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La grande famine en Ukraine - Holodomor

De
218 pages
Ces contributions d'éminents chercheurs venant du monde entier (Canada, France, Italie, Pologne, Ukraine), reflètent l'état des recherches sur le Holodomor. Elles abordent notamment la question de la place de cette grande famine (1932-1933) dans l'histoire européenne et de sa qualification en tant que génocide.
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Italie, Pologne, Ukraine), réunies dans le présent volume, reflètent
l’histoire européenne et de sa qualification en tant que génocide.
LA GRANDE FAMINE EN UKRAINE - HOLODOMOR
Iryna Dmytrychyn
Connaissance et reconnaissance
Sous la direction de Iryna Dmytrychyn
Présence
Ukrainienne
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Dans sonApologie pour l’histoire, Marc Bloch affirmait que « L’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé. Mais – poursuit-il – il est peut-être pas moins vain de s’épuiser à comprendre le passé, si l’on ne sait rien du présent ».
C’est sous ce double signe du passé et du présent qu’a été placé le colloque qui s’est déroulé à Paris le 30 novembre 2013 à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et dont les actes constituent ce volume : faire le point sur ce que nous savons sur le Holodomor, la grande famine qui a sévi en Ukraine en 1932-1933 et la manière dont ces événements sont analysés aujourd'hui. Les contributions d’éminents chercheurs venant du monde entier (Canada, France, Italie, Pologne, Ukraine), réunies ici, reflètent l’état des recherches dans leurs pays respectifs sur le Holodomor.
Les présentations énoncées lors du colloque ont donné lieu à des discussions riches et intenses dont ces pages se font l’écho, notamment en ce qui concerne la qualification de génocide, qui semble faire débat pour les uns et ne fait pas de doute pour les autres, n’étant qu’une question d’interprétation (génocide de classe ou national) ou devant être traitée dans un contexte plus large de destruction des élites ukrainiennes. Non moins importante était la question de la place duHolodomordans l’histoire de l’Europe, son rôle dans les événements qui
ont suivi et ses leçons, sujet déjà bien entamé par Timothy Snyder, entre autres.
Cette journée de colloque a permis d’élargir notre champ de connaissance sur la famine et d’avancer dans sa compréhension. La présente publication viendra enrichir le corpus français des études sur leHolodomor qui n’est pas abondant. Elle en impulsera, espérons-le, d’autres vocations.
Je suis certaine aussi qu’au moins une fois au cours de cette journée, chacun a eu une pensée pour ces millions de personnes, victimes d’une idéologie meurtrière. Il n’est pas en notre pouvoir de remonter le temps, de soulager leurs souffrances et de modifier l’implacable réalité historique, mais il est en notre pouvoir et il est même de notre devoir de chercher à savoir ce qui s’est passé, d’établir la véritable histoire et de faire en sorte que ces souffrances ne soient pas niées, tues ou dénaturées. Alors peut-être, l’ange de l’histoire, cher à Walter Benjamin, pourra s’envoler l’esprit un peu plus léger.
Il y a trente ans, lorsque les premières réflexions sur la famine avaient commencé à être menées en Occident, Guillaume Mallaurie, un journaliste qui a beaucoup travaillé sur ce sujet, avait écrit dansLe Mondele 29 août 1983 qu’ « en frappant la nation ukrainienne dans ses forces vives, la famine artificielle de 1933 compromettait sa vocation pluriséculaire à devenir l’indispensable charnière entre l’Occident et l’Orient ».
Par un hasard de l’histoire, le colloque s’est déroulé le lendemain de la dispersion violente du rassemblement des étudiants sur la place de l’Indépendance, désormais connue sous le nom propre de Maïdan. Nul ne savait que l’Ukraine allait connaître une Révolution de la dignité suivie d’autres
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pages tragiques mais aussi admirables de courage, de solidarité et d’abnégation. Et cependant, les questions d’identité et de mémoire, dans l’Ukraine d’aujourd’hui, renvoient toujours au Holodomor, sa connaissance et sa reconnaissance, telle une douleur fantôme qui ne sera guérie que par les soins appropriés.
Je renouvelle ici mes mots de reconnaissance à tous les intervenants, mais aussi tous ceux qui ont contribué à la tenue du colloque : l’Ambassade de France en Ukraine, l’Association Française des Etudes Ukrainiennes, les éditionsNoir sur Blancqui ont édité en français les dépêches des diplomates italiens en poste en Ukraine à l’époque, mises en lumière par Andréa Graziosi, la Librairie polonaise, le Comité représentatif de la communauté ukrainienne de France, le Club de Kiev, Perspectives ukrainiennes et le Club littéraire ukrainien, mais aussi les interprètes qui ont travaillé bénévolement. Je remercie notre centre de recherche – le CREE – pour son aide à la publication, Maxime Deschanet pour la mise en forme et son implication dévouée dans la préparation de ce volume ainsi que Nadine Kobylko pour son aide précieuse, discrète et efficace.
J’avais dédié à l’époque le colloque à la mémoire de James Mace qui avait consacré une partie de sa vie à la reconnaissance de la famine-génocide ukrainienne, venu à Paris en parler dix ans plus tôt et qui nous a quittés depuis. Mais aussi à ces milliers d’Ukrainiens, jeunes pour la plupart, étudiants, qui engageaient à ce moment même un bras de fer avec le régime au nom de l’avenir européen de leur pays. Je souhaite aujourd’hui y associer la lumineuse mémoire de Nathalie Pasternak dont ce furent aussi les combats.
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Iryna Dmytrychyn