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Madame la ministre

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Madame la ministre









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couverture
Eva Lust

Madame la ministre

12-21

 

Bien que ministre, je n’en suis pas moins femme. Femme de pouvoir, femme de plaisirs. Mes attributions et mes inclinations fonctionnent en symbiose. Dans un accord parfait. Comme, jadis, pour Cléopâtre ou Catherine II de Russie !

Et comme elles, je n’ai jamais éprouvé le besoin de cacher mes penchants.

Pourquoi devrais-je avoir honte de m’adonner, fût-ce sur le mode majeur, à une activité inscrite dans ma nature, et plus encore dans celle de l’humanité tout entière ? J’aime baiser. Et à ce que je sache, je ne suis pas la seule à aimer ça !

Oh, je n’ignore pas que beaucoup de mes collègues me reprochent ma franchise – ce qu’ils appellent mon cynisme. Les hypocrites m’accusent carrément de discréditer la classe politique ! Considérant que leur duplicité garantit leur succès dans les urnes. Et que mes frasques, pour assumées qu’elles soient, ne me conduiront pas moins, un jour ou l’autre, à perdre la faveur de mes concitoyens.

Ils connaissent bien mal ces mêmes concitoyens ! La preuve : depuis que j’assume au grand jour mon goût pour la luxure, mes victoires électorales sont devenues des triomphes. L’opinion publique me sait gré de ne pas nier l’évidence. Les attaques dont je fais l’objet se retournent contre leurs auteurs. Plus mes adversaires essaient de tirer avantage de ma sexualité, plus cette même sexualité renforce mon crédit auprès des électeurs !

Cette tendance m’incite à réaliser un pas de plus sur le chemin des révélations.

Sans compter que, pour citer Baudelaire, j’ai toujours cultivé « l’aristocratique plaisir de déplaire » ! De déplaire en tout cas aux imbéciles. Les confessions érotiques qui suivent, si courtes et fragmentaires soient-elles, ne manqueront pas de provoquer chez ces derniers une certaine exaspération. Disons que sans m’en réjouir tout à fait, je ne m’en afflige pas complètement.

Comme on le sait, je suis issue de la vieille bourgeoisie d’A. Mon père, médecin et conseiller régional, tenait rang parmi les notables de la ville. Très tôt, dans son sillage, j’ai été amenée à fréquenter tout ce que la cité préfectorale comptait de personnages influents. À cette époque, mes ongles fraîchement vernis commençaient à peine à déchirer la frêle chrysalide de l’adolescence. Mais en moi se développait un appétit nouveau dont les progrès, chaque jour, se faisaient plus sensibles. Le soir, prière expédiée et lumière éteinte, je m’enfonçais sous mes draps la tête toute bourdonnante, gagnée par un trouble aussi impérieux qu’étrange. Une envie d’explorer mon corps, que je ne pouvais contenir, me faisait glisser une main sous ma chemise de nuit. Je palpais d’abord mes seins, dont la chair dense et chaude s’affermissait sous mes caresses, et dont les bouts érigés, durcissant à mesure que je les pinçais, m’offraient une réactivité prodigieuse. Ma poitrine se soulevant de plus en plus vite exhalait un souffle de plus en plus haletant. Ma main restée libre se crispait sur l’oreiller. Mon ventre brûlait. Je portais mes doigts encore plus bas… Mes cuisses s’écartant, le maquis pubien se présentait bientôt. L’organe érectile, d’une sensibilité redoutable, qui se dressait au sommet de ma fente se rencontrait. Je l’effleurais délicatement. Mes jambes s’agitaient. Je frissonnais. Mordant ma lèvre inférieure en gémissant. Pendant ce temps, une rosée visqueuse s’extravasait de ma chatte. D’un doigt, je la recueillais pour la porter à mes narines. L’odor di femina, piquante et capiteuse, achevait de m’enivrer ! Le contrôle de moi-même et jusqu’à la notion de ma personnalité m’échappaient… Je n’étais plus que le jouet de mes instincts. Me faire menotte, me polluer frénétiquement comme une petite vicieuse que j’étais, voilà ce qu’ils m’ordonnaient ! Accomplissant leur volonté, je me triturais donc le bouton à qui mieux mieux en fantasmant comme une diablesse.

Comme sur un thème de prédilection, mon imagination se fixait déjà sur des images liées au monde politique que j’avais pu approcher par mon père. Fascination du pouvoir… N’avais-je pas eu l’occasion de remarquer à d’innombrables reprises à quel point les femmes se pressaient en foule auprès des maires, des conseillers généraux ou des députés ? Et qu’au contact des édiles, certaines manifestaient une excitation qui confinait presque à l’hystérie ? Parfois même, ne m’était-il pas arrivé de surprendre, dans les coins d’ombre des réceptions organisées au domicile familial, des scènes sans équivoque, où de puissants personnages pelotaient de jeunes ambitieuses dont la vertu n’était plus à vaincre ? Ces scènes me revenaient en mémoire. Mais féministe déjà, j’intervertissais les rôles. Prenais la place de l’homme dont on cherche à gagner les faveurs par des caresses. Remplaçant les solliciteuses par des solliciteurs doués d’une beauté irrésistible.

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