Le jeune homme à la canne

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La pièce se passe dans la loge d'un théâtre. Sophie doit jouer le rôle de Marthe dans une adaptation scénique du Diable au corps. En proie aux angoisses qui précèdent une "première", l'actrice reçoit la visite d'une femme étrange prénommée Alice. Elle dit être l'inspiratrice du roman. Cette rencontre, qui en entraînera d'autres, toutes aussi insolites, permettra à l'actrice d'investir le personnage.
Publié le : vendredi 1 mai 2009
Lecture(s) : 266
EAN13 : 9782296675261
Nombre de pages : 69
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Préface
Quelle jouissance que de se baigner dans la marmite théâtrale avec des propos aussi radicaux que ceux proférés par l'héroïne dès les premières pages. Propos salvateurs,savoureux. Comme le sujet qui surprendra plus d'un lecteur et autant de spectateurs...Cet échange entre l'actrice,le personnage du roman et l'inspiratrice est saisissant.Un choix triangulaire,traité sans affectation, qui permet de nous tenir en haleine sans défaillir. Lorsque le romanesque s'empare du réel,celui-ci crie «au voleur».Le débat qui se crée ainsi fortuitement dans lequel le réel combat l'imaginaire avec ses arguments et l'imaginaire lui répond avec tout autant de preuves irréfutables est passionnant. Et l'on vient à se demander qui de la réalité ou de la fiction est la plus réelle. Si tous les interprètes pouvaient avoir de telles rencontres dans leur existence fictive,ils feraient faire un grand bond à l'art dramatique ; c'est aussi vrai pour chacun d'entre nous dans la vie :le débat entre soi,sa conscience et l'idée que l'on donne aux autres de soi. Les personnages de théâtre vivent dans la mémoire des spectateurs,bien que fragiles et mystérieux,avec plus de force et d'acuité que nos vivants disparus de notre monde.
- 5 –
Et c'est bien une magnifique vertu du théâtre que de donner corps et réalité à des personnages de fiction et de faire revenir les morts d'entre les morts. Nous offrant ainsi... l'éternité !
PaulTABET Président d’honneur de « Beaumarchais »
- 6 –
Personnages :
À Jacques ZABOR Acteur et poète qui fît trop tôt son ultime salut
SOPHIE : Comédienne qui doit interpréter Marthe
MARTHE : théâtre
Personnage du roman adapté pour le
ALICE : Inspiratrice du personnage du roman
RADIGUET : Auteur de « Le Diable au corps »
Et les voix de PATRICE : Le metteur en scène Et de JULIE : L’assistante
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Une loge de théâtre encombrée de costumes, d’éléments de décors, d’accessoires. Dans un coin, une table à maquillage, un divan de velours rouge fatigué, un paravent. On entend une musique mélancolique. La poignée de la porte tourne doucement. Alice, une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue d’un imperméable et coiffée d’un chapeau de pluie, à la mode des années 50, se glisse dans la pièce comme une ombre.
Elle s’approche de la table à maquillage, jette un oeil sur les photos, les esquisses de costumes, puis s’arrête sur un livre, qu’elle saisit en tremblant.
PATRICE (OFF) - Reviens ! Sophie ! Sophie, j’ai besoin de toi sur le plateau ! Ce n’est pas la première fois ! Fais gaffe à la rupture de contrat… Souviens-toi… Refus de répéter égale faute professionnelle !
Alice s’efface dans l’ombre. La porte s’ouvre brutalement sur Sophie habillée d’une robe d’été d’une autre époque. Elle est jolie, blonde, elle a 35 - 38 ans. SOPHIE - C’est toi ma faute professionnelle ! Elle claque la porte, jette son manuscrit sur la table à maquillage et se laisse tomber sur le canapé. Temps. Je n’aurais jamais dû accepter. J’aurais dû dire non, tout de suite. - 9 –
Je le savais. Ce roman est inadaptable au théâtre, inadaptable tout court. Quel besoin, d’ailleurs, d’aller exhumer cette histoire d’un autre âge ? Déterrer un auteur oublié pour le porter à la scène… Et pourquoi aller chercher un roman ? Alors que des milliers de manuscrits de vraies pièces de théâtre écrites par de vrais auteurs bien vivants, pourrissent dans les caves des comités de lecture ! J’en ai marre de ces collages de bouts de littérature mal ficelés ! Je veuxjouer un vrai auteur de théâtre, avec de vrais personnages authentiquement en trompe l’œil, et pas tous ces ersatzautofictionnels, que Patrice affectionne tant !
On frappe à la porte. SOPHIE - Fous-moi la paix! Nouveaux coups plus violents. JULIE (OFF) - C’est moi… Julie, je peuxentrer ? SOPHIE - Non. Je veuxêtre seule. JULIE (OFF) - Patrice a besoin de toi sur le plateau… SOPHIE - Il n’avait qu’àypenser avant de m’utiliser comme une potiche pour mettre en valeur sa mise en scène ! JULIE (OFF) - Qu’est-ce que je lui dis ? SOPHIE - Que j’ai besoin de travailler mon personnage… Sans musique, sans lumière et sans lui !
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