Deux chroniques syriaques

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Ces deux chroniques syriaques anciennes nous invitent à un passionnant voyage vers nos origines orientales. Elles relatent les débuts du christianisme en Haute Mésopotamie, en Osrhoène et Adiabène, avec leurs capitales Édesse et Arbèles (Erbil). Elles évoquent les premiers rois et les premiers évêques de ces deux provinces voisines, nous révèlent les grands évènements politiques, militaires et religieux des premiers siècles de notre ère, dans l'empire romain et l'empire parthe puis perse sassanide.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336394107
Nombre de pages : 202
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La floraison des philosophes syriaques Les figures illustres de la Mésopotamie
Ephrem-Isa YOUSIF
DEUX CHRONIQUES SYRIAQUES
Chroniquesd’Édesseet dArbèles(Erbil)
PEUPLESETCULTURES DE L’ORIENT
Deux chroniques syriaques Chroniques d’Édesse et d’Arbèles (Erbil)
Peuples et cultures de l’Orient Collection dirigée par Ephrem-Isa Yousif Il y a au Proche-Orient des peuples, porteurs d’un riche patrimoine culturel, qui ont joué un rôle important dans l’histoire de la civilisation : les Arméniens, les Assyro-Chaldéens, les Coptes, les Géorgiens, les Maronites, les Melchites et les Syriaques occidentaux. Hélas, aujourd’hui, ils sont peu connus en Occident. Les Éditions L’Harmattan ouvrent encore plus largement leurs portes à tous ces peuples, communautés, pour que leur patrimoine soit valorisé. Déjà parus Anna TOSCANO,Michel Romanoff de Russie. Un destin français, 2014. Ephrem-Isa YOUSIF,Les chrétiens de Mésopotamie. Histoire glorieuse et futur incertain, 2014. Ohvanesse G. EKINDJIAN,Edesse, Joyau chrétien aux confins arméno-syriens, 2013. Radwan ATASSI,Sagesse syrienne. Histoire de la Syrie à travers la biographie de Hachem Atassi (1873-1960), 2013. Paul ROQUES,L’aventure des Nestoriens, 2013. Franck MARTIN,Cultures orientales de la ruse. Hébreux, Grecs et Arabes,2013. Ephrem-Isa YOUSIF,Les figures illustres de la Mésopotamie, 2012.Ephrem-Isa YOUSIF,Saladin et l’épopée des Ayyoubides. Chroniques syriaques,2010. Saywan BARZANI,Le Kurdistan d’Irak, 2009.
Ephrem-Isa Yousif Deux chroniques syriaques
Chroniques d’Édesse et d’Arbèles (Erbil)
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DU MÊME AUTEUR
Livres parus
Parfums d’enfance à Sanate. Un village chrétien au Kurdistan irakien, L’Harmattan, 1993. Mésopotamie, paradis des jours anciens, L’Harmattan, 1996. Les Philosophes et Traducteurs syriaques. D’Athènes à Bagdad, L’Harmattan, 1997. L’Épopée du Tigre et de l’Euphrate, L’Harmattan, 1999. Les Chroniqueurs syriaques, L’Harmattan, 2002. La Floraison des philosophes syriaques, L’Harmattan, 2003. Une Chronique mésopotamienne, L’Harmattan, 2004. Les Syriaques racontent les Croisades, L’Harmattan, 2006. La vision de l’homme chez deux philosophes syriaques, L’Harmattan, 2007. Les villes étoiles de la haute Mésopotamie, L’Harmattan, 2009. Saladin et l’épopée des Ayyoubides, Chroniques syriaques, L’Harmattan, 2010. Les figures illustres de la Mésopotamie, L’Harmattan, 2012. Les chrétiens de Mésopotamie, l’Harmattan, 2015. Livres traduits
Traductions en arabe
L’Épopée du Tigre et de l’Euphrate, traduit en arabe par Ali Nagib IBRAHIM, Dar Al Hiwar Syrie. Une Chronique mésopotamienne, traduite en arabe par Ali Nagib IBRAHIM, Dar al-Mashriq, Duhok, Iraq, 2009. Les Philosophes et Traducteurs syriaques, traduit par Chimoun KOSSA, éd. Al-Mada, Damas, 2010. Les Syriaques racontent les croisades, traduit par Fakhri al-ABASSI, éd. al-Talia, Beyrouth, 2010. Traductions en turc
Mésopotamie, paradis des jours anciens, traduit en turc par Mustafa ASLAN, Avesta, Istanbul, 2004. L’Épopée du Tigre et de l’Euphrate, traduit en turc par Heval BUCAK, Avesta, Istanbul, 2005. La Floraison des philosophes syriaques, traduit en turc par Mustafa ASLAN, DOZ, Istanbul, 2007. Les Chroniqueurs syriaques, traduit en turc par Mustafa ASLAN, DOZ, Istanbul, 2009. Les villes étoiles de la haute Mésopotamie, traduit en turc par Nihat NUYAN, Avesta, Istanbul, 2011. Traduction en syriaque moderne
L’épopée du Tigre et de l’Euphrate, traduit par Malko KHOSHABA, Erbil (Irak), 2011. © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07348-4 EAN : 9782343073484
Deux chroniques syriaques Chroniques d’Édesse et d’Arbèles Introduction Les Syriaques comprirent et réalisèrent assez tôt leur différence. Ils habitaient la Mésopotamie, ils avaient leurs mœurs, leurs coutumes, leurs modes de penser, leur culture, leur langue. Le syriaque était un dialecte de l’araméen, langue sémitique diffusée dans le Proche-Orient au premier millénaire avant notre ère. Quand les Perses Achéménides prirent Babylone en 539, ils l’imposèrent comme langue officielle de leur empire. À l’époque hellénistique, qui commença à la mort d’Alexandre en 323 avant J.-C., le grec supplanta l’araméen, mais celui-ci se diversifia en dialectes qui exprimaient, d’une certaine manière, l’opposition à la langue des colons et montraient la persistance de la culture indigène. Le syriaque se développa autour d’Édesse, la capitale de l’Osrhoène, (aujourd’hui Urfa, en Turquie). Au début de l’ère chrétienne, dans la région d’Édesse, apparurent les premiers écrits en syriaque. Il s’agissait d’inscriptions rupestres ou gravées sur des stèlesou des monuments. Plus tard, la langue et la culture syriaques commencèrent à rayonner aussi à Nisibe, (de nos jours Nusaybin, en Turquie), à Arbèles, (Erbil, en Iraq), à Séleucie-Ctésiphon (près de l’actuelle Bagdad.) 7
L’écriture syriaque utilisait un ancien alphabet, consonantique, dérivé du phénicien. Après le cinquième siècle, elle se modifia, s’arrondit, et fut dite «Estrangela ». Elle ne nota les voyelles qu’après la conquête arabe. Elle favorisa l’éclosion d’une littérature d’expression chrétienne. Les Syriaques, qui avaient pris conscience d’eux-mêmes, voulurent éclairer leur passé. Ils se mirent à l’étude, consultèrent les archives, les documents, rencontrèrent les témoins des événements les plus récents. Ils s’adonnèrent à l’historiographie, basée sur la biographie et sur l’hagiographie. Ils s’inspirèrent de sources grecques, comme Eusèbe de Césarée (vers 265). Son histoire, celle du christianisme, était orientée, elle présuposait la Révélation, elle interprétait les desseins de la providence divine. Les Syriaques rédigèrent dans leur langue des chroniques, des histoires ecclésiastiques, des hagiographies, des Actes des martyrs, car les principales persécutions eurent lieu, dans la partie orientale de l’Empire romain, sous les règnes des empereurs Dèce (vers 250), Dioclétien (vers 303), et en Perse au temps du roi Sapor II (entre 339 et 379). Quelques belles chroniques nous parvinrent, comme celle de Michel le Grand, de l’Édessénien anonyme, de Bar Hébraeus, de Séert. Nous présenterons ici deux chroniques anciennes, la Chronique d’Édesse et celle d’Arbèles, capitale de l’Adiabène. Elles nous éclairent sur l’histoire des Syriaques et de leur région à partir du deuxième siècle.
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Première partie LA CHRONIQUE D’ÉDESSE
Chapitre I Histoire d’Édesse et de sa chronique
La chronique d’Édesse, anonyme, fut rédigée en e syriaque au VI siècle de notre ère, époque où Justinien régnait en maître sur l’empire d’Orient chrétien et cherchait à lui donner une unité religieuse. Elle commence en l’an 180 1 séleucide, (131 avant J.-C.) L’auteur a inséré ensuite le long récit d’une inondation survenue en l’an 201 de notre ère, e récit rédigé sans doute au III siècle. Il puise dans les archives pour écrire l’histoire officielle d’Édesse. Il rapporte avec précision et d’une manière concise les faits écoulés dans l’ordre chronologique, année après année, sans les relier, comme un journaliste le ferait de nos jours. Mais la chronologie saute parfois des années.Le chroniqueur change de méthode pour traiter un plus large sujet. Il propose alors un récit plus continu, comme celui de Paul, évêque d’Édesse, en 519. Il relate l’évolution des habitants de la ville.
L’horizon géographique de l’auteur se limite à Édesse, et aux villes comme Amid, Tella, Nisibe, Harran, qui en sont proches, bref à une région à dominance syriaque. Celle-ci appartient à l’empire romain et confesse en majorité la religion chrétienne. Le chroniqueur mentionne plusieurs fois Antioche, la métropole patriarcale dont dépendait Édesse. Il
1 L’année séleucide commence le premier octobre 312 av. J. -C. 9
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