L'Algérie dans la Seconde Guerre mondiale

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De 1939 à 1945, l'Algérie a occupé une place centrale dans l'histoire de la France. Replaçant la défaite de la France en juin 40 et l'installation du régime de Vichy dans l'histoire sociale et politique de l'Algérie, l'auteur analyse la politique particulière de Vichy sur les Juifs, les communistes et les Musulmans. Il traite ensuite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord et étudie la politique algérienne du général de Gaulle qui a conduit à la mobilisation des Algériens dans le mouvement des Amis du Manifeste et de la Liberté et aux journées tragiques de mai 1945.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
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EAN13 : 9782336396538
Nombre de pages : 280
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Jacques SIMON
L’ALGÉRIE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
L’ALGÉRIE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Centre de Recherches et d'Études sur l'Algérie Contemporaine Le CREAC entend : promouvoir la publication d'ouvrages anciens, tombés dans le domaine public dont la richesse historique semble utile pour l'écriture de l'histoire. -Présenter et éditer des textes et documents produits par des chercheurs, universitaires et syndicalistes français et maghrébins.Déjà parus:La Fédération de France de l'USTA Jacques SIMON, en 2002). Avec le concours du Fasild-Acsé- L’immigration algérienne en France de 1962 à nos jours (œuvre collective sous la direction de Jacques Simon) - Les couples mixtes chez les enfants de 1 'immigration algérienne. Bruno Lafort. - La Gauche en France et la colonisation de la Tunisie. (1881-1914). Mahmoud Faroua. - L'Etoile Nord-Africaine (1926-l937), Jacques Simon. - Le MTLD (Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (1947-1954) (Algérie), Jacques Simon - La réglementation de l’immigration algérienne en France. Sylvestre Tchibindat. - Un Combat laïque en milieu colonial. Discours et œuvre de la fédération de Tunisie de la ligue française de l’enseignement (1891-1955). Chokri Ben Fradj - Novembre 1954, la révolution commence en Algérie. J. Simon - Les socialistes français et la question marocaine (1903-1912) Abdelkrim Mejri - Les Algériens dans le Nord pendant la guerre d’indépendance. Jean René Genty. - Le logement des Algériens en France. Sylvestre Tchibindat. - Les communautés juives de l’Est algérien de 1865 à 1906. Robert Attal. -Le PPA (Le Parti du Peuple Algérien) J.Simon -Crédit et discrédit de la banque d’Algérie (seconde moitié du XIXe siècle) M.L.Gharbi -Militant à 15 ans au Parti du peuple algérien. H. Baghriche -Le massacre de Melouza. Algérie juin 1957. Jacques Simon - Constantine. Le cœur suspendu. Robert Attal - Paroles des communautésjuives de l’Est algérien de 1865 à 1906. Robert Attal.- Le PPA (Le Parti du Peuple Algérien) J. Simon e - Crédit et discrédit de la banque d’Algérie(seconde moitié du XIX siècle)M. L. Gharbi - Militant à 15 ans au Parti du peuple algérien. H. Baghriche - Le massacre de Melouza. Algériejuin 1957. Jacques Simon - Constantine. Le cœur suspendu. Robert Attal - Paroles d'immigrants : Les Maghrébins au Québec. Dounia Benchaâlal - « Libre Algérie ». Textes choisis etprésentéspar Jacques Simon. - Algérie. Le passé, l'Algérie française, la révolution (1954-1958). Jacques Simon. - Messali avant Messali. Jacques Simon. - Comité de liaison des Trotskystes algériens. Jacques Simon. - Le MNA. Mouvement national algérien. (1954-1956). Nedjib Sidi Moussa J. Simon - Algérie. L'abandon sans la défaite(1958-1962). Jacques Simon - Constantine. Ombres du passé. Robert Attal - Biographes de Messali Hadj. (C. A. Julien, D. Guérin, M. Kaddache, C. R.Ageron, R. Gallisot... M. Harbi, B. Stora). Jacques Simon 2010Algérie. Naufrage de la fonction publique et défi syndical. (Entretiens) L. Graïne2011L'Algérie au passé lointain. De Carthage à la Régence d'Alger. Jacques Simon 2012L’Assemblée constituante dans le mouvement nationaliste algérien. Jacques Simon- Juif berbère d’Algérie. Itinéraire. Jacques Simon 2013L’occident méditerranéen. Jacques Simon2014LE NATIONALISME ALGÉRIENselon Benjamin Stora. Jacques Simon -La Fédération de l’Education Nationale pendant la guerre d’Algérie (1954-1958). Jacques Simon.
Jacques SIMON
L’ALGÉRIE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
L’HARMATTAN CREAC-HISTOIRE
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07697-3 EAN : 9782343076973
INTRODUCTION De 1939 à 1945, l’Algérie a occupé une place centrale dans l’histoire de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. D’une manière générale et de façon plus marquée pendant la célébration des massacres de Sétif et de Guelma : en 1995, en 2005 et surtout en 2015, les historiens ont consacré plusieurs ouvrages sur l’Algérie pendant la guerre et sur les évènements de mai 1945. Pour les auteurs algériens et leurs amis français, c’est à partir du traumatisme créé par la tragédie de mai 1945 – alors que l’armée d’Afrique était engagée pour la libération de la France –, que le mouvement nationaliste s’est orienté vers l’action armée pour arracher l’indépendance. La création de l’organisation spéciale (OS) serait le fait majeur de l’histoire du MTLD puisque c’est le CRUA, issu de l’OS qui aurait déclenché l’insurrection de novembre et arraché avec le FLN l’indépendance. En se dégageant du programme du PPA/MTLD fondé sur la Constituante, le CRUA/FLN aurait renoué le fil avec le combat de l’Émir Abdel Kader. La guerre d’Algérie ne serait donc que la dernière des insurrections du peuple algérien pour expulser les colonialistes européens du pays et refonder l’État algérien sur les er principes islamiques (Déclaration du FLN, le 1 novembre 1954). Cette interprétation de l’histoire développée par la fondation algérienne de mai 1945 et relayée par les historiens « anticolonialistes » a conduit le président Hollande à prononcer l’acte de repentance exigé par l’État algérien pour fonder sa légitimité. Pour l’historien, la répression de mai 1945 n’est compréhensible que replacée dans l’histoire longue et tumultueuse de l’Algérie, en particulier, pendant le moment où le général de Gaulle définit sa politique algérienne qui sera combattue par Messali Hadj. La première partie de notre ouvrage comprend trois chapitres : l’histoire sociale et politique de l’Algérie au moment du conflit ; la défaite de la France qui marque la fin d’une grande puissance et l’installation du régime de Vichy en France. Dans la seconde partie, les fondements politiques et idéologiques du régime de Vichy font l’objet de deux chapitres, suivis de la politique particulière de Vichy sur les Juifs, les communistes et les Musulmans. 5
La troisième partie traite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord et de leur tutelle sur les régimes de Darlan et de Giraud. Il conviendra alors d’étudier dans une quatrième partie la politique algérienne du général de Gaulle qui a conduit à la mobilisation des Algériens dans le mouvement des Amis du Manifeste et de la Liberté et aux journées tragiques de mai 1945. Enfin pour tordre le cou à la thèse développée par l’État algérien et ses relais, nous avons consacré une dernière partie aux lendemains de mai 1945 pour montrer sur quelles bases le mouvement nationaliste algérien s’est reconstruit, l’objectif étant toujours le combat pour l’émancipation du peuple algérien par l’élection d’une Assemblée Constituante, en alliance avec la classe ouvrière et le peuple française ami.
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PREMIÈRE PARTIE LA GUERRE COMMENCE (1939-1940)
CHAPITREIL’ALGÉRIE AU MOMENT DU CONFLIT
Pendant l’entre-deux guerres, l’économie et la société algérienne ont connu d’importantes transformations, sans changement du cadre structurel et politique existant. En procédant à un découpage chronologique, on peut distinguer trois moments : les années qui ont prolongé le conflit (1919-1928) ; la période charnière (1929-1935) et l’avant-guerre (1936-1939). 1 - La séquence 1919-1928 Pendant la Grande Guerre, 1'Algérie, clé de voûte de l'empire français en Afrique, avait assuré à la Métropole, la profondeur stratégique nécessaire, le contrôle de la Méditerranée, une large partie de son ravitaillement (denrées alimentaires, chevaux, 1 phosphates et minerais), des milliers de travailleurs et de soldats. Sa contribution à l’effort de guerre a été considérable. Dès 1915, du fait de la contribution militaire de 5 millions et du transfert à l’Algérie de dépenses payées jusque-là par la France (fonctionnement du service public), l’équilibre du budget n’est atteint que grâce au versement des excédents de 1913 et de plusieurs 2 impôts. En 1916, l’effort de guerre est encore plus important : 40 000 soldats indigènes s’ajoutant aux 40 000 précédents et 20 000 travailleurs, 143 millions versés pour l’emprunt et 230 millions pour les obligations de la Défense nationale, sans parler des produits, cheptel, céréales, fruits, primeurs qui « ont constitué une part 3 importante de l’alimentation de la France. » La participation de l’Algérie à la défense nationale s’accroît en 4 1917 provoquant l’inquiétude du Gouverneur Lutaud pour la colonie, car la crise avait été catastrophique pour les fellahs dont la misère aurait été plus grave sans les allocations attribuées aux 5 femmes des Musulmans mobilisés. Le budget 1918 comprend une 6 nouvelle liste de taxes et de contributions directes et indirectes. Pendant toute l’année 1918, dans les discours du Gouverneur 7 Jonnart, successeur de Lutaud , pendant les sessions des Délégations 8 9 financières, du Conseil supérieur , et du Sénat , l’engagement de l’Algérie dans la guerre est souligné. Le 13 mai 1919, à la session 9
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