Le voyage d'Albert Speer dans sa prison

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Pourquoi et comment un homme intelligent, cultivé et peu intéressé initialement par la politique se laisse-t-il séduire par un règime totalitaire ? Illusion au départ d'une renaissance de sa patrie désemparée ? Leurre que, la paix une fois revenue, le régime se civilisera ? Ce sont toutes ces motivations qu'analysera lui-même Albert Speer dans ses Mémoires, auto-analyse unique dans l'histoire du XXe siècle d'un politique impliqué au sommet d'un système totalitaire.
Publié le : samedi 1 juin 2013
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EAN13 : 9782296538269
Nombre de pages : 206
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Le Voyage d’aLbert Speer Bernard Faidutti
danS Sa priSon
Pourquoi et comment un homme intelligent, cultivé et peu
intéressé initialement par la politique se laisse-t-il séduire par
un régime totalitaire ?
Illusion au départ d’une renaissance de sa patrie désem-
parée ? Carrière soudain météorique comblant une ambition Le Voyage d’aLbert Speer
latente ? Fascination face à des personnages dont on refuse de
voir le comportement criminel ? Leurre que, la paix une fois
danS Sa priSonrevenue, le régime se civilisera ?
Ce sont toutes ces motivations qu’analysera lui-même
Albert Speer dans ses Mémoires, auto-analyse unique dans
el’histoire du xx siècle d’un politique impliqué au sommet
d’un système totalitaire.
Bernard Faidutti, au fl d’une carrière de chirurgie cardiaque uni-
versitaire à Genève, a rencontré à des années de distance trois per-
sonnalités fort diférentes ayant chacune connu personnellement
Albert Speer et, parmi elles, Gitta Sereny. De multiples entretiens
avec cette historienne britannique d’origine austro-hongroise,
spécialiste des crimes de guerre et auteur d’une biographie sans
concessions de Speer, ont permis à l’auteur de préciser certains évé-
nements et comportements. Le jugement abrupt de Gitta Sereny
après lecture de ces quatre actes a été : « C’est son histoire. Cette
pièce fonctionne bien. »
ISBN : 978-2-343-00189-0
20 €
THEATRES_GF_FAIDUTTI_VOYAGE-SPEER-PRISON.indd 1 23/05/13 14:31
Le Voyage d’aLbert Speer
Bernard Faidutti
danS Sa priSon






LE VOYAGE D’ALBERT SPEER
DANS SA PRISON





Du même auteur, chez L’Harmattan :

Kepler. Vie et mort d’un juste, 2012.
Copernic, Kepler et Galilée face aux pouvoirs. Les scientifiques et la politique, 2010.



































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00189-0
EAN : 9782343001890Bernard Faidutti








LE VOYAGE D’ALBERT SPEER
DANS SA PRISON
























Collection « Théâtres »
dirigée par Denis Pryen et Jérôme Martin

Déjà parus

Michel CORNELIS, Manoir – saison 13, 2013.
Jacqueline ZINETTI, Deux femmes pour l’éternité, 2013.
Jean-Marie SIRGUE, Capitaine Le Jan, 2013.
Daniel BOUKMAN, Liwa Lajan. L’argent roi. Adaptation en langue créole de
Martinique du Plutus d’Aristophane, 2013.
Bernard BACHELOT, L’Alibi. Un échec de Louis XIV en Algérie, 2013.
Eve NUZZO, Fragments d'une petite comédienne de campagne suivi de Ouf, 2013.
Nicky ATTIKI, Le fils du psychiatre. Pièce en trois actes, 2013.
Laurence HUARD, J’étais Comtesse en mon pays…, 2012
Claire CARLUT, Dans la grâce des Ténèbres, 2012.
Moni GRÉGO, Un père pied-noir. Suivi de Hier, 2012
Stéphane PATRICE, L’île d’Arros, 2012.
Bernard H. RONGIER, L’impromptu de San Lorenzo, 2012.
Maud TRIANON, Humains, au travail !, 2012.
Marie GULLA et François-Henri SOULIÉ, Une bicyclette pour la liberté, 2012.
Michel CORNELIS, Marelle, 2012.
Henri Michel BOCCARA, Pièces à conviction, 2012. iRA, Pièces fragiles, 2012.
Jean-Marie APOSTOLIDÈS, Trois solitudes, 2012.
Bernard Allombert, Jeanne et Jean, 2012.
Farid PAYA, Rostam et Sohrâb, 2012.
Martine THINIÈRES, Le Grand Large, 2012.
Nassuf DJAILANI, Se résoudre à filer vers le Sud, 2012.
Valentin POTIER, Pyongyang, 2012.
Jean-Marc BAILLEUX, Hôtel de l’Europe, 2012.
KWON Ho-ung, Le Parachute, 2011.
PARK In-bae, Le Combat des journalistes du DongA, 2011.
Christophe ROHMER, Moi, Alexandre, 2011.
Georges BONNAUD, Electr & Prot. Roméo et Juliette du Cosmos. Vie et
transposition théâtrale d’un électron et d’un proton. Aventures et avatars du premier
atome d’hydrogène léger, 2011.


à Gitta Sereny
qui a voulu comprendre



« Ayant eu jadis l’occasion d’observer des hommes d’Etat
communistes, j’ai dû constater, surpris, qu’ils étaient souvent
extrêmement critiques envers la réalité même de leurs actes
qu’ils avaient vus se transformer sous leurs yeux en une
incontrôlable chaîne de conséquences.
S’ils étaient vraiment si lucides, me diriez-vous, pourquoi
n’ont-ils pas claqué la porte ? Etait-ce par opportunisme ? Par
amour du pouvoir ? Par peur ? Peut-être. Mais on ne peut pas
exclure qu’au moins quelques-uns aient agi guidés par le sens
de leur responsabilité à l’égard d’un acte qu’ils avaient jadis
aidé à lâcher dans le monde et dont ils ne voulaient pas renier
la paternité, caressant toujours l’espoir qu’ils seraient capables
de le corriger, de l’infléchir, de lui redonner un sens.
Plus cet espoir se révélait illusoire, plus ressortait le tragique de
leur existence. »

Milan Kundera
(Le rideau)







« Juger, c’est de toute évidence ne pas comprendre, puisque, si
l’on comprenait, on ne pourrait plus juger. »

A. Malraux
(Les conquérants)
PERSONNAGES
Albert Speer
Maître Flächsner : avocat de Speer
Georges Casalis, aumônier protestant de la prison de
Spandau
Mr Speer père
Mme Speer mère
Margret Speer, épouse d’Albert Speer
Rudi Wolters, adjoint et ami d’Albert Speer
Hans Simon, adjoint d’Albert Speer
Annemarie, secrétaire d’Albert Speer
Hermann Göring, chef de la Luftwaffe et ministre de
l’économie
Joseph Goebbels, ministre de la propagande
Martin Bormann, secrétaire de Hitler
Général Milch, responsable de la coordination entre l’armée
et l’industrie
Heinrich Himmler, ministre de la police
Dr. Karl Gebhardt, chirurgien-chef de l’hôpital de
Hohenlychen,
Gruppenführer SS
Prof. Sauerbruch, célèbre chirurgien, pionnier de la chirurgie
pulmonaire
Dr. Koch, adjoint du prof. Sauerbruch
Colonel von Stauffenberg
Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères
Colonel Kaltenbrunner, chef de la Gestapo Major Otto Remer, chef des gardes des bâtiments officiels de
Berlin
Maréchal Keitel, chef d’état major des armées du Reich
Amiral Dönitz, commandant de la Kriegsmarine
Baldur von Schirach, chef des Hitlerjugend
Rudolf Hess, ancien ami et collaborateur direct de Hitler
Général Anderson, chef des forces de bombardement US
David Bruce, ambassadeur américain
Toni Proost, infirmier hollandais à la prison de Spandau
Colonel Bird, commandant américain de la prison de Spandau
Etudiants, élèves de Speer à l’école d’architecture de Berlin au
début des années trente
Officiers et gardes américains, anglais et soviétiques
ACTE I
Scène 1
Un grand salon lambrissé d’un vieux château du nord de
l’Allemagne
Des officiers américains et anglais (en uniformes)
Des G.I (en uniformes, qui font le service
Speer (en civil)
Le Général d’aviation Anderson
– Speer et un officier américain entrent dans le fond à travers une double
porte donnant sur un salon. Tous deux ont un verre à la main et devisent
amicalement.
L’OFFICIER AMERICAIN
C’est incroyable ! Mais enfin ! Comment avez-vous continué
votre production d’armements ? Nos photos aériennes étaient
formelles : toutes vos usines étaient détruites.
SPEER énigmatique
Elles semblaient l’être.
L’OFFICIER
Comment « elles semblaient » ? Voulez-vous dire qu’elles ne
l’étaient pas ?
SPEER
J’avais appliqué à notre économie de guerre les principes de
nos chantiers d’architectes. Dans nos usines, tout devait être
démontable, transportable et remontable.
11 L’OFFICIER
Ce que nous appelons en Amérique le préfabriqué ?
SPEER
Avec moi, c’était le pré-démonté et le pré-remontable. Nous
avions découpé nos usines en unités autonomes et dispersé les
morceaux du puzzle dans les campagnes. Après vos raids,
nous rassemblions les morceaux. Cela rendait nos usines
insubmersibles.
UN AUTRE OFFICIER
Mais comment faisiez-vous pour transporter les pièces
détachées ? Tous vos trains étaient mitraillés et vous n’aviez
plus de containers ?
SPEER un peu ironique
Les trains roulaient seulement la nuit, tous feux éteints. Quant
aux containers… Nous utilisions de simples sacs. Ils étaient
très pratiques. (pause) Une fois quand même, vous avez failli
réussir.
LE GENERAL ANDERSON
Quand ? Réussir quoi ?
SPEER
Vous avez failli arrêter toute notre production d’armement.
Mais vous avez préféré bombarder les villes…Vous aviez
oublié les roulements à billes - et nous aussi. Nous avions
commis une énorme erreur : nous avions une seule usine de
roulements à billes, à Schweinfurt. Vous l’avez bombardée.
Mais pas complètement, pas totalement. Je me suis précipité et
j’ai immédiatement mis en place mon système de puzzle :
découpage – dispersion – réassemblage.
12 LE GENERAL ANDERSON
Voulez-vous dire que si nous avions été plus précis dans nos
bombardements, nous aurions bloqué votre industrie ?
SPEER froid, un peu narquois
Exactement – plus aucun char n’aurait pu sortir de nos
chaînes de montages sans les roulements à billes.
UN OFFICIER AMERICAIN
Concentrer les bombardements de manière ciblée sur quelques
industries-clés avait été préconisé dès 1942 par le bureau
d’analyses de Washington, mais cette directive n’a pas été
suivie.
SPEER un peu narquois
Quelle chance…. pour nous. Par contre, les derniers temps,
vous avez concentré vos bombardements à l’est, n’est-ce pas ?
les officiers se regardent - légers sourires
UN OFFICIER
Peut-être…
SPEER toujours un peu narquois
Peut-être, oui. Toutes nos industries de précision situées dans
la zone que vous allez laisser aux russes ont été des cibles
privilégiées pour vos bombes, nous a-t il semblé.
LE GENERAL ANDERSON
Entre nous, c’est exact.
13 SPEER
Vous aussi, vous avez eu de la chance pour vos
bombardements : nous n’avions pas eu le temps de mettre
toutes nos usines sous les forêts.
UN OFFICIER
Sous les forêts ?
SPEER
A Landsberg par exemple. Cela vaut le voyage. Vous serez
surpris. Nos usines d’aviation sont à quarante mètres sous
terre. Sur cinq étages avec neuf mètres de béton pour les
protéger et de grands arbres par-dessus. La plus grande a huit
cent- cinquante mètres de long et nous y avions mille-cinq-
cents ateliers. (narquois) Mais faites vous conduire, sinon vous
pouvez passer à côté – ou dessus - sans les voir.
les officiers se regardent
UN OFFICIER ironique et admiratif
La technologie allemande !
SPEER
J’aurais préféré construire à l’air libre. (ironique) Mais vous ne
sembliez pas d’accord…
LE GENERAL ANDERSON
Si j’avais été au courant de vos prouesses j’aurais envoyé les
edeux milles bombardiers de la 8 flotte aérienne avec mission
de - vous - vous faire disparaître !
SPEER s’incline avec un léger sourire, comme pour remercier
Il est heureux pour moi que vous ne l’ayez pas su plus tôt !
14 UN OFFICIER ANGLAIS
Selon vous, bombarder les villes pour briser le moral de la
population était une erreur stratégique ? C’était pourtant le
conseil de nos psychologues.
SPEER
On ne brise pas les allemands comme ça – au contraire. La
guerre unit les allemands. En 1870, Bismarck l’avait compris.
UN AUTRE OFFICIER
A part nos bombardements, par quoi avez-vous surtout été
gênés ? Par le manque de matières premières ?
SPEER
Le carburant, bien sûr. Dès l’été 1944. Les matières
premières ? Pas vraiment. Non. Sauf les derniers temps. Mais
plus que tout, mon plus gros handicap, c’était la stupidité de
notre administration : nous avions deux, parfois trois, voire
quatre administrations en parallèle, et souvent en
concurrences : celle de l’Etat, celle du Parti, celle de chaque
Gauleiter dans sa province – C’était Sisyphe -
UN OFFICIER AMERICAIN brutalement
Que saviez-vous de l’extermination des juifs ?
SPEER
J’ai trop considéré cela comme secondaire et hors de mon
domaine. (une pause) (plus bas) C’est une faute de ma part.
L’OFFICIER très agressif
Monsieur Speer, expliquez-moi. Vous dites vous-même que
l’entourage de Hitler était une bande de crapules, sans
moralité, s’entre-dévorant entre eux. Nos services nous disent
15 que vous êtes un homme intègre. Comment, - pourquoi ? -
avez-vous travaillé avec eux ? Pourquoi avoir soutenu, - et
avec quel talent ! - une pareille clique ? Comment pouvez-vous
justifier votre action ? Comment pouvez-vous vous regarder
dans une glace ?
long silence
SPEER presque à voix basse
Vous ne pouvez pas imaginer l’enthousiasme du début. (son ton
s’élève) Nous pensions participer à une renaissance de
l’Allemagne. Le charisme de Hitler subjuguait la population, et
cela dans toutes les classes sociales. L’Allemagne semblait
retrouver à vue d’œil l’énergie d’autrefois. (son ton baisse à
nouveau) Et puis une peur diffuse s’est infiltrée, faussant tous
les rapports, tous les comportements. Dans une démocratie,
quand vous avez un doute, un soupçon, vous pouvez poser
des questions, y compris dans la presse. - Dans un régime
autoritaire, vous savez qu’il vaut mieux ne pas en poser - parce
qu’il vaut mieux ne pas savoir.
Grand bruit à l’extérieur – Les portes s’ouvrent brusquement.
Des G.I. casqués et armés entrent, menaçants et interloqués de se trouver
devant des officiers alliés
Silence Tout le monde est immobile
UN SERGENT s’avance, regardant à droite et à gauche
Qui est Speer ?
SPEER très raide, pâle, incline le buste
C’est moi.
LE SERGENT
Je vous arrête.
16 SPEER glacial
A quel titre ?
LE SERGENT sort une enveloppe
En tant que criminel de guerre.
Tous regardent Speer, certains semblent approuver de la tête. D’autres au
contraire froncent le sourcil et tournent la tête de gauche à droite et de
droite à gauche, ayant l’air de désapprouver le sergent
SPEER
A vos ordres. Très bien. Je vous suis. (il salue les officiers)
Messieurs, (ironique) je ne sais pas si nous aurons le plaisir de
reprendre cette intéressante conversation.
il suit le sergent puis se ravise, et revient vers l’officier américain avec
lequel il était entré en scène
SPEER un peu ironique
Je vous prendrais bien comme avocat…? Pour un jeune
avocat, défendre quelqu’un de célèbre…
L’OFFICIER AMERICAIN qui, un instant avant, semblait amical,
est soudain très froid
Je suis au regret.
Speer sort
UN OFFICIER ANGLAIS
Il n’a rien de particulièrement allemand, ou de
particulièrement nazi. C’est un manager de la guerre. Un
nouveau type d’homme : le technicien pur, sans vrai passé
politique - brillant dans son cas. Je pense qu’il aura une
descendance… internationale…

(Obscurité)
17 Scène 2
Une cellule .Grands murs. Une petite fenêtre inaccessible avec des
barreaux. Un lit .Une table. Deux chaises .Un lavabo.
Speer en tenue de prisonnier, une couverture sur les épaules
Flächsner, avocat de Speer, en costume civil
FLÄCHSNER
Le procès va durer des mois. Tout sera mis en lumière.
SPEER ironique et rêveur
Mettre en lumière…les éclairages… Je connais. Quel jeu pour
attraper les insectes. Et à Nuremberg en plus !
FLÄCHSNER qui semble ne pas avoir compris l’allusion et continue
sa phrase
…Ici, à Nuremberg, certains, dans ce Tribunal, ont déjà leur
conviction faite. Mais certains veulent comprendre, et moi je
dois comprendre pour pouvoir vous défendre. Par quoi
voulez-vous commencer ?
SPEER
Par le commencement…?
la lumière s’éteint
la cellule disparaît
puis coups de feu - bruits de révolte des années 25-30

(Obscurité)

18 Scène 3
Le salon des parents de Speer, grand salon bourgeois des années
1900, beaucoup de rideaux, de fanfreluches
Madame Speer, mère, très hautaine en robe longue
Monsieur Speer, père, très grand bourgeois, un peu craintif en face de
sa femme
Mr SPEER indigné
Quelle chienlit. Le pouvoir est dans la rue – Notre
République…
Mme SPEER arrogante
Notre ! La vôtre peut-être mon cher. Pas la mienne ! Tout cela
est le résultat des idées libérales que vous aimez tant ! Beau
résultat !
Mr SPEER patient, tentant d’expliquer
Ce n’est pas le libéralisme qui est en cause. C’est l’économie.
Et l’économie est une question de confiance.
Mme SPEER triomphante
La confiance ! Face aux communistes, ce gouvernement de
faibles à Weimar vous donne confiance à vous ? En quelle
monnaie avez-vous vendu votre usine ?
Mr SPEER piteusement
En dollars… c’était la meilleure solution. Nous serons ainsi à
l’abri, et les enfants pourront faire des études normales.
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