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Le prix du pardon

De
136 pages
Cette pièce de théâtre reflète une société déchirée tant par des conflits armés que par une injustice sociale devenue monnaie courante. La finalité essentielle de l'oeuvre dramatique étant d'éclairer la condition humaine, Le prix du pardon ne peut avoir de fin autre que d'éclairer la condition de ces hommes, décidément incapables de pardonner, à partir de leur propre histoire.
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Madjirébaye Hervé
LE PRIX DU PARDON
Lettres camerounaises
Le prix du pardon
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collectionLettres camerounaisesl’avantage du présente positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, la collectionLettres camerounaises s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Pierre BEDEL MBELLA,Le cordon ombilical, 2014. Djhamidi BOND,Amour et préjugés, 2014. Pierre BEDEL MBELLA,La veuve blanche, 2014. Ginette MINTOOGUE,Renaître. Regard vers le passé d’une adolescente, 2014. Patricia NOUMI,Aimer sans réserve, 2014. Marcelline Nnomo ZANGA,De la parole à l’écriture en Afrique, 2014. Josiane NGUIMFACK ZEUFACK,Lueur en flamme, 2014. Charles SOH,Ici, ce n’est pas comme là-bas,2014. Paul Emmanuel BASSAMA OUM,Un cheveu sur la soupe, 2014. Alain ABOUNA NOAH,Au-delà des tourments, 2013. Joseph SOP,Une parodie de justice, 2013. Éric ONANA AWOMO,Et si tu étais nègre, Nicolas ?, 2013. Jean André MANGA,Naître fille est-il une condamnation ?,2013.
Madjirébaye Hervé
Le prix du pardon Théâtre
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© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02976-4 EAN : 9782343029764
À vous les orphelins, vous qui êtes rendus précocement à cet état de vie par la faute des hommes.
LES PERSONNAGESVICTOR,médecinchef du personnel du service de la chirurgie de l’hôpitalcentral de référence nationale.HORMON,épouse de Victor.BOYA,fille adoptive de Victor.SOU,enseignant retraité, voisin et ami de Victor.ROGER,autre voisin accusé du meurtre de Sou.SOULEYMANE,commerçant ayant sa boutique à proximité du domicile de Victor.SAMIRA,jeune infirmière en fonction au service de consultation de lachirurgie de l’hôpital central. KHADIDJA,mère de Samira. DJASNAN,en médecine passant son stage à la étudiant chirurgie de l’hôpital central.NGAKUTU,père de Djasnan, uncolonel de l’armée.BARBARA,mère de Djasnan.DJAMAL,père de Samira, ami intime et assassin de Ngakutu, un capitaine de l’armée.NGUÉROH,jeune soldat, garde du corps et homme de confiance de Ngakutu, assassin de Djamal.BÉATRICE,lycéenne, fille d’undes locataires de Djasnan.DJIMY,ami d’enfance de Djasnan, étudiant en Lettres modernes se disant athée.1 BAÏNDAHau cabaret Katanga, jeune vendeuse de Koyo, celle dont Djimy est amoureux.NARCISSE,compagnon de Djimy, homme trop bavard.SAÏKAM,l’accusatrice de Sou.1 Koyo ou Kochatte : boisson locale fabriquée à base de riz ou de mil.
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ROZZI,policier nouvellement nommé commissaire en jeune charge du sixième arrondissement.L’AGENT DE SÉCURITÉ,vigile àl’Ambassade des USA.LA SENTINELLE,homme à tout faire de la cour du ministère de la Fonction publique, dit le facilitateur de la porte 7.LA SERVEUSE,jeune dame chinoise travaillant dans un restaurant chinois.LE BERGER,propriétaire d’un troupeau de dromadaires.LE FOU, unretardé mental, bien baraqué et du genre très comique. Policiers, jeunes filles et garçons, enfants, passants, foule.
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ACTE I
SCÈNE1 Sou et Souleymane
Le mercredi
(Il est 18h. Tout saoul, Sou arrive à domicile. Sans dire mot aux voisins, il se dirige vers sa chambre. Fouillant dans ses poches, il ne retrouve pas la clé de sa chambre. Ils’assied à même le sol au seuil de la porte).
Sou(soupire)Pas besoin de dire que j’ai perdu ma clé. Je n’ai pas besoin de faire une déclaration de perte, sinon contre qui doisje bien déposer une plainte et pour gagner quoi ? La compassion des autres ?Qu’à cela ne tienne, ce ne sera surtout pas celle de ces voisins au regard morbide… D’ailleurs, du plus loin qu’il me souvienne, personne n’a jamais compati à monmalheur ici.? (Une autre cléRire). Hum!… Si ce n’est que cela, il me suffit d’aller voir le boutiquier et de lui dire, sans faire de commentaire, une main dans la poche, que je veux une nouvelle clé. Vous savez,il n’y a que l’argent pour remédier à certaines difficultés, comme il y en aauxquelles il n’y a que la violence pour mettre fin. Raison pour laquelle, si vous trouvez que le monde ne peut pas se contenter des hommes capables, il ne peut pas se passer d’eux, sachant que l’homme capable,c’estindividu touten tant qu’il dispose d’une bourse régulièrement renflouée,quelle qu’en soit la façon. On aurait aimé toutefois que ce ne soit pas par cesusuriers sans cœur ni âme que rien n’inquiète. (Simultanément, la cloche de la cathédrale sonne et le muezzin chante. Il éclate de rire?). De quoi rivalisentils (Rire? De toutes les?... Pour séduire quialors ? Dieu). De piété façons, il est insensible aux charmes qui ne nous viennent pas du cœur, ce Dieu ! Piété ou la merde ! À moins que ce soit à cause de sa femme, Marie! (Rire).C’est l’incarnation de la beauté, cette femme ! Voilà le seul charme qui induisit notre Dieu universel en l’erreur, faisant de sa progéniture un hybride, un Dieu mortel qu’on
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