L'épopée fatale

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Vers la fin du dix-huitième siècle l'exploration du Pacifique se développa rapidement grâce aux grands navigateurs anglais et français. Injustement méconnu est le voyage de Surville dont le navire traversa l'océan en 1769-1770. Il redécouvrit les Salomon et fit escale au nord de la Nouvelle-Zélande, où il établit des relations et échanges pacifiques avec les maoris. Dévoué à son équipage, il périt noyé près des côtes du Chili. C'est cette fabuleuse et tragique aventure que nous conte le professeur Dunmore.
Publié le : mardi 1 décembre 2009
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EAN13 : 9782296931107
Nombre de pages : 130
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LETTRES DU PACIFIQUE
Collection dirigée par Hélène Colombani, Conservateur en chef des bibliothèques (ENSB), Chargée de mission pour le livre en Nouvelle-Calédonie, Déléguée de la Société des Poètes Français, sociétaire de la SGDL. Cette collection a pour objet de publier ou rééditer des textes (romans, essais, théâtre ou poésie) d’auteurs contemporains ou classiques du Pacifique, ainsi que des études sur les littératures modernes, les traditions orales océaniennes (mythologies, contes et chants) et les Sciences Humaines. Contact : helsav@mls.nc Déjà parus dans la Collection : Les terres de la demi-lune. Nouvelles calédoniennes et du Pacifique par Hélène Savoie, 2005. 2. L’Ile-monde, Nouvelles par Dany Dalmayrac, 2005. 3. Mystérieuses civilisations du Pacifique, Essai par Christian Navis, 2005. 4. Du rocher à la voile,. Recueil de récits et nouvelles de 14 écrivains du Cercle des Auteurs du Pacifique (CAP), 2006. 5. Les Montagnes du Pacifique. Roman marquisien de Dominique Cadilhac, 2006. 6. Coup de soleil sur le Caillou. Nouvelles, par J. Poul, 2006. 7. Colons, créoles et coolies. Essai sur l’apport créole en Nouvelle-Calédonie et le Tayo de Saint Louis, par Karin Speedy, (Université d’Australie), préface de Bernard Brou 2007. 8. Quel ennui ! Essai philosophique et littéraire par Alain Jay, 2007. 9. Show Pacifique (Manou et nœud papillon). Témoignage par Gilbert Thong, préface de Marie Claude Tjibaou, 2007. 10. La France dans le Pacifique, les enjeux de la puissance, par Nathalie Mrgudovic, (Université, UK), préfacé par Michel Rocard, 2008. 11. L’oeil en coulisses. Mémoires de scène, par Régine Reyne, préface d’Annie Cordy, 2008.
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12. L’administration des affaires aborigènes en Australie depuis 1972. Thèse par Isabelle Auguste, (Université Réunion/Australie), 2008. 13. Le « Calédonien ». Roman de J. Poul, 2008. 14. Negropo rive gauche, le roman calédonien, par J.delatière, préface d’Hélène Colombani , 2008. 15. Segalen, l’Irruption de la langue tahitienne dans les Immémoriaux par Camille Coldrey, essai littéraire, (PF), 2009. 16. L’épopée fatale : le voyage de Surville (1769-1770) par John Dunmore, Prix Wattie du meilleur livre (traduit du NéoZélandais), 2009. 17. Les Terres de la demi-lune (Nouvelles), par Hélène Savoie, 2ème édition bilingue, présentée et traduite par Karen Speedy (Université de Macquarie, Australie), 2009. 18. Chaque nuage est nimbé de lumière, roman par Annick Le Bourlot, 2009. 19. Histoires fantastiques de Nouvelle-Calédonie, Tome 1. Le boucan par Gérard Devèze, 2009. 20. Archéologies interdites Eurasie-Pacifique, essai par Christian Navis, 2009. 21. Veriduria 2110, roman d’anticipation par Julien ALI, 2009.

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Ouvrages du même auteur sur le Pacifique
Aventures dans le Pacifique, Reed Wellington, 1967. French Explorers in the Pacific, 2 t., Oxford, 1965-1969. The Fateful Voyage of the St Jean-Baptiste, Pegasus, Christchurch, 1969. Les Explorateurs français dans le Pacifique, (trad. par Georges Pisier), 2 t., Editions du Pacifique, Papeete, 1978-1983. The Expedition of the St Jean-Baptiste, Hakluyt Society, Londres, 1981. Pacific Explorer: The Life of La Pérouse, Naval Institute, Annapolis, 1985. Le Voyage de Lapérouse, (co-auteur Maurice de Brossard), 2 t., Bibliothèque nationale de France, Paris, 1985 La Pérouse : Explorateur du Pacifique, Payot, 1986. Fragmens du dernier voyage de La Pérouse, 2 t., National Library, Canberra, 1987. New Zealand and the French, Heritage Press, Waikanae, 1990. Who’s Who in Pacific Navigation, University of Hawaii, 1991. The French and the Maori, Heritage Press, Waikanae, 1992. The Journal of Jean-François de La Pérouse, 2 t., Hakluyt Society, Londres, 1994-1995. Visions and Realities, France in the Pacific 1695-1995, Heritage Press, Auckland, 1997. A Chronology of Pacific History, Heritage Press, Auckland, 2000. Monsieur Baret : The First Woman around the World, Heritage Press, Auckland, 2002. The Pacific Journal of Louis-Antoine de Bougainville, Hakluyt Society, Londres, 2002. Storms and Dreams: Louis de Bougainville, Exisle, Auckland, Melbourne, 2003. La Peyrouse dans l’isle de Tahiti, Modern Humanities Research Association, Londres, 2006. Mrs Cook’s Book of Recipes for Mariners in Distant Places, Auckland, Melbourne, Londres, 2006. Where Fate Beckons : The Life of La Pérouse, Exisle, Auckland, 2006. La Vie de La Pérouse, (trad. par Didier Debord), Privat, Toulouse, 2006. From Venus to Antarctica : The Life of Dumont d’Urville, Exisle, Auckland, 2007.

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Remerciements
Nous remercions en particulier, Henri-François Buffet, l’historien de Port-Louis et l’auteur du “Voyage à la découverte du port-louisien Surville” paru dans les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne (1950), le docteur R.R.D. Milligan pour ses recherches dans le nord de la Nouvelle-Zélande et son article “Ranginui, Captive Chief of Doubtless Bay” paru dans le Journal of the Polynesian Society (1858), Derric Vincent pour ses travaux à Doubtless Bay (y compris une pièce de théâtre, “The Lilies Wither”, qu’il écrivit en 1975 pour commémorer le voyage), Kelly Tarlton pour ses recherches sous-marines, Isabel Ollivier et Cheryl Hingley pour leur édition d’extraits des journaux, et les divers archivistes de la Bibliothèque nationale de France, de l’Alexander Turnbull Library de Wellington, et des Archives nationales et de la Marine à Paris, Vincennes, Brest et Lorient, qui se sont toujours montrés prêts à me guider vers leurs nombreux dossiers ou à répondre aux questions. Mes plus grands remerciements également vont à Madame Hélène Colombani, chargée de mission pour le Livre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et directrice de cette collection, dont je salue le travail, pour avoir permis et soutenu cette édition en Français dans sa collection, pour son suivi éditorial et pour sa relecture complête de ma traduction, de même qu’au regretté Bernard Brou, Président et fondateur de la Société des Etudes historiques de Nouvelle-Calédonie, et à Madame Chantal Lescane, qui l’ont relu.

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Modèle d’un vaisseau semblable au St Jean-Baptiste.

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Avant-Propos
En 1752, Pierre de Maupertuis écrit sa célèbre Lettre sur le progrès des sciences. Lue et discutée à une réunion de l’Académie de Dijon, elle encouragea Charles de Brosses à continuer ses travaux et à terminer son Histoire des navigations aux Terres Australes. Elle parut en deux tomes en 1756 et fut traduite, ou plutôt John Callender se l’appropria et en fit cinq tomes, publiés à Londres en 1766-1768 sous le nom de Terra Australis Cognita. L’emprise espagnole sur l’Océan Pacifique, ce « lac espagnol » comme l’a baptisé l’historien australien Oscar Spate1, touchait à sa fin. De Brosses dans son livre faisait appel à la France : il y avait tellement à explorer, tellement à découvrir, la France ne devait pas l’ignorer. Callender, pour sa part, lançait le même appel à la Grande-Bretagne. Et les savants, partout en Europe, se mettaient de la partie. Le Siècle des Lumières brillait de tout son éclat. Les Encyclopédistes étaient en plein labeur, Rousseau écrivait ses Discours qui allaient remettre en question la structure sociale, Voltaire renchérissait, se moquant un peu des idées de Maupertuis, tandis qu’à Londres la Royal Society devenait de plus en plus puissante dans la sphère des savants et des hommes politiques anglais. Le Pacifique n’était plus un monde lointain, indifférent aux grandes puissances. Tout au contraire, il s’ouvrait à elles, avec toutes ses îles, grandes et petites, vraies ou imaginaires, ses continents et ses terres riches, encore mystérieuses, mais qui n’attendaient qu’à être conquises. De Brosses, homme méthodique, avait divisé l’Océan en trois parties, comprenant l’Australasie vers le sud-ouest, la Polynésie et sa multitude de petites îles, au centre, et la Magellanique du sud-est. Ce dernier nom a disparu, mais les deux autres, auxquels un jour Dumont d’Urville ajoutera la Mélanésie, ont survécu. De Brosses croyait fermement à l’existence d’un continent austral, nécessaire pensait-on au bon équilibre de la planète, si pleine de terres dans l’hémisphère nord. Il croyait aussi à ce que l’on appelait la Terre de Gonneville, découverte par un capitaine normand au début du seizième siècle, et que des

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