Démocratisation et transformation économique en Europe centrale et orientale

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Depuis le tournant de 1989, l'intérêt pour les pays d'Europe centrale et orientale s'est fortement intensifié, ces pays connaissant, en un laps de temps très court, des mutations considérables. Ces contributions reviennent sur les changements politiques et économiques, notamment en partant d'une perspective historique. Sont approfondis les cas de la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, l'Estonie, l'Ukraine, la Biélorussie. (Contributions soit en français, soit en allemand).

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Démocratisation

et transformation

économique

en Europe centrale et orientale

Demokratisierung Transformation

und wirtschaftliche

in Mittel- und Osteuropa

Collection « Inter-National» dirigéepar Denis Rollandavec Joëlle Chassin,FrançoiseDekowskiet Marc Le Dorh Cette collection a pour vocation de présenter les études les plus récentes sur les institutions, les politiques publiques et les forces politiques et culturelles à l'œuvre aujourd'hui. Au croisement des disciplines juridiques, des sciences politiques, des relations internationales, de l'histoire et de l'anthropologie, elle se propose, dans une perspective pluridisciplinaire, d'éclairer les enjeux de la scène mondiale et européenne. Série générale (dernières parutions) : Namie DI RAZZA, L'ONU en Haïti depuis 2004, 2010. Maurice EZRAN, Histoire du pétrole, 2010. François Chaubet, La culture française dans le monde. 1980-2000. Les défis de la mondialisation. Jean-René GARCIA, La Bolivie, Histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif Christian SCHÜLKE, Les usages politiques du passé dans les relations germano-polonaises,2009. M. Hobin, S. Lunet, Le Dragon taiwanais: une chance pour les PME françaises. A. Martin Pérez, Les étrangers en Espagne. A. Ceyrat, Jamaïque. La construction de l'identité noire depuis l'indépendance. D. Cizeron, Les représentations du Brésil lors des Expositions universelles. D. Rossignol, Air France. Mutation économique et évolution statutaire. D. Rolland & D. Aarao Reis Filho (dir.), Modernités alternatives. L 'historien face aux discours et représentations de la modernité. A. Bachoud, J. Cuesta, M. Trebitsch (dir.), Les intellectuels et l'Europe de 1945 à nos jours. G. Quagliariello, Gaullisme. Une classification impossible. J. Faure et D. Rolland (dir.), 1968 hors de France. A. Purière, Assistance et contrepartie. Actualité d'un débat ancien. R. Guillot, La chute de Jacques Cœur. Une affaire d'État au XV siècle. G. Brégain, Syriens et Libanais d'Amérique du Sud (1918-1945). F. Bock, G. Bührer-Thierry, S. Alexandre (textes réunis et établis par), L'échec, objet d'histoire. C. Collin Delavaud, Les 1001 routes de la Soie. A. Bergeret-Cassagne, Les bases américaines en France: impacts matériels et culturels, 1950-1967.

Sous la direction
Günther

de HARTMEIER

AMMON, Michael

Démocratisation et transformation économique en Europe centrale et orientale

Demokratisierung

und wirtschaftliche

Transformation in Mittel- und Osteuropa

avec la participation de

Laura Gores, Jean-Charles Martineau, Alia Barthel, Christa Ludwig,
Emmanuel Robberecht, Anita Radziszewska, Anna Orschel, Kristiina Maurer, Kristina Khrol, Vera Antonia Büchner, Nataliya Shakh, Sarah Eckardt, Galina Shaton

L'HARMATTAN

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Oi,cte
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Mit freundlicher Unterstützung des Deutsch-Franzosischen Jugendwerks www.dfjw.org Avec le soutien de l'Office franco-allemand www.ofaj.org (DFJW)

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Deulsch-Franzôsisches Office franco-allemand

pour la Jeunesse

(OFAJ)

Jugendwerk pour la Jeunesse

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L'HARMATTAN,

2010

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www./ibrairiehannattan.com diffusion.hannattan@Wanadoo.fr hannattan1@Wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-12148-5 EAN : 9782296121485

Introduti. on / Einleitung Démoc atisation et transformations économiques sur fond des évolutions historiques

Günther Ammon & Michael Hartmeier

LorS! u'il s'agit è comprend e l'évolution è l'Europe centrale et orientale è puis 1989, un regard même bref ar 1 'histoire s avère init pensable. En effet, les évolutions récentes q ue ce 9 it Ii ns le domaine politiqe ou celui è l'économie demeurent incomprise~ Ê l'impag e É faite Elf1 e devenir, depuis è ss iècIe~ è cet el'l ace géographique. 6h Éitué è petite~ ntité~l' el'l ace culturel européen fait è puis tou'p urs è l'Europe une sorte de patchwork formé de nombreug seu ltures Parfoisee lIes ci sont séparées par è sfro ntières cIaire~ ma is 9 uvent elless e recoupent a ns tenir compte desfr ontièreséta blies Michel Foucher, dans 9 n ouvrage «Fragments CEu rope» 1 nous en donne une illuÉ ration trè~ arlante. En apparence, le tracé de cesp aya gesy Rit un schéma oueÉ ill ilieueÉ .2 Les tî veloppements Ii ns le domaine desa rtst out comme bien è sév olutions è ss ociété~ on t évolué èb ueÈ en eÉ. Lesco utumesd e droit en sont un autre exemple lorsq'a u Moyen-Age, les charteocl e ville ont été reprisesà l'eÉ, à l'inÉ ar è la charte de Magè bourg jl S!u'à Mink et Smolensk. Depuis lors, l'el'l ace européen a connu bien desp éripétiesh eureugs et d uloureug~ mais jlma is qel qe chose de la nature de ce q i advint au XXè Êècie au sortir è la Deuxième guerre mono ale. Avec le tracé prévu à Yalta par fill rchill, Roosevelt et Staline, les troisA lliés principaux, avec l'arrivée è l'Armée rouge et avec l'apparition d conflit entre lesp uisanc eso ccidentales et l'Union soviétique, la trame qe nous venons è tî crire disparaît, du moins en apparence. Elle eÉ recouverte, en fait it i; mulée, par un autre orœ monih 1. Le riè au de fer, en coupant l'eÉ è l'ouest, rédit le milieu è l'Europe à une g ule ligne q i, du norm u a çl s étend! e la Mer baltique juS! ue dans lesE alkans. De~x côtéocle cette ligne, è ~l'I ace~ ui auparavant conÉ ituaient un ensemble plein èi nteraction~ dérivent en sens contraire. A l'ouest, notamment avec la naisanc e desC ommunautéseu ropéennes, un nouvel orœ prometteur
1 Foucher, M. : Fragmentsl'E urope, Paris 1998. 2 CC haliand, G Rageau, J.-P.: Atlasle sEur opéens, Paris 1989.

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et int auré, tanit q'à l'et è cette ligne, lesp ays 9 nt confrontésà bien è s iff icultés Pourtant ce n'et pas faute thv oir esayé : en êpi t èl un certain nombre è tentative~ to ut particulièrement en 1953 en Allemagne de l'Et, en 1956 en Hongrie, en 1968 lors d P rintempsè Prague en Tchécoslovaq ie, ils ne réus istmt pa~ pe nànt è longuesê cennie~ à saf franchir d contrôle de l'Union 9 viétiqe. Pis, depuisl a cont ruction d Mur è Berlin, la Êtuation g mblait figée, une Êtuation qe l' Ot;politik a pu alléger que trè~ eu. Aini; , penànt cette périoè , d'innombrablesl iens entre desê tresh umain~ è ss ociété~ d e~ conomiesn ationalesr eÈ ent coupé~ d es! iens q'i 1 s'agira de rétablir plust ard au prix èl énormes efforts. € tte partition è l'Europe perd re une qar antaine d'années Seulement pendant les années8 0 q elques Êgnes avant coureurs è nouvellesm utations è viennent perceptibles Par exemple, Ii ns lesm ilieux universitaire~ notamment less cienceshi t oriques et sociale~ mais aus i Ii ns le domaine du'p urnalim e, le « Mitteleuropa » redevient l' ob.f t è réflexions.3 6h cernant le côté occiènt al, desé tuèset au trest ravaux Rr l'axe urbain européen, notamment, consacrés à différents as pects è l'aménagement d territoire, montrent le continent 9 wd e nouveaux alii ects. Image 1 : Europe - Photo a tellite de nuit

Source: Vrie~ Jan è : European Urbanization 1500-1800, Londn 1984; p. 169

3

CS teger, H.-A.: Mitteleuropa geismar 182/1982.

- Zur Aktualitiit

einesh istorih

en Begriffs

in: Protokoll

Hof-

6

La photo satellite datant è 1977 reprodi te ci-è as

4

nous grv ira de point

fup pui. €lies il fait nuit, mais le ciel et clair et cette photo permet è voir les lieux et régions où, è nuit, les éclairages a rtificiels è s inent à distance les point~t le&: hampsl umineux, reflets è l'activité humaine. On peut facilement repérer quelques ville~ comme Paris et MadridC e q i bien àvant age impres i; onne la perception è l'obg rvateur, c'est que dans certaine9' égions, les villes et autrese nsembles è granè sag glomérations è viennent tellement è nse~ q'u n véritable axe se dei; ne du norm u a cRtr aversl e continent. (1 mmençant au sud! e la fin è Bre tagne, bifurquant un peu vers l'et aprèss a traverg e de la Manche, il poumit a route à traversl e Bénélux, longe la vallée d Rhin, et se permettant une interruption, il s éten<jl SIu'en Lombariè .5a axelà ne res emble pasà une ligne, mais à un champ courbé dn t lesm argess ont aléatoire~ t acciè ntés (èt ar cet axe q e g i; tuent le9' égions avec la plus forte densité démographique et la plusf orte activité économiqe. Il y aus i qel qes excroian cesn otamment la Ruhr, lesb as insèl activitése n Allemagne d S uçl mais également en Europe centrale, è st achesb lanche~ pe ut-être un moins lumineug ss e tî tachent en Tchécoslovaq ie, en Hongrie, en Pologne. Image 2 : L'Axe central européen è svil les

Source : Vrie~ la n è . European Urbanization 1500-1800, Londn p.17l

1984;

4

5 e b J>!w. Brunet, R.: Lesv illes europénnes R apport pour la DATAR, La Documentation çaise, Paris 1989.

ev

rie~Ja n ci : European Urbanization 1500-1800,

Londn 1984.

Fran-

7

Bien évidemment, cette vue à partir à l'elll ace, fun type nouveau dnc , â clenche quelques prises d e consie nces Aux yeux à la Direction à l'Aménagement d Territoire en France, c'était le Êgnal pour le~ olitiques afin à raviver lesR égions et de mieux relier l'elll ace de l'Ile de France au le ret e d continent; que Parisn e 9 it pluss eulement au géographiquement centre, mais qe la capitale à vienne un nœud important à sI iaisonset infrat ructures en Europe. L'autre aliiect tout aus i important à la nouvelle obg rvation concerne le regard ar l'ensemble du continent européen: en effet, c'et comme i; le niveau national se trouvait relativisé lais ant place à une renaisa nce d fait régional fun e part et du a pranational fuu tre part. Qui pluse t , dèsc ette époqe, le sentiment g dégage q e l'axe européen à svi lIes allait s ouvrir et s éte11Ib loin vers l'et, une obg rvation qui fut à la plu~ aute importance. En â finiti ve, vu à partir d territoire à l'ancienne République féâ raIe M llemagne, un régau ag z tins e de centres à petite taille ou à taille moyenne devient à pluse n plu~ erceptible. En mai 1989, à sho mmesp olitiqes hongrois et autrichiens coupent le rià au de fer qui séparait leursp ays En automne de la même année, cette frontière hongroise s ouvre vers l'Autriche pour lesc itoyens à la RDA qui fuient leur pays. Il devient patent qe la g paration d continent en Et et Ouet n'était qe pas agère. Or, lorsqe le mur de Berlin s efface ans effuÊ on à ang, le mouvement ainÊ libéré g fait une nouvelle foistl ouet en et , non seulement en matière économique, mais tout autant en matière culturelle. AinÊ , le mouvement qe l'on a pu obg rver dra nt pluÊ eurs Êècleffi ' et à nouveau imposé. Le 9 novembre 1989 marque donc la fin à la coupure profonà perpétrée au milieu d siècle. C'et en même temps la fin fun e époq e, qi avait commencé avec l'année 1914 et qui s'achève avec ce 9 novembre 1989. D'aucuns ont même cru pouvoir y déceler la fin à l'Histoire. Mais c'est tout le contraire q i g P rodit : aprè9.l n siècle de déclin et fuu toà t ruction, l'Europe et appelée à g redécouvrir. Elle doit reprend e 9 n à t in aprèsu ne longuge, trop longue périoà à sis Êons Du coup, c'et aus i la fin à qel qes certituà s Ni rià au de fer, ni mur, n'étaient là pour faire obt acle au mouvement. Karl Schlügel écrit: «Le monà à l'et, q i naguère s appelait bloc de l'et, doit trouver une nouvelle t ructure. La disparition d bloc de l'Et a en même tempsp ermis la mutation d cadre fun alyse et à sp ensées tout entier. Au-à là du 'bloc de l'et' émerge une région d nt l'histoire ne peut plusê tre disÊ mulée 9 usl e cadre militaroad minit ratif du bloc de l'Et. »6Iiàrgé e d'histoire, la région et en effervese nce et retrouve g sr acine~e lIe g raccorà à nouveau à l'ouest, à ces évolutiomcu lturelle~ politiques et économiques {ès t à la foisve rs la démocratie et le bienêtre matériel que lesge ns aliiirent. Partout on parle de transformation et à tran6 SchlOgel, Karl: Kommunalka oder Kommunimu:nl liegt at warts München 2002, p. 124-1 38, p. 124.

sLeb ensfonn, in: SchlOgel, Karl: Die Mitte

8

i; tion. Dansce proceSR~ l'Union Européenne'p ue un rôle éminent: elle aiè les pays CEu rope centrale et orientale, lesa ccompagne et finalement lesa ccueille au g in è la communauté européenne. L'élargig ment à l'et è vient un but politiqe ma.f ur. La Fédération è RusÊ e q i succètl à l'Union E> viétiqe n'a, à ce moment, guère fut outs pour y faire obt ac1eou contrepoia a élargisg ment a fait l' ob.f t èR presd iscus ions entre Etats membres les plus anciens è la Communauté. Soucieug è E> influence en Europe, la n France it ait favoriser un approfonit g ment èsi nstitutions qi è vait précéè r l'élargisgm ent è l'Union européenne. L'Allemagne, au contraire, condit e par le E> è t abilité à sesfr ontières orientales, a E> uci uligné la néces ité d'une adhéÊ on rapiè è gSV oii; ns orientaux et a mig effectivement Rr cet élargisg ment. Il aura fallu pluÊ eurs annéesp our qe lesp ointsè vue g rapprochent .PSI u'à l'adhéÊ on en 2004 de dix nouveaux pays CEu rope centrale. {et ait effectivement bien plust ard qe certainsl 'avaient el'l éré d ns la première euphorie desa nnées 90. Au è meurant, l'approfonit gm ent ret e un è miéch ec i; l'on pense au refuocl u Traité de (1 nstitution par le~ lecteursfra nçais et hollandais en 2005. Maisp eut-on raccommoè r en qel qes années ce qi et ret é d chiré pend nt è ~ cennies? En attendnt , de part et d'autresd e la ligne qi avait scind le continent en è ux, il a fallu èl énormes efforts pour réus ir cette atléi; on. L' ob.fc tif paraisa it limpiè :« De la dictature à la d mocratie, d règne de la violence à la liberté, d s ocialim e au capitalim e, d p Ian vers le marché, de l'autarcie vers le marché mono al, d'une E> ciété fermée à la E> ciété ouverte >/. Mais, il était moinsc1 air comment on allait mettre en œuvre la marche vers ceso b.fc tifs, comment s'y prendre pour réusÊ r la transformation. Peute n presri re la d mocratie comme un médecin rédige l' ordn nance pour un malade? Comment d iton organigr 1 a transition vers l'économie de marché? Quelless ont lesr ecettes pour la transformation è la moitié du continent? De q elle manière l'arrière plan historiqe, le vécu de~ ommes au moment è la transition parfois dul oureuse, riEluenti Is è refaire R rface ? Karl Schlügel, en parlant è l'ancienne Union E> viétiqe, obg rve qe «l'id e q 'un.p ur la Rus ie devrait è venir comme l' ouet et aus i insensée qe a ns el'l oir è réaliati on. »8 Mai~ à d es è grés we rs, cela vaut tout également pour lesp ays d c entre et è l'et è l'Europe, qi ne devraient pas Êmplement copier ce q i semble être la voie royale vers le parait è l' ouet ; au contraire, ilsèvraient trouver leur propre voie. La q et ion è a voir si 'l'et' peut è venir iè ntique à '1' ouet ' et peutêtre la plusi mportante de toutes? En définitive, c'est à cesq uet ions qe le prégnt volume tente d'apporter è sr épongs Il s'avère qu'il n'y a pas è recette toute faite q i soient ati t'a i7 SchlOgel, Karl: 9. November 1989/ Il. September 2001 Epoche zwisb en zwei Bildern, in: Die Mitte liegt ot warts op. cit., p. 9-13, p. 12. 8 SchlOgel, Karl: Ru/; and wohin? Die Paradoxe der rUB h en Renais{ime ,in: Die Mitte liegt ostwarts op. cit., p. 139-152, p. 148.

9

a nte et qu'il existe que peu de réflexions théoriques pour une entreprise de transfonnation aus i giganteSl ue. A traver~tuè ~ ca~no me hercherons g sont tî roulées! a tî mocratia tion et la transfonnation vers à a voir comment l'économie de marché. Lesp agesq ui suivent montreront Ê et dans qel le meare elleffi nt réusÊ . Le volume s ouvre avec lesr éflexions ar lesf onèment sd process è transformation. Laura Gores g p ose d'aborda qes tion è avo ir qel ss ont les" outils" mis à dispoÊ tion par la science politiqe et quels facteurs .p uent positivement en faveur fu ne transition vers la démocratie. Elle constate fun e part qe les 'democat ization fjjudies 9 nt è venue~ n quelque sorte une discipline à part entière è la s ience politique et que par voie de conséqe nce le thème de la transition prend une granè place è puis une publication è premier oree 9, en 1986. €V enànt , à gS yeux, les réslt ats 9 nt finalement as ez maigres : s il existe desa xiome~ to ut au moins è shy pothèg~ q i permettent è tî crire et même fun alyser le chemin vers la démocratie, il n'existe pasp our autant è mécanim e automatiqe qi réÊ t erait à une vérification empirique. Même aprèsa voir étuœ lesi nfluencesex térieuresav ec leursi mpacts consitîrablesn otamment en Europe centrale et orientale, l'auteur ret e septique par rapport aux théorie8:i ui avec pertinence expliqueraient leg- éalités La deuxième contribution traite de~ lémentID1is à la it pOÊtion par la théorie économiqe au service è la transfonnation è séc onomiesn ationalesm 0è mes Jean-Iilirl es Martineau constate q'i I n'exit ait pa~ à l' époqe è l'effonrem ent d bloc de l'Et, de théorie cohérente de la transition de l'économie planifiée à l'économie de marché. TImentionne è sap prochesq ui, 9 it favorisent le changement instantané vers l'économie de marché (théorie du big-bang), 9 it proposent une mutation en duc eur (l'approche gradualit e). Pour palier à ce manqe, il et alorst ou.purs pOÊ ble è res gr la lit e des problèmes et è ~ emmesq ui se prodi gnt en quelque sorte de façon automatique. Cepend nt, trèsr apiè ment il è vient éviènt , et JeanIilirI esM artineau y renvoie explicitement, q e la mutation ne se déroule pas è la même manière d ns lesd ifférents pays è la région. En effet, lesa l'I ects historiqes , culturels et sociaux, l'I écifiques à chaqe pays res urgig nt et doivent être pris en compte dans Ie process è transfonnation. Dansl esa nalyg sè la transition vers la démocratie et l'économie de marché il eÈ tou'p urs qes tion drôle de la 9 ciété civile. Alia Barthel clarifie ce q'i I faut entend e par ce tenne 9 ciété civile et elle pose la qes tion è a voir qel rôle la 9 ciété civile pourrait è la transition. JO€11 eei et, ce 9 nt lest er-

9

C 0

'Donnell,

6111 erma, Philippe

C. Schmitter

et Laurence

Whitehead:

Transitions

from

Authoritarian Rule: Tentative lih mt on:nb out Unert ain Democac ie:; Baltimore 1986. 10C p .e. lesétn t:i sIJA j; rieSah m sur l'Ukraine et IIr ina Bngrova !ilr la BiéloruÎ; e, in: Amfeld im Wandel, Baden-Baden 2001.

mon, ill nther/Hartmeier,Michael (éd.): Zivilgeells b aft und Staat in Europa - ein Spannungs

10

mes à Ralf Dahrendorf, le phare (Leuchtturm) sur le chemin à la liberté.11
L'auteur le fait en analya nt la Êtuation en Pologne, en Tchécoslovaq ie et en Ukraine. Dans tousc esc a~ l'importance primorrnle à la société civile et éviànt e. Aprè8:i ue le&'on à ments théoriques aient fait l' ob.f t ~ réoccupation~ premiers auteurs, les si v antsco nsacrent leurst ravaux à desp ays particuliers tout en approfonit a nt en même tempsq uelques a~ ects théoriques Iù- ista Ludwig commence cette B rie avec le casd e la Roumanie et revient sr le rôle à la E,) iété civile. Elle traite desa cteurs q' e lIe conÊ 6 re importantst els les c ~nd icats, l'Eglig e t lesm inoritésn ationale~ no tamment lesR omset lesH ongrois et à la marge elle évoque la Êtuation à sA llemana . Elle souligne l'impact consitî rable dess ynil cats, mais aus i celui à sco mmunautés religieug sp our la reconstruction à si à ntités Toutefoi~ e n ce qi concerne le rôle desm inorité~ e lIe exprime q elques rég rves en suppoa nt qe celles ci pourraient mettre en danger l'unité nationale du pays Danss a contribution Elf la Êtuation en Slovaq ie, Emmanuel Robberecht met en éviànce à q el degré, avec la réémergence à la E,) iété civile, lesi ntéc rêts à sU férentsac teurss ociaux peuvent E,) vent we rger. Les forcesviv esy u ont parfoisd mal à remplir leur rôle de conE,)lid teur à la démocratie, alors q'e lIes ont bel et bien contribué à a renaisanc e, et de devenir les« précieux collaborateurs à l'action étatiqe ». Aini; , là aus i, la transition risqe à dre r bien plu~ ongtemp~g alement qe fuu cuns croyaient pouvoir el'l érer. Anita Radziszewska, par gsr éflexions sr 1 a Pologne, inÊ t e fortement sr lesd imensions historiqes a ns leSl uellesl esé volutions récentesd ans ce pays ne peuvent pas d t out être comprises Elle débute E,) analyse avec le premier n parlement polonais en 1791 pour évoquer ensuite des mouvements dn tî pendance polonais, ainÊ qe la E,) iété civile q i, dans le casp olonai~ c s est manifet ée avec l'Eglig c atholiqe et le ~ nit at Solid rnosc. En effet, a ns ces à ux "institution~ , le proces usd e libération en Pologne aurait pris un autre cours i; tant et q'i 1aurait pu se prodi re a ns eux. La contribution èl Anna Orsh el et consacrée à la Hongrie. Elle g penche ar la transformation économique, renvoie également à l'histoire. Elle pas e en revue la manière dn t la Hongrie connut l'économie de marché après 1 a Deuxième guerre monrn le avant à tomber sous la férule du régime E,) iétiqe v et d'être obligée "d'opter" pour l'économie planifiée. ToutesI est entatives &n échapper échouèrent'pSI ue dans lesa nnées80 . L'analyg à proprement parler g concentre sur lest entatives à libéraliati on à san nées80 . Anna Orschel tî crit l'état à l'économie hongroig 10 rs d tournant à la fin à cette décennie et discute in extenso le processd e transformation. Elle porte un regard plutôt

11 C Dahrend rf, Ralf: Réflexions Br I a Révolution en Europe 1989-1990, Paris, Seuil, 1991, p.33.

11

critiqe Elf lesp rivatiatio ns qi, .PSI u'à aup urtl hui, ont conduit à une répartition extrêmement inégale de9' iches es Avec l'Et onie, c'est un pays balte qui fait l' ob.f t lin terrogations d ns le texte aiv ant. En l'occurrence, l'Et onie fait montre d'une histoire bien l'I écifiqe au centre de laquelle g trouve la longue lutte pour l'ind pendance. Ainsi, Kristiina Maurer s attache également à prégn ter l'histoire, notamment le combat pour l'ind pendance, contre la longue occupation rus e d'aborœ t soviétiqe ensuite et sesc ong qen ces Aprèse lIe abord la transformation économique et politique aini; qe les partis politiques pour d boucher enfin ar l'e9 r économique et l'analyg d sr éalt ats. Il g dégage nettement qe fun ciensl iens économiques renaisg nt, g renouent et contribuent à la nouvelle orientation d l'économie du pays Selon Krit ina Maurer, la transformation en Et onie et globalement réusi; e bien qe l'auteur rappelle les mauvaisese xpériences faite~ 000 la 1èreRépubliqe. Il n'était pasp osi; ble d faire l'impas ear la Biélorus ie. Ce payse t la grand exception en Europe centrale et orientale car après un bref printemps politique au êb ut desa nnées 90, le proces usd e transformation y a été stoppé et même pour partie retourné en son contraire. Le préi; d nt d l'Etat biélorus e, Alexanrl e Loukahe nko, cond it d puis 1994 un régime autoritaire que fuu cuns appellent la « d rnière dictature en Europe ». Kristina Khrol, l'auteur d ce texte, elle aus i, cona cre une partie coni; d rable à l'histoire. Elle interroge lesc ircont anceshi t orique~ c ulturellese t politiques as eptibles d renre compréhensibles lesr aisonsp our leSl uellesi 1 n'exit e paset ne peut pas exister en Biélorus ie de 9 ciété civile digne d ce nom. 12Les élémentsp otentiels fun e identité nationale biélorus e 9 nt it crédités A. Loukahe nko ne tolère comme seule9' éférences nationale&: ellesd e la "guerre patriotiqe" et d pag 9 viétiqe "glorieux" qu'il souhaite prolonger en lien étroit avec la Rus i; e. Danss eoo bg rvations finale~ l'auteur nourrit cependant d sel'l oirs voyant la pérennité du régime menacée. La contribution qi ait traite d l'Ukraine. Antonia Büh ner cona cre 9 n étude à la Révolution Orange. Elle analyg la i; tuation qi précédait celleei, y compris le conflit entre lesr égions et la compagne électorale de 2004. €I> end nt, au centre de a prég ntation g tr ouve la qet ion d a voir si la révolution et un mouvement isa d e la 9 ciété ukrainienne ou i; les influences et de l'Ouet et d la Rus ie n'y ont pa~ oué un rôle eg ntiel. La contribution d Sarah Eckhardt prend encore une foisl esi nfluencesex térieuresen compte et traite dl' aid allemand à la construction tlmO cratiqe et économiqe en Europe centrale et orientale. Elle montre la multitud d s formes d cette aid et étuœ d façon plusa pprofonœ un certain nombre d cas
12

C a neh Bngrova, Irina: Die politisb e Kultur und die Sb wiiche der Zivilge8lls b aft in Weif.3-

ruj3land, n: Zivilge81lsb aft undStaat in Europa - ein Spannungje Id im Wandel,op. eit., p. 111i
132. 12

La dernière contribution, isae è la plume de 6) ina Shaton, universitaire biélorug , IIIécialit e notamment è s sciences è l'éducation et impliquées Ii ns la réflexion sur le thème E> ciété civile dans les PEO . Sa contribution n'et pas uniqem ent un témoignage ar l'éducation et la E> ciété en Biélorus ie. Au contraire, en prenant è la hauteur, elle prégn te un travail trè&' ouillé a rIes mutations qi s opèrent pour l'éducation et less ociétésc ivilesd ans le cadre de la mono aliati on.

13

Bases théoriques / Theoretish

e Grundlagen

1. Qu'este
qui influence la réussite des proe ssus de transition démoca tiqe ?

Laura Gores

il artilE retrace l'évolution desdemo cat ization t; udie$ la sous disip line dess œn e sp olitiques on temporaine~ ui s' attah e à l'étude desp roe as de transition démocatiq ue. Depuiss on e~ r, elle a on nu d'importantsr enouvellementst héoriques €it xi; à chaq e foi$ étaient produit des' anomaliesd e l'histoire réelle', deso ber vationsde nouvellest ransitions, contredisant les approh esa ntérieures Les démocat isations en Amériqe latine ont infirmé la théorie de la modernisation; lest riplest ransitions en Europe centrale et de l'et; , avec la théorie de la dépendane du sentier, marquent un retour vers elle.
Dieer Artikel gibt einen Überblik ü ber den konzeptuellen Werdegang der Democati zations t; udie$ jme m Zweig der Politikwisens h aft, der sih mit Demokratii; erungp rozeen bef at; . Jeweil.<nn get; osen durch die ,Anomalien der S k ih te', durch im Kontext neuer Demokratii; erungswellen gewonnene Erkenntnie, welche den vorherigen theoretic hen Modellen widerp rah en, durchlief die Disziplin eine Reihe theoretik er Neuerungen. Die Demokratisierung Lateinamerikas entkraftigte die Modemisierungstheorie,o jene Mittel- und Ot; europa$ via der Theorie der Pfadabhangigkeit, markiert den Rükk ehr zu ihr.

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1 A la recherche desL oi& ransitionnelles

"We playwrights, who have to cram a whole human life or an entire historical era into a two-hour play, can s arce1y unè rt andh is rapiily of change ourselves And if it givesus trouble, think of the trouble it must give political scientit ~w ho have les experience with the realm of the improbable and he uncertain."
Vaelav Havel!

La transition, telle q e définie par G O'Donnell, Ph. C Schmitter et L. Whitî finition tm n interstice, tmn 9 rte d'interrègne, tî fini par ce q'i 1n'et pas -un régime politique préa mé table - qe g b ag toute une 9 us it cipline des s ience~ olitiques contemporaines: les' è mocratization t uœ S . S'attachant à l'analyg comparée desp roces usd e démocratiatio n, celleei allait connaître 9 n eS9 r à partir è la publication en 1986 è Trani; tions from Authoritarian Rule: Tentative 6h elusions about Uncertain Democracies3, l'œuvre qui pag comme fondatrice è l'étude de la transition tlmO cratiqe. Elaborée d ns le contexte è la troii; ème vague de démocratiatio n, en Europe du Suœ t Amériqe latine aprèsl 974, elle allait examiner l'ensemble de cesd émocratisations, qi contrairement aux expériences an térieure~ pou r la plupart, n'avaient pas connues une rapiè ret auration d fjjatut qo ante. L'ob.ft è recherche de cette branche è ss ciences 9 ciale~ le pr oces usd e tî mocratisation, constitue l'intérêt central de notre étuè è gsm o61est héoriqes Force et è cont ater que si la démocratie, en tant qe régime politiqe, et 'captivée par lesf ilsè la s ience' depuisl 'antiquité, l'intérêt porté à 9 n int auration et èb rœ bien plusr écent. Pour quellesr aisonset 9 usq uelles circonstancese t ee qe less ciences 9 ciales g s ont tournées vers l'étude des procea~ tî mocratiati on ? Nousall onsd nc dans une première partie nousa ttacher à la q eÈ ion è avoir quellesr épongsl ess ciencess ocialeoo nt pu apporter concernant lesm odlité~ les temporalité~ tle&: aua litésd est ransitions tî mocratiques -et arto ut

teheaœ t l' «intervalle entre un régime politiqe et un autre »2. C eÈ ar cette

1 Discours au tî ngrès ci sEt atsUni ~pub lié par le Los AngelesT ime~22 février, 1990, p. A8. 2 "What we refer to as 'transition' is the interval between one political regime anrn nother. Our efforts generally t op at the moment that a new regime is int ailed, whatever its nature or type."

O'Donnell, fil Ilermo, Schmitter, Philippe C., Whitehead, Laurence:
tarian Rule: 3 C Ibid. Tentative lihc lUGon:nb out Unert ain Democac

TranG

tions from Authori1986, p. 6.

ies, Baltimore

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à q els moments et sous qel le&: onil ions leK! éveloppement~ cette s ience ont eu lieus (Partie I). Nousve rrons qe lesd emocratization t uœ so nt prodi t au cour~ svin gt d rnièresa nnées un éventail relativement consensuel fux iome~ d e conceptset (]bypothèg sq ui a permis aux politologues d tî crire, (in alyser et d'expliqer et, à l'occai; on, d presr ire les gq enceset ~na miqes condis ant à la transformation d régimesp olitiques 4 AinÊ , gl on CD ucatenzeiler, les "procea~ [...] isas d la troiÊ ème vague de démocratiati on, [...]pe rmettaient d tî gager ,,5 certainesl oisp ouvant Sappliquer à l'ensemble desp ays les ayant traversé. Pourtant, la confrontation d cesl oisà d esé tuàsant érieuresàsp roces usd e tî mocratisation révèle un certain d gré fum biguïté quand à leur force explicative. Ret e q e, lors d 9: ransitions Ii ns le~ ays (Eu rope centrale et orientale, on obg rve qe le facteur extérieur posèd e une importance notable. Malgré cela, lesa xiomes théoriques tendent à lui accord r une influence limitée. Nousall ons dnc confronter théories et réalité afin d tirer noum êmesàsconc luÊ ons tentatives ar 1 a force explicative de~ o61e9: héorétiques (Part II). 2 Lesm o61esexp licatifs d ~o cratization t uœ s: d e&: aUBsau x moàli tés La problématique qui a dn née lieu aux tî veloppementset controveŒ sà l'étude desp roces usd e démocratisation, finalement s est posée comme une problématiqe d point d vue initial sur lesc aua litésp ouvant tî boucher sur d sp rocea~ tî mocratia tion. Nomen trouvons un réamé as ez pur par N. uil hot et Ph. Schmitter qi mérite d'être reprodit entièrement: « Faut-il consitî rer en effet que le changement d régime politique et
en premier lieu un changement d sn ormes et

~

rocédures d j eu po-

litique? Ou faut-il plutôt suppogr q ue c'et la moif ication progres ive d s co mportements politiques qi tî termine la transformation d s normes et d ~ rocédre s1 finis a nt le9' égime~ olitiques ?»6 6ln me nous verrons, le type d théorie qui s'ensuit tî pend largement d la perspective retenue: ce gra un e théorie de la mod rnisation (2.1) ou bien un moe le deK! emocratization stuil e~ 2.2).

C G uilhot, Nieola~ Schmitter, Philippe C : De la transition à la consolidation. Une letur e rétrospedv e desde momtiz ation Ii udies. Revue française de sie nee politique, (2000) Vol. 50, No.4, p. 615. 5 Dueatenzeiler, Bei ela: Nouvelles approb esà l'étude de la consolidation démomti qe. Revue Internationale de Politiqe Comparée, (2001) Vol. 8, No.2, p. 191. 6 De la transition à la ans olidation. Une letur e rétrospedv e desde momtiz ation studies, op. eit., p. 617. 16

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2.1 Les approchesm acroe rientées et endgè nes: préconit ions 2.1.1 Le facteur socioéco nomiqe : les théorieK! e la moè rnisation 6ln me nous l'avonsil , de manière trèsg énérale, lest héoriesd e la moè rniati on app osent qe la démocratisation êpencld e préeo nit ions fonctionnelle~ qe le pluralim e politique eÈ le réalt at itî al d'un proceasd e différentiation 9 ciale.? Précédant les è mocratization Èuœ ~ d ans les années 1 950 et 1960, les théoriesd e la moè rnisation s étaient attachéesà l'étude de la tî mocratie et è g sp réreqis Èructurels Leur œuvre la plusc onnue, « Some Social Reqi Êtes of Democracy» (1959) les réame très bien. Avec une étude empirique èhm pleur inédite, S. M. Lipgt allait tî montrer une corrélation entre un haut niveau è tî veloppement économique et niveau è tî mocratisation, dont il tî dis ait la thèg qe le changement è régime formalig politiquement une transformation 9 ciale l'ayant précédée. € tte corrélation le menait à conclure ar 1 a caua lité a ivante: le développement économique contribue à la formation fun e clas e moyenne, Ii vantage édq ée, pouvant exercer son rôle de citoyen pleinement et en toute cont~qen ce aliiirant à la libre participation au pouvoir politique.8 Limongi et Przeworski, dans une étude empirique plusr écente, portant Rf la périoè 19451 988, 9 utiennent également cette thèg d 1 ien entre tî veloppement économique et tlmO cratie.9 Selon eux, sur cette périoè , la probabilité q 'une tî mocratie allait perdurer auElelà de troisan sè croisa nce négative était è 73%, tanit qe pour un régime autoritaire, elle eÈ uniqement è 33%. Non g ulement ar 1 e plan de~ tuè ~m pirique~ m ais également ar 1 e plan è ~ bgr vations è sac teu~ roces uK! e démocratisation, ce lien semble g confirmer. Notamment au KirghizÈ an et au Kazakhstan, è 9' éformes économiqes avaient entraîné une certaine ouverture politique. Et àns le cadre du lOlls ills 1;Ils è & ransitions à la tî mocratie, celle d'EIIIagne en 1976, cette thèg e È mig e n avant par un desa cteurs principaux, Ad lfo Suàrez, en juin è cette année devant le92 ortes: «Notre peuple q i au tî part [début régime Franco]g ulement è manli it d pain auy urèl hui è manè la liberté, la liberté [...] politique. »10 Nomn 'allons pas it cuter en profonè ur la variété de&>ranchest héorétiqes è ce moe le. Dans toute leur we rsité, lest héoriesd e la moè rnisation g re cou-

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8 C L ipst, Seymour M. : Some Social Reqis iteso f Demomc y: EconomicDe velopment and Politia I Legitimacy. American Political Science Review, (1959) Vol. 53, No. 1. 9 eL inz, Juan; Stepan, Alfred: Problems of Demomtic Transition and Con61lidation. Southern Europe, South Ameria , and Pot {i mmunist Europe, Baltimore 1996, n: ap.5. 10Problems of Demomtic Trani>tion and Consolidation. Southern Europe, South Ameria , and Post-tiln munit Europe, op. cit., 6.1ili p. 5. p. 23. 17

CH arrison,David: The SoiD logy of Modernisationand Development,Lonre~ 1988.

pent puisq'e lIes consie rent lesc hangements à régime comme la formalia-

tion à transformationssociale~ récéà ntes 11
2.1.2 Les théorie&' ace aux 'anomalieKl e l'histoire réelle' en Amérique latine Ausi; pertinente3:i ue puistmt paraître lest hègocl est héorieocl e la moà mia tion au'p urèl hui encore, elleso nt largement été discréditéesà partir à l'avènement à la troiÊ ème vague de démocratiati on. DécriéeStÎ terministe~ e urocentrit ese t évolutionniste~ elless e trouvaient infirméesp ar l'éclatement d ns lesa nnéesl 970 et 1980 à â mocratiatio ns d ns à sp ays qi ne remplisaie nt nullement les app osésp réreqis économiques: la Mauritanie, l'Albanie, la Mongolie, pour n'en nommer qe qel qes uns. Mais arto ut la vague à â mocratiati ons en Amérique latine dans lesa nnéesl 980 a donné lieu à une remise en caug critiqe à st héories à la moèrn isation. 6h treditesp ar ce q e J. Santiso appelle «en termesk uhniens [...]un e réponse aux 'anomalies as itées

par l'histoire réelle desdémocratisations I atino-américaine~>12, les théories
g mblaient falsifiéesp ar cette démocratia tion généralig e du monà qi avait commencée en 1974 et se prolongeait en Amérique latine pend nt la décennie perdue, la crise économiqe la plus dre q' a vait connu ce continent. 13AinÊ , l'Argentine q id ns leS! nnées 1930 avait figuré parmi le~ ays le~ lu~ r0l'l ères d m onà à vait entamer son proceas à â mocratiatio n en 1983, en pleine crig é conomiqe. En revanche, le Chili qui avait été avant 1973 une de gules â mocratiesd u continent, malgré E,) économie beaucoup moinsp ros n père à vait acc omber au régime de Pinochet dos un contexte à relative pros . 14 pente. Il serait faux fuf firmer qe le débat sur lesp réreqis à la démocratie et
/ /

entièrement clos au .p urèlhui: il s eÈ plutôt êpl acé vers la conE,)id tion, l
l'étape de l'int itutionnaliati on à la démocratie.15 Par ai11eur~ uS! lIons voir no

11

C De la transitionà la ons olidation. Une lemr e rétrospedv e desde momtiz ation studies

op. cit., p. 617. 12Santiso, Javier: La démomtie inert aine. La théorie deil oU:rationnels et la démomtis ation en Amériqe I atine, Revue française de sie nce politique, (1993) Vol. 43, No.6. p. 971. 13Différentsaute urs ont affirmésq u'aini; la décennie perde ar I e terrain économiqe é tait une ci cennie gagnée ar celui desl ibertéset inti itutions ci mocratiques CC ouffignal, €ô rges: A qoi firt voter en Amérique latine ?, in : 6h ffignal, 6 orges( Eà ): Réinventer la démomtie , le défi latino-améria in, Paris 1992, p. 44 ; La démomti e inert aine. La théorie desb oU: rationnels et la démomti 6lti on en Amériqe I atine, op. cit., p. 971, p. 975. 14C Problems of Demomti cTra nsition and Con61lidation. Southern Europe, South Ameria , and Post-tiln munit Europe, op. cit. 15 CH ermet, Guy: Lesd éenc hantements de la liberté, Paris 1993 ; Lipst, Seymour, Seong, KyoungR yung, Torre~J ohn C. : Une analyse comparative desp rérequis 61taux de la démomtie. Revue internationale t:i ss ciencess ociale~(1 993) Vol. 136, p. 181-205.; Mark~£ ry, Diamonçl Larry (Eds ) : Reexamining demomc y: e6lYs in the honour of Seymour Martin Lipfit, Londres1 992 ; La démomtie ine rtaine. La théorie deil oU:rationnels et la démomtis ation en Amérique latine, op. cit., p. 971, p. 975. 18

plust ard qe lest héorèmesl esp lusr écent~ f ace aux transitions en Europe de l'Et, d'une certaine manière marquent un retour vers le&: aUt~~ olitiques TIserait également faux ti it e q e les critiqes ti st héorieocl e la moti mia tion ne commencent q' a vec les a mocratiatio ns en Amérique latine. TI convient Glttirer l'attention sur un héritage théorique desd emocratization È ures largement méconnu ou ignoré par le~ olitologue~tu mn t le~ rocea~ a mocratisation: Political Orti rancE anging Societies( 1968) de S. Huntington.16at e critiqe ti st héorieocl e la moti misation lesp luocléterministesm et en avant le fait qe la t abilité et a fortiori la démocratie ne E> pas forcément nt ti ~f fets automatiqes ti la moèrn isation. Néanmoins, nousp ouvons it e q e globalement, les théorieocl e la moti mia tion E> pas éesau gC oncpl an avec le changement ti paraigm e q e Êgnint fiait l'avènement ti sti mocratization t ure s Les chercheurs étudiant lesp roceasti a mocratiatio n allaient se focaliser sur lesm oàlitésp olitiques d procea~ transition, plutôt que le~ réconil ions -{)u pour citer N. GJ ilhot et Ph. Schmitter, non pluss ur la fonction normative de la E> cialiati on, mais ar I a

fonction socialia nte deffi ormes 17
2.2 La transitologie microe rientée : acteurs et choix 2.2.1 Un changement ti paraigm e : l'importance de l'acteur Prophète d'un moe le davantage centré sur lesa cteurs et lesc hoix d ns la transition vers la démocratie, D. Rut ow était en 1970 le premier à conceptualig r la «démocati SIn on SIns préconditions »18.Nousl 'avons il, ce changement ti paraigm e devait avoir lieu d ns un contexte ti a mocratisations d ns ti sp ays les moinsvr aisemblables éS 'anomaliesd e l'histoire réelle' amenaient lesp enseurs ti la démocratia tion à g it tancier du care cognitif de la guerre froiti ; celleei consistait finalement à dire q e de~ ays en voie de développement ne sont pasp rêts pour la démocratie. Ce changement ot eni; ble ti perspective g ré am e trèsb ien par la thèg centrale ti «Transitions from Authoritarian Rule », l'oeuvre qui pas e pour fond trice ti sti mocratization stures 19.

« Il faut reconnaître l'ina termination ti ss ituations, de~ vènements et ti sch oix, la confuÊ on ti si ntérêts et dess ituations, la plat icité des

e De la transition op. cit., p. 623. 17e Ibid.,p.617.
16

à la ans olidation.

Une lemr e rétrospedv

e desde mocatiz

ation studies,

18e R ut ow, Dankwart : TranGtions to Democac y: Toward a DynamicMo del. 6!n parative

Politic~ (1970) No.2. 19 A. Hirschmann également était un desp remiers à pensr qu'il ne fallait pasv oir la construction t:i scl mocratiescom me prédéterminésp ar t:i sfa cteurséco nomiquesp récises e Hirsh mann, Albert O. : On democac y in Latin Ameria , The New àT k Review of Book~ (1 986) Vol. 33, No.6, p. 17;J1.

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iènt ité~ t le talent à si nilr ids, tome e~ lément~ta nt fréquemment tî cisifK! ans la détermination tk éBl tats. »20 6ln me un nombre à chercheurs à partir à san nées 1 970, mais Brt out 1980, g sau teurss 'inscrivent Ii ns une vague de généraliati on à ce type fun alyse, consiêrant le rôle desé litesc omme tî cisifsd ans le proceBS à tî mocratisation?! 6ln me le 9 uligne G. Sartori: « Fait éminemment significatif, (in cienss tructuralit eg:; omme O'Donnell et Schmitter g 9 nt ralliéss ur ce point aux conceptions (ib onU éveloppés par Linz. »22 Selon A. Hirschmann cet «exe ptionnalisme méthodologique », tî laisant less tructure~ a fin à g focaliser sur lesa cteurs et leurs choix g 'pt ifie par le constat de la transition comme Êtuation politiqe sous tî terminée.23 Lorsà la transition, l'abgnce à règlesc lairese t lesc onflitso pposant iff érents acteurs ar la nature desr èglesr enènt lesé volutions politiques extrêmement imprévii; bles €è i constitue la hypothèg centrale à la littérature Br lest ransitions, qi a cont amment souligné le degré élevé (i ncertituti 24 Au cours à ces «onj ont ures ri tiqes »25la nature et la direction d changement êpenœ n premier lieu à ss tratégiesp olitiques adoptéesp ar lesd ifférentsac teursi mpliqés Ii ns le proces us Plutôt qe les macroeau g set conditions, le niveau micro, opérationnel est il tî terminant pour la réus ite du proceBS : les choix et stratégiesp olitiques étaient pour la première foisvu esc omme tî terminants pour 'fabriqer '- au sen~ reS!ue artisanal d terme -1a démocratie. Les à mocratization stuil esd éfinisgnt une périoŒ ation précise du changement politique, en trois phagss ucces ives: l'effondrement d régime autoritaire, Bivi p ar l'émergence aIm nouveau orre politique à travers! 'élaboration à nouvelle~ èglesp olitique~ pu is a stabilisation à travers! 'intérioria tion à s il e~ ègles 26Les à rnière~ hagg:; ont ituent leK! eux proceSBS examinésp ar
20Trani>tionfro m Authoritarian Rule: Tentative {!h lui> ons about Unert ain Democae ies, op. cit., p. 18. 21C La démocatie inert aine. La théorie desb oU:rationnels et la démocatis ation en Amériqe latine, op.cit, p. 974. 22 Sartori, i:3 vanni: Repenser la démocatie : mauvais régimeset mauvaisesp olitiqes , dans: Revue Internationale ci sSci encesSoc iale~ (1991) No 129. ffé Elns La démocatie inert aine. La théorie deil oix rationnels et la démocatis ation en Amériqe latine, op.cit, p. 974. 23 C Dobry, Michel: Lesv oiesi nert ainesde la transitologie : b oU: 1;ratégique:; fiqe nes historiqe:; bifura tions et proeM sde path dependene, Revue française de sie nce politiqe, Année 2000, Vol. 50, No.4.; O'Donnell, fil llermo: Debating the Transition Paradigm, in: Partial Defense of an Evanefi nt, Paradigm', Journal of Democracy, Année 2002, Vol. 13, No. 3. 24 C De la transition à la ans olidation. Une lemr e rétrospedv e desde mocatiz ation studies op.cit, p. 618; Transitions from the Authoritarian Rule: Tentative {!he lui>onsab out Unert ain Democae ie,. op. cit. 25 CC ollier, Ruth B., 6: llier, David: Shaping the Politia I Arena: fi tia I Junmre :;the Labor Movement, and Regime DynamiM n Latin Ameria , Princeton 1991. 26 C Huntington, Samuel: The Third Wave: Democatiz ation in the 20th €ht ury, Norman 1991. 20

lesd emocratization t uœ s la 'transition' et la 'consolid tion', la è rnière commençant avec lesp remièreséle ctions pot aut oritaire;; celles qe CO 'Donnell et Ph. Schmitter ont appelées 'fond tionnelles .27 Au g in è sè mocratization t uœ ;; N. G uilhot et Ph. Schmitter it tinguent dux E> it cipline;; E> us us tendues par è sfo nàti onsép istémologiques fort if férente;;« indépendantes bien qe OJlidaires »28, chacune g f ocaliant Hf l'un desd eux procesas : la 'transitologie' et la 'consolidl ogie,.29 Si cesb ags théorétiqes font unanimité, cela n'et pas forcément vrai pour tousl esa utresp ostulatsè StlmO cratization t uœ s Nousall onsàns ce qi Rit faire un bref tour d'horizon è sm écanismes et élémentsêmo cratiques les plusi mportant;; vo ire les plusd iscuté;; à avo ir, l'influence è si nstitutions, de la reprégnt ation, de la culture politique et è ~li tes Une première thèg , émanation logique de l'importance accon! e aux acteurs et à leuroch oix est que l'ingénierie int itutionnelle, au sens! arge, compte. Dans un contexte limité, è sn ouvelle;; 'b onnes règlesi nstitutionnelless ont élaborées par une élite ret reinte, avant at tre intériorige sp ar un eng mble d'acteurs politiques plusv at e. L'importance de la 6h t itution comme pacte fondateur, ainÊ qe la néces aire cont ruction Ohn Etat è ID it à traversun e réforme juit iaire figurent parmi ces bag si nit pensables Il va è même avec un cadre politique è liberté, notamment è sm édiasl ibreset la liberté d'expreÊ on. Allant plus loin d ns la recherche d'outils précis et approprié;; un nombre è chercheurs, notamment J. Linz, g E> attachésà la comparaison è régimesr eprég ntatifs ; nt leur conclusion étant généralement qe d ns un contexte politique encore int able, le régime parlementaire, plusa pte à la get ion è crig;; e t préférable au régime préÊ è ntiel. 30 €la ne veut pourtant pas it e q e la qes tion ~lect ions et è la reprég ntation fait unanimité. Le scrutin proportionnel, impliquant un régime q i penche vers la démocratie de consociation31 confère au 1 t ème politiqe une reprégn tativité accrue, certes Et une incluÊ on Ohn grancho mbre desd ifférentsgr oupes politique;; e thniqes ou sociaux parait prometteur Ohne apaison è st enC Trani>tions from Authoritarian Rule: Tentative lihc lui> about Unert ain Democac ies, ons op. cit. 28 C De la transition à la ans olidation. Une lemr e rétrospedv e desde mocatiz ation studies Revue française de œ ne politique, op.cit., p. 615. 29 CS chmitter, Philippe C. : Transitology and ti nsolidology: Proto$i:e nes of Democatiz ation ? Paper for Publication by the Latin American Program for Woodrow Wilson, International €lit er 1994. 30eL inz, Juan J., Valenzuela, Arturo (Ea ): The Failure of Preis dential Democac y. 6In parative Perspective~ (1 994) No.1; Linz, Juan J : The Perils of Preis dentialism, in: Diamonç! Larry, Platter, Marc (Ea .) : [jJ bal Resurgene of Democac y, Baltimore 1993; Linz, Juan J.: The Vertuso f Parliamentarim, in : [jJ bal Resurgene of Democac y, op. cit.; Sartori, 1.0 vanni: tUn parative Constitutional Engineering. An Inquiry into Strumr e$In ent ivesa nd Outom es, New àT k 1994. 31eL ijJ hart, Arend Democac y in Plural Soi:eti es: A tUn parative Exploration, New Haven 1977.
27

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i; ons Mais cette fonne de reprég ntation eÉ aus i connue pour ces process;!

â cision plus lourd. De src roît, elle porte le riS! ue d'une prolifération è s petits partis, desfr ontières ethnique~ aini; bloqan t le 1 Éème jl S!u'à l'immobilisation.32 Un autre aliiect d proces u~ 1 e rôle qe peut'p uer la 9 ciété civile et l'es prit â mocratiqe également vacille entre importance et négligence. lntuiti vement, il g mblerait qe l'alll iration è la population aIm régime autoritaire à une 9 ciété civile, libre, participante au processs politique a une forte capacité è mobilisation. Aini; , desc hercheurs tel que J. Linz et A. Stepan pensent le 1É em blame comme â cisif dans l'initiation è la transition.33 En effet, cette forme è conteÉ ation d régime autoritaire a été à l'origine desd émocratia tions au Bréi; 1,en Pologne, en Tchécoslovaq ie. étt e vii; on pourtant eÉ as ez proche dest héoriesd e la moè rnisation. Elle n'eÉ pas forcément privilégiée par lesp enseurs è ~ mocratization É uœ sq ui en général conceptualignt l'inÉ itutionnaliatio n tl un régime démocratique inâ pendamment è 9 n émergence. Des gran~ héoriciensè la consolidti on comme L. Whitehead ou D. RUÉow tendent dnc à penser celleei moinsen termesd e culture politique, qe tlab' milation34 ou d'habituation35 è la population à â mocratie ; ce process Cic ceptation è la nature de la â mocratie, le ralliement à l'elll rit â mocratique a été qualifié comme l'institutionnaliatio n è l'incertituè 36. Selon S. Valenzuela, ce process peut s autorenforcer Ii ns un cycle d'institutionnaliati on vertueux37, une conception en phag a vec le fait obg rvé par CD ffe q e « non g ulement lesh ommes font lesi nstitutions, mais lesi nstitutionsfo nt lesh ommes »38.Suivant ce concept, A. Him hmann, mais également N. Lechner, penseur et acteur è la démocratia tion argentine, ont tiré l'attention sr c e q i conÉ itue g Ion eux la iff iculté imminente aux proces
CD iamonç! Lany: Le", ns from Iraq BuildingDemocac y after 0 nflit . Journal of Democracy, (2005) Vol. 16, No.1. 33 C Problems of Democatic TranGtion and Con", lidation. Southern Europe, South Ameria , and Post-tUn munit Europe, op. cit. 34C Whitehead, Laurence: ti'ns olidation of Fragile Democac ies: a DisUG on with Illut rations, in: Pastor, Robert A. (it .): Democac y in the Ameria s Sto pping the Pendulum, New àT k 1989, p. 79. 35 CRut ow, Dankwart : TranGtions to Democac y: Toward a DynamicMo del. 6!n parative Politic~ (1970) No.2, p. 358;J61. 36C P rzeworski, Ad m: Ama a inert eza e Gras democatic 0, Sao Paulo 1984. L'ici e s insrit d ns un care plus! arge ci réflexion sur la nature de la démocratie: «L'es ence ci la démocratie réi; ci d ns le ru normal ci la dissns ion et de la conciliation sur ci sp roblème~ ui changent, ce qi légitime desr egroupementseux ill êmese n changement permanent.» ; TranG tions to Democac y: Toward a Dynamidvlo deI. op. cit., p. 363. 37 CV alenzuela, Samuel J. : Democatic ti'ns olidation in Post-TranG tional Settings: Notion, Proe$ and Facilitating {i; nditions, in: Mainwaring, Scott, O'Donnell, fil llermo, Valenzuela, Arturo (Ea ): Ilile si n Democatic ti'ns olidation. The New South Ameria n Democac iesi n tUn parative Perp edve ,Notre Dame 1992, pp. 57-104. 38CO ffe, làus : Erkundungen der politisb en Transformation im Neuen Ot en, Frankfurt 1994, p.6. 22
32

as à tî mocratiatio n en Amérique Latine, à a voir la grande demanà à certituà sp ar lesp opulations.39 La quet ion à a voir si la culture démocratiqe
.p

ue forcément initialement un rôle prépontî rant n'a pasà réponse facile. En

effet, en Europe de l'Et, ainÊ q'e n Europe, pendant la première vague de démocratisation, lesé litesc ont misaient la démocratie a ns conviction, mais tout Êmplement comme option meilleure face à l'alternative autoritaire, comme option qui permettait à garà r la main ar à sr ee urceséc onomique~ q i comportait à sga rantieKl ' intérêt ou autres 40 Le rôle desé litess era notre point (i ntérêt aiv ant. Nous! 'avons il, lesd emocratization t uœ séta nt centrés ar lesa cteurs, leur rôle eÈ pensé comme tî terminant. € la et vrai art out pour lest ransitions négociée~ tell e q e celle (Es pagne, la « reforma pactada, mptura pactada » ou également cellesd u BréÊI et à l'Hongrie. Selon G. Di Palma, la habilité desd écideurs, dont le choix rationnel et tî cisif pour la réus ite de la transition vers la démocratie: l'ide et celle du contrôle du proceas 41 Dansun contexte à Êmultanéité deKl éfis, lesé litesd oivent notamment faire face au tif i d 'timing',42 ce qe A. HiŒh mann a appelé 'l'effet tunnel', c'et àà ire la Êmultanéité desd éfis, de laquelle naît le bee in à 'seqe ncing', d'une tî marche a cces ive. Pourtant, il a été obgr vé que la consolidti on à la démocratie naisa nte ne va pass ans qe le mo61e d émocratiqe prouve e n succèsàns le court à moyen terme. Avant tout, la reprise économique s'et e uvent révélée comme élément tî terminant pour une tî mocratiati on t able sur le long terme. Non g ulement en raison à cette obgr vation, la théorie de&: hoix rationnels a maintesf oi~té tî noncée comme illui; on héroïque.43 6ln me le rappelle J. Linz, les approcheKl u rational choice ne sont souvent qe à ~ nterprétations réductrice~ en aval des inventions' :

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CH irsh mann, AlbertO. : On demomc y in LatinAmeria . The New àT k Review of Books,

(1986) Vol. 33, No.6; Lechner, Norberto: Los patios interioresde la demomc ia, Santiago ci lJ1le 1988. 40 C B ermeo, Nancy: Demomc y and the le", ns of ditrlto rhip . 6In parative Politic~ (1992) p. 275; 61n er, Ernst: La", tété wile dans une perp edve historiqe. Revue internationale des sien cess ociale~ (1 991) No. 129, p. 530; Problems of Demomtic Transition and tihs olidation. Southern Europe, South Ameria , and Post-tiln munit Europe, op. cit., Whitehead, Laurence: The alternative to liberal demomc y: a Latin Ameria n perp edve . Political Sture ~ (1 992) Vol. 40, p. 146-159. 41 "La démomtis ation et eRn tiellement une affaire d'habilité politique. » Di Palma, Ills ppe: To r: aft demomc y: an es ay on demomtic transitions, Berkeley 1990, p. 8. ; C P riH am, €bf frey: Securing demomc y : politia I partiesa nd demomti cc onsolidation, in: Southern Europe. Louresl 990. 42 CO ffe, làus : Vers le capitalime pa r on t rud on démomti qe? La théorie de la démomtie et la triple transition en Europe de l'Et. Revue française de sie nce politique, (1992) Vol. 42, No.6. 43Dobry, Michel: SoiD logie dexi Rf{J olitiqes, Paris 1992, p. 79s.
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«

La transition espagnole a été une innovation; aujourd'hui Josep Co-

lomer peut la recont ruire comme moe le du rational choice et tout g mble Ê mple, élégant, logique, oui, mais il fallait premièrement l'inventer. »44

La vision opposée et celle de la rationalité limité45, q i accorè une plus granè place à l'incertituè, à« l'imprédictibilité, l'acciè ntel desd écisions cruciales prisesd ans la précipitation, ans information adéqa te »46, à la posÊ bilité de construire la tî mocratie par, mais malgré le~li tes47,aux effets pervers et « blesi; ngs in it guise »48et «unintenè d; ong qen ce~> 49. Réorienter le paradigme vers une théorie dans laq elle l'inattend et le pos Êble 9 nt aus i importantsq ue l'habituel, it e q e l'interaction è ss tratégies peut aboutir à è sr éal tats qi ne correl'l onènt aux préférences initiales è personne, ne remet pourtant pas en caug le postulat à la bag d esd emocratization stuil es: ce 9 nt tou'p urs lesac teurset leurss tratégiesq ui définisgnt l'es pace qal itatif fond mental à l'intérieur dq ellesd émocratisationss e déroulent. Lesch ercheurs prônant cette thèg, s insriven t d nc d'avantage dans une perspective probabiliste q e déterministe. 50 2.2.2 Une innovation conceptuelle face aux 'triples transitions en Europe: la tî pendance d sentier La vague de transitions vers la démocratie q i allait avoir lieu en Europe centrale et de l'et ait e à la chute d régime 9 viétiqe n'allait pasê tre a ns

répercusÊons ar lesd emocratization È uœ s Une nouvelle obg rvation allait
s imposer: lesp roces usd e transition sont influencésp ar le pas é.51L'influence è sch oix antérieurs, pensé à traversl a métaphore de la tî pendance d sentier ('path è pendence') et censée expliquer lesé checs ou lesr éus itesd est ransi44 Linz, Juan J. : Sobre Ep ana y la demomc ia. Converfil to n berlinefil on Ignacio Sotelo. lave sde razon practia , 16 olD bre 1991, p. 53. Linz s r Mère à 61 orner, Josp: El arte de la manipulacion politia ,Barcelona 1990. 45 Surtout O'Donnell et Przwework i mettent l'accent sur ci si nteractions j; ratégiquese tles problème~ perception ci la réalité. 46 Trani> tions from Authoritarian Rule: Tentative lihc lui> ans about Unert ain Demomc ies, op. cit., p. 5. 47 CH ermet, Guy: Aux frontières de la démomtie , Paris 1983; Trani> tions ta Demomc y: Toward a Dynamidvlo del, op. cit., p. 358;J 61. 48 Le~ onséqen cesi nattendes & nt ci sacti ans paraiant comme inhibant le changement, mais qi s'avèrent favorable~ c f. Hirschmann, Albert: A pai> on for the posi> ble, in : Hirsh mann, Albert (Ea ): Rival view.IV f Market Soietie s, Iiln brig e 1992. 49 Le~ énédictions ci guiséess ont ci ~on iti ans paraiant comme inhibant le changement, mais qi s'avèrent favorable~ c f. Ibid. 50 C La démomtie inert aine. La théorie desb oU: rationnels et la démomtis ation en Amériqe I atine, op. cit., p. 975. 51 C Lesv oiesi nert ainesde la transitologie : b oix Ii ratégique:; s éqen esh istoriqe:; bifura tions et proeM fl.le path dependene, op. it..

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tions, l'hypothèg d e départ étant qe è légères iffé rencese t è sch oix mineur~ d ont la pertinence échappe 9 uvent aux intéresg sit ects, 9 nt as eptibles è prodi re dese ffets ma.f urs et d'orienter durablement un syt ème dans è ffi: ections iffé rentes 52 Maisau s i, la continuité de l'héritage concernant less tructures è ss ociétés S est révélé d'une longévité qi g prolonge bien auElelà desr eformes d type int itutionnel et politique. Les t ructures hiérarchique~ lesr éga ux 9 ciaux informels, les moe leK! e pouvoir n'en sont qe qel qes exemples 53 Evidemment, les voiesd ' extrication g sont avéréesco mme coni! tionnées par leur point è tî part. 54J. Linz et A. Stepan formalignt la transition comme tî pendante de 9 n point è tî part ;55Elle g rait plusf acile à partir è régime autoritaire q e totalitaire, ou plu~ récisément q'e lIe g rait le plusfa cile le plus q'e xistent t ructures tî mocratiqes d ns cincpr ènes q'i Is tî tectent: la 9 ciété civile, la 9 ciété économique, la 9 ciété politique, l'Etat è Droit, ainÊ qe l'existence d'une bureaucratie 9 umig a u pouvoir politique. Selon eux le «locus c1as icus » d'une transition facilitée par less tructure~ réexistante~ t celui è l'El'I agne où manq ait uniqem ent un pouvoir politique légitime. Au Haïti tout au contraire aucune bag d émocratiqe existe, tout ret e à construire afin fur river à un syt ème démocratique stable. Une autre préeo nit ion évoqé e par J. Linz et A. Stepan est celle de l'existence d'un Etatn ation b~ R rIa 9 lid rité ou homogénéité culturelle, ethnique, linguistiqe, religieug, Rr è sfro ntièress table~ et le g ntiment fup partenance.56 €I élément, q i avait posé relativement peu è problème penànt leg: ransitions en Amérique Latine et Europe d S uçl s est révélé Êne qua non e sI ' obgr vation è st ransitions en Europe centrale et è l'et. €I approche a certainement le charme de pouvoir expliquer les particularités! ocaleK! ans leK! ifférents proceSRS è tî mocratisation - la Hongrie, la Pologne, la RDA, n'ont-elles pas pris è sch emins iff érents, malgré leur transition sous un même contexte, dans la même périoè, d ns une même zone géographique, voire culturelle?
52Lesv oiesi nert ainesde la transitologie : b oU:t ratégiques fiqe nes historiqes bifurations et proeM fde path dependene, op.cit. p. 972 ; Karl, Terry Lynn: Dilemma:v f Democatization in Latin Ameria ,6In parative Politics, 23 (1), octobre 1990, p. 1-21. 53 C Lesv oiesi nerf ainesde la transitologie : b oix t ratégiques s éqen esh istoriqes bifura tions et proeM fde path dependene, op. it ., O'Donnell, 6111 ermo: Transitions, continuités et paradoxe~ in: Mainwaring, Scott, O'Donnell, 6111 ermo et Valenzuela, Arturo (Ea ): IMe s in Democatic ti'ns olidation. The New South Ameria n Democac iesi n ti mparative Perp ee tive. Notre Dame 1992. p. 31s. ; Santiso, Javier: A la reb erb e dest emporalités de la démocati6ltio n, Revue française de sie nee politique, Année 1994, Vol. 44, No.6. 54 C Lesv oiesi nerf ainesde la transitologie : b oix t ratégiques s éqen esh istoriqes bifura tions et proeM fde path dependene, op. it.. 55 C Problems of Democatic TranGtion and Cone lidation. Southern Europe, South Ameria , and Post-tUn munit Europe, op. cit., na pitre 4. 56C Ibid., na pitre 5. 25

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