La femme en cendres

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La femme en cendres est une pièce dont l'histoire se déroule dans l'Iran d'après la révolution. Des évènements se produisent dans une pension de jeunes étudiantes. La condition des femmes, leurs façons de vivre au milieu des contraintes, entraînent des mouvements de désespoir, de lutte et d'échec qui constituent autant de tableaux mouvementés nous faisant voyager dans une autre époque.
Publié le : samedi 1 novembre 2008
Lecture(s) : 245
EAN13 : 9782296211421
Nombre de pages : 103
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La femme en cendres

Nazly SADEGHI

La femme en cendres

L'Harmattan

L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

@

75005

Paris

http://www.librairiehannattan.com diffusion.hannattan@wanadoo.fr hannattan I@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-06834-6 EAN : 9782296068346

NAZL y SADEGHI

PERSONNAGES

Akram La grand-mère Mme Gouzlou Six étudiantes

Une femme, professeur d'université

Adjointe de direction

Parissa Atoussa Mojgan Mariam

Gilla Roya

La femme du gardien Le gardien Moniré Une vieille dame La directrice de la pension Une fillette Lisa Béhrouz Une étudiante française Médecin et professeur

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La femme en cendres
Actel - scènel

Une chambre d'asile, sans fenêtre, des lits juxtaposés sont disposés en rangées. La chambre est grise et la porte est marron, les draps sont vieux et déchirés. Trois femmes nues, assises par terre, observent avec beaucoup d'attention une mouche. Une autre femme en position de prière est assise sur son lit. La troisième, serrant fortement son coussin, lui donne du lait. Akram, allongée sur le lit, regarde fixement le plafond. A côté de son lit, il Y a une petite table où la photo encadrée d'une vieille femme semble la regarder.
C'est alors qu'éclate une dispute à propos de la mouche. I ère femme - Elle est à moi.

2ème femme - C'est moi qui l'ai trouvée.

3èmefemme -Je l'ai amenée de chez moi. La première femme tenant la mouche morte dans sa main se met à courir. Les deux autres se mettent à crier tout en la poursuivant. C'est alors que les bruits de pas, doucement et lentement, remplissent l'enceinte de la chambre, Akram se lève du lit, les cris des femmes s'éloignent alors que le bruit des pas se rapproche. Une silhouette, maigre et squelettique, vêtue d'un manteau et d'un foulard gris, munis d'un sac et de chaussures noires, portant un colis dans ses bras, entre dans la pièce. Elle ressemble à Akram mais elle porte des lunettes. Akram la regarde fixement, lui sourit et petit à petit commence à rire de plus en plus fort. Soudain son rire

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devient hystérique. Entre temps, la lumière de la scène baisse et le décor change. Les rires d'Akram continuent jusqu'au retour de la lumière.

La femme en gris n'a pas bougé de sa place mais elle se trouve installée à la réception d'une pension de filles. Dans un espace réduit sont disposés un bureau noir et quatre chaises marron en cuir. Mme Gouzlou est assise derrière le bureau sur lequel se trouvent un téléphone et un carnet de téléphone; la femme en gris feuillette le carnet en question. Mme Gouzlou, tout en la regardant fixement, lui dit: Mme Gouzlou - Vous n'avez pas eu d'appel, Mme Sobhani. Mme Sobhani - (Tout en articulant doucement) Oui, oui mercI. Mme Sobhani sort de la pièce et monte les escaliers près du bureau. Soudain la voix de Mme Gouzlou l'oblige à s'arrêter: Mme Gouzlou
Mme Sobhani, aujourd'hui nous avons inspecté votre chambre, c'est le bordel total! Que dira l'inspecteur s'il nous fait une petite visite?

-

Mme Sobhani - Ma chambre est minuscule et j'ai du mal à placer toutes mes affaires, je ne sais plus quoi faire. Mme Gouzlou - Vos livres prennent beaucoup de place, à quoi servent tous ces bouquins que vous avez placés à coté du mur ? Gardez-en un ou deux qui sont vraiment nécessaires et envoyez le reste chez vos amis ou votre famille!

- Je ne peux pas, j'ai besoin de tous ces livr~s, ce ne sont quand même pas des vêtements!
Mme Sobhani

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Mme Gouzlou - De toute façon nous n'allons pas vous permettre de garder tant d'affaires, sous votre lit il Y avait deux grandes valises, sur votre armoire il y avait deux grands cartons, il est impensable qu'une pensionnaire ait tant d'affaires!

Mlle Sobhani - Toutes ces affaires dont vous me parlez me sont nécessaires. Mme Gouzlou - Madame, un manteau et une paire de chaussures, c'est tout ce qui est vraiment nécessaire. Mlle Sobhani - (Très énervée) Qui êtes-vous pour me dire ce dont j'ai besoin ou pas! Mme Gouzlou - (Très énervée) Il Ya un règlement ici, si vous voulez suivre votre loi, allez vous chercher un appartement. Mlle Sobhani - Sije le pouvais, je l'aurais déjà fait.
Mme Gouzlou - (Enervée) Maintenant que vous êtes là, vous devez vous conformer à nos règlements.

Mlle Sobhani - Je vis comme je l'entends. Elle monte les escaliers. A tous les étages elle entend des bruits et de la musique; on voit des jeunes filles faisant des allers-retours. A chaque étage, Mlle Sobhani s'arrête quelques moments et se repose tout en regardant les jeunes filles. Elle arrive au quatrième étage, elle ouvre une porte marron et traverse un couloir étroit. Elle sort sa clé et ouvre la porte de

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la dernière chambre. Une petite chambre en fOffile de « L» à l'intérieur de laquelle sont introduits, de force, un lit, une armoire, un fauteuil et un réfrigérateur. Akram, en entrant dans la chambre, se jette sur le lit, desserre le nœud de son voile et, dans un même élan, dit: Mlle Sobhani - Bonjour maman, si tu savais combien je suis fatiguée, je ne tiens plus sur mes pieds.

La grand-mère, qui est assise sur le fauteuil, lui sourit et la regarde. Grand-mère - Bonjour ma chère Akram, as-tu mangé, ma fille? Fatiguée, Akram enlève son voile. Akram - Oui, j'ai mangé à l'Université (Elle se lève et ouvre le colis), j'ai acheté ça pour la petite Elham, c'est joli non? (De la boite enveloppée de papier cadeau, elle sort un chien
avec des poils blancs)

Grand-mère - Oui c'est chouette, combien tu l'as acheté? Akram - Tu ne me croiras jamais, un quart de mon salaire, deux mille tomans. (Elle remonte le mécanisme du chien) Grand-mère - Ce n'est pas grave ma petite fille. Ils en profitent, ils ont des listes d'attente.
Le chien commence à aboyer. Akram - Il ne peut pas remuer la queue, pour cela il faut payer mille tomans de plus.

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