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Sorcellerie

De
204 pages
- Allons, allons Gigy !Tu sais comme moi que la sorcellerie, les malédictions, ne sont rien de plus que des mots, un refus de s'assumer.Š- Des mots qui ont un pouvoir, Paul ! Des mots qui appartiennent à la société, à son vécu, et qui véhiculent des pensées de groupe auxquelles la communauté ajoute foi et qu'elle entretient à travers ce que nous nommons culture.
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SORCELLERIE, OU LE REFUS DE SASSUMER… ?
Prowo Ketingye SORCELLERIE, OU LE REFUS DE SASSUMER… ?
Théâtre
Du même auteurPour une dent ?, Harmattan Cameroun, 2012. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55892-2 EAN : 9782296558922
La vie est une suite d’événements imprévisibles qu’on apprend à vivre et qui plus tard constituent ce que nous nommons expérience. Il s’en trouve toutefois qui ne voient dans la vie qu’un mélange d’échecs et de chagrins banalisés par de prétendus succès qui, loin de la ternir, donne à la vie toute la saveur d’être vécue.Pour cette seule raison, donnons lui définitivement une valeur et défendons là ! P K Je dédie ce livre à Nghoguo Charès, ami de longue date, compagnon de souffrances à une époque où les nuages de l’impossibilité semblaient avoir définitivement pris possession de notre avenir commun ; mais qui, par la foi et l’endurance, a su vaincre les différents obstacles qui se trouvaient sur son chemin pour me tendre la main des années plus tard afin de permettre la réalisation de cet ouvrage ô combien précieux. Je souhaite, à travers cet ouvrage, exprimer le vœu que jamais l’abandon de l’effort ne figure dans les principes directeurs de la vie de ma progéniture ; qu’elle se fonde sur ce qu’aura été ma vie à leur côté pour y puiser la source enrichissante de l’expérience qui complète une vie épanouie, prometteuse de bien être pour qui sait et veut s’en servir.
Toute ressemblance avec des personnes, des faits connus ou des événements actuels, en rapport avec l’objet du présent ouvrage, est pur hasard et ne saurait engager la responsabilité de l’auteur. Le choix des noms comme des lieux ci dedans mentionnés n’a pour but que d’adapter le sujet à un contexte qui a avec eux des similitudes sans que l’on puisse en déduire une quelconque conséquence.
Personnages
Mbemouofo :Mari de Fakap Carole et amant d’AnabaFakap Carole: Mère des jumeaux Fookap et Mingkap Anaba: Mère de Noyewo Ekani: Frère aîné d’Anaba Bessala: Frère aîné d’Anaba Djomo: Frère aîné d’Anaba Djengue Bertin: Camarade d’université et ami de Mbemouofo Tchoptchia: grand père de Fakap Carole Madame Simo: ami de Fakap Carole Metsope Félix: Père de Mbemouofo Tsémi Julienne: Mère de Mbemouofo Patou: Dernier cadet de Mbemouofo L’ancien: Ami du couple Metsope L’assistante sociale Le Directeur d’école Le père d’Anaba La mère d’Anaba La voisine de Mbemouofo Le bailleur de Mbemouofo Le commissaire de police
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ACTE I
SCENE I
Fookap et Mingkap rentrent des classes et semblent ivres de famine. Ils laissent tomber leur cartable au sol et se ruent sur les marmites qu’ils ouvrent à tour de rôle à la recherche de quelque chose à mettre sous la dent, mais ne trouvent rien. Dépités, ils reviennent s’affaler, chacun dans un fauteuil, en gémissant.Fookap, Mingkap Fookap Pourrie maman Mingkap
Pourri papa !
Fookap Qu’est-ce que papa t’a fait ? Mingkap Qu’est-ce que maman t’a fait ? Fookap C’est elle qui devait faire la cuisine pour nous. Nous rentrons des classes et il n’y a rien à manger. Mingkap Elle devait cuisiner avec quoi ? Papa a ‘‘rationné ? ’’ Fookap Maman fait le commerce. Qu’est-ce qu’elle fait avec son argent ? Mingkap Papa est commerçant lui aussi. C’est lui qui doit s’occuper de nous avec son argent. FookapEt l’argent de maman sert à quoi ? Mingkap(Elle joue la carte de l’étonnement) Il parle de l’argent de maman… ; tu crois qu’elle nous blinde avec quoi ? On réussit à l’école grâce à ce blindage ! Tu ne sais pas çà ? Et on ne blinde pas 1 ‘djôhôô’!
1 Expression locale signifiant : gratuitement.
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(L’entrée de Fakap Carole les interrompt. Elle a mauvaise mine et tient un plastique noir à travers lequel on aperçoit un petit paquet qui forme une boule qu’elle balance sur la table avant de continuer son chemin dans la chambre en ramenant le sac à main accroché à l’épaule vers sa main SCENE IILes mêmes plus Fakap et Mbemouofo Fakap est assise au milieu de ses enfants qui mangent sans appétit le tapioca mouillé, accompagné d’arachides grillées. Elle est en train de vérifier discrètement sa comptabilité .Entre Mbemouofo qui revient du marché, tenant un plastique contenant quelques baguettes de pain. Le voyant, Fookap laisse tomber sa cuillère et se lève en boudant.Fookap Tapioca le matin, tapioca à midi, tapioca le soir. J’en ai marre du tapioca ! (Il va se jeter dans les bras de son père) Fakap Carole(Á Fookap,en cachant discrètement la calculette et le registre loin des yeux de Mbemouofo) Hypocrite ! Mbemouofo(Á Fakap) Toi et tes grands mots ! Fakap CaroleC’est ta venue qui lui a suggéré cette réaction hypocrite. Mbemouofo Comme de tradition, le diable c’est encore les autres ; et toi la sainte ! Fakap Carole Prouve moi le contraire ! Regarde sa sœur…, pourquoi n’a-t-elle pas la même réaction ? N’est-ce pas la preuve que ton fils et toi, vous conspirez dans mon dos contre moi ? Mingkap(En laissant tomber la cuillère dans l’assiette en signe de désintérêt)Ce tapioca n’est pas sucré maman. Fakap Carole(Le visage déformé par La fureur) Toi aussi ? (Sentencieuse)! Plus jamais je ne Tu n’es plus ma Ming-kap t’appellerai Mingkap dans cette maison !
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