Je vous écris de mon hôpital...

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Ils se prénommaient Etienne, Joseph, Pierre, Benoît, Louis, et étaient mineur, tisseur, banquier, menuisier, paysan ou garçon livreur. Ils envoyaient des missives à leurs proches, certains avec la naïveté de la jeunesse, d'autres avec l'expérience de la maturité. Originaires de Villers, Bully, Violay, Belmont, Villars, tous ont consigné les événements vécus et leurs visions personnelles de la Grande Guerre dans l'ambiance feutrée et aseptisée des hôpitaux.
Publié le : samedi 1 octobre 2011
Lecture(s) : 17
EAN13 : 9782296470248
Nombre de pages : 160
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Histoire de la défense Collection dirigée prophie destours Cd’étudier les différents aspects qui composent l’histoireette collection se propose de la défense. La guerre, la technologie, la sécurité n’ont cessé de se transformer, de se construire et même de se détruire les unes par rapport aux autres.Elles sont en perpétuelle mutation. L’apparition de nouvelles menaces a toujours conduit les sociétés à tenter de s’adapter avec plus ou moins de succès et parfois à contre-courant des idées reçues. Dsoulevées et des réponses données, même si beaucoupes questions seront d’interrogations demeurent. L’histoire, la géographie, le droit, la politique, la doctrine, la diplomatie, l’armement sont tous au cœur de la défense et interfèrent par de multiples combinaisons. Ces sujets contribuent à poser les défis et les limites du domaine de la défense à travers le temps en replaçant les évènements dans leur contexte. On dit par exemple que dans ce XXIe siècle naissant, les guerres entreEtats sont en train de devenir anachroniques au bénéfice de conflits tribaux ou religieux, mais seules des comparaisons, des études détaillées qui s’étendent sur le long parcours de l’histoire permettront de le vérifier. Derniers parus EmmanuelGOFFI, Lesrmées frises fceàlmorle, 2011. ArletteESTIENNEMONDET,.B.E Estienne, «e père des chrs », 2011. Michèle RACLOT,28 mi 1940.e jour où leBrzzs’est englouti,2010. ChristopheDARGERE,i çvientàdurer tout l'été.ettres deCyrille Ducruy, soldt écochois dns ltourmente 14-18, 2010. Xavier LAVIE,ne grde ntionle pour lFrnce, 2010. Henry OLIVARI,ission d’un cryptologue fris enussie(1916), 2009. ouvenirs croisés de lpremière guerre mondile : correspondnce des frèresoulouse (1914-1916) et souvenirs deenéognrd (1914-1918), 2008. Général Maurice SCHMITT,deuxièmetille d’Alger (2002-2007) : ltille judiciire, 2008. DominiqueCARRIE prend nos cris de détresse pour des éclats deR, « On rire »André Tanquerel,ettres d’un poilu(1914-1916), 2008. MarcelinDÉFOURNEAUX,Espgne deFrnco pendnt l econde Guerre mondile,2007. Jean-LouisBEAUFILS,ournl d’un fntssin : cmpgnes deFrnce et d’rient(1914-1919), 2006. MarcelinDÉFOURNEAUX,De l’esprit deunichu syndrome deBgdd, Prix de l’Académie des sciences morales et politiques, 2006. Association nationale pour le souvenir desDardanelles, Orient Levant 1915-1921.Ce que les comttnts ont écrit, Prix Lyautey, 2005
Textes recueillis et commentés par ChristopheDargère
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Destins croisés de six soldats ligériens blessés pendant laGrandeGuerre
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© L’Harmattan  l’EcolePolytechnique 
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55530-3 EAN : 9782296555303
Paris
Préface
Après avoir recueilli la correspondance deCyrilleDucruy, un soldat écochois dans un premier ouvrage émouvant et remarquable1,Christophe Dargère récidive avec bonheur et talent en croisant les destins de six poilus de la Loire blessés pendant laGrandeGuerre dans un livre intitulé«e vous écris de mon hôpitl ». Les correspondances de Poilus ont fait l’objet de nombreuses publications, mais à n’en pas douter des trésors sont encore enfouis dans les archives familiales. Qu’apporte donc l’ouvrage deChristopheDargère ? Etant qu’historien et membre de l’association desn Amis du Musée et de la Médiathèque de Roanne, l’A2MR, nous sommes amenés à organiser des conférences sous le titre de« »istoire… histoires. J’aime beaucoup cette expression parce qu’elle résume bien la démarche deChristophe.Àtravers des destins individuels, des parcours d’hommes « ordinaires » qui connaîtront la mort à l’hôpital ou qui auront le bonheur de rentrer au village, chacun représente une histoire qui participe à la grande Histoire.Ce livre est une nouvelle contribution à notre connaissance de cette tragédie, de cette « boucherie » que fut la première guerre mondiale. Selon une méthode originale dans la forme,ChristopheDargère, après une courte présentation de ces six soldats ligériens, nous livre la correspondance brute, plus ou moins longue, de ces blessés et de leur parcours dans les ambulances ou les hôpitaux temporaires.Chaque courrier est un trésor d’expressions qui reflètent l’état d’esprit, les espoirs, les inquiétudes, les demandes de fournitures diverses.Cblessés qui ont échappé à la mort danses l’enfer des tranchées de cette horrible guerre, alors que leurs camarades « tombaient comme des quilles », racontent l’horreur du quotidien du front. Ils décrivent également, après avoir reçu « la bonne blessure », les conditions de vie des ambulances et des hôpitaux : «(…)es infirmiers et les personnels sontdmirles et on est presque heureux d’être mldes ». Mais derrière chaque phrase visant à rassurer femme ou proches, on sent bien le poids de la solitude, de l’attente de la convalescence, de la permission pour retourner au pays ; comme l’on sait bien qu’il faudra retourner au front après la guérison. On s’inquiète de l’arrière, on parle avec pudeur même si parfois les propos de JosephDevaux sont un peu « coquins » pour cet homme cultivé et critique sur cette guerre dont il ne reviendra pas, et qui aura le courage d’écrire dans une lettre testament : «i vous tenez cette lettre c’est que je seri mort».
1-ChristopheDargère,i çvientàdurer tout l’été…ettres deCyrilleDucruy, soldt écochois dns ltourmente 14-18, Paris, éditions L’Harmattan, 2010 5
Je ne peux m’empêcher de penser aux deux lettres émouvantes et tragiques écrites à leur épouse par JeanBlanchard etFrancisqueDurantet, soldats du 298èmeRI de Roanne et natifs d’Ambierle où ils sont inhumés côte à côte, après avoir été fusillés pour l’exemple le 4 décembre 1914 à Vingré  Je ne peux m’empêcher de penser au sort du soldat LouisBrunel, décédé le 30 septembre 1916 après avoir été très gravement blessé. Il portait sur lui un portefeuille avec la photo de sa femme et de sa fille, ce qui dans un premier temps lui sauva la vie. Lucien Neuwirth, grand parlementaire, président du ConseilGénéral de la Loire, et résistant à l’âge de 16 ans, a eu la vie sauve grâce à son portefeuille qui a dévié les balles mortelles1 Histoire… histoires  Alivré tout ou partie de la correspondance des six soldatsprès avoir ligériens,ChristopheDargère croise et analyse le cas de chacun.Dans une réflexion brillante, le sociologue l’emporte sur l’historien. Quand je dis « l’emporte », je devrais dire « complète » par un regard nouveau les conditions de l’hospitalisation des Poilus.Cette partie de l’ouvrage est particulièrement novatrice et intéressante parce qu’elle nous donne la distance nécessaire pour comprendre les non-dits et imaginer ce qui pouvait bien se passer dans la tête meurtrie de nos soldats. Les symboles « desdrps lncs», du lit espace refuge, privé, avec sa douceur ; la redécouverte de l’univers féminin et les rêves liés pour s’en sortir et retrouver son monde font de nos blessés, avec leurs forces et leurs faiblesses, des hommes qui revivent grâce à leur mémoire et leur destin retrouvés. Quand je parle de mon ouvrage sur le Roannais pendant laGrandeGuerre, je dédicace souvent avec l’expression : « Pour faire vivre la mémoire et la transmettre ». C’est exactement ce qu’a faitChristopheDargère dans un ouvrage historique, sociologique passionnant et émouvant. MerciChristophe pour nos Poilus 
Ecoche, le 28 juin 2011 Jean-Paul Nomade Proviseur honoraire, historien, membre duC.AdesA2MR
1- Lucien Neuwirth,is,près tout… (guerreà16ns),Paris, éditions Plon, 1986.
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«Alleràl’hôpitl,il n’y a guère plus d’un an, était une parole terrible.Elle suggérait, plus encore que celle de la souffrance, l’idée ignominieuse de la déchéance. Les bourgeois n’allaient pas à l’hôpital, réservé aux ouvriers, aux filles-mères, et à ces malheureux qui avaient dilapidé leur fortune, qui avaient « tout mangé », et par cela même méritaient les pires châtiments, aux déclassés enfin.Et les familles annonçaient aux dissipateurs, aux enfants prodigues : « Tu finiras à l’hôpital  », c’est-à-dire misérable, seul et dans la honte.Et moi-même, regardant les façades de deuil des hôpitaux, leurs tristes couloirs, les maigres convois qui en sortaient, je pensais confusément à des léproseries. Voici que l’hôpital est devenu une terre promise. Il représente pour des millions d’hommes le suprême espoir, et ses misères ses douleurs, et les navrants spectacles qu’il présente sont pourtant le plus grand bonheur qu’un soldat puisse entrevoir. Autrefois, celui qu’on descendait de la voiture d’ambulance s’attristait en franchissant ce seuil et se sentait menacé.Aujourd’hui, celui qu’on transporte sur un brancard croit recevoir du gardien, avec sa fiche d’entrée, un brevet de vie. (…) Pour moi, qui ai eu la chance d’attraper la « bonne blessure », ce gros lot des champs de bataille, je me trouve à l’hôpital comme un homme qui passerait son hiver dans le Midi. »*
*-GabrielChevallier,peur, 1930, Paris, éditions Le dilettante, 2008, pp. 157-158.
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