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de harmattan

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de harmattan

BRUMES
PoèmesdeGÉRARDBEJJANIImagesdeMAROUNHAKIM
| BRUMES
| ImaPgoeèsmdeesdMeAGRÉORUANRDHABEKIJJMANI
© L’Harmattan, 2015 5-7 , rue de ’Écoe-Poytechnîque ; 75005 Parîs
www.harmattan.r dîfusîon.harmattan@wanadoo.r harmattan1@wanadoo.r
ISBN : 978-2-343-06711-7 EAN : 9782343067117
Imprîmé par Coret, Imprîmeur, S.A.
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|PRÉFACE|
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La saîson des vagues et des paîsîrs marîns, de a umîère aveugante et de ’étreînte brûante du se et de ’eau beue s’achève. Voîcî que ’automne s’avance et que septembre annonce e retour vers ’écoe. Retour quî est a marque de septembre, son seuî, et que - même orsque ’on n’est pus, et depuîs très ongtemps, nî un enant nî un adoescent - ’on craînt tant. Le premîer de septembre s’accompagne d’une trîstesse ancînante et de queque chose quî ressembe à a peur.« La peur de ne pas 1 savoîr, de ne plus savoîr contînuer ». Ee vîent de oîn, ee étreînt e garçon resté dans a barque et quî« se tord d’încertîtude », ee agîte« l’écolîer quî traverse les pavés trîstes », ee pèse son poîds d’angoîsse sur cet enant d’âge varîabe que chacun de nous porte en uî et paroîs à son însu. Et pourtant î aut aer sur es chemîns, quîtter e sabe des grèves pour es trottoîrs grîs, et« plus seul que le sîlence », écouterpoîds des pas sur les« le chemîns dérobés ». Avancer. Ne pus craîndre a page banche, consentîr à être traversé par a bessure de dîre, capter« ce quî reste encore », ugace paroîs maîs essentîe, et qu’î s’agît de traduîre sur es mouvements du papîer.
1  Les îtaîques sont des cîtatîons extraîtes du présent recueî, sau quand cea est précîsé.
La poésîe de Gérard Bejjanî est géographîe et paysages, rythmes et saîsons. I quîtte à regret ses rîvages d’été, on prend avec uî a mesure de ’arrachement à a mer, on guette sa sîhouette encore vacîante dans« les rues endolorîes », et pourtant, c’est sur ’asphate de a vîe que gronde sa coère, que s’afermît sa voîx, que son soule trouve son ampeur. C’est dans a grîsaîe des tombes, es coueurs auves de ’automne, es pîèces ma écaîrées des aubourgs, es puîes ruîsseantes quî essorent es toîts, que vîbre son crî et s’éargît son audace. Et voîà que« le garçon »- igure essentîee et récurrente de a dramaturgîe de Bejjanî –»« sourît à l’automne .« Nî les corbeaux Famélîques quî cherchent pîtance, nî les mînarets d’ocre où monte à jeun une lente prîère, nî les berges de boue, nî le mîel des prophètes »ne sauraîent e aîre échîr ; î donne de a voîx. Son crî va haut et ort. Maîs« de quoî parlent-elles les langues bîides », ces angues endues et venîmeuses quî sèment a dîvîsîon et actent a séparatîon, s’înterroge e poète ?« Des relîgîons peut-être, des Fusîls en chaleur »et« des Fosses d’efroî ». Rencontre du poème et de a guerre, de a
pume et du eu, de a commémoratîon et du désîr d’oubî. Car î aut aîre e deuî, î aut que repose en paîx ’âme des morts bîen-aîmés, et pour ce aîre, î aut que soîent écrîtes ces paroes déchîrées. Aors Bejjanî dénonce« les cîtés puantes où dorment les puîssants », e pays îvrémaîns mercantîles, toujours« aux en avance dans des poussées de Foî, de crîmes en couleurs, de drapeaux ». On ’aura comprîs, ce deuxîème voet du dîptyque est une pongée dans es tranchées d’un« pays quî s’essoue »,dans sa mémoîre poussîéreuse et grîse, dans ses antômes încontrôabes. Cea se aît au prîx d’une nausée quî, par moments, envahît e cœur et obîge au sîence. Aors»syllabes endeuîllées « les  ne racontent pus d’hîstoîre. Ees se barrîcadent dans ’absence. Maîs es toîes de Maroun Hakîm sont à pour prendre a paroe à eur tour, pour accompîr, ees aussî, ce parcours tortueux entre a mémoîre bessée et e vî présent, entre es morts-vîvants quî peupent a vîe et es oues sîencîeuses quî avancent quand même et quî, dans ce mouvement de ’avancée, réînventent une vîe possîbe. Ses coups de brosse peîns de
vîgueur peîgnent de coueurs de terre et de eu es angoîsses automnaes. Son geste vîrî, rageur paroîs, aît s’éancer es processîons et danser des sîhouettes anonymes en quête de répît. I raconte es oues envoîées, es prîsonnîers quî croupîssent derrîère es grîages de eur oîe, es maîsons ravagées, es corbeaux noîrs et menaçants. Maîs î dessîne aussî es échappées umîneuses vers des montagnes roses et des champs de eurs sauvages, vers des trouées écatantes et des bonheurs possîbes. Dans ses toîes, deux motîs sembent esquîsser en creux e i conducteur de son récît pîctura : des mères, es bras enveoppant ’enant, dîaoguent sîencîeusement avec a vîe quî bat, haos paîsîbes au mîîeu du tumute ; des taches carmîn, coqueîcot, des pavots ou renoncues moqueurs, exposent de rîre au cœur des peurs, parsèment es pages d’înstants suspendus d‘émotîon et de paîsîr însoent. Ces taches rouge vî sont a ponctuatîon de ’hîstoîre, sa respîratîon, son espoîr vîgoureux. On pense à ’îmmense poète turc Nâzîm Hîkmet, quî chanta uî aussî «le ventre sacré »,« la mère aux yeux rouges », 2 « voîx des places en Feu ».
2 Nâzîm Hîkmet,C’est un dur métîer que l’exîl, Le Temps des Cerîses, 2009.
« Il étaît une vîlle, les vents l’ont remplacée. (…) On n’écrîra pas de poèmes sur les vîlles 3 annîhîlées », dît encore Hîkmet. Bejjanî e saît. « La Farce inîra-t-elle un jour ? »s’înterroge-t-î, dénonçant ’ennemî înventé quî se dépoîe dans ’arène de a« vîlle dévastée ». « Comme le scorpîon, mon Frère, tu es comme le scorpîon dans une nuît d’épouvante »uî répond Hîkmet, « et s’îl y a tant de mîsère sur terre c’est grâce à toî, mon Frère. Sî nous sommes afamés, épuîsés, sî nous sommes écorchés jusqu’au sang, pressés comme la grappe pour donner notre vîn, îraî-je jusqu’à dîre que c’est de ta Faute, non. Maîs tu y 4 es pour beaucoup mon Frère ». Laîssons Bejjanî concure. Écoutons son ardeur :« Toute chute est promesse », «Même la in est promesse ».
3 Ibîd. 4 Ibîd.
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