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La Vie de Charles Naurey

De
184 pages
Première moitié du XXe siècle, dans le Dauphiné. Fils de paysans, Charles Naurey fait figure d'exception dans le milieu rural où il grandit: courage et persévérance sont des vertus qu'il ignore encore à dix-sept ans. Ce n'est que son amour pour Thérèse, la fille d'un commerçant retraité du village, qui va lui donner le goût du travail. Les années transformeront celui qu'on traitait de vaurien en homme d'affaires... Chronique d'un monde révolu, musique nostalgique d'une époque en pleines mutations, mais aussi un hymne à l'effort et à la persévérance. Car au delà d'une riche galerie de personnages, c'est surtout à la volonté de l'homme que l'auteur rend hommage à travers le destin de son héros.
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IDDN.FR.010.0108808.000.R.P.2007.030.40000
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2007
Ecrire de nos jours un roman sur un monde révolu de-puis plus dun demi-siècle peut paraître désuet. Pourtant, le fait de pouvoir analyser et simprégner dun passé lié à cette façon de vivre particulière aux gens de la terre, fera comprendre à mes contemporains la dureté des conditions de vie dans nos campagnes. Cette époque, dont je veux vous parler, nest pas si lointaine que ça. Dans les années cinquante, même si laprès-guerre promettait des "lendemains qui chantent", la vie nen restait pas moins âpre et difficile pour de nom-breux ruraux. Les citadins daujourdhui auront peut-être du mal à imaginer les réalités que je vais décrire. Pourtant, il y a près de soixante ans, il nétait pas rare de rencontrer des personnes analphabètes dans notre beau Dauphiné, comme ailleurs Ces gens de la France profonde nétaient pas misérables. Ils mangeaient à leur faim et étaient vêtus simplement mais correctement. Pourtant ils menaient une vie humble et tracée dès leur naissance. Ils ne vivaient que pour travailler et travaillaient pour vivre. Alors que les gens des villes (re)découvraient avec délice les joies des congés payés, les paysans et les petits artisans continuaient, pour la plupart, à se tuer au travail. Cependant ne vous méprenez pas : la bonne humeur existait, mais elle sapparentait plus à la satisfaction du travail bien fait quau plaisir des vacances et des week-ends ! Pour bien comprendre ce monde, il faut lavoir vécu. Malgré lécole primaire obligatoire depuis 1882, pour bon nombre denfants ruraux linstruction sapprenait au pis de
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la vache. "Hardi à la tâche !", voilà le maître mot. Leur seule force était le bien possédé. Dans ce milieu pastoral, on vivait avec les habitudes et les pratiques héritées des anciens. Largent était le seul maître après Dieu. Lachat de biens ou de matériel se pensait même dans lavenir de la descendance. Le respect de la sueur, le travail, la santé  un don du ciel  et la messe dominicale symbolisaient la façon de remercier le Seigneur et de lui montrer son res-pect au même titre que de mettre les habits du dimanche ! Ils parlaient peu : de peur de se tromper, ils préféraient se taire. La crainte de Dieu était une épée de Damoclès sur leur tête. La tâche accomplie, seul le pain était dû. Le repos était considéré comme une force répara-trice et indispensable. Ce monde ne connaissait pas les loisirs, le mot villégiature était absent du vocabulaire. Le travail, dur et inévitable, simposait par tous les temps comprenez, ils ne parlaient pas, ils priaient. Le caractère ne sapprend pas, il se forge et ces gens-là le savaient bien. Les contraintes leur rappelaient quotidiennement. Lesprit de conservation en héritage, les calendriers et les belles boîtes renfermant des photos de famille représentaient, à leurs yeux, des uvres dart. Dans les fermes, les couver-tures dalmanachs servaient de décoration au même titre que des peintures. Voyez vous, ils savaient la valeur des choses, le prix à payer pour obtenir, acquérir, consolider un patrimoine.
De nos jours, les gens poussés par un moder-nisme allié à une fuite en avant que lon appelle glorieusement "progrès", ont perdu cette notion. Ils acquièrent vite et napprécient plus. Par le fait, lattachement au temps nécessaire pour aimer cer-taines choses convoitées a disparu.
Aux yeux de ces gens simples, le maire, linstituteur et le curé faisaient figure de demi-dieux. Politesse et défé-rence devant ces trois mages était un devoir. Parler du
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