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Jours de colère

De
98 pages
Deux récits autobiographiques d'une forte authenticité nous sont ici proposés : le premier, L'exode de l'été 1940, décrit la capitulation, l'humiliation, la naissance de l'esprit de la Résistance au sein d'une France plongée dans la tourmente de l'invasion des troupes allemandes. Le second, La Marche de la Mort, tente de ressaisir l'expérience-limite de la déportation par le témoignage de l'auteur alors âgé de 21 ans.
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Mémoires du XXesiècle Déjà parus François MARQUIS,Pour un pays dorangers, Algérie 1959-2012,2012 Jacques RONGIER,Ma campagne dAlgérie tomes 1 et 2,2012. JMeiacnhèle FELCDÔMAN,LlegCérairen,estonuoviern,i2rs01d2.ombre et de lumière, -Pierre MES,A 2012. Claude SOUBESTE,Une saison au Tchad, 2012. Paul OLLIER, Algérie mon amour, 2012. Anita NANDRIS-CUDLA,20 ans en Sibérie. Souvenirs dune vie, 2011. Gilbert BARBIER,Souvenirs dAllemagne, journal dun S.T.O, 2011. Alexandre NICOLAS,Sous le casque de larmée, 2011. Dominique CAMUSSO,Cent jours au front en 1915. Un sapeur du Quercy dans les tranchées de Champagne, 2011. Michel FRATISSIER,Jean Moulin ou la Fabrique dun héros, 2011. Joseph PRUDHON,Journal d'un soldat, 1914-1918. Recueil des misères de la Grande Guerre, 2010. Arlette LIPSZYC-ATTALI,En quête de mon père, 2010. Roland GAILLON,Létoile et la croix,De lenfant juif traqué à ladulte chrétien militant, 2010. Jean GAVARD,Une jeunesse confisquée, 1940  1945, 2007. Lloyd HULSE, : mémoires de guerre dunLe bon endroit soldat américain(1918-1919), 2007. Nathalie PHILIPPE,Vie quotidienne en France occupée : journaux de Maurice Delmotte (1914-1918), 2007. Paul GUILLAUMAT,Correspondance de guerre du Général Guillaumat, 2006. Emmanuel HANDRICH,La résistance pourquoi ?, 2006.
M i c h e l R I B O N
J O U R S D E C O L E R E L  e x o d e d e l  é t é 1 9 4 0 Suivi de L a m a r c h e d e l a m o r t 1 7 a v r i l - 1 2 m a i 1 9 4 5
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-97017-5 EAN:9782296970175
 Du même auteur :  Le passage à niveau, récit-essai sur l'expérience concentrationnaire comme situation-limite. Ed. Alain Moreau, Paris, 1972. Réédité aux Ed. L'Harmattan avec pour sous-titre :Vivre et mourir au quotidien dans un camp nazi, 2004.  L’art et la nature, essai et textes. Ed. Hatier, Collection "Philosopher au Présent", Paris 1988. Ouvrage traduit en portugais par Tania Pellegrini. Ed. Papirus, Sào-Paulo, Brésil, 1991.  Archipel de la laideur, essai sur l'art et la laideur. Ed. Kimé. Collection "Philosophie-Epistémologie", Paris, 995. 1  L’art et l’or du temps, essai sur l'art et le temps. Ed. Kimé. Collection "Esthétiques", Paris, 1997.  Parcours initiatiques de la nature à l’art, Ed. Kimé. Collection "Esthétiques", Paris, 1999.  Esthétique de la catastrophe, Ed. Kimé. Collection "Esthétiques", Paris, 1999.  A la recherche du temps vertical dans l’art, essai d'esthétique. Ed. Kimé. Collection "Esthétiques", Paris, 2002.  Esthétique de l’effacement, Ed. L'Harmattan. Paris, 2005.  Le gouffre et l’enchantement. Magies de la musique, Ed. Buchet-Chastel. Paris, 2006.  Mystères et magie de l’écriture, essai d’esthétique. Ed. L'Harmattan. Collection "Espaces littéraires". Paris, 2007.  Le goût et la rage de vivre : pourquoi j’ai survécu à l’enfer des camps nazis, Ed. L'Harmattan, Paris, 2009.  Théoriser et comprendre l’œuvre d’art de la modernité à nos jours, Ed. L'Harmattan, Paris, 2010.  L’art, miroir de vies et créateur de mondes, Essai sur la peinture. Ed. L'Harmattan, Paris, 2010.
Avant-propos
Plusieurs décennies se sont maintenant écoulées depuis le début de la seconde guerre mondiale : depuis ce prélude, tragique et prémonitoire pour moi, que je décris sous le titre "Exode de l'été 1940  La Mort aux trousses", et cet autre épisode, non moins tragique "La Marche de la mort" où je dis quelle fut mon évasion (dans des conditions atroces) et celle de quelques-uns de mes camarades du camp de Schömberg, camp de concentration satellite de Dachau. Ces deux épisodes rendent compte de sentiments toujours vivaces en moi : la colère, la rage de l'humiliation, la revendication de la liberté, l'horreur concentrationnaire. Sans aucun chantage aux bons sentiments ni à la mauvaise conscience des lecteurs, j'ai tenté de dire, dans "Le Passage à niveau. Vivre et mourir au quotidien dans un camp nazi", écrit en 1969, ce que devient l'homme quand on lui vole sa vie, c'est-à-dire tout : ses mots, son corps, son visage, les autres, son passé, sa mémoire, son avenir. Les faits sont montrés dans leur ignoble simplicité, et une écriture,que j'ai voulue allégorique et toujours accessible, confère à leur récit une portée universelle. Une dizaine de personnages, tous parfaitement authentiques, vivent ou meurent tout au long de ce livre : leurs souffrances, leurs espoirs, leur désespoir, leur chute sont vrais et ont la résonance des expériences-limites, humaines-inhumaines. J'ai voulu montrer "comment" l'homme peut tenter de résister à ce long dépouillement et aussi les limites de cette résistance.
En 2008, l'heure est venue pour moi de chercher, enfin, à dire "pourquoi" j'ai survécu à de telles épreuves : quelle force et quelles énergies enfouies en moi, conjuguées à la chance et au hasard, m'ont permis de lutter contre toutes les figures de la Mort, multipliées à plaisir, chaque jour, par le système concentrationnaire. Il m'est apparu que cette force de résistance résulte d'une série d'expériences initiatiques dont les strates successives remontent jusqu'aux premières années de mon enfance. C'est pourquoi, dans cette sorte de récit autobiographique ("Le Goût et la rage de vivre" paru en 2009), j'ai refusé la continuité banale du temps horizontal mortifère, pour lui préférer le temps vertical, c'est-à dire le -temps du sursaut et des coupures, le temps de l'amitié, de l'admiration, de la colère. Bref, le temps donateur ou créateur d'une vie prise à bras-le-corps pour la transfigurer dans des situations-limites, parfois désespérées, que j'ai vécues. Si ces deux livres, écrits à une quarantaine d'années de distance, m'ont libéré de nombre d'obsessions, ils n'ont pas pu, impitoyables sentinelles, me libérer de deux autres obsessions demeurées ce qu'elles furent avec leur âcre parfum d'origine : intactes et inentamables dans leur chair. La première obsession fut celle, prémonitoire, du Commencement : son récit, c'est l'exode de l' "Eté 1940". L'autre obsession est celle de la Mort : celle de l'exode concentrationnaire du printemps 1945 que j'ai voulu décrire dans "La marche de la Mort", ultime fin de l'existence concentrationnaire. Deux exodes que je revis, aujourd'hui encore, comme s'ils dataient d'hier. Deux exodes qui ne sauraient être comparés, sinon, et c'est ce qui fait leur force obsessionnelle, par leur dimension communautaire et
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universelle qui laisse, loin derrière elle, leur côté intime et personnel.
Les récits de ces deux obsessions, écrits à très peu de temps d'intervalle (en 2011 et 2012), ont jeté, pour moi, de vives lumières sur la double question du Comment et du Pourquoi de la Résistance aux forces de la Mort : questions que, dès l'origine de la guerre, je n'ai pas cessé de me poser.
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