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PETROPOLIS 1942

ou La Dernière nuit de Stefan Zweig

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Alain PASTOR

PETROPOLIS 1942 ou La Dernière nuit de Stefan Zweig

L'HARMATTAN

http://www.1ibrairiehannattan.com diffusi on. harmattanrtihvanadoo. harn1attan 1@wanadoo.fr

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L'Harmattan,

2006

ISBN: 2-296-01211-6 EAN : 9782296012110

PERSONNAGES

STEFAN ZWEIG LOTTE LE JEUNE HOMME

La scène se déroule le samedi 21 février 1942 dans le salon d'une villa située 34 rue Gonçalves Dias à Petropolis, au nord de Rio de Janeiro. Là vivent, depuis le mois d'octobre 1941, l'écrivain autrichien Stefan Zweig et sa deuxième épouse Charlotte Altmann dite « Lotte ». Zweig, en exil, a fui le nazisme, il est atteint depuis plusieurs mois d'une dépression profonde. Le décor représente un salon meublé de façon sommaire: deux fauteuils, une table basse sur laquelle se trouve un échiquier, quelques livres posés çà et là, un ventilateur au plafond, une ou deux lampes qui n'empêchent pas la pénombre. A l'arrière-plan, une véranda. il fait nuit. Stefan Zweig, assis à son bureau, écrit. Son épouse Lotte se prépare à sortir pour faire ses courses. ZWEIG, se levant d'un bond: Non! Non! Non! Il est trop tard! LOTTE: Stefan! Que se passe-t-il ?

ZWEIG: Je ne peux continuer à écrire, mes yeux se fatiguent dans cette pénombre. (Il se rassoit.) Que tout cela est vain! LOTTE, d'une voix douce: Tu devrais essayer de te reposer un peu.

ZWEIG: Je le ferai quand tout sera fini, pas avant! Quelle heure est-il? LOTTE: Presque six heures. ZWEIG: Ici, Lotte, la nuit tombe toujours avec brutalité, elle chasse le jour qui porte nos dernières illusions, et dans son effrayante obscurité nous ne devenons plus qu'une ombre incertaine, peut-être déjà un spectre qui s'efface avant de disparaître. LOTTE: Attends, voici de la lumière. ZWEIG: La nuit et toujours les pires cauchemars. Tu vois, même au milieu de cette nature apaisante, je n'ai jamais pu chasser les démons des ténèbres. LOTTE, sereine: Pas un jour je n'ai regretté notre installation à Petr6polis. ZWEIG: Oui, sans doute y avons-nous vécu quelques bons moments. Au début, il y a toujours un espoir que les choses iront mieux. Mais il est dommage qu'ici, plus qu'ailleurs, ton asthme se soit aggravé. LOTTE: Peut-être que là aussi le climat n'était pas propice à la guérison. ZWEIG, résigné: Nous avons fui Londres et son épais brouillard, abandonné New York et ses vents glacials. Alors! Aurait-il fallu quitter Petr6polis et sa nature luxuriante? Peut-être, mais pour aller où? Existe t-il encore un lieu où l'on puisse croire que nous serons heureux? LOTTE: Ne regrette rien, ce n'est pas de ta faute. ZWEIG: À quelle heure as-tu invité les Feder?

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