UN ENFANT EN HERITAGE

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Marcelle et Jean-Claude Nimoué sont mariés depuis sept. Ils sont beaux et riches. Pourtant, par le plus grand des hasards, elle découvre que son mari a un fils âgé de cinq ans et, qu'il es séropositif au VIH/SIDA. Face à son couple qui part à la dérive du faits de ces terribles découvertes, Marcy aura-t-elle la force de pardonner.
Publié le : dimanche 15 juillet 2012
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  UN ENFANT EN HERITAGE
Marcelle Nimoué, suivait des yeux les hôtesses qui présentaient à ses invités des canapés froids, chauds sucrés ou salés, en discutant avec l'ambassadeur des USA . Les regards concupiscents qu'il lui lançait alors que son mari se trouvait à proximité l'amusait et la flattait en même temps. Elle était satisfaite de son incroyable anniversaire organisé par son mari pour son trente cinquième anniversaire. Cette fois, il l'avait vraiment surprise. Alors qu'elle pensait à un petit dîner raffiné dans un très sélect hôtel de la capitale, il avait mis en place un comité chargé d'organiser la soirée la soirée la plus chic, la plus classe et la plus coûteuse qu'il eut été donné au « people » de la capitale de voir. Sous un chapiteau installé au milieu du jardin, un orchestre composé des quatre meilleurs musiciens de la place et payé rubis sur ongle, revisitait tous les classiques de jazz qu'elle appréciait. La chanteuse qui les accompagnait lui avait tapé dans l'œil, lors des nombreuses virées dans les bars qu'elle faisait avec son mari quand leur calendrier respectif le permettait. Celle-ci qui reprenait « Summertime » de Georges Gershwin, était la voix la plus célèbre de la corporation. Parmi la pléthore de versions de cette célèbre chanson, Marcelle préférait celle de Ella Fitzgerald . Toutefois, la chanteuse au niveau local, avec son timbre de voix inimitable valait le cachet de un million la soirée qu'elle réclamait à ceux qui la sollicitaient . Malgré son planning surchargé, elle avait accepté , moyennant le double de son prix, de venir se produire juste pour deux heures avant d’aller honorer d'autres engagement. Quand cette dernière enchaîna sur « Georgia on my mind » de Ray Charles , l' « anniversaireuse » applaudit spontanément imitée par l'assistance. En attendant l'heure du dîner, la vingtaine d'invités triées sur le volet, un verre en main ne boudait pas son plaisir. Côté vestimentaire, tous avaient mis le paquet. En effet, pour cette soirée, le dress code était “robe de soirée et smoking”. Pendant ce temps, un journaliste du « who's who » prenait des photos pour illustrer l'article y relatif qui paraîtrait dans le prochain numéro du célèbre magazine. Elle redevint attentive quand Jean-Claude, son mari posa une main possessive sur sa taille. Le diplomate confus, prétexta une envie de bière fraîche pour s'élipser.
-Que te voulais ce gros balourd, demanda celui-ci en lui donnant un baiser appuyé sur la joue . De loin, je voyais les manœuvres qu'il faisait pour te toucher la main “et du madame Noumié par ci, cher madame croyez vous que par là”...Venir draguer ma femme sous mon nez ! Il faut être gonflé pour oser le faire ! Et il l'a osé le mec. -Tu es incroyable toi, répondit sa femme en riant aux éclats. Je te croyais occupé à parler affaires avec le représentant de l'AGOA ; or monsieur me surveillait. -si tu te voyais, dans cette robe sexy qui semble avoir été cousue sur toi, tu comprendrais ma surveillance rapprochée. Le regard qu'il lui lança à cet instant fit monter d'un cran la tension de la jeune femme. Elle l'aimait cet homme depuis la classe de 6e et, depuis lors, il possédait tout les moindres recoins de son corps et de son esprit. Le cœur battant la chamade, elle se projetait déjà sur la façon dont elle le remercierait en bonne et due forme une fois la soirée terminée. - Marcy , arrêtes de me fixer avec cette mine gourmande, s'il te plait ,chuchota son mari. Tu vas me faire mourir de désir devant ce parterre de personnalités qui squatte notre demeure pour quelques heures. Si tu me regardes encore de cette façon, je ne réponds plus de moi. L'espace d'un instant, leurs mains s'effleurèrent. Puis, la jeune femme rompit le charme en jetant un coup d'œil sur sa montre. -Je t'abandonne pour un très court moment, amour de ma vie. Je file voir Monsieur Buchon. Dans une minute, on devrait pouvoir passer à table.
La cuisine ressemblait encore plus à un champ de bataille que d'habitude. Monsieur Buchon de « chez Georges » ,débauché pour la circonstance, tel un metteur en scène, donnait des ordres qui étaient suivis à la lettre par son équipe avec laquelle il se déplaçait pour ses extra. A peine en eut-elle franchi le seuil, qu'il lui adressa un signe qui voulait dire tout est prêt madame ». Ils se connaissaient depuis belle lurette parce qu’il était présent « à toutes leurs soirées. L’avoir chez soi lors d’un dîner contribuait à sa réussite à 80%; En dépit du coût élevé de ses prestations, trois millions, son carnet de rendez vous était full jusqu’à la fin de l’année.
La maîtresse de maison conduisit ses hôtes vers la luxueuse salle à manger sobrement décoré pour la circonstance de roses blanches et de bougies couleur or. Selon le plan de table établi pour la circonstance, elle se retrouvait encore à côté de l'ambassadeur des USA, qui sourit à part soi de cette heureuse surprise. Il était secrètement amoureux de cette ravissante jeune femme au teint café au lait et aux grands yeux bridés. Il fut heureux de constater que son mai était installé à l'autre bout de la table. Celui-ci adressa un sourire amusé à Marcy. Ils se comprenaient toujours à demi-mot.
A la fin de la soirée , le clou de la soirée pour tout dire, le maître de maison demanda à tous les invitée de le suivre sur la terrasse qui surplombait le garage. Là, sous les yeux éblouis et admiratifs de ces messieurs et dames, apparut une Bentley Continental GT , trois portières de couleur orange ornée d'un gros nœud noir en satin de soie, conduite à pas de tortue par un chauffeur en livrée. Un des invités déclara, éblouit, qu'il n'y avait que deux personnes qui possédait le même modèle ici. Avec Madame Noumié, ça en faisait trois. Les convives n'étaient pas au bout de leur surprise. Sous les regards écœurés, ébahis, envieux, haineux , heureux, ravis de l'assistance, Jean-claude prit la main gauche de Marcy dans la sienne, posa un genoux à terre et, sortit une minuscule boîte de la poche de son smoking. Il l' ouvrit en demandant pour la deuxième fois à celle qui était toute sa vie de l'épouser encore et encore. La jeune femme fondit en larmes devant le magnifique solitaire en diamant créé sur mesure pour elle , selon ses dires. Le mouchoir de poche en soie avec lequel il tapota tendrement les joues de sa femme pour essuyer ses larmes suivi
du délicat baiser qu'ils échangèrent , mirent fin à cette délicieuse soirée d'anniversaire.
Après le départ de leurs invités, les époux Noumié décidèrent qu'il était trop tôt pour dormir. Assis côte à côte les pieds dans l'eau au bord de la piscine, ils buvaient du champagne en dégustant les restes du somptueux gâteau offert par la première dame; laquelle avait dépêché son assistante personnelle pour la représenter. JC laissa de côté les couverts prévus à cet effet pour savourer ces mets raffinés, directement sur le corps de son épouse. L'ambiance devint plus torride quand ils se jetèrent tous les deux l'eau. On entendit plus que le léger bruissement du vent et les clapotis de la piscine. ****************************************************** Jean-Claude et Marcelle se dévoraient des yeux en se tenant la main comme s'ils étaient seuls au monde dans cet aéroport bondé de monde. Après avoir accompli les formalités de départ, ce dernier était revenu, comme à son habitude, tenir compagnie à sa femme en attendant l'heure de son vol. -Tu m'appelles à ton arrivée dit Marcy les larmes aux yeux. Malgré ses bonnes résolutions et le nombre incalculables de voyages qu’il effectuait dans l’année, elle pleurait chaque fois à l'aéroport. -Bien sur mon ange, répondit-il en la fixant tendrement. J'arrive à l'hôtel, je pose mes valises et je t'appelle. Come d'hab Marcy chantonna-t-il, comme d'hab.. -Arrêtes de me taquiner chéri, l'interrompit-elle en riant. Aussitôt elle redevint sérieuse. -Tu me manques déjà murmura-t-elle, prête à verser encore une fois des larmes. -Toi aussi, mais pas tant que ça puisque je t'emporte avec moi. Emue par sa réponse, elle se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser. L'hôtesse annonçant le départ des passagers à destination de Paris interrompit leur baiser fougueux. Sous le regard amusé de l'assistance , ils s'envoyèrent des baisers jusqu'à ce que la haute silhouette de celui disparaisse dans le décor.
A bord de sa Bentley's, elle se rendit directement à la maison alors qu'elle avait décidé de faire un tour au bureau. Elle poussa un soupir désemparé a-t-on idée d'avoir un tel homme dans la peau se demanda-telle pour la ènième fois de son existence”. La réponse ne faisait aucun doute. Son cœur et son corps appartenaient à JC, irrémédiablement. A ses yeux, aucun de ses congénères ne lui arrivait à la cheville. Encore quinze jours à tirer avant que je ne retrouve la joie de vivre avec son retour.” ***********************
Marcy pressa le pas afin d’arriver au pressing avant l'heure de la fermeture. En plus elle craignait de tomber dans les embouteillages en cete fin d’après midi brumeuse. De justesse, elle arriva au moment où la caissière faisait ses comptes. -Madame , vous avez oublié ça dans la poche de la veste grise, lui dit cette dernière en lui tendant un bout de papier plié en quatre. Marcy remercia la bonne dame, récupéra le dit papier et le fourra à la va vite dans son fourre tout Vuitton. Au pas de course, elle monta dans sa bagnole, avant de prendre la direction de zone 4. Elle poussa un soupir exaspéré en constatant que les deux ponts était envahi de véhicules dans le sens Plateau – Biétry. Pour tuer le temps, elle fouilla dans son sac à la recherche de son bloc notes. Elle avait besoin de mettre par écrit les mots clés du discours qu'elle devait prononcer demain en qualité de vice présidente de “Jasmins” le groupe agro-alimentaire numéro 1 de ce secteur. Au nom dudit groupe elle devait adresser ses félicitations aux travailleurs, parmi
lesquels son chauffeur, qui iraient à la retraite pour bénéficier d'un repos bien mérité. Sans forfanterie, elle se savait aimer de tous parce qu'elle avait lutté pour faire adopter le principe d'une assurance complémentaire qui leur permettait d’avoir une vie décente jusqu'à la fin de leurs jours. Le chauffeur en question s'était pratiquement jeté à ses pieds à la vue de son chèque sur lequel on avait inscrit la faramineuse somme de vingt millions pour une cotisation mensuelle de vingt mille francs. Le bout de papier tomba sur ses genoux . Machinalement elle le déplia. Sur le champ elle ne comprit pas le sens des noms qui était inscrit sur la photocopie d'une prise en charge médicle émise par la sécurité sociale française. Il fallut une deuxième lecture pour qu'elle comprenne que son mari avait un enfant de cinq qui s'appelait Stéphane Olivier Nimoué. Son pied droit élégamment chaussé d'escarpin de la marque Louboutin glissa de la pédale de l'embrayage , calant du même coup le moteur. Elle ne sut jamais comment elle se débrouilla pour arriver à la maison. Elle dépassa en coup de vent Nana sa nounou devenu depuis son mariage la gouvernante de la maison. Sans ralentir son allure, elle gravit les marches menant à sa chambre. Sa course prit fin dans le vaste bureau de son mari. Là, elle s'empara d'un coupe papier pour s'attaquer aux tiroirs. Pour la première depuis qu’ils se connaissaient, elle fouilla dans les papiers de son mari. Les premiers étages renfermaient leur dossier bancaire, assure vie, son passeport et divers documents tout aussi important. Le dernier tiroir lui opposa une résistance farouche . Le coupe papier se brisa à force d'être sollicité. Elle le jeta par terre, puis fixa la mine déterminé ce tiroir qui renfermait tant de secret auquel elle n'avait pas accès. Soudain elle se souvint des explications fournies par le vendeur lors de l’achat de ce bureau. Ainsi, elle remonta sa jupe maxi qui la moulait comme un gant, se baissa et posa la main sous le tiroir. En tâtonnant, elle parvint à trouver un levier sur lequel elle appuya d’un coup sec. Avec un déclic, le fameux tiroir finit par s'ouvrir. Rapidement, Marcy se débarrassa de ses vêtements. En slip et soutien en dentelle de marque Chantelle, elle s'assit sur la moquette et entreprit de trouver les réponses aux questions qu'elle se posait depuis la découverte de la prise en charge médicale du petit Stéphane-Olivier ».
Elle prit un album l'ouvrit et tomba sur le résumé en photo d’une des vies de JC son cher mari : sur la première fois figurait un bébé âgé d'à peine un mois qu'il tenait fièrement dans ses bras en souriant à l'objectif. Les mêmes avec quelques années de plus riant aux éclats dans ce qui semblait être un parc d'attraction. Une photo de la mère blottit dans les bras du père de son enfant.Elle était blonde avec de jolis yeux bleu azur. La dernière photo présentait un beau petit garçon âgé de cinq qui montrait fièrement sa dentition d'où il manquait quelques dents de lait. Elle poursuivit ses fouilles et tomba sur des photos de femmes blanches, noires,asiatiques posant dans le plus simple appareil, ou alors vêtues de sous vêtements sexy. Voulant tout connaitre de l'étrange vie de son mari, elle s'empara d'un paquet qui refermait plusieurs boîtes dont l'une d’elles était largement entamée. Le nom marqué sur le paquet lui paraissait familier. Pour en avoir le cœur net, elle alluma son Lap top. Après quoi, elle s'orienta sur Google. Ensuite, elle tapa ce qui était indiqué sur les boîtes . Lorsque le résultat de ses recherches s'afficha sur l’écran, la tête lui tourna. Les mots et les images dansaient, formant une sarabande à travers un brouillard. Elle cligna des yeux pour mieux voir, sûre de se tromper ou de faire une mauvaise lecture. Malheureusement les renseignements demeurèrent affichés : Trizivir est indiqué dans le traitement des patients adultes infectés par le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH); prix de vente d'une boîte 611, 81 Euros, lut-elle à mi voix.
Allant jusqu'au bout de son enfer, elle prit une chemise cartonnée bleu, puis l'ouvrit sachant d'avance ce qui s'y trouvait: le dossier médical de son époux déclaré séropositif depuis trois ans.
Le soir de la découverte de la forfaiture de son mari, contrairement à ce à quoi elle s'attendait, elle plongea dans un profond sommeil . A son réveil, elle jeta un coup d'oeil sur son portable . Elle constata qu'elle avait reçu plus de vingt appels absences, tous émanant de lui . Selon un scénario bien rodé entre eux, elle s'empressait de le rappeler. Puis, ils passaient en mode Skype ou Webcam ou Msn pour se faire des mamours. C'était ça la règle et, celle-ci n’avait jamais connu d'exception. Aujourd'hui, elle n'avait aucune envie de lui parler jusqu'à son retour qui surviendrait dans 72H . Donc, son silence inhabituel mettrait la puce à l'oreille de ce dernier. Elle émit un petit sourire désabusé en constatant qu'elle n'avait aucun moyen pour se cacher de lui. Pendant les réunions du conseil d'administration, elle s'éclipsait toujours pour lui parler , ne serait-ce qu'une minute quand il l'appelait à l'improviste. Et maintenant, elle se faisait l'idée d'un singe dans une cage de verre qui cherchait désespérément un abri pour se dérober aux regards curieux des humains. « Tant qu'à faire autant lui parler juste une minute pour avoir la paix durant la matinée au moins », se dit-elle. Cependant, son index resta suspendu au dessus de l'appareil, parce que son cerveau refusait de lui ordonner de composer le numéro de son époux . Elle reposa son portable pour prendre la direction de la salle de bains.
Assise sur la cuvette du WC, les coudes posé sur ses genoux, le menton dans le creux de ses mais, elle regardait les carreaux bleu gris de la douche le regard dur, l'esprit vide. La jeune femme qui la regardait à travers le miroir avait une lointaine ressemblance avec Marcelle Nimoué , car le choc reçut hier avait laissé des traces . Elle était méconnaissable. Elle soupira, puis aspergea son visage boursouflé d'eau froide dans l'espoir de le décongestionner.
Quinze minutes plus tard, elle se glissait furtivement hors de la maison pour ne pas se laisser surprendre par Nana, qui verrait aussitôt que quelque chose ne tournait pas rond. Là où elle se rendait, elle n'avait pas besoin de prendre la voiture. Le docteur Geneviève Villet, une promotionnaire du Collège de Cocody lui avait donné rendez vous de bonne heure aux infectieux. Elle jeta un billet de 2000 sur le vigile afin qu'il laisse son taxi pénétrer à l'intérieur du CHU de Treichville. Elle poussa un soupir de soulagement quand elle reconnu la Chevrolet blanche de son amie garée dans le parking réservé au personnel médical.
Malgré la casquette vissé sur ses longs cheveux noirs et les lunettes qui lui mangeaient le visage, elle ne cessait de jeter des coups d’œil anxieux autour d'elle. Ginny l'attendait devant la porte de son bureau. Elle se firent la bise, puis Marcy la suivit jusque dans la salle de repos des infirmières . Une fois à l'abri des regards, la jeune femme, retroussa la manche droite de son chemisier blanc aux boutons nacrés, et tendit sans hésiter le bras pour le traditionnel prélèvement de sang. Pour l'instant, elle n'avait pas peur. « Advienne que pourra, se dit-elle. Jamais deux sans trois ma fille. Un mari infidèle qui te fait un enfant dans le dos, le même mari se révèle porteur d'un VIH/SIDA soigneusement dissimulé, alors rien d'étonnant si on te déclare séropositive. Le contraire serait un véritable miracle avec tout le sperme que tu as ingurgité ces trois dernières années. Ça m'étonnerait vraiment que tu en réchappe ma vieille, toi qui a les gencives qui saignent au moindre brossage énergique ; sans compter les galipettes torrides durant tes règles . Lol ma chérie, tu es mal barrée ».
Le prélèvement ne dura qu'une minute. On lui prit une goutte de sang sur le bout du doigt.
-Tu m'attends quelques minutes, dit le docteur, en tenant une enveloppe à l'intérieur de laquelle reposait un petit flacon remplit du sang de Marcy. -Prends ton temps ma chérie, répondit celle-ci. il n'y a rien qui presse. Elle suivit des yeux son amie qui s'éloignait. Elles avaient été des rivales avant de devenir amies. Ginny avait été une jolie ado au teint noir brillant qui n'avait pas froid aux yeux. Elle avait essayé de séduire Jean Claude, juste pour savoir si personne ne lui résistait. A cause de lui, les jeunes filles s'étaient livrées à une guerre froide digne de l'époque de Staline et d'Eisenhower. Elles avaient éclat é de rire lorsqu'elles s'était revues une dizaine d'années plus tard au Parker Place vêtus des tenues semblables au couleur de la Jamaïque.
Le cœur de Marcelline ne flancha pas quand la première cité revient, en tenant une feuille de format A4 dans la main. Celle-ci l'obligea à se lever , puis la serra dans ses bras. -Gloire à Dieu Marcy tu n'as rien. Néanmoins, ce résultat positif nécessite un deuxième test de confirmation. Donc tu devras revenir dans trois mois. Ouf, je me sens mieux. A près notre conversation, je t'avoue que j'ai eu très peur pour toi. Même si de nos jours on peut vivre avec le VIH, c'est quand même une maladie qui fait peur. Tu ne dis rien , Marcy ? Elle tendit le résultat que Marcy fourra dans son gros sac Lancel. -Ginny, ça t'étonnerait si je te disais que je ne ressens absolument rien. Ni douleur, ni colère, ni soulagement, ni crainte, rien absolument rien. J'ai même passé une très bonne nuit hier. -Je te comprends . Crois moi, ça ne m'étonne pas du tout. C'est le résultat de la découverte de la double vie de JC. Tu sais ma puce, le choc émotionnel a été si violent chez toi que tu es actuellement dans le déni. Le refus de croire qu'il ait pu faire une chose pareille t'aide à tenir le coup, à te lever, te laver, manger dormir. Cependant, je m'inquiète du moment où tu prendras conscience que tout cela est vrai. -Ne t'inquiètes pas, la rassura celle-ci. Je viendrais te trouver pour pleurer sur ton épaule en cas de cas. -Tu me le promets, insista le docteur Villet. Marcy dit oui de la tête. Ce faisant, elle s'empara de son sac pour prendre congé. -Marcy, fit son amie. Tu m'as dit qu'il rentre dans trois jours. Que vas tu faire ? Qu'as tu décidé ? Celle-ci haussa les épaules, signe de son incertitude. -Ma copine insista le médecin. Fâches toi, découpes le en morceau. Mais à la fin, il faut lui pardonner. J'imagine ce qu'il peut ressentir en vivant avec un tel fardeau depuis cinq. Pardonnes lui ! Je te sais capable de ça ! Pendant qu'elle parlait, Marcy regardait des mocassins sans broncher. -De toute façon, je suis là pour toi de jour comme de nuit , poursuivit-elle en la raccompagnant. Actuellement, je suis en mode célibataire, sans gars pour l'instant. Alors, n'hésite pas à m'appeler ou à passer chez moi, si tu as envie de parler! Elles poursuivirent leur discussion en haut des marches de la clinique des maladies infectieuses. Elle ne se séparèrent que lorsqu'un taxi venu déposer une patiente, accepta pour deux mille francs de ramener Marcy chez elle.
Marcy avait mis un soin particulier à sa tenue pour venir accueillir son mari qui rentrait après quinze jours d'absence. A la voir si élégante dans son tailleur bleu roi rehaussé d'un chemisier en soie transparent ton sur ton, les pieds chaussées dans une paire d'escarpin beige à talons vertigineux assorti à son sac à main Longchamp , nul n'aurait pu imaginer qu'elle était une femme dévastée, devenue avec peu sure d'elle, et consciente de la fragilité de la vie, des serments et des promesses .
Son cœur se serra de désespoir en le regardant se hâter ver elle un sourire heureux sur les lèvres « Tant de duplicité concentrée dans une seule personne, se dit-elle tristement. Mon Dieu, qu'est ce que je vais devenir ? Pitié ! Que quelqu’un me vienne en aide ». Elle serra les dents afin de refouler les larmes qu'elle retenait depuis trois jours. -Encore en train de pleurer ma Marcy adorée s'exclama-t-il en la soulevant de terre pour la mettre à la hauteur de son visage. Dieu que tu m'as manqué ma chérie. Va falloir que je mettes un bémol à tous ces voyages qui me tiennent éloignés du centre ma vie, toi. Elle réussit à lui offrir un sourire éclatant. Comme d'habitude, elle se laissa serrer, cajoler et embrasser. Dans sa Bentley's orange, il lui tint la main pendant que le chauffeur les ramenait chez eux. Avec l'habitude, on savait ce que faisait l'autre même quand on n'était pas à ses côtés. Pendant que Marcy essayait de gagner du temps dans la salle de bain, elle savait sans aucun doute, que son mari l'attendait, allongé nu sous les couvertures, un œil rivé sur la télévision, l'autre œil surveillant la porte derrière laquelle elle s'était réfugiée. E n effet, assise en nuisette sur le bord de la baignoire, la jeune femme récitait en boucle « je vous salue Marie » afin de ne pas perdre son sang froid lors de la confrontation qui ne  saurait tarder.
-Ah te voilà soupira-t-il d'aise. Une minute de plus et je te rejoignais là bas. A sa vue, si beau et si démoniaque à la fois, Marcy eut le vertige. Sa tête tournait. Des sueurs froides et chaudes lui parcouraient le corps. Un début de nausée qu'elle avait du mal à réprimer menaçait de répandre sur le tapis, le peu de nourriture qu'elle avait péniblement ingurgitée au dîner. JC arrêta de parler, en la voyant transpirer à grosses gouttes malgré le Split qui distillait un air frais dans cette chambre, et ce, toute la journée. -Marcy, s'alarma-t-il. Chérie ,tu es malade. Il toucha son front pendant que ses dents s'entrechoquaient. Son mari bondit hors du lit, composa à toute vitesse le numéro du SAMU en la serrant contre lui Son torse était trempé par les larmes de Marcy . Quinze minutes plus tard, les urgentistes pénétrèrent dans leur chambre à coucher. Afin de faire cesser les tremblements, ils durent injecter un calmant à cette dernière avant de la déposer sur la civière. Dans l'ambulance qui les conduisait à PISAM, ne sachant ce qui se passait, son mari répondit par la négative quand, on lui demanda si sa femme n'avait pas été , récemment, victime d'un choc quelconque notamment celui résultant du décès d'un parent ou d'un proche.
Jean claude conduisit à toute vitesse . Il était pressé d'arriver à la maison. En effet, les propos tenus par le psychologue lui avaient mis la puce à l'oreille. Ce dernier était convaincu que Marcy avait subi un choc émotionnel violent pour céder ainsi à cette crise de larme incontrôlable. Or, pour en avoir été le témoin privilégié, Marcy avait vécu des drames et non des moindres, sans s'écrouler de cette manière. Durant l'entretien qu'il avait eu avec le médecin , il se souvint de ce qu'elle lui avait dit sur l'oreiller à la suite d'une réconciliation torride. « Les gens qui me cotoient, savent , à juste titre d'ailleurs, que je suis une battante, ambitieuse, vaillante, rigoureuse, il le faut avec le niveau de responsabilité que j'ai. Ils savent également que je sais faire preuve d'empathie, de générosité en cas de besoin. Cependant, ce qu'ils ne savent pas, c'est que tu es mon talon d’Achille ; celui qui me connait parfaitement, qui peut me faire pleurer, et dans la minute qui suit me faire sourire, ou rire, celui qui peut me blesser mortellement , celui qui tient ma vie ainsi que mon équilibre entre ses mains ; celui qui par un claquement de doigt, peut me réduire à
néant». A ce moment là, comme Pierre dans l'évangile, il avait juré, et il était sincère qu'il ne lui ferait jamais de mal. Or, le temps et certains événements survenus dans sa vie avaient prouvé le contraire. Jean Claude interrompit le cours de ses pensées pour donner un bref coup de klaxon devant son portail.
Une fois installé derrière son bureau, rien qu'en effleurant le levier du tiroir qui protégeait ses secrets, il sut que Marcy était passé par là. Il poussa un long gémissement de désespoir tout droit sortit du plus profond de son être. « Marcy, Marcy, Marcy, ne cessait-il de ressasser la tête entre ses mains ». Puis, il se renversa dans son fauteuil pivotant, les yeux perdus sur les arabesques en stuc qui décoraient le plafond.
Jean-claude réussissait à courir malgré le poids de son sac à dos dont les lanières lui sciaient les épaules. Mademoisellle Marescot, la prof de français ne badinait pas avec l'heure.Parce qu'elle répétait cette phrase à longueur de journée, 7j/7 aux retardataires, l'ensemble de ses élèves du Collège d'Orientation de Cocody , y compris ceux de la 6ème 3 dont il faisait partie l'avait surnommé « l'heure c'est l'heure, avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure ce n'est plus l'heure ». Dans sa précipitation, il heurta violemment une élève. Tout ce qu'elle tenait entre ses mains se répandit sur le sol . Au lieu de se baisser pour ramasser ses cahiers, livres ,bic et autre fournitures scolaires comme il le faisait lui-même, elle resta planté devant lui en sanglotant comme une désespérée. Quand il se redressa pour lui rendre ses affaires, il eut le choc de sa vie. La bouche bée, il contemplait la poupée à la peau dorée , aux grands yeux en amandes, au tout petit nez droit et à la bouche en cœur qui semblait tout droit sortie de sa boîte magique . Ses longs cheveux fins noirs étaient retenus en arrière par une barrette. Elle paraissait menue et sur le point de s'envoler au moindre coup de vent. Pour l'instant, elle pleurait parce que tout son matériel scolaire était devenu sale du fait de leur collision. Du moins c'est ce qu'il semblait comprendre à travers ses sanglots . Sans comprendre ce qu'il faisait, le jeune garçon posa son sac à dos sur une dalle. Ensuite, il l'ouvrit, s'empara de son contenu pour le donner à la petite. Après il épousseta ce qu'il tenait dans les mais avant de les fourrer dans son cartable. Le sourire lumineux qu'elle lui adressa le réconforta en prévision des gifles qu'il recevrait quand son père découvrirait le sort qu'il avait réservé à ses fournitures achetées la veille à la librairie carrefour . Comme ils étaient dans la même classe Marcy et Jean-Claude devinrent inséparables, même s'ils ne venait pas du même milieu. Il habitait avec ses parents dans un modeste quatre pièces en face de la RTI au quartier air Afrique, alors qu'elle habitait dans une énorme (selon lui) villa avec piscine à Danga. Leurs parents respectifs ne firent aucune difficulté concernant cette amitié. Bien au contraire, les parents de Marcy furent conquis par la gentillesse de cet adolescent âgé de treize ans, long et maigre comme un manche à balai, visiblement amoureux de sa petite camarade de deux ans sa cadette. Pour couronner le tout, Alex et Désiré ses deux frères aînés ainsi qu'Armand et Michel les cadets de JC sympathisèrent. Par conséquent, ils formèrent une bande de copains inséparables. Les habitants des deux quartiers veillèrent avec bienveillance sur la bande des 6 composé des enfants Noumié et Pita. Contrairement à ce qu'il pensait, Marcy se révéla une dure à cuire. Toujours partante pour faire des bêtises, comme percer les pneus des voisins dont la tête ne leur revenait pas, participer à des batailles rangées entre les enfants de cocody et ceux de la cité des arts ou du lycée technique, grimper sur les arbres pour cueillir des cocomans, ou des fruits de toutes sortes , attraper le margouillats, grenouilles pour les jeter sur ses petits camarades avant de s'enfuir à toute vitesse. La jeune adolescente était toujours vêtue à la garçonne d'un short et d'un tee-shirt, les
pieds chaussées de ses éternels Adidas. On l'aurait confondu à un garçon n'eut été sa longue queue de cheval qu'elle s'évertuait à dissimuler sous une casquette. Les deux adolescents n'avaient jamais échanger un seul baiser durant toutes leurs années de lycée. Cependant tous ceux qui les voyaient savaient qu'il existait quelque chose de fort et de particulier entre eux. Leur mères respectives souhaitaient ardemment qu'ils restent unis ainsi jusqu'au mariage. C'était également, le souhait de tout leur entourage.Après être sortis majors de leur promotion à l'INPHB, ils décidèrent de se marier. Ce qui sembla normal pour qui connaissait ce duo inséparable. Marcy était enceinte de six mois même si cela se voyait à peine . *************************************** La fête consécutive au côcôcô fut grandiose. Vêtus de tenues traditionnels Akan et croulant sous le poids des bijoux en or, ils paradèrent dans le quartier au son de la fanfare, suivis par leurs parents, amis et connaissances. Le couple était si magnifique que certains photographes leur demandèrent l'autorisation de faire figurer leur photo sur des calendriers ou éphémérides. Ce que Marcy et JC acceptèrent de bon cœur sans demander un rond.
Alex l'un des deux frères de la fiancée, avait prévu pour la suite des événements, une virée à Bassam.
Comme elle fut mémorable cette journée avec au menu boisson et alcool à gogo ! En plus, JC exhibait fièrement sa petite Renault 5 d'occasion qu'il s'était offert avec son premier salaire. Vers dix sept heures, on décida de lever l'ancre, afin d'arriver à temps pour suivre le match de la finale France-Brésil comptant pour la finale de la coupe du monde 98. Après le top départ, les véhicules se suivirent avec celui des fiancés en tête du cortège. Ce dont JC se souviendra toute sa vie, c'était de voir une bille de bois se détacher d'un camion pour s'écraser sur sa voiture alors qu'il effectuait un dépassement . Ils étaient encore à l’hôpital, lui avec tout le côté gauche de son corps maintenu dans du plâtre, Marcy, quand à elle, plongée dans un coma pour atténuer la douleur causée par les multiples fractures ainsi que la perte de leur enfant, pendant qu'on procédait aux obsèques de Alex, Désiré et Michel au cimétière de Williamsville. Malheureusement, durant son séjour prolongé à l'hosto, elle chopa une maladie nosocomiale qui s'étendait à son utérus . Elle dû subir une hystérectomie afin de ne pas succomber à une septicémie.
A son réveil, on avait fait comprendre à JC que l'alcool ingurgité avait faussé sa perception des distances à respecter. Il n'aurait pas du, selon les explications reçues, effectuer ce dépassement hasardeux. En fait, le camion grumier avait brusquement freiné quand la R5 avait soudain surgi, provoquant ainsi la chute de la bille. Fous de douleur, après l’avoir maudit et voué aux gémonies, les parents de sa fiancée lui interdirent à tout jamais l'accès de leur maison. Ils sommèrent Marcy de mettre fin à ses fiançailles. Eux-mêmes prirent les devants en rendant la dot. Ce qui provoqua le courroux des parents du jeune homme qui leur rappelèrent qu'ils avaient également perdu un fils en la personne de Michel leur benjamin. Cependant, M . et Mme Pita n'en avaient cure.
Marcy fut reniée par ses parents quand elle maintint sa volonté de se marier avec Jean-Claude. Voir leur fille épouser selon eux, le meurtrier de leurs enfants, de leur petit enfant de surcroît responsable de la stérilité de leur fille était inconcevable. la mère du jeune homme et Marcy qu'elle avait pris sous aile et sous son toit le sauvèrent de la folie dans laquelle toute cette sordide affaire menaçait de l'entraîner.
Un an plus tard, dans la petite mairie d'Anyama, Marcelle Aline Pita devient madame Noumié . Dans la salle de mariage, il n'y avait personne à part leurs deux témoins et le célébrant.
Lorsque le maître de la maison rouvrit les yeux, il constata, à travers le léger voilage, que les premiers rayons de l'aube transperçait le ciel encore sombre. Il jeta un coup d'oeil sur sa Breitling 1884. Il était cinq heures trentes. Il pensa à sa femme couchée sur un lit d’hôpital à cause de lui. A effet, il serra les dents et les poings pour s'empêcher de se laisser submergé par l'émotion. Il avait un combat à mener : celui de maintenir Marcy en vie, afin que leur couple et lui avec , soient sauvés. Par ailleurs,aujourd'hui , elle n'avait que lui au monde, ses parents continuant de l'ignorer.
Quand Jean-Claude pénétra dans la chambre les bras chargés de fleurs, dans lequel il avait dissimulé un coffret où se trouvait une des parures en diamant et or , Chaîne/Bracelet, la plus belle et la plus chère qu'il eut trouvé chez A. Constant , Marcy était assise près de la fenêtre , le regard perdu dans le lointain. Elle tourna la tête vers lui. De par l'expression de son visage, elle se rendit compte qu'il avait compris pourquoi elle se trouvait dans cet état. En effet, il avait eu cette mine durant les sombres années consécutives aux décès de leurs frères et amis. -Peux tu faire le nécessaire pour que je rentre à la maison demanda-t-elle sans lui laisser le temps de s'approcher d'elle, encore moins de prendre le bouquet composé de roses blanches qu'il lui tendait Il hésita avant de prononcer son nom. -JC, fais ce que je te demande, réitéra-t-elle le visage fermé. A peine arrivée, la jeune femme se précipita dans La salle de bains. Elle se sentait poisseuse et ne souhaitait qu'une seule chose. Se glisser dans sa baignoire remplie d'eau chaude . Elle se sentit mieux. La chaleur de l'eau massait son corps et son cœur endoloris. Finalement, la crise de larme avait été salutaire. Elle avait retrouvé tous ses sens.
Pendant qu'elle s'habillait, son mari suivait ses gestes adossé au mur. -Marcy, entendit-elle dans son dos, j'ai prévenu ton assistance que tu prendra ta journée. Voilà encore une chose qu'elle s'apprêtait à faire au moment où il en parlait « Ils étaient si complémentaires ! ». Vêtue d'un body et d'un short rouge, elle se dirigea vers le lit, se coucha et rabattit les couvertures sur elle. JC prit place dans un fauteuil club noir en cuir. -Marcy dit-il, en se penchant vers elle de sorte à croiser son regard. S'il te plaît, redresse toi. J'ai besoin de voir ton visage durant notre discussion, ou si tu veux, durant ma confession. Avant tout, je te demande pardon. Je suis sincèrement désolé, navré de te causer autant de peine. Je ne veux pas me dédouaner, mais mon silence est du à ce que nous avons vécu... Ou l'as tu rencontré, l'interrompit-t-elle en calant les oreillers derrière son dos. -je l'ai rencontré dans l'avion. Elle fait partie du personnel naviguant de Air France.... -C'est elle qui t'a contaminé ? -Oui -Avant ou après la naissance du bébé ? -Après, répondit JC, la laissant mener la discussion à sa guise. -Pourquoi ne t'es tu pas protégé ? -Tu ne me croiras pas, et pourtant c'est la stricte vérité, la capote s'est déchirée. Autant te le dire, elle est tomé enceinte après une soirée arrosée, trop arrosée devrais je dire. Six mois plus tard, on a passé le test tous les deux. Le résultat était négatif. Je me suis
toujours protégé après jusqu'à l'incident de la capote percée . Elle esquissa un petit sourire triste. -Pas de chance sur ce coup là, hein ! -Non Marcy, pas de chance. Le prix à payer pour mes erreurs peut-être ! S'il y a une justice divine. -Je suis désolée pour toi, Jean Claude ! Sincèrement et profondément désolée que tu aies été contaminé. -Je te crois mon cœur , murmura-t-il la gorge nouée .Les phrases qu'elle venait de prononcer l'atteignaient jusqu'au plus profond de son âme. Je t'aime Marcy ! Je suis tellement peinée de te faire autant de mal.Cent fois, j'ai voulu te dire, cent fois je me suis retenu. Tu es si honnête, si pure , si confiante, si amoureuse de moi...Chaque fois que tu me vois, ton visage s'éclaire et tes yeux s'illuminent...Je n'ai pas voulu perdre ça, Marcy...Je me suis comporté comme un salop...Comme le dernier des derniers, pour ne pas perdre ça...La conviction de ton adoration qui se lit sur ton beau visage quand je suis prêt de toi...Je ne savais pas comment t'imposer les capotes, soudainement comme ça, sans éveiller tes soupçons...Je ne le savais pas et ne le sais toujours pas... -Et les photos de femmes nues...Elle n'acheva pas sa phrase. Le jeune homme baissa la tête -Marcy, j'ai été un parfait idiot. Lorsque, j'ai commencé à gagner de l'argent, énormément d'argent, je me suis senti puissant , invincible et conquérant à la fois. Venant d'un milieu modeste, j'ai eu la sensation de dominer le monde. Cela dit, difficile de succomber à des femme prêtes à tout pour vous séduire. -Ce sont peut-être elles qui t'ont contaminées ? Qui sait ? -Non mon amour, réagit-il avec fermeté. Je te jure que je me suis toujours protégé. Par ailleurs, c'est la mère de junior qui me l'avoué. Celui qui l'a contaminé est mort depuis deux ans. A propos, je voulais te dire que... -Ça suffit pour l'instant , le coupa-t-elle en se remettant dans sa position initiale. J'en ai assez entendu pour l'instant. Je vais me reposer un tout petit peu -Je peux rester à côté de toi, demanda-t-il. J'ai également pris quelques jours de congé. -oui répondit-elle.
JC était soulagé parce que la discussion s'était déroulé sans heurt. Bien sûr, ça ne voulait strictement rien dire. Il n'était pas idiot pour croire que tout allait s'arranger entre eux d'un seul coup de baguette magique. Celui-ci était même certain que les cris et les injures viendraient tôt ou tard. Dans ce cas, il suffirait de faire le dos rond en attendant que l'orage passe.
Jean-Claude n'arrivait pas à dormir. Il était certain Marcy ne dormait pas non plus. Il avait envie d'elle , mais il préférait attendre qu'elle fasse le premier pas. Cela atténuerait le choc qu'elle ressentirait lorsqu'il enfilerait une capote devant elle. La tournure que prendrait cette première expérience rejaillirait sur leurs futurs rapports . Il était conscient qu'elle l'aimait toujours. A lui d'avoir la sagesse nécessaire pour la laisser revenir vers lui.
Du jour au lendemain, Marcy se mit à déambuler dans leur chambre vêtue comme une pin up, de sous vêtements transparents, de porte jarretelle, de minuscule strings, de vêtements coquins. Elle s'était offert les mêmes tenues que les femmes figurant nues sur les photos qu'elle avait découvert dans le tiroir secret de son mari. « Dieu merci, priait intérieurement celui-ci . Heureusement qu'elle continue de s'habiller avec classe et élégance pour se rendre sur son lieu de travail ». De son côté, il regardait son manège sans piper mot de peur de se faire traiter de « SIDA
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