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Du riz... ou la route ?

De
93 pages
Dans la pièce Du riz... ou la route ?, l'auteur dévoile les problèmes liés à la vie quotidienne de notre société : élections, développement, droits de l'homme, émancipation de la femme, etc. Il pose aux politiciens et au peuple, à travers les titres de l'ouvrage, la même question. Par le biais d'une noix de cola qui devrait donner la vie, nous avons des cadavres et la démission d'un candidat... Cela suffit pour que les femmes, souvent écartées de la politique, reprennent la scène à leur compte...
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Du riz... ou la route?

H. Clément AWaNO

AMBASSA

Du riz... ou la route?

Pièce théâtrale en 7 actes

Préface de Jacques Raymond FOFIE

L'Harmattan

(Ç) L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005

Paris

http://www.librairiehannattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr hannattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-07863-5 EAN : 9782296078635

Je dédie cette œuvre à tous ceux qui, en Afrique et dans le monde œuvrent pour la démocratie, le respect des droits de l 'homme et des libertés des peuples.

Le développement de notre société est à ce prix.

PREFACE
DU RIZ

... OU LA ROUTE?

UNE VISION BROUILLEE DU FUTUR

Du riz... ou la route? Telle est la question-titre de la pièce de théâtre du jeune H. Clément AWaNO AMBASSA dont le regard au premier abord semble pénétrant, très pénétrant même. Pour lui les réalités politiques complexes de cette Afrique qui étonne le monde ne sont pas un mystère. Illes comprend à fond. Il voudrait les faire comprendre aux autres, ses frères et sœurs africains. Il les interpelle et leur pose une question fort simple: voulez-vous du riz... ou la route? Autrement dit voulez-vous calmer votre faim de l'instant avec une bouchée de riz ou une route symbole du développement et concourant au développement? Voulez-vous la politique du ventre ou le développement durable? On comprend vite qu'il est question des élections dans une démocratie en devenir en Afrique. C'est de la politique. N'est-elle pas la matière d'œuvre de toute la création théâtrale en Afrique? Et qu'est-ce qui n'est pas politique? D'ailleurs Kenneth Tynan l'a dit: «le théâtre, comme n'importe quelle activité humaine, fût-ce la plus modeste (achat d'un paquet de cigarettes, par exemple) a des répercussions sociales et politiques ».1 Mais de quelle politique s'agit-il dans cette œuvre? Des élections, a-t-on dit. Pas des élections présidentielles,
I ln notes et contre-notes 1996, P-146. de Eugène IONESCO, Editions Gallimard,

législatives ou municipales. Mais des élections dans une section d'un parti politique dans quelque coin reculé. La réalité change-t-elle? Nul ne peut le dire. On peut simplement s'interroger. Que signifie élire, élections, démocratie, développement chez ces peuples d'Afrique dont beaucoup semblent ne rien comprendre à ces choses que leur apporte l'Occident colonisateur et que leurs fils s'efforcent en plus de travestir? Ils ont adopté les mots et les ont vidés de leur substance. La démocratie reçoit ainsi de multiples qualificatifs au point qu'on se demande s'il s'agit de la même chose en Afrique que dans les autres continents. Et elle se manifeste dans le théâtre comme dans la réalité. Elle apparaît même plus sérieuse au théâtre que dans la réalité. Il y a plus de mystification dans la politique démocratique réelle qu'au théâtre. Dans cet art on joue tout en sachant qu'on ne fait que jouer. La réalité politique, le jeu démocratique est tout autre chose. La distinction entre le sérieux et le comique y est embrouillée consciencieusement par ceux qui jouent un théâtre dont ils sont seuls à maîtriser la mise en scène. Du riz... ou la route? C'est une invitation à assister à un tel spectacle. Du riz? Politique du ventre. Je mange le riz qu'on me donne. Je calme ma faim de l'instant. Je ne pense pas à l'avenir de mes enfants. Je ne pense pas à ceux qui ne mangent pas car n'ayant rien à manger... Oui, je ne pense pas à ceux qui ne mangent que par les prières des collations funèbres. Je ne me demande pas si j'aurais encore du riz à manger demain. Le futur n'est pas ma préoccupatio~. Seul le présent, mon présent d'ici et de maintenant compte. La misère du monde ne m'intéresse pas. Pour moi entre « du riz et la route» le choix est clair. Je choisis le riz que je peux avoir là là là, tout de suite.

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La route? Y avait-il des routes au temps de nos ancêtres? La route, à quoi sert-elle? Au développement? Et qu'est-ce que le développement? La route peut toujours attendre. Et comme c'est notre fils que nous avons envoyé à l'école grâce à l'argent de nos arachides, nos légumes, nos régimes de bananes, notre manioc, vendus, notre élite - (vous dites bien élite? Mon Dieu !) nous dit de choisir plutôt le riz, c'est-à-dire le plus incapable des candidats et non la route, c'est-à-dire le candidat qui concourra à notre bonheur présent et futur, que pouvons nous faire d'autre? N'est-il pas nos yeux, la lumière qui devrait nous montrer la bonne voie? Je danse, je bois à profusion, je mange et je reçois quelques billets de banque symboliques et le tour est joué. Je choisis proportionnellement au remplissage de mon ventre. Le développement durable symbolisé par la route peut toujours attendre. En réalité, la pauvreté, la misère à la quelle sont soumises la plupart des populations africaines permet-elle un choix libre? Pour certaines, entre le riz et la route, le choix est vite fait. Je mange, donc je vis. Bien que le théâtre soit un art de conflit, il est aussi un art d'éducation. A travers sa pièce AWONO AMBASSA participe de la conscientisation, de l'éducation des peuples africains qui doivent comprendre les jeux et les enjeux d'un bulletin de vote librement choisi dans les élections démocratiques. Et son œuvre pose implicitement une autre question, plus poignante celle-là: » Papa, maman, frère et sœur, que faites vous? Et pour quel avenir pour nous, vos fils et vos filles? »Telle est la question que le jeune dramaturge et à travers lui toute la jeunesse africaine consciente et 9