A Danielle

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Poème d'amour.
Un être immense.
Elle nous à quitté en 1996.
Bètement dans un accident de voiture, labas en Bretagne.
Repose en paix.
Publié le : mercredi 19 mars 2014
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Tu m’as aimé, et l’as avoué l’espace d’une soirée,
Tu avais bu, je ne peux l’ignorer ; mais ça ne peux tout expliquer ;
Et ta sincérité pourquoi te la reprocher.
Ivre tu as glissé, comme le bateau tu t’es laissé emporter
Par le flot de tes tumultueuses pensées.
Ce reproche de n’avoir pas craqué ;
Mais tu étais tempête et j’aurais pu flancher.
Pourtant j’étais trop bien arrimé, je t’avais peut être trop pratiqué.
J’aurais été ta bouée pour un soir,
Tu sais, ce quelque chose auquel tu cherches à t’accrocher,
Ou ce phare a la fois mirador et point de mire.
Tu dis non, tu refuses et puis rejettes tout.
Tu balances sur la houle et, marine préfères grise mine.
Tu sais pourtant être brillante, miroiter sous la lune,
Rêver la l’assaut de fugitives dunes,
Allumer tes feux de détresse, et malheur à qui peux les capter.
A moins que de toi-même tu ailles à l’abordage
Précipitant tes victimes sur des récifs, dans un abîme insondable.
Marée lunatique qui brise ses flots,
Rocs coraux rocs, rien n arrêtes ton éternel balancement.
Tu tourbillonnes rageuse et repars alanguie
Ou tu roules inonder quelques landes arides
Brutale tu nous suffoques, ou câline à nos pieds
Sans cesse recommence une nouvelle virée.
Et si petit bouchon tu fais mine de couler, tu repars ballottée.
Si l’on rêve de te voir happée, tu resurgis toujours, bien balancée.
Alors on fuit, car on vacille, vertige ; Pourtant si hypnotisé on s’entête
Nos yeux se brouillent on croit que tout s’arrête.
Et si simple curieux on espère ce moment
Qui te fera chavirer, et te verras enfin noyée.
Tu es mer et vagues, et moi poisson ; Et si des fois tu me submerges,
N'oublie pas que je suis dans mon élément comme toi,
Tu es ce qui me fait vivre, je justifie ton état, on ne peut y échapper.
Alors écoutes moi gober tes tourments et puis m’en contenter.
N’ai aucune colère, ni trouble, gardes ta fraîcheur, ta transparence,
Continue à nourrir ce plancton qui te permet de te régénérer ;
Et ne t’inquiètes pas pour ces rochers puisque tu les rendras sables.
Paris le 18 février 1986.
A Danielle, mon amour adoré.
Guy BIAUJAUD

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