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L'Etranger de mes nuits

De
76 pages
De la femme mise en scène dans ce texte, l’on en sait peu, sinon qu’elle est mère de deux filles et épouse d’un homme qui ne suscite plus de flamme en elle. Une tumeur du sein en cours de traitement encore et c’est tout ce que l’on apprendra d’elle et de son corps. En revanche, de son âme, de son esprit, l’on saura tout. Et notamment ses rencontres oniriques, de plus en plus étranges et sibyllines au fur et à mesure que le temps passe, avec un inconnu au regard fascinant… Un homme auprès duquel elle se sent si bien, sereine, comprise et réconfortée. Où est la frontière entre rêve et réalité dans cet "Étranger de mes nuits"? Mais surtout, où se situe la ligne de démarcation entre l’autobiographique, le fictionnel et l’autofictionnel? Entrer dans l’œuvre de M. L. Moris, c’est ainsi pénétrer dans un espace où le "je" s’enfonce malgré lui, et nous à sa suite, dans le fantasme. C’est progresser, toujours plus intrigués, sur un territoire littéraire et intime dont les contours se font insaisissables et labiles.
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Préface Je commence par des souvenirs qui me reviennent de mes quinze ans. Des mots que jai écrits alors. Qui parlent de mon premier matin : « Peurs souvenirs, effacer le pas-ser, ne plus avoir de liens sinon ceux de lamour » ; qui parlent delle : « Ses remords lempêchaient de lui avouer tout son amour, maintenant elle peut enfin penser à son avenir » ; dun amour inavouable : « Elle est là près de lui ; elle est venue parce quelle aime ses baisers tendres, elle veut tout son amour mais saperçoit que ce nest quun rêve » ; de rêves de baisers : « Elle ne veut pas croire ces mots terribles qui, en un instant, ont bouleversé sa vie. Elle nacceptera jamais cette situation » ; de fuir les souvenirs : « Cétait léternel conflit entre le bien et le mal. » Elle se tourmentait, car lamour était fini (et puis un autre était venu effacer son cauchemar et laider à repartir de bon pied).
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Voilà. Cela fait pas mal de temps que je nai pas tra-vaillé, des jours à attendre la fin de mon traitement, pour mentendre dire « Patientez, vous verrez, cela ira très vi-te ». Alors je sers de cobaye depuis que jai commencé la chimiothérapie. Des jours à attendre, ceux où je me sens bien, dautres où cest le contraire ; toutes les trois semaines, je passe plusieurs journées dans cet hôpital. Certes, jy suis très bien accueillie, mais cest difficile de rester là des après-midi entiers, surtout lorsquil fait un temps splendide. Cest lété, je suis enfermée dans un étroit vestibule à at-tendre que le goutte-à-goutte fasse son effet. Changement de produit, nettoyage, rinçage, remplace-ment du flacon : je ne sens rien, ou presque, le liquide froid coule doucement en moi, raccordée au tube flexible de laiguille. Je ne vois pas les autres patients, mais je ne suis pas seule, je les entends parler ; je regarde la pendule sur le mur vide et froid, de la même pâleur que le plafond. Un instant je replonge dans mes rêves et je te vois ! Non, il ne faut pas revenir en arrière, le passé est loin à présent, je dois réfléchir à ma vie avec cette moitié de sein ridicule ! Pourquoi ma-t-on laissé cette poche ? Jaimerais partir un matin, emporter avec moi mon chagrin, laisser au loin ma douleur, me retrouver dans un jardin de fleurs. Oublier la haine, la peur, les tourments de ma vie, regarder les oiseaux, écouter leur chant et me dire que demain sera un jour meilleur. Mais la réalité est là, dans mon reflet dans le miroir.
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