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Des " Terroristes " auvergnats qui savaient se battre et mourir

De
146 pages
" Terroristes " disaient les Allemands en parlant de ceux de nos compatriotes qui, au sein de nombreuses organisations clandestines, luttaient sous des formes diverses contre l'occupation de la France par les armées du IIIème Reich, entre 1940 et 1945. Les Français, eux, les appelaient des résistants. Ils étaient l'un et l'autre. Terroristes puisqu'ils commettaient des actes de violence à l'encontre des occupants. Résistants puisqu'ils s'opposaient à leur présence sur le sol national. Ce sont les exploits et les sacrifices de quelques-uns d'entre eux et d'entre elles, que raconte ce livre.
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Des "terroristes" auvergnats qui savaient se battre et mourir

L'Harmattan, 1998 @ ISBN: 2-7384-6670-2

JEAN SANITAS

Des "terroristes"

auvergnats

qui savaient se battre et mourir
Préface Edmond Leclanché

L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Du même auteur
Romans (Aux Editeurs Français réunis) Aimez-vous Wagner? Deux roses blanches pour un noir Un jour et une nuit Coup de toit Essai (Aux Editions sociales) La liberté a la parole (Aux Editions Valmont) Barbusse, la passion d'une vie Enquêtes (Aux Editions APN) Des hommes du ciel (Aux Editions Robert Laffont) Le Birobidjan: une terre juive en Union soviétique (avec le Dr Braun) (Aux Editions L'Harmattan et du Pavillon) Le sang et le sida Pour que demain soit plus humain Récits historiques (Aux Editions L'Harmattan) Les tribulations d'un résistant auvergnat ordinaire Bandes dessinées (Aux Editions Dargaud) Octobre La bataille de la Neretva Les Pâques sanglantes Le sel et le coton (Gandhi)

Le Maraudeur (Aux Editions VMS) La nuit des Castors (Fan fan la Tulipe) (Aux Editions Hachette) (Télé série) Au nom de la loi Les mystères de l'Ouest Destination danger (Aux Editions Aventures et voyages) Sunny Sun (Aux Editions Jeunes Années) Simon Bolivar Garibaldi Raspail, le soldat de la République (Récits imagés dans la presse quotidienne) Les orgues du diable (La révolte des Jacques) Tchapaïev Vercingétorix, le guerrier à l'alouette Mort à Wounded Knee: les dernières guerres indiennes Disque: (Au Chant du Monde) Le Tour du monde en 80 minutes A Paraître Les Cents contes du perroquet bleu Dires (poèmes) Bandes dessinées: L'Ecarlate (le cousin de François Villon) Le Français (un "privé" à Los Angelès) Pilos le Pilifère (humour) Nouvelles La grande

colère de Big Beef Bill taureau

auvergnat

SOMMAIRE

Préface Avertissement Historique rapide de la résistance...................................... Trois coquins sous un pont............................................... L'attaque de l'Hôtel du midi............................................ Une bombe au paradis...................................................... Le pilote et le prince......................................................... Un auvergnat tombé du cieL............................................. Buron Iivré ....................................................................... Le milliard de la Banque de France................................... Le maquis encerclé........................................................... La mort de Marinette........................................................ Le coup de grâce.............................................................. Opération Jéricho............................................................. Un costume couleur de billard..........................................

. .
Il

9 13 21 30 39 46 58 69 78 85 101 110 121 140

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PRÉFACE

Préfacer un livre sur la résistance en Auvergne! Une lourde tâche pour laquelle je ne suis pas entraîné. Saurai-je l'assumer? Ainsi prévenu, vous ne manquerez pas, j'en suis sûr, de m'accorder de larges circonstances atténuantes. Oui, il est vrai, il y a tant à dire sur ce sujet, tant de choses qui vont de la lâcheté et la bassesse de certains à l'héroïsme des autres. Aura-t-on jamais le temps de tout dire? Aura-t-on longtemps encore assez de lucidité pour ne pas risquer de dire, même de bonne foi, les choses autrement que de la façon où elles se sont passées. l'ai quatre fois vingt ans et je n'aurais jamais cru arriver à cet âge, en ce jour du 1er mars 44 à Volvic, où j'ai obtenu un sursis de 54 ansl. Ça n'était pas mon jour. Tous ceux qui ont vécu cette époque sont pointilleux quant à la rigueur des récits de leurs actions. Il faut savoir que les résistants étaient tous des volontaires et, qu'en tant que tels, ils ont le respect de la vérité à tout prix. Loin des intrigues, loin des critiques et des polémiques, en parfaite communion avec leurs martyrs, ils doivent, aussi souvent qu'ils le peuvent, témoigner de ce que furent leur combat, leurs souffrances, leurs joies, les drames qu'ils ont vécus. Mes 18 mois de clandestinité, ma tête mise à prix, ma photo et le dossier l'accompagnant diffusés dans tous les commissariats, gendarmeries, sièges de la Milice et de la Gestapo, firent de moi un être farouche et déterminé que jusque là je ne connaissais pas. L'arrestation de mon frère Camille2, son
1. Arrêté avec d'autres résistants, Edmond Leclanché a réussi ce jour-là à fausser compagnie aux Allemands sous un feu nourri d'armes automatiques. 2. Buron, dans la résistance, chef des saboteurs de la R6. 9

calvaire, les tortures qu'il a subies avant d'être assassiné, celles de ma sœur Simone déportée dans les bagnes nazis et morte 16 mois après son retour dans un stupide accident, le calvaire de ma mère après ces deux disparitions, tous ces faits ne pouvaient faire autrement que me rapprocher de ce Jean Sanitas (il était un résistant de 16 ans pendant l'occupation) dont le destin familial avait quelques similitudes avec le mien: son père et son frère morts en déportation; Jeanne Sanitas et Jeanne Leclanché, deux mères au sort presque identique, deux mères courage qui, après la tourmente, habitant le même quartier, se rencontraient souvent et qui n'avaient, hélas, que des malheurs à raconter, militant chacune dans leur association respective, ne manquant aucune cérémonie, aucune commémoration, toujours au service de la bonne cause. Elles qui ne pouvaient ni ne souhaitaient oublier. Comme nous pensons à vous qui avez consacré une partie de votre vie au souvenir de nos martyrs plantant les premiers jalons de ce que l'on appelle de nos jours "le devoir de mémoire". Eut-il été pensable que nous ne suivions pas votre exemple? Bien sûr, Jean, que tu es d'accord. Jean Sanitas a déjà écrit la résistance. Périodiquement il récidive et je l'en félicite en espérant que ma modeste contribution ait pu parfois l'aider et en souhaitant à ce dernier ouvrage tout le succès que, je le crois, il mérite.
Edmond Leclanché Ancien des Mouvements Unis de la Résistance. Président du Comité d'Union de la Résistance d'Auvergne. Chevalier de la Légion d'Honneur. Médaille de la Résistance. Croix de guerre.

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AVERTISSEMENT

Ce livre n'est pas une œuvre d'historien. Il est celle d'un journaliste et d'un écrivain qui a voulu témoigner sur une époque qu'il a vécue, dont il a été un des protagonistes, avec le souci, en relatant des faits dans le respect de ce qu'ils furent, de recréer sur la base de son expérience le climat d'alors, de réinventer avec les mots de la littérature les façons de penser et de réagir des Français dans la globalité de l'époque en question ou à l'occasion des situations, des événements quotidiens ou exceptionnels, banaux ou dramatiques auxquels ils ont été confrontés, en fonction de ce qu'ils étaient, complices de l'un ou l'autre camp, engagés ou passifs. En la réinventant, l'auteur a voulu rendre la vérité plus sensible au lecteur, plus perceptible, plus percutante. Ainsi, ce livre est à la fois un document et un roman vrai. Il a aussi pour but de faire revivre quelques actions de la Résistance auvergnate significatives de ce qu'elle fut et du comportement de chacun de ses membres ou de ses ennemis dans tel ou tel épisode de son histoire, de relater aussi, au plus près de la réalité, la façon dont certains de nos compatriotes surent mourir.

Il

HISTORIQUE

RAPIDE DE LA RÉSISTANCE

Pendant plusieurs années, la résistance en Auvergne, comme partout ailleurs, était le fait d'une multitude d'organisations plus ou moins importantes qui menaient leurs actions indépendamment les unes des autres. Ce fut d'abord l'émission de journaux et de tracts dénonçant l'occupation de la France par les Allemands et appelant les Français à s'y opposer par tous les moyens. Ce fut, ensuite, la lutte armée, guérilla dans les villes, maquis dans les montagnes et les campagnes, qui alla en s'intensifiant au fil des jours en même temps que se multipliaient les attentats et les sabotages. Parmi ces organisations citons: Alliance, les Ardents, l'Armée secrète (AS.), les Bataillons de la jeunesse, Combat, les Francs-Tireurs et Partisans Français (F.T.P.F.), bras armé du Front National, Résistance-Fer, Franc-Tireur (F.T.), Honneur et Patrie, Défense de la France, Libération-Sud, Libération-Nord, Organisation de Résistance de l'Armée (O.R.A), Résistance, Revanche, Les Truands. Il y avait aussi le Premier Corps Franc d'Auvergne. Certaines de ces organisations opéraient soit en zone Nord, soit en zone Sud, soit, pour quelques-unes d'entre elles, sur les deux zones. A celle de ces organisations s'ajoutaient l'action des services secrets français, le Bureau central de renseignements et d'action (B.C.R.A), siégeant à Londres, et la Direction générale d'Etudes et de Renseignements (D.G.E.R.), établie à Alger. Plus tard, un organisme unique les remplaça: la Direction générale des Services spéciaux (D.G.S.S.). S'ajoutaient aussi les actions menées par les servlCes spéciaux anglais et américains, comme le S.O.E. (Special 13

operations executive) ou 1'0.5.5. : renseignements, opérations de commandos, aide en matériel, en armes et en munitions, aux organisations de la résistance. Au début de 1943, naissance d'un Comité de coordination des organisations de résistance opérant en zone nord. Quelques organisations, le Premier corps franc d'Auvergne, Alliance, les Ardents, l'Armée secrète, Combat, Franc-Tireur, Libération, Revanche, les Truands, se rassemblèrent ensuite au sein des Mouvements Unis de la Résistance (M.U.R.). Les Francs-Tireurs et Partisans Français et l'Organisation de Résistance de l'Armée restèrent indépendants. A peu près à la même époque, constitution, en zone sud, du Service national maquis destiné à coordonner, autant que faire ce pouvait, l'activité des maquis de plus en plus nombreux dans la zone en question. Un service similaire sera, également, créé en zone Nord. Création, au printemps de 1943, à l'initiative du Comité Français de Libération Nationale, que préside le général de Gaulle installé à Alger, du Conseil National de la Résistance (C.N.R.), avec, pour but, l'unification de la Résistance au sein des Forces Françaises de l'Intérieur (F.F.I.) et l'élaboration d'un programme social avancé devant entrer en application après la libération de la France. En étaient membres les représentants des organisations de résistance, les représentants des partis politiques, de la C.G.T. et de la C.F.T.C. Le C.N.R. se dote d'un organisme chargé des questions militaires: le Comité d'action militaire (COMAC). Il y eut alors un responsable militaire pour l'ensemble de la France, un pour la zone sud et un pour la zone nord, ces deux zones représentant chacune à peu près la moitié de l'hexagone. Les zones sud et nord sont divisées en régions, l'Auvergne devenant la R6. Les Forces Françaises de l'Intérieur voient le jour début 1944. Le Service national maquis y adhère. Le général MariePierre Kœnig en prend le commandement.

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