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La vie musicale à Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale

De
270 pages
Pendant l'Occupation de Nantes les autorités allemandes encouragèrent les représentations lyriques et les concerts. A partir du 19 juin 1940, se divertir prit alors de multiples facettes : cafés-concerts, music-hall, musiques militaires françaises ou allemandes. Quelle fut l'influence de l'Occupation sur la vie musicale nantaise pendant la Seconde Guerre mondiale ? Quelle attitude adopta la population vis-à-vis de la programmation proposée ?
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Musiques et Champ social
MichelleBOURHIS
La vie musicale à Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale
La vie musicale à Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale
Musiques et Champ Social dirigée par Anne-Marie Green  Lestransformations technologiques depuis cinquante ans ont bouleversé la place de la musique dans la vie quotidienne. Celle-ci est actuellement omniprésente tant dans l'espace que dans les temps sociaux, et ses implications sociales ou culturelles sont si fortes qu'elles exigent d'être observées et analysées. Cette série se propose de permettre aux lecteurs de comprendre les faits musicaux en tant que symptômes de la société. Dernières parutions Eva VILLAR,Le voyage salsa. Une danse de société par et pour la pluralité, 2012. Guy DUBOIS,Les chansons de cow-boys. Etude sociohistorique, 1840-1910, 2012. Michelle BOURHIS,La musique de chambre à Nantes entre les deux guerres, 2011. Cristina BARBULESCU, Lesopéras européens aujourd’hui : comment promouvoir un spectacle ?, 2011.E. BOUTOUYRIE,La musique techno. Une approche sociogéographique, 2010. Jacob ETIENNE,Les Bals populaires des Antillais en région parisienne, 2010. Antoine PÉTARD,L'improvisation musicale. Enjeux et contrainte sociale, 2010. Gérard REGNIER,Jazz et société sous l’Occupation, 2009. Stéphanie MOLINERO,Les publics du rap, 2009. Alfred WILLENER,Le désir d’improvisation musicale, 2008. Vincent SERMET,Les musiques Soul et Funk, 2008. Aude LOCATELLI et Frédérique MONTANDON,Réflexions sur la socialité de la musique, 2007. Gaston M’BEMBA-NDOUMBA,La femme, la ville et l’argent dans la musique congolaise, 2007. Stéphane FRANÇOIS,La musique europaïenne, 2006. Jedediah SKLOWER,Free jazz, la « catastrophe féconde ». Une histoire du monde éclaté du jazz en France (1960 – 1982), 2006. Anne-Marie GREEN,De la musique en sociologie, 2006. Florent BOUSSON,Les mondes de la guitare, 2006. Anne ROBINEAU et Marcel FOURNIER (dir.),Musique, enjeux sociaux et défis méthodologiques, 2006. Elisabeth CESTOR,Les musiques particularistes, 2006. Sylvie SAINT-CYR,Vers une démocratisation de l’opéra, 2005. Sylvie SAINT-CYR,Les jeunes et l’opéra, 2005. Christophe APPRILL,Sociologie des danses de couple,2005. Thomas KARSENTY-RICARD,Dylan, l’authenticité et l’imprévu, 2005. Michaël ANDRIEU,De la musique derrière les barreaux, 2005. Damien TASSIN,Rock et production de soi, 2004. Stéphane HAMPARTZOUMIAN,Effervescence techno, 2004.
Michelle Bourhis
La vie musicale à Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale
Du même auteur La musique de chambre à Nantes entre les deux guerres, L’Harmattan, 2011.
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02762-3 EAN : 9782343027623
Pour ma mère qui eut le courage de résister en toute discrétion
INTRODUCTION Les photos prises à Nantes le 19 juin 1940 montrent une ville aux rues presque vides dans lesquelles les rares passants ne semblent pas voir ni accorder d’importance aux automitrailleuses et aux camions militaires envahissant les artères de la cité. L’armée allemande s’installe pour plus de quatre années. Deux jours plus tard le drapeau à croix gammée est hissé au balcon du onzième corps d’armée, place Foch, bâtiment prestigieux du dix-huitième siècle devenu le siège de la Feldkommandantur. A travers le monde, à toutes les époques, officielle ou cachée, on sait que la musique ne disparaît pas lors des conflits. Le titre de notre ouvrage met en lumière deux expressions en apparence contradictoires: vie musicale et guerre. Il conviendra de définir chacune d'elles. Comment une vie musicale est-elle possibledans une ville occupée? En quoi consiste cette vie musicale ?Va-t-on continuer à se distraire, à se rendre au Théâtre Graslin, cœur des activités artistiques? A assister aux spectacles lyriques et aux concerts symphoniques, aux soirées de musique de chambre et aux divers récitals? A fréquenter les cinémas, les cabarets, le music-hall ? Les sociétés chorales, les harmonies et les fanfares vont-elles pouvoir se produire? Le conservatoire fonctionnera-t-il? La pratique amateur, l’audition de disques perdureront-elles ?Tout ce qui constitue la vie musicale va-t-il être mis en sommeil ? Quelle est l’intensité de cette vie musicale ? Écouter et pratiquer la musique dans une ville occupée est-il possible ? Pourquoi avoir choisi d’étudier le phénomène à Nantes ? C’est une ville de moyenne importance, de deux cent mille habitants environ, au riche passé portuaire, à l’activité industrielle conséquente parmi lesquelles les conserveries alimentaires: raffineries de sucre, biscuiteries, mise en conserve des poissons et transformation des produits agricoles locaux chez Amieux, Cassegrain, Saupiquet, chocolateries, rizeries, fabrication de tapioca et de pâtes alimentaires.La métallurgie, la fabrication de boîtes de conserves et de matériel agricole, l'industrie chimique (soude, savonneries, engrais), la manufacture des tabacs sont actives. Les fonderies de la Basse-Loire et les constructions ferroviaires s'ajoutent aux constructions navales. Nantes possède une tradition musicale: des sociétés de concerts, une activité de musique de chambre, un conservatoire qui s’enorgueillit d’être une succursale du conservatoire national de Paris. Les groupements chorals, les revues de music-hall, les cafés-concerts vont-ils disparaître? Dans une
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ville occupée puis bombardée, quelle sera l’évolution de la vie musicale? Quel sera l’impact de la guerre sur la société ? Le goût musical va-t-il se modifier ?Observe-t-on des attitudes conservatrices ou évolue-t-on vers le modernisme ?Y a-t-il, en cette période troublée, une politique de la musique ? Quelle est la situation des musiciens ? La musique peut-elle avoir une fonction politique, voire une fonction de propagande ? Si beaucoup d’ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale ont vu le jour, il en existe peu s’attachant à décrire la vie culturelle pendant cette période et encore moins consacrés à l’activité musicale dans les villes de province.La 1 vie musicale sous Vichysouligne bien cet état de fait. « La vie culturelle des années noires a suscité depuis une vingtaine d'années des études historiques essentiellement centrées sur la littérature, les arts plastiques, le théâtre, le cinéma. Évoquée de manière anecdotique, la musique est demeurée absente de ce champ de recherche jusqu'à la constitution en 1995 d'un groupe de recherche pluridisciplinaire, composé de musicologues, d'historiens. » 2 La vie culturelle sous Vichypublié sous la direction de Jean-Pierre Rioux décrit une société qui continue à assister aux diverses manifestations artistiques malgré le nouveau contexte historique. Gilles et Jean-Robert Ragache font de même dansLa vie quotidienne des écrivains et des artistes 3 sous l’Occupation. Les textes réunis par Myriam Chimènes dansLa vie musicale sous Vichygroupés sous quatre rubriques. La première, sont « Politiques »,s’intéresse à la politique musicale sous Vichy et au rôle d’Alfred Cortot, à la SACEM, aux hymnes chantés pendant le gouvernement de Vichy, au rôle de la musique dans la propagande nazie. La seconde s’attache à parler des institutions: théâtres lyriques, conservatoire, musées, ainsi qu’aux commandes de Vichy et au statut des juifs au conservatoire. Dans la troisième partie, « pratiques et diffusion »,les auteurs examinent les JMF, les associations symphoniques à Paris, la radio, les enregistrements de disques, le chant dans les mouvements de jeunesse, le cinéma, le jazz, les musiciens et la Résistance.Composer sous Vichy,Yannick Simon, de développe un des points de l’étude précédente, nous faisant parcourir une activité qui s’étend de « la drôle de guerre » à l’Occupation, la Résistance et l’épuration. La vie musicale ne se limite pas à Paris et les historiens s’appliquent aussi à étudier l’impact de la guerre sur les villes de province. La quatrième partie de l’ouvrage dirigé par Myriam Chimènes réunit des textes observant
1. Myriam CHIMÈNES, « Introduction »,La vie musicale sous Vichy,CHIMÈNES, Myriam,(dir.),Bruxelles, Éditions Complexe, 2004, p.17. 2. Jean-Pierre RIOUX, (dir),La vie culturelle sous Vichy,collection Questions au vingtième siècle, Bruxelles, Complexe, 1990, 412 p.3.Gilles et Jean-Robert RAGACHE,La vie quotidienne des écrivains et des artistes sous l'Occupation, Paris, Hachette, 1988, 348 p.
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4 Rennes, Bordeaux, Marseille, Vichy. Angers est évoqué par Yannick Simon dans « La vie musicale à Angers pendant la Seconde Guerre mondiale. » Mais, à notre connaissance, Nantes n’a pas fait l’objet d’études approfondies. La vie musicale à Nantes entre 1939 et 1945 est brièvement décrite en une dizaine de pages dansLa collaboration en Loire-Inférieurede 5 Christophe Belser . La documentation concernant la musique à Nantes durant la période 1939-1945 n’est guère abondante. On trouve une mince 6 brochure du Chanoine Courtonne ,Un siècle de musique à Nantes 1850-7 1950,la guerre n’y est jamais citée. La plaquette maiséditée pour les cent cinquante ans du conservatoire de Nantes, en 1996, mentionne les déménagements successifs de l’établissement et quelques autres renseignements fragmentaires. Des monographies sont consacrées à un 8 compositeur nantais ayant vécu à cette période, Claude Guillon-Verne . On trouve aussi des biographies résumées de musiciens nantais dans un numéro 9 10 de la société archéologique . Gabriel Biaua consacré son mémoire de master 2 à Guillon-Verne. Le petit-fils de Ladmirault a publié un ouvrage 11 Paul Ladmiraultqui se signale surtout par une riche iconographie. Le 12 conservatoire de Nantes possède un tapuscritconcernant l’influence de la musique bretonne sur les œuvres de Paul Ladmirault. EnfinGraslin, Nantes 13 et l'opérade Patrick Barbierne consacre que deux pages auxannées 1939-1945.
4»,La vie musicale à Angers pendant la Seconde Guerre mondiale. Yannick SIMON, « Archives d'Anjou,2 (décembre 1998), p. 189-204. 5.Christophe BELSER,La Collaboration en Loire-Inférieure 1940-1944, La Crèche, Geste Éditions, 2005, 2 vol., 357-359 p.6.Marcel COURTONNE,Un siècle de musique à Nantes et dans la région nantaise 1850-1950, Nantes, Imprimerie armoricaine, 1953, 144 p.7. Caroline LEHO et Georgina MOSCOVITCH,Conservatoire de Nantes,cent cinquantième anniversaire,Nantes-CNR-Intégrales, 1996,135 p. 8. Patrick,BARBIER, «Un grand compositeur nantais oublié: Claude Guillon-Verne, in Cahiers de l'académie de Bretagne et des Pays de la Loire, 1994, p. 9-16.Maurice, POTÉ,Guillon-Verne, ClaudeDrogenbos, Imprimerie des Papeteries Catala, 1963, 19 p.9. F. GUÉRIF, Théodore LENOIR, Maurice POTÉ, Jacques LECHAT, «Les compositeurs nantais »,Les annales de Nantes,n° 194, quatrième trimestre 1979, pages 16-30. 10.Gabriel BIAU,Claude Guillon-Verne (1879-1956) compositeur nantais,Mémoire de master 2, Université Rennes 2, 2006, 2 volumes, 197-145 p.11. PaoligLADMIRAULT,Paul Ladmirault, compositeur (1877-1944), Nantes, Coiffard Libraire Éditeur, 2010, 95 p.12. JosephLE FLOCH,Paul Ladmirault, musicien breton : recherche d'une synthèse entre musique populaire et musique savante,Mémoire deMaîtrise d'histoire de la musique, université de Poitiers, 1976, 159 p.13. PatrickBARBIER,Graslin, Nantes et l'opéra,Nantes, Coiffard Libraire Éditeur, 1993, 143 p.
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