La Couleur orange

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Créer, bien souvent, c'est dialoguer avec sa mémoire.

Ainsi, pour son premier livre, Alain Gerber se tourne-t-il vers son adolescence. Mais c'est, tout aussitôt, pour récuser les pièges du genre qui sont ceux de la complaisance à soi : ici, ni attenrissement satisfait ni introspection maniaque. Alain Gerber, d'entrée, annonce la couleur : orange, celle d'une ivresse très tendre, ou se fixe, avant de se défaire, une période singulière, dont on ne se remet jamais tout à fait. Cette grâce-là commande tout le roman, resserre son déroulement en un lieu unique – une petite ville de province – et un temps privilégié – trois mois d'été éblouis.
Bref, le roman sécrit dans l'espace du mythe ; et l'adolescence s'y consume à plusieurs, comme une liturgie, en une représentation incessante que le groupe se donne à lui-même. Le narrateur, en effet, n'est pas dissociable de la petite communauté ou il a sa place, ou l'attend son rôle. Se souvenir, dès lors, ce n'est plus raconter, mais dévoiler, mettre en place toutes les dimensions d'une fête : l'appartement élu, les circuits qui s'y inscrivent, les jeux et comportements rituels, les intérêts – musique, cinéma, gastronomie... – à travers lesquels le groupe éprouve son identité.
Mais on n'a rien décrit tant qu'on n'a pas restitué. La réussite étonnante de ce roman doit, certes, à la nouveauté, à l'authenticité de sa démarche. Elle doit plus encore à l'acuité émerveillée de son écriture – intelligence et émotion confondues – à travers laquelle ce qui constitue, peut-être, le moment le plus subtil de l'existence predn un visage durable, qui se grave profondément en nous.





Publié le : mercredi 14 août 2013
Lecture(s) : 5
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782221135327
Nombre de pages : 140
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La Couleur orange
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