Charmide

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"Crois-tu qu'une ville serait bien gouvernée, si la loi ordonnait à chacun de tisser et de laver son vêtement, de tisser ses chaussures, sa burette à huile, son étrille et le tout le reste de même, sans mettre la main aux affaires d'autrui..." L'évocation de la priorité donnée aux affaires privées n'a rien d'étonnant dans le Charmide pour qui connaît l'entêtement de Platon à souligner l'état d'esprit de la génération qui précéda la sienne.
Publié le : lundi 1 juin 2009
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EAN13 : 9782296222250
Nombre de pages : 60
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Charmide

PLATON

Charmide

Introduction

de

Antoine Nguidjol

L'HARMATTAN

(Ç) 5-7,

L'HARMAITAN,

2009 75005 Paris

rue de l'École-Polytechnique;

http://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-08044-7 EAN : 9782296080447

Le Charmide s'inscrit dans la trame des dialogues qui prolongent la réflexion de Platon sur les conséquences de la guerre du Péloponnèse. De nombreux détails accréditent ce constat, comme l'évocation de la bataille de Potidée1 et la présence de personnages directement impliqués dans cet événement: Critias et Charmide. L'un et l'autre administrèrent d'une main de fer les cités d'Athènes et du Pirée au lendemain de la
défaite en

-

404.

LA GUERRE DU PELOPONNESE Cette « grande» guerreZ commence par une banale dispute territoriale entre deux voisins3: Epidamme, dont le territoire est envahi par les Illyriens, demande à Corcyre de l'aider à les chasser. Mais Corcyre ne prête aucune attention à cette demande4. Désemparée, Epidamme se tourne vers Corinthe qui s'empresse d'y envoyer une escadre, trouvant là l'occasion de protester vigoureusement contre la concurrence économique que Corcyre lui mène dans la mer Adriatique. Contre toute attente, la bataille se solde par la victoire des Corcyréens. Se sentant humiliés, les Corinthiens se préparent à attaquer plus violemment les Corcyréens. Ces derniers, pris de panique, se tournent alors vers Athènes. L'Assemblée athénienne, présidée par Périclès, accorde son soutien. Les Corinthiens interprètent le vote de l'Assemblée athénienne comme une rupture de la convention de paix de trente ans et sollicitent à leur tour l'engagement militaire de Sparte à leurs côtés. Les spartiates hésitent, mais un autre événement vient bientôt envenimer la situation: «peu de temps après [...] un décret athénien ordonne à Potidée en Chalcidique, ville de la confédération, mais ancienne colonie corinthienne restée en rapport avec sa métropole, de raser ses fortifications, de donner des otages, et de chasser les magistrats
1 Qui constitue l'un des événements directs du déclenchement du conflit. 2 Qui ne laisse aucunement augurer d'une conflagration générale. 3 Ce d'autant plus que Sparte fut lente à s'émouvoir de l'importance stratégique que prenait Athènes, et notamment de sa singulière tendance à s'immiscer dans les affaires intérieures des cités voisines. 4 La véritable raison, raconte Hérodote, c'est que les démocrates épidammiens avaient eu la malheureuse idée d'ostraciser les aristocrates de leur pays. Ces derniers ayant trouvé refuge en Illyrie voisine venaient semer de graves troubles dans leur pays d'origine, ce que les démocrates épidammiens supportaient de moins en moins. Aussi décidèrent-ils d'en finir en lançant une offensive militaire à laquelle ils demandèrent à Corcyre de s'associer. Mais Corcyre refusa son aide.

que Corinthe y envoyait chaque année. En même temps, Athènes décidait l'envoi d'une escadre et d'un corps de débarquement de deux mille hommes [u.]. Corinthe envoyait deux mille hommes de secours [u.]. Cette fois les hostilités étaient directes.» a. Hetzfeld, histoire de la Grèce ancienne,p. 243-244) Corinthe vole au secours de Potidée, tandis que Sparte envahit l'Attique en -431 comme le stipule un accord secret. La bataille de Potidée fut un conflit extrêmement sanglant, à la fois pour les Potidéens, les Corinthiens et pour les Athéniens. Ce n'est pas pour rien que, dans le Charmide, Socrate passe aux yeux de ses interlocuteurs pour un heureux survivant. La raison, c'est que de nombreux soldats athéniens perdirent la vie au cours de cette bataille.
LE DEROULEMENT DU DRAME

De retour de Potidée où il vient de guerroyer courageusements, Socrate se rend à la Palestre de Tauréas pour y passer du bon temps. Il y rencontre par hasard Khairéphon, un vieil ami d'enfance et le jeune Charmide dont Critias est devenu le tuteur. Charmide se plaint d'un mal de tête depuis quelques jours et compte bien profiter des pouvoirs de guérison que Socrate dit avoir reçu de Zalmoxis, un médecin thrace. Ce dernier lui aurait aussi demandé sous serment de ne guérir les patients que sous certaines conditions: « Quand [Charmide] me demanda si je connaissais le remède contre le mal de tête, je lui répondis, bien qu'avec peine, que je le connaissais:

- quel

est-il donc?

fit-il.

Je lui répondis que c'était une feuille, mais qu'il fallait ajouter au remède une incantation6 ; que, si on la prononçait en même temps qu'on prenait le remède, on recouvrait entièrement la santé, mais que sans l'incantation la feuille n'avait aucun effet. » (Charmide,155c-156c)
Sagesse et santé mentale

Ce qui c'est l'idée si efficace réussir le

est particulièrement intéressant dans le propos de Socrate, que la santé ne se réduit pas à l'application d'une médication, soit-elle pour le corps. Ainsi, le guérisseur n'est assuré de soin que sous réserve d'une condition métaphysique

5 En compagnie d'Alcibiade, semble-toil. 6 Nous avons ici un bel exemple qui rappelle les rites afticains de guérison. 6

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