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Un Amour Inespéré

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Un Amour Inespéré

Romance






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ISBN979-10-93434-933

Septembre 2015

© Erato–Editions

Tous droits réservés

Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales

Résumé :

Julie 30 ans élève seule ses 2 enfants suite au décès de son conjoint un an auparavant. Mère dévouée et femme de caractère elle en oublie de vivre sa propre vie préférant tout donner à ses enfants.

Le soir de son anniversaire, sa meilleure amie décide qu’il est grand temps que ça change et de sortir. Mais Julie ne croit plus à l’amour, ni à un avenir sentimental. Jusqu’au jour où elle va croiser le chemin de Daniel…

Va-t-il réussir à lui faire comprendre que tout est possible et qu’il ne faut pas avoir peur d’y croire à nouveau ?

Arrivera-t-elle à faire taire ses angoisses?

Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages et les lieux sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou sont utilisés fictivement. Toute ressemblance avec des personnes existante ou ayant existé n’est que pure coïncidence.

Chapitre1

Putain de réveil !!!

Nous sommes le vendredi 12 avril et aujourd’hui, premièrement, c’est le dernier jour de la semaine. Enfin ! Deuxièmement, c’est mon anniversaire…

Trente ans, bordel ! Trente ans, rien que de me dire ça, je n’ai pas envie de me lever. Mais pas le choix, il faut que je me bouge, car entre préparer le petit-déjeuner et les enfants, je risque d’être en retard.

Je me lève avec difficulté... J’ai l’impression d’avoir pris un coup de vieux.

Une fois prête, je vais réveiller mon fils Noah six ans et ma fille Emmy trois ans, les prunelles de mes yeux.

À peine réveillés, ils se jettent sur moi pour me souhaiter bon anniversaire.

Après avoir déjeuné, nous partons pour l’école.

Dans la voiture, mon fils me demande.

— Maman, c’est ce soir que papy et mamie viennent nous chercher ?

— Oui, mon chéri, pourquoi ?

— Ben, c’est ton anniversaire et on ne doit pas être seul ce jour-là.

Eh oui, j’arrive à la trentaine et je suis mère célibataire. Je me retrouve seule à devoir élever mes deux enfants, depuis que leur père est décédé dans un accident de moto, il y a un  an. Cette période a été dure à traverser mais j’ai tenu le coup grâce à eux.

— Ne t’inquiète pas mon chéri. Ce soir, je sors avec Alice.

— D’accord.

Je vois qu’il a l’air déçu.

— Qu’y a-t-il Noah ?

— Rien, c’est juste que je ne serais pas là quand tu souffleras tes bougies.

Emmy qui s’y met, elle aussi, voudrait être là.

— Écoutez-moi, si vous voulez, dimanche, quand je viendrai vous chercher, on soufflera mes bougies. Est-ce que ça vous va ?

Ils me répondent en chœur.

— Ouiiiiiiiiii !!!!

Après les avoir déposés à l’école, je pars travailler.

Comme tous les matins, j’allume mon ordinateur, dépose mes affaires et me mets ensuite au boulot.

Je suis secrétaire médicale depuis onze mois. L’avantage dans mon boulot, ce sont les horaires, 9 h/17 h, du lundi au vendredi.

Ça me permet de pouvoir récupérer les enfants, pas trop tard.

La journée passe à une vitesse folle.

À 17 heures tapantes, je termine ma journée puis je file récupérer mes enfants avant de rentrer à la maison le plus rapidement possible, afin qu’ils soient fin prêts quand mes parents passeront les chercher à 18 heures.

Les enfants partis, je file directement à la douche, car Alice doit venir me chercher à 19 h. Après une bonne et longue douche brûlante, je vais à mon armoire pour voir ce que je vais mettre. Pfff ! La misère, mon armoire est vide... Va vraiment falloir que je pense à renouveler ma garde-robe un jour. Je prends un pantalonslim noir et une tunique blanche avec mes bottes et quelques accessoires, ça ira...

Une fois prête, je me regarde dans le miroir et me dis que finalement, je ne suis pas trop mal conservé. Mes cheveux châtains sont lissés impeccablement et mes yeux verts mis en valeur par un maquillage léger.

On sonne à la porte. Alice.

— JOYEUX ANNIVERSAIRE, JULIE !!!

— Merciiiii !!!répondis-je en la prenant dans mes bras.

— Alors ça fait quoi d’avoir trente ans ?

— Euh... Déprimant...

— Mais non, tu es jeune, pleine de vie et qui plus est célibataire, il faut que tu te bouges. Tu n’es pas encore foutue.

— Merci beaucoup pour le compliment. Mais je tiens juste à te préciser que je ne suis pas QUE célibataire, mais que je suis surtout et avant tout, une mère. Et puis, tu sais bien que ce n’est pas facile d’avoir du temps pour faire des rencontres quand on a des enfants et encore moins évident de trouver un homme qui accepte de sortir avec une femme ayant des gosses.

— Je sais, je sais. Allez, arrête de te trouver des excuses, il est temps de passer à autre chose, tu ne crois pas ?

Elle a raison, mais comment passer à autre chose ?Le père de mes enfantsétait un fêtard invétéré, il sortait tout le temps avec ses potes et me laissait toujours seule. Il rentrait à des heures indues complètement bourré... La journée, il passait son temps à crier sur lesenfants, car ils faisaient trop de bruit et sur moi, car selon lui, j’étais une bonne à rien. Bref, ça fait un an qu’il n’est plus là et depuis je consacre tout mon temps à Noah et Emmy, à tel point que j’en oublie ma vie personnelle.

— Oui, tu as sûrement raison.

— J’ai toujours raison ! Alors maintenant, tu vas te changer, car ta tenue n’est pas terrible !

— Quoi ?C’est la plus jolie tenue que j’ai pu trouver.

— Tu rigoles ou quoi ?Tu as trente ans, tu es une belle femme donc on va sortir l’artillerie lourde, car ce soir, on chasse...

Oh, mon Dieu... Quand elle s’y met, rien ne peut l’arrêter.

Alice est ma meilleure amie depuis plus de quinze ans, on s’est connues au lycée et nous avons fait les quatre cents coups ensemble. Nous sortions tous les week-ends, en chasse de beaux mâles, jusqu’au jour où j’ai rencontré mon ex.

— OK, mais je n’ai plus rien à me mettre, je te signale.

— Ben, c’est pour ça que je t’ai amené ton cadeau.

Là, elle me donne un paquet en me demandant de l’ouvrir. J’ouvre et découvre une petite robe noire...

— Merci beaucoup, ma Lili, mais tu sais que je n’apprécie pas trop d’être en robe à cause de mes rondeurs, surtout mon ventre et mes fesses.

— Oh oui !!!Ça, je le sais. C’est exactement pour ça que je te l’ai acheté. Alors au lieu de batailler pendant des heures, va dans la salle de bains la mettre avant que je te claque le cul.

— D’accord ! cédais-je en capitulant.

De retour elle me regarde, bouche bée.

— Tu vois, j’avais raison, elle te va à ravir. Elle n’est pas trop moulante et te met en valeur.

— Si tu le dis !Mais c’est vrai, j’avoue que je me sens assez bien dans cette robe.

— Tu vois... Allez en route.

Nous allons au restaurant où nous nous régalons avant d’aller rejoindre des amis dans un Pub. Nous arrivons au bar vers 23 hoù tous nos amis me souhaitent un bon anniversaire et commandent une tournée.

En temps normal, je ne bois pas d’alcool, mais mes amis me disent qu’on n’a pas tous les jours trente ans, donc je commande un Soho coca. Nous discutons et rions beaucoup. Il est près d’une heure du matin quand Alice s’approche de moi et me dit :

— T’as vu le groupe de mecs qui vient de rentrer.

Je tourne la tête discrètement, je vois trois hommes âgés de trente à quarante ans.

— Oui et alors ?

— Tu ne les trouves pas mignons ?

Je regarde à nouveau. Le premier, un blond aux yeux bleus pas mal, mais pas mon style. Le deuxième, un châtain aux yeux marron et le troisième... Mon Dieu ! D’une beauté à en couper le souffle, environ un mètre quatre-vingt, bien taillé, des cheveux noirs courts, mais avec un peu de longueurs sur le dessus et des yeux vert émeraude. Je prends le temps de le détailler et commence déjà à me faire des films quand, Alice me dit :

— Alors, dis-moi ?

— Oui pas mal, déclarais-je en essayant de cacher mon trouble.

— Pas mal, tu te fous de moi, c’est ça ?J’ai vu comment tu l’as regardé le beau brun... Ose me dire qu’il ne te fait pas d’effet.

— Non c’est vrai, il me fait de l’effet et alors ?Ce n’est pas un mec pour moi.

— Et pourquoi pas ?

Je recommence à le regarder, il est vraiment très beau, quand d’un coup nos regards se croisent. Nous nous fixons un moment, j’ai l’impression que le temps s’est arrêté lorsqu’il me fait un clin d’œil. Déstabilisée, je me retourne, regarde Alice en lui disant :

— Je vais aux toilettes, je reviens.

À peineai-je franchi la porte des toilettes que je me dirige vers le miroir pour me regarder. J’ai les joues rouges, j’ai chaud et mon cœur bat de plus en plus vite, je me demande ce qu’il m’arrive...

C’est quoi mon problème ? Un homme me regarde, me fait un clin d’œil et moi, je fais quoi ? Je fuis comme une ado de quinze ans. Pourquoi me fait-il cet effet ?Je ne me suis jamais sentie comme ça.

Je me rafraîchis en essayant de me détendre. Après quelques minutes, je sors et je l’aperçois qui m’attend dans le couloir.

— Bonsoir.

— Euh... Bonsoir, murmurais-je timidement en baissant les yeux.

— Bon anniversaire.

— C’est très gentil de votre part, je vous remercie.

— Avec plaisir. Je me présente, Daniel, répond-il d’une voix suave.

— Enchantée moi c’est... Julie.

— Je peux vous inviter à boire un verre ?

— Merci, ça aurait été avec plaisir, mais je suis avec des amis.

— Une prochaine fois peut-être ?

— Oui bien sûr, pourquoi pas.

Je me dépêche de rejoindre mes amis, m’assois avant de regarder dans le vide. Je pense à ce qui vient de se passer. Je n’en reviens pas qu’un homme comme lui s’intéresse à moi. Daniel, rien que son prénom sonne comme un orgasme. Alice me sort de ma rêverie.

— Qu’est-ce que tu as foutu ?

— Quoi ?Ah, je suis allée me rafraîchir et quand je suis sortie, je suis tombée sur... Daniel.

— Daniel ?Mais qui c’est ?

— C’est le beau brun derrière moi, dis-je discrètement.

— Non, ce n’est pas vrai ?

— Si, il m’a invitée à boire un verre !

— J’espère que tu as dit oui, quand même.

— Non,répliquais-je presque en criant. Je lui ai dit que j’étais avec des amis et j’ai besoin de réfléchir.

Tout d’abord, je ne le connais pas, je ne sais pas d’où il sort et puis, je dois bien l’avouer, il m’impressionne. Mais j’ai aussi une peur bleue de ressortir avec des hommes.

Je prends mon verre et commence à discuter avec mes amis. Je me remue avec Alice sur la banquette au rythme de la musique. Un moment plus tard, c’est la série des slows, je regarde avec envie tous ces couples qui se forment sur la piste lorsque je sens une main sur mon épaule. Je me retourne pour découvrir Daniel qui me sourit.

Il se penche pour me parler dans le creux de l’oreille.

— J’ai accepté votre refus de boire un verre, mais je n’accepterai pas un non de votre part pour danser avec moi.

Je sens mes joues rougir et me noie dans son regard. Je sors de ma léthargie en entendant Alice parler avec Daniel. Cette traîtresse accepte son invitation pour moi à ma place. Je me retrouve hors du canapé en un rien de temps. Daniel prend ma main pour nous mener jusqu’à la piste de danse.

Nous sommes au milieu de la piste, ses mains sont posées possessivement sur mes hanches. Les miennes sont posées autour de son cou et je me surprends à caresser sa nuque. Nous ne nous parlons pas, mais nos regards sont rivés l’unàl’autre.Àla fin du morceau, il m’embrasse délicatement la joue en s’attardant quelques secondes. Avant de nous séparer, il me tend sa carte.

— Voilà ce que nous allons faire. Je vous donne ma carte avec mon numéro personnel. Demain, envoyez-moi un message pour savoir si vous êtes d’accord pour boire un verre. Est-ce que cela vous convient ?

Je hoche la tête

— J’attends de vos nouvelles demain, termine-t-il en me faisant un clin d’œil.

Je retourne vers mes amis avec un sourire aux lèvres. Alice se jette sur moi.

— Il t’a donné son numéro ?

— Oui, il m’a donné sa carte avec son numéro personnel, il attend ma réponse demain.

— Montre-moi.

Je lui tends la carte que Daniel m’a donnée.

— Architecte... Intéressant. Vas-y !

Alors là, je n’allais pas en finir. Alice ne me lâchera pas la grappe tant que je n’aurais pas accepté. Depuis le temps qu’elle attend ce moment.

— OK !, OK !Je vais accepter.

Après un dernier verre, nous décidons de rentrer. Alice s’arrête en bas de mon immeuble et me dit de lui envoyer un message de suite.

— Ça ne peut pas attendre demain ?Tu as vu l’heure ?

— Non, car je sais que tu ne le feras pas. Alors avant que tu rentres, tu lui envoies un message devant moi comme ça, je suissûr que tu l’as fait.

Qu’est-ce quelle peut-être chiante quand elle s’y met !

— Tu me fais chier, tu le sais ça au moins ?

— Oui, je sais, mais c’est pour cela que tu m’aimes.

— J’ai un doute des fois…

— Bon tu lui envoies ou on dort la ?

— OK, c’est bon, je lui envoie de suite.

« Bonsoir, Daniel, j’accepte avec plaisir le RV de demain. Dites-moi l’heure et le lieu. Bonne nuit, Julie. »

Je reçois une réponse aussitôt.

« Merci d’avoir accepté mon invitation, j’ai hâte. Je vous envoie un message demain pour vous confirmer le lieu et l’heure. Bonne nuit, Daniel. »

Une fois satisfaite, Alice rentre chez elle, tandis que pour ma part, je rentre chez moi stressée, mais heureuse. Demain, j’ai un rendez-vous avec un homme que je ne connais pas, mais qui me fait fantasmer...

Chapitre2

Je suis réveillée par la sonnette de mon appartement. Franchement, qui vient me faire chier de si bon matin ? Je sors de mon lit en râlant puis je vais ouvrir la porte. Alice.

— Coucou chérie ! lance-t-elle avec un grand sourire.

— Salut Lili, lui dis-je en me frottant les yeux. Que fais-tu ici si tôt ?

— Tu rigoles ou quoi ? Il est 13 h.

— Non ! Tu rigoles.

— Ai-je l’air de rigoler ?

— Non, mais je n’ai jamais réussi à dormir autant !

— Eh bien il y a une première fois à tout, dit-elle en rigolant. Bon, passons aux choses sérieuses. Ton beau brun a-t-il envoyé un message ?

Ah merde, j’avais complètement oublié enfin… on va dire ça.

— Ben, je ne sais pas. Comme tu vois, je viens juste de me réveiller et je n’ai pas eu le temps de regarder mon téléphone. Attends, je vais le chercher.

Je vais à mon canapé. Oui, je vis dans un T3 et pour le bien-être de mes enfants, je leur ai laissé les deux chambres donc, j’ai élu domicile sur mon canapé convertible. J’attrape mon téléphone ou je vois un message et un appel manqué.

— Alors il t’a envoyé un message ?

Celle-là toujours aussi pressée.

— Tu attends deux minutes oui !!! Laisse-moi le temps de regarder quand même.

Je déverrouille mon portable et regarde l’appel manqué, mon père. Les enfants ont dû vouloir me parler, je le rappellerai après. Ensuite, je regarde mes messages et effectivement, il y en a un de Daniel. J’ai le sourire aux lèvres.

Reçu à 9 h 58

« Bonjour, Julie, j’espère que vous avez bien dormi ? Je peux passer vous chercher à 19 h et ensuite nous irons boire un verre, ou préférez-vous qu’on se donne RV quelque part ? Daniel »

— Bon tu fais chier là. Tu me lis le message où il faut que je t’arrache le portable des mains.

— C’est bon calme toi un peu, tu es incroyable. Il me demande si je veux qu’il vienne me chercher ou si l’on se rejoint quelque part.

— T’as qu’à lui dire de venir te chercher, comme ça au retour tu lui offres un café et plus si affinités si tu vois ce que je veux dire....

J’éclate de rire. Elle pense toujours au sexe celle-là.

— Oui, je vois très bien ce que tu veux dire. Il est hors de question que je couche au premier rendez-vous.

— Ha ! Ha ! Laisse-moi rire, c’est toi qui dis ça ?

— Oui pourquoi ?

— En tant que meilleure amie, je suis dans le devoir de te rappeler, comment tu étais avant de rencontrer Éric.

Elle m’énerve à me rappeler ça constamment. Oui, c’est vrai avant que je ne rencontre Eric, on sortait tous les week-ends et en général, on ne rentrait jamais seules. Mais les choses ont évolué, j’ai mûri et maintenant, je suis maman, je ne peux pas me permettre de me comporter comme ça, j’ai des responsabilités.

— Merci de me rappeler ma folle jeunesse, mais maintenant c’est différent, je ne peux plus agir ainsi, j’ai des enfants, tu te rappelles de ton neveu et de ta nièce ?

— Tu es vraiment déprimante Juju. Franchement, ça ne te ferait pas de mal de prendre du bon temps.

— Ouais, ouais, je vais y réfléchir, mais en attendant, je préfère qu’il ne sache pas où j’habite et qu’on se retrouve là, où il souhaite m’amener.

— OK, OK !, dit-elle en capitulant. Alors, envoie-lui un message pour lui demander où.

Je prends mon portable puis lui écris.

« Bonjour, Daniel. Oui, j’ai très bien dormi et vous ? Je préfère qu’on se donne RV. Dites-moi où. Julie »

La réponse se fait quasi instantanément à croire qu’il avait son téléphone dans la main.

« Je commençais à croire que vous ne vouliez plus venir. Oui, j’ai très bien dormi, vu que j’ai rêvé de vous. Pas de problème, donnons-nous RV Place de la bourse à 19 h. Nous irons dans la Rue St Rémi, il y a pas mal de bons restos. Cela vous convient-il ? Daniel »

Alice qui était derrière moi pour épier ma conversation se met à sautiller en criant.

— YOUPIIIIIIII !!!

Je me retourne pour la regarder.

— Que t’arrive-t-il ? C’est quoi ton problème ? Tu as besoin d’un prozac, je lui lance en m’explosant de rire.

— Très drôle ! Mais au contraire, je n’ai pas de problème. Je suis juste contente pour toi, chérie. Tu as vu ce qu’il a marqué sur son message... Ça veut tout dire.

Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire, il m’a donné rendez-vous point barre.

— Comment ça ?

— Non, mais toi... Grrr. Tu mériterais des claques des fois. Relis son SMS. Tu n’as même pas remarqué qu’il avait rêvé de toi ?

— Pfff.

Je relis son message et là, je vois qu’il a bien rêvé de moi. Pourquoi ? On ne s’est vu qu’une fois, je ne comprends pas, je suis trop rouillée ou aveugle.

— Effectivement, t’as raison. Je réponds quoi à ça alors, Mademoiselle le génie ?

— Passe-moi ton portable, je vais répondre à ta place.

Sans que j’aie eu le temps de réagir, elle m’arrache mon téléphone et commence à écrire, puis elle me le rend tout sourire, je commence à flipper.

« Alors comme ça, vous rêvez de moi ? Pas de soucis, 19 h Place de la Bourse, j’ai hâte. À ce soir ;) Julie »

— Non... Alice, tu abuses un peu, jamais je ne l’aurais taquiné comme ça. Et puis ce, « j’ai hâte », non, mais ça veut dire que je suis désespérée.

Bon, c’est vrai, je suis désespérée, ça fait deux ans que je n’ai pas fait l’amour. Deux longues années, car avant de mourir Éric ne m’avait pas touché. Il rentrait souvent alcooliséet drogué, à tel point que monsieur s’endormait sur le canapé, donc c’était vite réglé.

Il passait ses journées à dormir et dès que le soir tombait, il se levait, mangeait, se douchait puis il partait rejoindre ses fameux potes. La semaine, il travaillait à l’usine, 14 h/20 h et dès qu’il finissait sa journée, il filait direct chez ses copains, donc vous avez compris que je ne le voyais jamais. J’ai été conne et aveugle, mais je l’aimais, enfin, c’est ce que je croyais. J’espérais toujours qu’il change un jour, comme on dit, l’espoir fait vivre.

J’ai commencé à ouvrir les yeux quelques jours avant sa mort. J’avais parlé à Alice, du projet de le quitter, mais avant il fallait que je trouve un boulot, car avec deux enfants et sans travail ça aurait été dur.

— Allô la terre ???

— Hum... Euh quoi ?

— Tu as entendu ce que je t’ai dit ?

— Non désolée, j’étais dans mes pensées.

— Ouais, ben arrête de penser à Éric et pense au présent...

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