Petropolis 1942

De
Publié par

Nous sommes en 1942, à Petropolis, au nord de Rio de Janeiro. L'écrivain autrichien Stefan Zweig s'y est réfugié, en compagnie de son épouse Lotte, après avoir fui le nazisme. Miné par une profonde dépression, Zweig a décidé de mourir, mais l'irruption d'un étrange jeune homme vient contrarier sa dernière nuit. Et du combat contre le démon jusqu'à la guérison par l'esprit, cette rencontre conduira, une dernière fois, l'auteur de la Confusion des Sentiments au coeur du mystère de la création artistique.
Publié le : samedi 1 juillet 2006
Lecture(s) : 278
EAN13 : 9782296154131
Nombre de pages : 80
Prix de location à la page : 0,0062€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

PETROPOLIS 1942

ou La Dernière nuit de Stefan Zweig

Du même auteur

Héliogabale, Editions du Losange

Alain PASTOR

PETROPOLIS 1942 ou La Dernière nuit de Stefan Zweig

L'HARMATTAN

http://www.1ibrairiehannattan.com diffusi on. harmattanrtihvanadoo. harn1attan 1@wanadoo.fr

fr

@

L'Harmattan,

2006

ISBN: 2-296-01211-6 EAN : 9782296012110

PERSONNAGES

STEFAN ZWEIG LOTTE LE JEUNE HOMME

La scène se déroule le samedi 21 février 1942 dans le salon d'une villa située 34 rue Gonçalves Dias à Petropolis, au nord de Rio de Janeiro. Là vivent, depuis le mois d'octobre 1941, l'écrivain autrichien Stefan Zweig et sa deuxième épouse Charlotte Altmann dite « Lotte ». Zweig, en exil, a fui le nazisme, il est atteint depuis plusieurs mois d'une dépression profonde. Le décor représente un salon meublé de façon sommaire: deux fauteuils, une table basse sur laquelle se trouve un échiquier, quelques livres posés çà et là, un ventilateur au plafond, une ou deux lampes qui n'empêchent pas la pénombre. A l'arrière-plan, une véranda. il fait nuit. Stefan Zweig, assis à son bureau, écrit. Son épouse Lotte se prépare à sortir pour faire ses courses. ZWEIG, se levant d'un bond: Non! Non! Non! Il est trop tard! LOTTE: Stefan! Que se passe-t-il ?

ZWEIG: Je ne peux continuer à écrire, mes yeux se fatiguent dans cette pénombre. (Il se rassoit.) Que tout cela est vain! LOTTE, d'une voix douce: Tu devrais essayer de te reposer un peu.

ZWEIG: Je le ferai quand tout sera fini, pas avant! Quelle heure est-il? LOTTE: Presque six heures. ZWEIG: Ici, Lotte, la nuit tombe toujours avec brutalité, elle chasse le jour qui porte nos dernières illusions, et dans son effrayante obscurité nous ne devenons plus qu'une ombre incertaine, peut-être déjà un spectre qui s'efface avant de disparaître. LOTTE: Attends, voici de la lumière. ZWEIG: La nuit et toujours les pires cauchemars. Tu vois, même au milieu de cette nature apaisante, je n'ai jamais pu chasser les démons des ténèbres. LOTTE, sereine: Pas un jour je n'ai regretté notre installation à Petr6polis. ZWEIG: Oui, sans doute y avons-nous vécu quelques bons moments. Au début, il y a toujours un espoir que les choses iront mieux. Mais il est dommage qu'ici, plus qu'ailleurs, ton asthme se soit aggravé. LOTTE: Peut-être que là aussi le climat n'était pas propice à la guérison. ZWEIG, résigné: Nous avons fui Londres et son épais brouillard, abandonné New York et ses vents glacials. Alors! Aurait-il fallu quitter Petr6polis et sa nature luxuriante? Peut-être, mais pour aller où? Existe t-il encore un lieu où l'on puisse croire que nous serons heureux? LOTTE: Ne regrette rien, ce n'est pas de ta faute. ZWEIG: À quelle heure as-tu invité les Feder?

8

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.