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Regals du Japon et d'ailleurs

De
32 pages

Dominique Sylvain a su judicieusement lier, par le jeu des couleurs et des associations thématiques, des allers-retours entre les trésors lointains (des sushis-sashimis aux pâtisseries de haricots rouges, en passant par les soupes miraculeuses ou les sakés revigorants) et les souvenirs gourmands de son enfance lorraine (lapin, myrtilles, orgeat).En dialoguiste hors pair, elle nous convie à sa table avec beaucoup d'humour et de vivacité, épinglant les situations de convivialité cocasses, mettant en scène furtivement les personnages de policiers qui ont fait son succès, rêvant sur les mots et appellations de produits et de cuisine, nous faisant entendre les curiosités musicales d'un repas...


Connaissant bien le Japon où elle vit depuis de nombreuses années, Dominique Sylvain sait nous raconter, d'une façon très singulière, loin des clichés sur la gastronomie nipponne, quelques curieux festins de l'empire du Soleil-Levant, des plus simples aux plus élaborés. Elle nous entraîne aussi en Afrique noire et vers des ailleurs méconnus, tels Singapour ou les petites îles de la Sonde, en Indonésie...





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couverture
 

Collection dirigée par Chantal Pelletier

Du même auteur

Baka !

Viviane Hamy, 1995 ; réédition 2007

Sœurs de sang

Viviane Hamy, 1997

Travestis

Viviane Hamy, 1998 ; J’ai lu, 2005

Techno bobo

Viviane Hamy, 1999

Vox

Viviane Hamy, 2000 ; J’ai lu, 2005

Strad

Viviane Hamy, 2001

Cobra

Viviane Hamy, 2002

Passage du désir

Viviane Hamy, 2004,

Grand Prix des lectrices de Elle 2005 ;

J’ai lu, 2006

(voir suite en fin de volume)

Dominique Sylvain

Régals du Japon
et d’ailleurs

Exquis
d’écrivains

NiL éditions

© NiL éditions, Paris, 2008

ISBN 978-2-84111-430-6

1

Design : Philippe Apeloig



images

Japon

Julie a pris froid dans l’avion. Ses grands yeux clairs brillent plus qu’à l’accoutumée, son nez coule. Je la conduis dans un tachiya, un des estaminets où le petit peuple des salarymen se retrouve après le travail, pour grignoter des bêtises, debout, en éclusant du saké ou de la bière à la pression. Les Japonais sont des génies de la bière à la pression. La nama biru est fraîche comme une source, son col est nuageux, elle a un petit je-ne-sais-quoi satisfaisant qui n’appartient qu’à elle. Mais ce soir, c’est saké obligatoire : la guérison de Julie est mon objectif prioritaire. Et j’envisage le saké comme un puissant substitut au grog. Cependant, ma décision est prise : nous le boirons froid. Depuis que j’habite ce pays, je n’ai jamais vu personne le boire autrement.

Les habitués nous regardent du coin de l’œil. Deux étrangères en goguette, ça les amuse. Ils se demandent comment ces novices vont s’y prendre pour commander. Ça fait quatre ans que je vis à Tokyo, mais je ne suis toujours pas capable d’aligner deux phrases dans la langue de Murakami. Ils m’ont vue venir. Je ne m’en laisse pas compter et désigne une petite bêtise par-là, une autre par-ci. Et j’explique que je veux du nihon shu, l’alcool japonais. Je ne dis pas saké, je suis certes une gaijin1 mais pas une touriste. Le saké n’est que le terme générique qui signifie alcool. J’explique à Julie que même un puligny-montrachet 1995 est un saké.