Le Pacte

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Le Pacte n'est pas une alliance mais un engagement de soi. Chez les Ekan, tribu mythique que chante le Mvêt, épopée traditionnelle des fang-Bulu-Beti de l'Afrique centrale, la succession au sein de la chefferie des descendants des héros mythiques ne se dessine pas. Le patriarche doit léguer son autorité au plus méritant de ses fils. Mva-Olé n'a malheureusement pas d'héritier mâle de son sang. Alors quel pacte va ainsi permettre ou empêcher la succession à Engong-Zok-Mebegue-Me-Mba ?
Publié le : lundi 1 octobre 2007
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EAN13 : 9782296182875
Nombre de pages : 121
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Le Pacte

Théâtre des 5 Continents Collection dirigée par Kazem Shahryari et Robert Poudérou Dernières parutions 202 - Isabelle BOURNAT, Dépôt-vente, 2007. 201 - Philippe PILATO, Ce baiser, je ne l'ai pas rêvé?, 2007. 200 - Jean LARRIAGA, Morceaux choisis, 2007. 199 - Ak ABRAM'S, Quand l'oiseau s'envole, 2007. 198 - Emmanuel ERIDA, Yo Picasso, 2007. 197 - Emmanuel ERmA, La promesse, 2007. 196 Victor KATHEMO, Le mur de lamentation, 2007. 195 - Patrice TACITA, Le Nègre-Dardannelles, 2007. 194 - Nie MAZODIER, Entre nous soit dit, 2007 193 - Pius Nganda NKASHA WA, La Rédemption de Sha Ilunga, 2007 192 - Pius Nganda NKASHAWA, L'empire des ombres vivantes, 2007 191 - Pius Nganda NKASHAWA, Bonjour monsieur le ministre, 2007 190 -Claudine VUILLERMET, J'avais vingt ans, 2007. 189 Jean-Michel BAYARD, La part du lion, 2007. 188 - François CHANAL, Le silence des sables, 2006. 187 - Alain Lulla ILUNGA, Confidences à l'ombre ou Le procès Diallo, 2006 186 - Kazem SHAHRY ARI, Couleurs de femmes l'été, 2006. 185 - Mani GREGO, Un éclair entre deux éclipses, 2006.
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-

Thierry CHAUMILLON,

Contentieux,

2006.

183 - Robert POUDÉROU, La brise-l'âme, 2006. 182 - Alain PASTOR, Petropolis 1942, 2006.
181 Bathie NGOYE THIAM, Adina mon amour suivi de Le

prince artiste, 2006. 180 - INONGO- VI-MAKOME, Muna anyambe (La fille de Dieu) suivi de Bwe oItiti (Une petite lueur dans l'obscurité), 2006. 179 - Sebastian BARRY (trad. de l' anglais (Irlande) par ÉmileJean DUMA Y), Lesfistons, 2006.

CHARLES BELINGA B 'END

Le Pacte
Drame mythologique en neuf tableaux

Préface de Angèle Christine Ondo

L 'HARMATTAN

2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com harmattan 1@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr

@ L'HARMATTAN,

ISBN: 978-2-296-04188-2 EAN : 9782296041882

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J'ai imaginé cette pièce sur le modèle du théâtre classique. A la façon de Corneille ou de Racine, je me suis servi de la mythologie Fang-Bulu-Beti pour composer ce drame. Parce que cette mythologie est une source immensément riche qui reste encore inexploitée. L'entreprise est un défi. Les Fang-Bulu-Beti gardent encore une mythologie qui structure leur pensée, leur philosophie et fonde encore quelques aspects de leurs croyances et de leur religion. Cette mythologie est contenue dans le Mvett, pedigree de récits homonymes chantés par des poètes professionnels aujourd 'hu] pratiquement disparus. Le Mvett est un sujet d'études auquel s'intéressent de nombreux chercheurs. Quelques références sont proposées à la fin de la pièce pour tous ceux qui seront curieux d'en savoir davantage sur les Ekan et leur fabuleuse histoire...

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PR6FAC6

A l'origine, le théâtre célébrait les divinités. Mettre en scène des Ekang est conforme à la tradition littéraire. Dans la civilisation fang-bulu-beti dont est originaire l'auteur, le Mvett est un discours constituant, terme emprunté à la pragmatique. Discours des origines, le Mvett exerce un effet attractif sur tous ceux qui s'interrogent, c'est-à-dire les créateurs. Les puristes du Mvett risquent d'être surpris par cette libre interprétation de la mythologie. Le descendance des Ekang évoquée dans la pièce appartient à la prestigieuse lignée des «Fers» dont font partie Akoma Mba le chef de l'Exécutif et Engbwang Ondo l'immortel le plus charismatique d' Engong-Zok -Mebegue- Me-Mba. Cette lignée insolite a perdu l'immortalité qui représentait pour les Ekang l'essence de la vie. On assiste à un renversement de valeurs où Okü semble incarner les vertus qui fondaient la civilisation Ekang. A l'occasion des tenues du Conseil, le doyen Mba Mba stigmatise la division et rappelle sans relâche que l'unité et le consensus sont les règles qui dirigent toujours Engong-Zok-Mebegue-Me-Mba. L'intrigue se noue autour du problème de la succession résultant de la perte d'identité. Le chef Mba Olé ne peut donner à la couronne un enfant mâle. A Engong, le problème aurait été résolu par le 8

système ternaire du pouvoir, où les trois lignages sont représentés. On comprend alors pourquoi l'auteur met en scène cette branche Ekang qui ressemble à s'y méprendre aux Fang-Bulu-Beti d'aujourd'hui, acculturés, héritiers sans héritage. Comme les héros du Pacte, ils ne respectent plus les interdits fondateurs les « biki », se référant à une civilisation dont ils n'ont gardé que l'illustre dénomination. Le ton élevé s'accorde à la grandeur du sujet qu'est le devenir de la race Ekang. La perspective sémantique est étroitement liée à la perspective formelle. Le poète utilise abondamment des images et aphorismes fang-bulu-betL Parfois le texte prend les connotations d'un discours spéculatif lorsque les héroïnes Okome, l'épouse du roi et Marna Esseng, la tante de celui-ci, s'affrontent dans la salle du Conseil. La musique formelle du texte est très perceptible par ses assonances et ses allitérations. Le texte, à l'image du Mvett traditionnel qui lui sert de matrice, aurait pu être soutenu par un chœur et des interludes. Cette performance solennelle l'enracinerait davantage et lui donnerait une dimension autre, reflétant le combat de la survie d'une nation au bord de l' extinction. Le questionnement de I'homme sur le temps et le devenir est un thème universel. Chaque civilisation l'exprime avec sa langue et ses représentations

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symboliques. Charles Bélinga B'Eno nous en donne une illustration originale.

Angèle Christine ONDO Mvettologue

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PR6S6NTATION

Le drame se déroule à Engong-Zok-Mebegue-MeMba- L' Adjap*-Dressé-Sur- La-Colline-Que- ToutesLes-Populations-Voient, peuplé des clans Ekafi, peuples d'Immortels, dans la cour jadis florissante du Roi Akoma Mba. Personnages mythologiques: 1.1. Personnages mythologiques passifs ou évoqués: . Ekafi Nna, Fondateur des EkaÎi. . Akoma Mba, Roi des Ekafi. . Zok Memveme, seul Géant d'Okü dont aucun récit de Mvett ne raconte la mort. . Asseng Mbane Ona, Géant d'Okü qui menaça le secret des Ekafi. 1.2. Personnages.. . Mba-Olé, le Chef des Ekafi, du clan des Fers. . Osse, le frère adoptif de Mba-Olé, Chef militaire. . Okome, épouse de Mba-Olé. . Marna Esseng, la tante paternelle de Mba-Olé. . Mba Mba, l'oncle paternel de MbaOlé. Il

. . . . .

.

Angone, sœur utérine de Mba-Olé. Nnomo Ngafi, le Devin. Les Anciens: Andome, Biyang, Ndong, Obame, Mvé, Nkabe, Ela. Deux apprentis joueurs de Mvett. Les villageoises, les villageois. La voix.

1.3. Personnages évoqués. . Mbane Mboutou, père d' Okome. . Bela, sœur utérine de Mba-Olé. . Bidjang. . MfouIeyang, fils de Bela, neveu de Mba-Olé. . Mfoulou Oveng.

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AVANT-TA"BL5AVt.

La scène se passe devant le rideau fermé. Deux apprentis joueurs de Mvêt répétant quelques accords, de part et d'autre du rideau. Ils sont vêtus simplement d'un tissu pagne attaché autour des reins.

Un apprenti Asondo, est-ce que tu te souviens encore des leçons de Maître ûssomô qui nous préférait parmi tous ses apprentis? L'autre apprenti Tita! Si je m'en souviens? C'est comme si c'était hier oh... (Soupir) Et même que ce matin, je me surprenais, comme ça, à penser à cette histoire qu'il aimait à nous dire, celle d'Olé Evina, le vénérable arrière-arrière grand-père de notre illustre chef. Le premier Ahhh Asondo ! Le deuxième Ohhh Tita !
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Le premier Quand j' y pense, c'est comme si j' y étais! Le deuxième Un grand village lové dans l'épaisse et profonde forêt.. . Le premier . .. un peuple fier et agressif qUI a guerroyé longtemps.. . Le deuxième ... farouchement... Le premier . .. et a conquis son terrain... Le deuxième Montrant le sol du doigt . . .ce terrain à la bravoure féroce de ses fils...

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