choisi d’utiliser le présent de narration qui rend le récit plus vivant.

Ce recueil est plutôt orienté sur des premières fois positives, avec une dimension érotique. Toutefois, quelques-unes d’entre elles, présentes dans cet ouvrage, rappellent que ce n’est pas toujours le cas.

Si vous souhaitez présenter votre première fois par écrit pour un prochain livre, rendez-vous page 155, en fin de cet ouvrage. Vous saurez comment participer à une aventure humaine : partager votre apprentissage et porter à la connaissance des autres ce côté intime de votre vie.

 

Pédro Torres

 

 

 

 

 

 

Amours de vacances

1 - Le pompier

C’était il y a quelques étés. Mes parents avaient invité des amis et leurs enfants.

Julien vient d’avoir 18 ans, et Charles, son frère, en a 16. Je connais Julien depuis deux ans, et dès la première fois que je l’ai croisé, je suis tombé amoureux de lui. Grand, les épaules carrées et des cheveux bruns courts qui lui donnent déjà un air très viril, un regard bleu perçant... En plus, il est pompier volontaire dans sa ville.

Mais, au cours de nos trop rares rencontres des deux années précédentes, il n’a parlé que de nanas.

Charles, quant à lui, est sexuellement très en avance. Il a déjà couché avec de nombreux garçons et filles et ne se cache ni de l’un ni de l’autre.

Avec l’arrivée de nouveaux invités, les places se faisant rares dans la maison, on nous convie à dormir sous la tente. Elle est un peu serrée pour nous trois, mais ça ne nous dérange pas. Je me retrouve à la place du milieu.

Julien en se déshabillant reste pudique puisqu’il se contorsionne dans le sac de couchage. Aussitôt couché, il s’endort.

Charles me susurre à l’oreille avec un ton de conspirateur :

— Julien, il aimerait bien essayer avec toi !

— Quoi !

— Il m’a dit ça hier.

— Ah oui !

— Je lui ai dit qu’il n’y a pas de problème puisque tu étais homo.

— Mais tu es complètement malade !

— J’ai dit ça pour t’aider, dit-il avec un ton au sourire innocent.

— Et je lui plais ?

— Ben, c’est ce que je t’ai dit.

La deuxième nuit est plus animée. On discute beaucoup de choses et d’autres jusqu’à ce que Charles décide de s’endormir.

On n’a pas encore éteint la petite loupiotte, ce qui me permet de dire à Julien qu’il a une saleté sous l’œil et que je vais la lui enlever. Je me rappelle des paroles de Charles et décide de tenter ma chance. Je lui caresse plusieurs fois la joue, il se laisse faire. Enhardi, je commence à glisser la main sous son sac de couchage, mais son bras m’arrête.

— Tss, tss ! me dit-il à voix basse.

Vexé, je retire mon bras et fais semblant de m’endormir en lui tournant le dos.

Un peu plus tard, il dézippe son sac. Je continue de faire semblant de dormir quand j’entends qu’il dézippe également le mien.

Il passe son bras autour de mon cou, s’approche et me glisse à l’oreille :

— Désolé, mais Charles ne dormait pas encore. On n’entendait pas sa respiration, maintenant il a un sommeil régulier.

— Et tu veux maintenant ?

— Mets-toi à poil, me dit-il pour toute réponse.

En quelques secondes, je me retrouve nu. Je me colle à lui. Je suis sur le côté, face à lui, alors qu’il reste sur le dos. Ce qui me permet de caresser son immense torse et sentir ses poils vibrer sous ma paume.

De son bras, il ramène mon visage près du sien et plante sa langue dans ma bouche. Il me faut peu de temps pour comprendre ce que je dois faire.

Pendant qu’on s’embrasse passionnément, ma main droite commence à explorer son corps. Ce qui veut dire qu’elle se dirige plus ou moins discrètement vers sa bite. Là, c’est l’extase ; j’ai l’impression de tenir le bâton de tous les pouvoirs, de braver tous les interdits et de devenir invincible avec un tel engin dans les mains.

Lui aussi me caresse le sexe et les couilles. C’est bon !

Haletant de désir, j’arrête notre bouche à bouche pour descendre plus bas, pas mal plus bas. J’enfourne son sexe dans la bouche. J’écarte les mâchoires. Je le suce en évitant la crampe. Le faible espace qui nous est alloué empêche toute réciprocité. Tout en continuant à le sucer, je prends ma queue en main. On jouit presque en même temps.

Le lendemain, Charles se réveille le premier et me secoue doucement.

— C’était bien ?

— C’était bien quoi ? je lui demande dans un demi-sommeil.

Il me montre les sacs de couchage ouverts et Julien qui dort à poings fermés, complètement nu.

— C’était très bien, Charles, je lui souris.

En même temps, je suis embêté. Charles a tout senti, tout entendu.

Décontracté, ce dernier passe son temps à regarder le corps de son frère tout en discutant de ses qualités. Il le fait à voix basse, mais suffisamment audible pour être entendu de Julien si ce dernier ne fait que semblant de dormir. La proximité de relation entre les deux frères m’étonne. Je ne sais pas s’ils ont joué entre eux, mais je n’en serais pas étonné. Cela dit, je préfère ne pas le savoir.

Comme Julien ne se décide pas à se réveiller, nous quittons la tente doucement pour aller prendre le petit déjeuner.

Je crains sa réaction ; je me dis qu’il va sans doute regretter et s’en vouloir, donc m’en vouloir. Mais quand il apparaît, il s’installe près de moi comme si de rien n’était.

— Bien dormi ?

— Très bien, me dit-il avec un grand sourire.

Je pousse un soupir de soulagement.

Le soir même, il est certain que Julien et moi, nous allons recommencer. Julien s’inquiète pour Charles. Je lui ai dit qu’il sait tout et qu’il semble ne pas avoir perdu une miette de ce qui s’est passé entre nous.

Faute d’imagination, nous avons recommencé les mêmes séquences, mais cette fois en sachant que Charles ne dormait pas vraiment. Bien que dans le noir, il n’a pas de mal à deviner ce que l’on fait. Il ne s’est heureusement pas joint à nous, mais lorsque nous avons joui et que, repus, nos respirations se sont calmées, marquant le début du sommeil, Charles est venu s’endormir contre moi en me donnant des petits bisous dans le cou.

 

Ludovic

 

2 - Le caïd de la colonie

Dans cette colonie, le sort m’a placé dans une chambre de quatre personnes dans laquelle se trouvent Grégoire, le caïd du groupe et Cédric, son meilleur ami. Il est là pour la troisième fois et moi la première.

Fils d’un chauffeur routier, il est connu pour sa grande gueule et ses coups de sang. Il fait une tête de plus que les autres et possède une carrure qui impressionne tout le monde, même les moniteurs. Son QI n’est malheureusement pas à la hauteur de sa taille.

Le premier soir tout s’est bien passé. On ne se connaît pas, on n’a pas grand-chose à se dire, donc on va se coucher en se souhaitant bonne nuit.

C’est le lendemain matin que les choses se gâtent. Il me demande de venir jusqu’à son lit. Il me fait un grand sourire, me prend dans ses bras et me dit qu’il veut être ami avec moi. Assez innocent, je ne comprends par vraiment ce geste d’affection inattendu. Je préfère ne rien dire. Le soir venu, il me demande de le rejoindre dans son lit. Mon cœur se met à battre la chamade. J’ai peur qu’il veuille me frapper pour une bêtise que j’aurais commise plus tôt dans la journée. Je n’ose pas non plus lui opposer un refus. Je l’ai vu imposer sa loi dans la journée, sans qu’aucun moniteur n’ose interférer. Il a cassé la gueule d’un garçon qui n’avait pas voulu lui laisser sa place à la pissotière. Celui-ci avait osé se rebeller lorsqu’il en a été délogé manu militari alors qu’il était en pleine miction. Il a pris un coup dans le sternum qui l’a fait s’effondrer. On l’a vu par terre, se tordant silencieusement, essayant de happer l’air qui refusait d’entrer dans ses poumons. Ça m’a fait un énorme choc.

J’avais déjà remarqué que les moniteurs étaient plus en train de se draguer et de se croire en vacances. Ils étaient donc peu présents et peu enclins à nous écouter.

Grégoire me demande de m’allonger sur son lit. Il se love contre mon dos en mettant son bras autour de mon épaule. J’ai l’impression d’être son doudou. La nuit se passe ainsi. Je ne trouve pas en soi l’expérience si désagréable. Je trouve sympa que le dur du groupe me prenne sous son épaule protectrice. De fait, je suis protégé, personne ne me cherche noise durant tous le mois des vacances. Mais il y a un prix à payer.

Le lendemain, il va plus loin ; il met sa main sur mon sexe et passe son temps à le malaxer plus qu’à le caresser. Je suis mort de peur, mais je bande comme un âne, ce qui lui donne toute confiance pour continuer. Les premiers jours, je le laisse faire, réfrénant quelques plaintes de douleur lorsqu’il me tire trop dessus ou a de malencontreux gestes brusques.

Au bout de trois jours, résigné à ses averntures nocturnes, je guide sa main pour lui apprendre à être doux. J’ai peur qu’il se fâche, mais pas du tout, il est très attentif à bien faire. Et il arrive ce qui doit arriver, je jouis. Il le sait non seulement par la trace de sperme que j’ai laissée dans sa pogne, mais aussi par des petits cris étouffés que tous dans la chambre ont entendus sans rien dire.

Il m’a fait jouir, c’est donc à mon tour de le branler. Il place ma main sur son sexe. Là, je n’en crois pas mon toucher. Sa bite est énorme, enfin comparée à la mienne qui n’a pas encore pris toute son ampleur. Je me mets à le branler consciencieusement comme si ma survie en dépendait. Il n’est pas long à jouir. Je reçois à mon tour un flot de liquide dans la main dont je ne sais que faire. Je m’essuie discrètement sur les draps. Ça me dégoûte un peu, mais je suis fier d’être le seul à pouvoir tenir son membre.

Le soir suivant, il me demande de le caresser. Je le fais avec le plaisir de la découverte. Tant qu’il ne jouit pas, ça ne me semble pas trop gênant. Puis, il me demande d’aller donner des petits bisous sur son sexe. Je me sens en position de danger et l’adrénaline me pousse à le satisfaire au mieux. J’ai de l’admiration pour son énorme queue et je ne suis pas mécontent de la toucher de plus près. L’odeur m’enivre et je parcours son sexe de petits bisous délicats.

Je n’ai pas prévu qu’il me bloquerait la tête et qu’il enfoncerait son dard dans ma bouche. C’est à la fois déconcertant et violent. J’étouffe presque et je trouve ça répugnant. De détresse morale plus que physique, je perds confiance en lui. Je me mets à pleurer tout doucement. En parallèle, j’essaie de faire de mon mieux pour écarter mes mâchoires douloureusement gorgées de son appendice. Ce con-là n’est pas discret ; il beugle sa jouissance à la cantonade, ce qui ajoute à mon dégoût.

Ma plus grande honte, je l’éprouve le jour où il me dit : « Je dois un service à Cédric, tu passes la nuit dans son lit. » Je suis terrifié, il ose me prendre pour un esclave sexuel. Il me prête à son ami, un type faux que je ne peux pas souffrir et qui me le rend bien. Il lui faut me porter jusqu’à son lit tellement mes yeux lui disent « non » et mon corps est incapable de faire le moindre mouvement.