L'Algérie dans les brigades internationales

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Entre 1936 et 1938, des milliers de volontaires se sont engagés dans les brigades internationales pour porter secours aux Républicains espagnols lors de la guerre civile. Natifs d'Algérie, des centaines d'Arabes, Berbères, Juifs, Européens se sont joints au combat antifasciste. Cette étude essaie de leur rendre hommage, en rappelant que leur engagement militant résultait, en Espagne comme en Algérie, d'une constante lutte contre les injustices, les inégalités et les oppressions.
Publié le : vendredi 15 avril 2016
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EAN13 : 9782140007569
Nombre de pages : 152
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Georges Gonzalez
Georges Gonzalez1936 : le Front populaire triomphe en France et en Espagne.
Dans ce dernier pays, patrie de Cervantès et de Garcia Lorca,
le fascisme intérieur, considérablement aidé par la « bête
immonde » qui veut asservir l’humanité, projette d’imposer
brutalement, le 18 juillet 1936, un pronunciamento. Le peuple
s’organise et résiste avec courage dans des conditions L’Algérie dans les brigades
souvent très difciles. De 51 à 53 pays, 35 000 volontaires,
prenant appui sur des dizaines de milliers de comités de L’Algérie dainn s ltees brnraigtaiodes nainletersn ationales
soutien nationaux et locaux, volent au secours de la légalité
démocratique. Une solidarité inédite, un internationalisme et ses lendemains1936-1939
aux accents puissants.
et ses lendemains
Natifs d’Algérie, des centaines d’Arabes, Berbères, Juifs, 1936-1939
Européens se joignent au combat antifasciste. Cette étude
essaie, en toute modestie, de les retrouver, de les reconnaître,
de leur rendre hommage, non seulement pour l’amour,
doublé de dignité, dont ils ont démontré la générosité
au peuple espagnol, mais pour rappeler aussi que leur
engagement militant résultait, en Espagne comme en Algérie,
d’une constante lutte contre les injustices, les inégalités et les
oppressions.
Georges Gonzalez est né à Alger. Il a d’abord enseigné de
1954 à 1962 (avec un intermède de 26 mois sous les drapeaux),
puis il a été coopérant – en français et en histoire – toujours
dans son pays natal, de 1965 à 1967. Il a ensuite abordé des
responsabilités déconcentrées au sein du ministère de la
Jeunesse et des Sports, terminant en 1996 sa carrière comme
directeur régional en Rhône-Alpes. Il est depuis 20 ans bénévole dans
plusieurs associations d’éducation populaire.
ISBN : 978-2-343-08880-8
18,50 € 9 782343 088808
GeorGge eso Grgeonsz Goaleznzalez
L’Algérie dans les brigades internationales
L’Algérie dans les brigades internationales et ses lendemains





L’ALGÉRIE DANS LES BRIGADES
INTERNATIONALES
1936-1939
ET SES LENDEMAINS




















































© L’Harmattan, 2016

5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris

www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-08880-8
EAN : 9782343088808 Georges Gonzalez





L’Algérie dans les brigades
internationales
1936-1939
et ses lendemains






























Du même auteur
Un pont sur la Méditerranée, L’Harmattan, 2008.
Mais l’Algérie vivra toujours…, L’Harmattan, 2003. Sommaire
PRÉSENTATION ...........................................................................9
I/ LES BRIGADES INTERNATIONALES ........................................ 13
1. La naissance des brigades ................................................. 13
2. El éjercito popular ............................................................ 14
3. L’engagement des brigades ............ 16
4. L’évolution de la guerre ................................................... 19
5. La défaite républicaine ..................................................... 23
6. Les brigadistes et l’après-guerre civile ............................. 25
II/ L’ALGÉRIE DANS LES BRIGADES INTERNATIONALES ........... 31
1. Les Algériens s’engagent dans les brigades
internationales ....................................................................... 33
2. L’Afrique du Nord, le Proche et Moyen-Orient,
et la guerre d’Espagne .......................................................... 58
3. En Espagne les Algériens poursuivent le combat ............. 76
III/ ET SES LENDEMAINS ........................................................... 93
1. L’après-guerre civile......................................................... 93
2. Les camps d’internement en Algérie ................................ 96
3. Les réfugiés et les brigadistes en Algérie,
edans et après la 2 guerre mondiale .................................... 103
CONCLUSION........................................................................... 129
OUVRAGES CONSULTÉS .......................................................... 131
NOTES ..................................................................................... 135

7 Présentation
Le présent travail consiste en une recherche
scrupuleuse mais inévitablement réduite, vu le thème, menée par
un ancien enseignant devenu directeur régional d’une
administration française, actuellement à la retraite, membre
de l’association « Les amis des combattants en Espagne
républicaine » (ACER), originaire d’Algérie, s’intéressant
à la guerre d’Espagne et aux brigades internationales
depuis de très nombreuses années.
Il s’agit de l’évocation de certains évènements et de
documents : témoignages, études historiques, revues,
journaux, rapports militaires, lettres, affiches, photos,
conférences, expositions, films… et archives diverses consacrés
à l’épopée et au destin des combattants natifs d’Algérie,
partis – de 1936 à 1939 – se battre pour l’Espagne
républicaine.
En relation avec ce sujet, j’ai dressé, pour en nourrir
l’intérêt, un parallélisme et des interactions avec ce qui se
passait, au même moment en Algérie, en AFN, en France,
au Moyen-Orient. Des connexions qui permettent de
mieux comprendre la nature et l’évolution des faits et qui
leur donnent un sens.
Ensuite, intéressé par le sort de la diaspora des réfugiés
en Algérie et par le parcours et le destin des brigadistes,
j’ai poursuivi mon investigation bien au-delà de la tragédie
espagnole et, pour l’essentiel, jusqu’à l’épilogue de la
guerre de libération nationale algérienne. Important aussi
de rappeler que, en cinq ans, de 1931 à 1936, la
République espagnole avait essayé de promouvoir ce que la
France avait bâti en près de cent quarante ans (avec une
révolution inédite, trois républiques, trois royautés, deux
empires, deux révolutions intermédiaires, des révoltes
éphémères, une commune de Paris, un puissant
mouvement ouvrier et socialiste, un état laïc, des réformes
socié9 tales…). Un enjeu de taille. Une catastrophe presque
annoncée… D’autant plus que le retour, même bref, à
l’évocation de l’Espagne du XIXe siècle, était déterminant
si l’on voulait saisir la suite des événements.
L’originalité de mes efforts repose sur cet espace-temps
relativement long pour lequel je me suis attaché à
crédibiliser une cohésion historique. Le destin des volontaires est
abordé parfois dès leur origine familiale, sociale,
géographique. Lorsque cela s’est avéré difficile, voire
impossible, le style « dictionnaire » a permis de ne pas délaisser
ceux pour lesquels les informations acquises étaient
limitées. La plupart sont nés au début du vingtième siècle.
Quelques-uns à la fin du siècle précédent. Les saisir
antérieurement et postérieurement à leur épopée historique,
dans leur militantisme, leurs engagements syndicaux,
politiques, associatifs… des particularités qui les distinguent
mais qui mettent aussi en exergue cet élan commun de
générosité irrépressible, toujours vivace, ce désir incessant
de se battre contre les injustices et contre les inégalités.
Aussi, désireux de ne pas isoler le mythe des brigades
dans le contexte flou de l’à-peu-près j’ai choisi de
consacrer un premier chapitre aux brigades dans leur ensemble
avant d’aborder, dans un deuxième chapitre, le cœur du
sujet réservé aux combattants natifs d’Algérie.
En conclusion, enchaîner les évènements et donner de
la chair à ces volontaires qui ont été les acteurs, puis très
souvent les victimes de cette tragédie considérée par un
certain nombre d’historiens comme le vrai début de la
seconde guerre mondiale, sont deux éléments qui m’ont
semblé importants dans la cohérence recherchée.
Quelques cailloux alignés, quelques pierres
rassemblées, le désir premier de voir la recherche creuser un
sillon nourricier dans ce terreau algérien et espagnol relevant
d’une épopée internationaliste quasi-inédite dans l’histoire
contemporaine. Les outils existent : archives de
l’AVER/ACER, de la Bibliothèque de documentation et
10 d’information contemporaine (BDIC), mémorial de
Champigny, documents » rachetés » à la Russie (j’ai
participé à cet effort financier), documents d’Algérie (Archives
relatives à la période coloniale) à Aix-en-Provence) en
particulier les rapports des préfectures et des
renseignements généraux d’Alger et surtout d’Oran de 1936 à 1939,
archives des agglomérations parisiennes, lyonnaises,
marseillaises/voire espagnoles durant la même période,
archives algériennes concernant la guerre de libération
nationale, journaux français, espagnols, d’Algérie couvrant
la guerre d’Espagne, radiodiffusions de l’époque,
actualités filmées, rapports officiels, discours, commentaires,
affiches, manuscrits, tracts, prises de contact avec les
familles, témoignages, lettres des combattants, documents
militaires officiels…
Des étudiants ou de jeunes professeurs d’Histoire, voire
des historiens confirmés, pourraient emprunter ce chemin
et augmenter les connaissances éparses et incomplètes
existantes, déjà recueillies sur ce thème, original
présentement par l’espace-temps qui lui est offert.
Je remercie mon ami Ramon Chicharro qui m’a, d’une
manière multiple, efficacement aidé dans ma démarche.
Ramon développe actuellement, au sein d’une équipe
relevant de l’association « Les Amis des combattants en
Espagne républicaine » ACER, un travail méthodique visant
à dresser un « dictionnaire des brigadistes français »
retraçant pour chacun d’eux un rappel de leur période
espagnole et de celle qui l’environne.
J’adresse, en toute modestie, à cette structure
mémorielle, L’ACER, à laquelle j’adhère et qui développe une
action culturelle précieuse et de qualité, une chaleureuse et
solidaire pensée.
Georges Gonzalez
11 I/ Les brigades internationales
1. La naissance des brigades
Lorsque le 18 Juillet 1936, le général Franco et ses
sbires déclarent la guerre à la République espagnole, avec
le soutien d’une noblesse revancharde, d’une bourgeoisie
terrienne ou affairiste, d’intérêts financiers étrangers, avec
la bénédiction d’une église (sauf au pays basque)
moyenâgeuse et gagnée à l’idée de croisade, s’ouvrent à Barcelone
les spartakiades, réponse sportive du monde du travail aux
jeux olympiques, organisés à Berlin, sous la coprésidence
d’Adolphe Hitler avec l’admiration affichée d’une partie
du gotha international.
Ces jeux sont aussitôt annulés. Les participants plient
bagage. Une centaine d’entre eux s’engagent dans les
milices ou les centuries rapidement constituées selon les
nuances politiques. Ils symbolisent les prémisses des
brigades internationales.
La veille du 18 juillet, aux Canaries et au Maroc
espagnol, tout ce qui est susceptible d’être républicain-dans le
domaine civil ou militaire-est passé par les armes. Les
généraux Queipo de Llano, Millan d’Astray, Yaguë,
Varela… rivalisent en brutalité.
Les forces rebelles sont constituées de la majorité de
l’armée de métier (sauf la marine, loyaliste, l’aviation
quasiment inexistante), et de la guardia civil, du tercio (légion
étrangère), des dizaines de milliers de Regulares (soldats
berbères du Maroc espagnol), des requetés (intégristes,
catholiques navarrais), des monarchistes, des carlistes (une
des dynasties royales), de l’imposante phalange
(organisation fasciste), de 20.000 volontaires portugais, d’Irlandais,
de 50.000 Italiens motorisés, de 16.000 Allemands (6000
dans l’aviation-légion Condor) spécialistes de l’armement
sophistiqué, de 500 Français… S’ajoute aussi le matériel
13 militaire lourd et moderne remis par l’Allemagne et
l’Italie.
Le 23 Juillet, puis le 2 août 1936, le président français
Léon Blum – subissant la pression du gouvernement
britannique et l’atermoiement du parti radical-socialiste –
propose la non-intervention. Signée les 7 et 8 août par les
parties prenantes celle–ci ne sera jamais respectée par
l’Allemagne et l’Italie. L’Espagne légale ne réclame que
des armes. Elle se sent trahie. La frontière est fermée, côté
français, durant des périodes plutôt longues. A cela
s’ajoute le blocus des ports.
Les premiers départs pour l’Espagne se dessinent en
août. En octobre c’est l’afflux. Le mouvement, spontané
en ses débuts, prend appui en France sur une structure
d’entraide au peuple espagnol qui se crée à Paris et sur le
comité « Amsterdam-Pleyel » composé d’intellectuels
antifascistes. Au niveau planétaire, des milliers de comités
de soutien se constituent.
A titre anecdotique, aux Etats-Unis, Eleanor Roosevelt
l’épouse du président des USA, les acteurs ou actrices
Marlène Dietrich, Joan Crawford, Clark Gable,
soutiennent publiquement le gouvernement légal. L’acteur Errol
Flynn rend visite aux combattants américains. Le 23 avril
1938, Duke Ellington organise un concert en l’honneur de
1l’« Amicale des volontaires américains » . Ernst He-
mingway offrira une partie de sa fortune à la République.
En France, les organisations démocratiques réagissent.
La MOI – Main d’œuvre immigrée – qui rassemble les
travailleurs étrangers et facilite leur accueil – structure
dont la colonne vertébrale est le syndicalisme – mobilise
les énergies. Les adhésions au départ se multiplient.
2. El éjercito popular
Les forces séditieuses bénéficient d’un pont aérien
organisé par les Allemands, qui relie le Maroc espagnol à
14

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