Hygiène bucco-dentaire du XVIIe au XIXe siècle en France

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Dans son voyage initiatique au siècle du Roi Soleil, puis dans celui de la Révolution française et enfin, dans celui de la révolution industrielle, l'auteur nous emmène à la découverte de l'hygiène corporelle, bucco-dentaire et, à travers cette étude, nous dévoile les moeurs de la société française, entre évolutions et régressions.
Publié le : lundi 1 février 2010
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EAN13 : 9782296251144
Nombre de pages : 151
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Hygiène bucco-dentaire ème ème du XVII au XIX siècle en France
Clément DAVID
Hygiène bucco-dentaire ème ème du XVII au XIX siècle en France
Préface du Docteur Xavier RIAUD
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Préface
Lorsque j’ai rencontré Clément, j’étais attaché en clinique en odontologie conservatrice (= soins de caries). Tout au long de l’année, nous avons eu de nombreux échanges fructueux. Passionné d’histoire, j’ai vite senti qu’en face de moi, se trouvait un étudiant qui ne restait pas insensible à la 1 perspective de faire sa thèse de doctorat sur le sujet . Et c’est ce qui est advenu quelques années plus tard. Au préalable, Clément m’avait demandé de le diriger et de le corriger. C’est ce que j’ai fait pendant près d’une année. J’ai relu son manuscrit à trois reprises et l’ai corrigé à la virgule près, sans lui faire la moindre concession, je l’avoue. Il aurait pu abandonner, se désespérer, ce que je n’ai jamais voulu. Au contraire, il a été sans arrêt de l’avant et bien que j’aie été très sévère avec lui, il est toujours resté droit. Il m’a étonné au début et épaté par la suite. Dans la vie d’un chercheur, il y a les recherches aboutissant à des publications éventuelles, mais il y a aussi la transmission du savoir à un autre, ou d’autres. N’étant pas enseignant, je désespérais de pouvoir un jour transmettre mes connaissances à quelqu’un. Clément m’a permis de rétablir l’équilibre. Et, je dois bien admettre, puisque la soutenance est passée depuis un moment maintenant, que je suis très fier de lui. Clément a été mon élève, mais c’est devenu aussi un ami. Ce livre est donc une synthèse de sa brillante thèse de doctorat en chirurgie dentaire soutenue en 2008.
1ème ème Cf. David Clément,siècle enHygiène bucco-dentaire du XVII au XIX France, Thèse Doct. Chir. Dent., Nantes, 2008. 5
Saint Louis se lave la bouche six fois par an, au moment des fêtes religieuses, avant de communier.Al’époque du Roi Soleil, se laver est un signe d’impiété, un symbole de mauvaise vie. La première brosse à dents arrive enFrance, à la cour de Louis XV. Napoléon fait grand usage de nécessaires à dents partout où il se trouve et affiche un rituel quotidien d’hygiène, et de soins du corps parfaitement organisé. Ainsi, à travers les siècles, l’hygiène bucco-dentaire a-t-elle beaucoup évolué, dans les moyens utilisés comme dans les mœurs.C’est ce que parvient à nous démontrer avec brio, ClémentDavid, qui finalement réalise, à travers une étude relative à l’histoire de l’art dentaire, une rétrospective de la société française sur près de trois cents ans. De même, ne faut-il pas oublier que chaque roi dispose d’un barbier, puis d’un opérateur pour les dents et enfin d’un expert pour les dents. Les techniques changent et les mesures d’hygiène, et de prévention progressent aussi lorsque le praticien traitant apporte un panel de moyens sortant d’un archaïsme primaire. Par son travail de recherches, par une approche pragmatique et rationalisée de textes écrits en anciens français,ClémentDavid a réussi, me semble-t-il, à travers ce voyage dans le temps, sa démonstration. D’une telle lecture, on ne peut que sortir enrichi. QueClément en soit remercié !
Docteur Xavier Riaud
Docteur enChirurgieDentaire Lauréat de l’Académie Nationale deChirurgieDentaire Docteur enEpistémologie, Histoire des Sciences et des Techniques Directeur de collection auxEditions L’Harmattan Chercheur auCentreFrançois Viète d’Histoire des Sciences et des Techniques (EA1161 – Nantes) Membre de la PierreFauchardAcademy
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Avant-propos
L’hygiène bucco-dentaire de tous temps a bien existé et, si les moyens utilisés étaient bien différents de ceux d’aujourd’hui, l’imagination débordante des anciens en la matière n’en demeure pas moins remarquable. D’après SachaBogopolski (2001),« Les Egyptiennes utilisaient des poudres à base de charbon d’acacia appliquées aux doigts. Il existe des recettes de dentifrices utilisés il y a près de 4000 ans, composées de poudre de fruits de palmier, de terre de plomb verte et de miel. Houang-Ty, empereur chinois (2637 av. J.C) assure qu’il faut utiliser une poudre à base de musc et de gingembre pour blanchir les dents. » SachaBogopolski (2001) affirme de plus que :« Dans l’Antiquité, Hippocrate conseille auxGrecs, l’utilisation de la er craie.Chez lesRomains, Celse auIsiècle av. J.C, sous Tibère, conseille de frotter les dents avec un cure-dents et de compléter avec un opiat composé de feuilles de rose hachées d’un quart de noix de galle et d’autant de myrrhe.Scribonius Largus, médecin des armées, trouve à la même époque de nombreuses poudres et eaux pour conserver une bonne haleine. » SachaBogopolski (2001) signale quePline l’Ancien, (23-79 après J.C) écrivain et naturaliste romain, conseille l’usage d’un dentifrice à base de cendres de tête de lièvre, auquel on ajoute du marc et parfois, des cendres de tête de souris.Il décrit des poudres dentifrices à base d’abrasifs comme le
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charbon, la poudre d’os calciné, des coquillages de mer et la pierre ponce. » Le même auteur (2001) constate :plus surprenant,« Encore Cascellius, contemporain de l’empereur romainDomitien (51-96), vend de l’urine espagnole, provenant deBarcelone ou de Tarragone, qui a la propriété de blanchir les dents. Il se parfume la bouche avec les eaux du parfumeurCosmus. Mahomet (vers 570-632) dans le sixième commandement préconise l’utilisation du « Fouhk », écorce de noyer qui contient de la chaux, du tanin, du fer et du siwak pour se frotter les dents. » SachaBogopolski (2001) confirme que :«Rhazès (860-923), médecin perse, propose de se laver les dents avec une préparation à base de thé, une infusion de graine de gommier ou un mélange de poudre de noix de galle et de poivre. ème Asiècle,u X Avicenne (980-1037), médecin et philosophe persan, préconise d’enlever le tartre et de se frotter les dents avec une poudre composée d’écume de mer, de sel, de gypse et de coquilles d’escargot brûlés. » L’historien (2001) pense que :« Guy de Chauliac (1300-1368), médecin duPape Urbain V, donne une recette de poudre dentifrice, pour enlever le dépôt et la vilaine couleur des dents, composée d’os de seiche, de coquillages de mer, de porcelaine, de corne brûlée, de nitre, d’alun, de sel de gemme, de soufre brûlé, de racine d’iris et de canne brûlée que l’on réduit en poudre.Des études deGallien, il tire une formule plus simple, qui est de se frotter les dents avec du miel et du sel calciné, mélangé à du vinaigre si possible. » Enfin,«L’époque médiévale est marquée par l’apparition des charlatans qui vendent leurs poudres dentifrices sur le marché, promettant aux acheteurs des dents d’une extrême blancheur. Le médecin personnel d’HenriIII, Laurent Joubert (1551-1589) recommande l’urine pour tout remède, pratique qui perdure encore longtemps après. » Mais, l’hygiène n’est rien sans quelques instruments : *les cure-dents, premiers instruments utilisés depuis la Préhistoire.C’est notamment le cas des Sumériens, dans la ville d’Ur.
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*les bâtonnets frotte-dents comme le Ko Yo Ji japonais, ou ème chez les Chinois, car il est dit queBouddha (VI siècle avant J.C) en aurait utilisé. *les masticatoires à base de plantes odorantes appelés « Pan » ou le Siwak des pays musulmans dont le nom change constamment dans la grande mosaïque de l’Afrique Noire. Aussi, si, depuis l’Antiquité, l’Europe, et plus particulièrement laFrance, connaissent un essor en terme de pratiques hygiéniques concernant la bouche, la Renaissance signe le déclin de cet élan. ème ème Alors qu’en est-il concrètement du XVII au XIX siècle?
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