Bourges

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Cet essai propose une nouvelle histoire de Bourges bâtie à l'aide des outils de l'Économie Politique contemporaine. L'accent est mis sur la permanence de l'ombre tutélaire du pouvoir royal parisien et les stratégies des acteurs locaux. Il met en relief le rôle des grandes figures de la ville comme le Duc Jean de Berry, Jacques Coeur, Jeanne de France, Marguerite de Navarre, Sully, Condé, le Comte d'Artois et Lammerville. À la lumière de cette analyse des grands cycles historiques et des crises de la ville, l'auteur propose une réflexion sur l'avenir de Bourges.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140005664
Nombre de pages : 378
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Pierre Berthelier
Bourgesà l’ombre de Paris
Pouvoir, Économie et Société de la Grande Peste à la Révolution
13501795
Préface de Robert Boyer
Bourges à l'ombre de Paris
Pouvoir, Économie et Société de la Grande Peste à la Révolution
1350-1795
Pierre Berthelier
Bourges à l'ombre de Paris
Pouvoir, Économie et Société de la Grande Peste à la Révolution
1350-1795
Préface deRobert Boyerdirecteur d'études à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08-EAN : 978234308
Préface
L’histoire économique au secours de l’économiste contemporain parRobert Boyerdirecteur d'études à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
Le désarroi des théoriciens face à un changement d’époque Les économistes, tout particulièrement les spécialistes de la macro-économie, avaient cru à l’achèvement de leur discipline à l’époque de la grande modération c’est-à-dire la période qui s’ouvre dans les années 2000 : aux États-Unis n’observait-on pas une forte croissance, un quasi plein emploi et une victoire sur l’inflation ? La crise ouverte avec la faillite de Lehman Brothers a fini par dissiper cette illusion : les économies étaient-elles entrées dans une dépression équivalente à celle observée de 1929 à 1932 ? Est-ce un premier indice d’un retour aux enseignements de l’histoire économique ? De son côté, la politique économique se restreignait à l’usage du taux d’intérêt et de la fiscalité dans le contexte d’une économie caractérisée par un mode de régulation bien établi et incorporé dans l’attente des acteurs de l’économie. Certes, les débats continuent à opposer l’interventionnisme keynésien à la vision cybernétique des tenants du laisser-faire, mais aujourd’hui ils portent essentiellement sur la nature des réformes structurelles qui permettraient de retrouver un nouveau régime de croissance et le dynamisme des créations d’emplois. En matière de politique
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économique, les économistes se montrent particulièrement impatients puisque ils anticipent des effets rapides, si ce n’est immédiats, des multiples réformes qu’ils proposent. Ils sont alors déçus et tentés d’accuser l’irrationalité des acteurs et la velléité des gouvernements. Or l’histoire économique montre clairement qu’une ou plusieurs décennies sont nécessaires pour que des réformes en matière de fiscalité, de droit de la concurrence et du travail portent leur fruit. C’est une invitation à prendre sérieux une analyse qui ne se limite pas à l’étude de l’impact sur les cycles économiques des variables traditionnelles de la politique monétaire et fiscale.
Il est un dernier trait qui avait contribué à marginaliser les recherches d’histoire économique. La domination des marchés financiers comme instance dominante dans les choix des entreprises et les contraintes exercées sur les gouvernements du fait de leur endettement excessif ont incité les théoriciens à faire du présent la conséquence d’une vision du futur. Le caractère fallacieux des anticipations suscitées par la nouvelle économie, puis par les innovations financières soutenant le marché immobilier a débouché au contraire sur une forme de présentéisme, qui fait du long terme la conséquence d’une série d’équilibres instantanés. Dans cette conception, histoire économique n’a que peu d’importance.
Sous la pression des crises, l’amorce d’un retour à l’histoire longue
Et pourtant c’est l’une des voies de compréhension des phénomènes sur lesquels butent les théorisations contemporaines. Elle est explorée par divers travaux qui offrent une mise en perspective éclairante. Les crises économiques et financières, qui étaient devenues exceptionnelles lors des trente Glorieuses, font un retour remarqué avec l’éclatement de la bulle spéculative japonaise, puis les crises asiatiques pour culminer avec la crise dessubprimeset sa répercussion en Europe avec les menaces sur la viabilité de l’Euro. Ainsi un grand théoricien de la monnaie s’allie à une historienne de l’économie pour produire une monumentale histoire des crises depuis le e 17 siècle (Reinhart, Rogoff, 2009). De même l’un des contributeurs à la nouvelle macroéconomie classique ne mobilise pas cet outil pour analyser les possibles conséquences de la faillite de Lehmann Brothers, mais il recherche plutôt des régularités au sein d’un ensemble d’évènements extrêmes, dont font partie les grandes crises (Barro, 2011). Derrière le succès planétaire de l’ouvrage deThomas Piketty [2013] se trouve la reconnaissance de la puissance de l’analyse historique longue, si possible comparative, dans la mise en évidence des processus conduisant à la
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dynamique des inégalités économiques. L’approche ouvre aussi la possibilité d’une articulation avec l’histoire sociale et même littéraire. Les crises se succèdent mais se ressemblent-elles ? Un autre exercice devenu courant est de comparer la période ouverte après 2008 avec les enchaînements dramatiques observés dans les années trente du siècle précédent (; 2010Eichengreen, O’Rourke, 2009 ). Il en ressort l’originalité des réactions des gouvernements contemporains, instruits des désastres provoqués par les stratégies de réduction des déficits publics et le laissez faire face aux faillites bancaires. Cet effet de mémoire, souvent incorporé dans les institutions économiques, explique la non reproduction à l’identique des crises qui se succèdent dans l’histoire. La crise grecque a suscité un retour sur l’histoire longue comme sur l’analyse comparative. En premier lieu, la difficile constitution d’un Etat moderne et la récurrence de défauts sur la dette publique sont deux traits marquants de la trajectoire grecque. En second lieu, divers auteurs n’ont pas manqué de rapprocher la remise de la dette publique allemande en 1953 et la résistance du gouvernement allemand contemporain à mener une opération équivalente en 2015 en faveur de la Grèce. Enfin, sont apparus nombre de similarités entre la crise argentine ouverte en 2001 et celle de la Grèce en 2010 (Quenan, Boyer, 2012).
Au cœur du projet de la théorie de la régulation Ce fut précisément le propos de cette approche : réinscrire les catégories de l’économie dans l’histoire des transformations de longue période (Boyer, Saillard, 2002). Elle a mis à jour un petit nombre de principes généraux et de résultats, qu’en un sens le présent ouvrage prolonge. xA l’opposé de l’hypothèse fondatrice des modèles d’économie pure, tout régime socioéconomique est marqué parune historicité forte: la monnaie est créée au sein de régimes institués par le politique, le conflit qui est au cœur de la relation entre entrepreneurs et salariés débouche sur des configurations du rapport salarial, sans même mentionner le caractère éminemment contingent des relations entre économie et société. xContrairement au projet d’une séparabilité de l’économie par rapport à l’espace social et à la sphère politique, la notion de forme institutionnelle souligne le caractère hybride des arrangements qui façonnent l’activité économique. Dès lors, l’analyse économique doit se convertir enune économie politiqueles fondements de l’économie se trouvent dans puisque le champ de la politique, du droit, et des valeurs qui prévalent dans la société.
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