Labyrinthe algérien

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Labyrinthe algérien s'ouvre par une expérience personnelle de l'auteur, affecté comme enseignant en 1960 dans un village du Sersou algérien. Le récit invite à découvrir, à travers des récits, témoignages et textes rares, une Algérie méconnue, et des personnages tombés dans l'oubli : hardis corsaires de l'époque ottomane, femmes héroïques des Hautes-Plaines, seigneurs du Sud admirés ou humiliés par les officiers français, condamnés politiques et réfractaires français déportés dans les bagnes...
Publié le : mardi 1 mars 2016
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EAN13 : 9782140002861
Nombre de pages : 488
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intrépides faisant face à l’Inîdèle, femmes héroïques des Hautes-Plaines dont la
les ofîciers français ; mais aussi d’autres personnages restés dans l’ombre : condamnés politiques et réfractaires français déportés dans des bagnes, exilés et prisonniers italiens de la Seconde Guerre mondiale… Il souligne le combat d’aventureux Niçois comme Garibaldi, Sappia et Beghelli qui, tous trois, fustigèrent la colonisation.
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Maurice Mauviel
LABYRINTHE ALGÉRIEN
Passé masqué, Passé retrouvé
Labyrinthe algérien
EDITIONS L’Harmattan COLLECTION « ESPACES INTERCULTURELS » Directeurs de collection : Emmanuel JOVELIN et Claudio BOLZMAN La conjoncture mondiale dans laquelle nous vivons rend la question des contacts et des relations entre les cultures plus actuelle que jamais. «ESPACES INTERCUL-TURELS», collection del’Association pour la Recherche Interculturelle (ARIC),créée depuis 1995, vise à prendre place dans la confrontation d’idées et des débats actuels, en privilégiant les perspectives pluridisciplinaires. Elle publie des travaux de qualité présentant des descriptions et analyses de recherches intercultu-relles, des articulations entre recherche et pratique, des réflexions théoriques, des synthèses, des monographies et des actes des congrès et colloques de l’ARIC. La collection publie des travaux traitant des thèmes suivants : Les phénomènes liés aux contacts entre les groupes socio-culturels ; les conditions d’existence des socié-tés multiculturelles ; l’articulation entre les différents niveaux d’approche, et égale-ment de la confrontation internationale des points de vue, des théories et des pra-tiques ; les contacts entre personnes ou entre groupes sociaux se réclamant de cul-tures différentes et processus de changements individuels et collectifs résultant de ces contacts au sein d’une société ou d’un Etat, ou entre sociétés et Etats etc. Comité de lecture Michèle VATZ LAROUSSI (Université de Sherbrooke, Canada) Tania OGAY (Université de Fribourg, Suisse) Aline GOHARD (Université de Fribourg Suisse) Claudio BOLZMAN (Haute école de Genève-Université de Genève, Suisse) René MOUKONKOLO (Université de Tours, - France) Mohammed LAHLOU (Université de Lyon France) Anne Françoise DEQUIRE (Université catholique de Lille/Institut social Lille Vau-ban) Hédi SAIDI (Université catholique de Lille/Institut social Lille Vauban) Gina THESEE (Université du Québéc, Canada) Emmanuel JOVELIN (université catholique de Lille/Institut social de Lille France) Mourad KAHLOULA (Université d’Oran, Algérie) Fabienne RIO (Université Paris 8, IME, France) Elaine COSTA FERNANDES (université de Récife, Brésil) Anna ELIA (Université de Calabria, Italie) Jean FOUCART (Haute Ecole Européenne Charleroi, Belgique) Reinaldo FLEURI (Université Fédéral de Santa Catarina, Florianoplois, Brésil) Marie Antoinette HILLY (université de Poitiers, France) Geneviève VERMES (Paris 8, France) Nicole CARIGNAN (Université du Québec, Montréal)
Maurice Mauviel
Labyrinthe algérien Passé masqué, Passé retrouvé
Autres ouvrages de l’auteur : Un Garibaldien niçois Fils du Printemps des Peuples: Giuseppe Beghelli,Éditions Wallâda, 2006. L’Incroyable Odyssée d’Henri Sappia Conspirateur et agent secret sous le Second Empire,Éditions Wallâda, 2006. L’Incroyable Odyssée d’Henri Sappia Conspirateur et agent secret sous le second Empire, édition revue et augmentée, Éditions Wallâda, 2007. En collaboration avec Elso S. Serpentini,Enrico Sappia cospiratore e agente di Mazzini, Artemia edizioni, Mosciano Sant’Angelo (Abruzzes), 2009. L’Histoire du concept de culture, le destin d’un mot et d’une idée,Éditions L’Harmattan, Collection « Logiques sociales », 2011. Montherlant et Camus anticolonialistes, Éditions L’Harmattan, Col-lection Tran-Diversités, 2012. Collaboration à l’essai de Gianluigi Alzona :Battistina e la Piccola Anita. Due donne sullo sfondo dell’Epopea Garibaldina, Paolo Sorba editore, La Maddalena (OT), Sardaigne, 2013. © L'HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08292-9 EAN : 9782343082929
À la mémoire de Germaine Tillion, dont les œuvres inspirent tout ce que j’écris sur l’Algérie Plus j’entends les débats des grands experts sur l’Algérie, moins j’y trouve la complexité telle que je l’ai vécue. Jean Daniel,Le Nouvel-Observateur, 13-19 novembre 2007 Chaque génération a ses mœurs, ses types, ses préjugés, ses vertus et ses vices, ses exaltations et ses bassesses, ses croyances et ses incroyances, ses idolâtries et ses haines. Et tout cela, si les derniers survivants ne prennent soin d’en accrocher quelques lambeaux au passage, s’en va se perdre dans la fosse commune où chaque siècle pousse ses enfants et ses morts. C.T. de Falon (pseudonyme de Corneille Trumelet), Membre de la Société des Gens de Lettres. (Texte mis en exergue àUn drame pour un cheveu(trois volumes), Oran, Imprimerie ad-ministrative et commerciale des Ouvriers réunis éditeurs, 20 rue d’Orléans, 1881.) Mais entre les yeux et la vie, notre mémoire tend le voile inécartable du Temps. Ils ne voient rien de la vie qui passe, et leur regard d’autrefois ne s’adresse qu’aux choses d’autrefois que nous avons connues (dont beaucoup sont déjà détruites sur la terre et n’existent plus, elles aussi, que dans l’asile des mémoires fidèles). Marcel Proust, lettre à sa mère, peu après le 2 juin 1905
Avant-propos
Voici un ouvrage passionnant. Le lecteur épris de vérité sera saisi par le fait qu’il questionne une mémoire et la restitue avec rigueur en prenant appui sur des documents précieux dont certains sont rares ou introuvables. C’est aussi un travail qui rend compte de faits peu connus et d’une expérience vé-cue singulière. À l’heure où un travail de mémoire semble se faire avec plus ou moins de bonheur et de fidélité à l’Histoire et à la guerre d’Algérie, de l’autre côté de la Méditerranée, Maurice Mauviel, en véritable « témoin du siècle », vient lever le voile sur une part de« l’amnésie historique», sur un débat dont Jacques Berque disait qu’il était trop simplifié au lendemain de l’indépendance. L’auteur y conjugue l’authenticité et l’érudition, au passé et au présent, décrit des faits de guerre, les rattache à l’histoire et à de nombreux écrits d’auteurs dont Guy de Maupassant, Marcel Proust, Albert Camus, Albert Lentin et tout particulièrement Jean Pélégri qui l’a profondément marqué ainsi que bien d’autres défenseurs du Droit et de la mémoire de l’Histoire. Les dimensions historique, psychologique et anthropologique caractérisent tous les récits rapportés où affleurent la sensibilité de l’auteur et un attache-ment profond à l’Algérie. C’est « l’Algérie de l’intérieur », très peu ou pas connue, qui recèle dans une large mesure le secret de cette mémoire occultée. L’expression de Ger-maine TillionOn ne prépare pas l’avenir sans éclairer lepassé, prendra alors tout son sens Seize mois vécus dans un village des hautesplaines algériennes. Seize mois dans le Sersou, une belle région agro-pastorale longtemps traversée par les nomadespour la transhumance, au mépris des dangers ; le Sersou dont il est ditque son nom est composé de deux mots :esser(avance !)etessou(si-lence). Sur cettepériode l’auteur se confie, il se confie aussi sur l’attachement qui le lie à cepays et lui a faitprendre conscience de lapleine valeur de l’expérience transculturelle, celle qui ne trouve son sens que dansle dépas-sement de sapropre culture, lorsque les liens se tissent etque mutuelle-ment on s’apprivoise. Ce n’est pas un hasard si bien des années plus tard Maurice Mauviel sera un des membres fondateurs de l’Association Internationale pour la Re-cherche interculturelle (ARIC) fondée en 1985 à Genève.
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Affecté en 1960 comme enseignant, l’auteur avait été confronté à une réalité allant à l’encontre d’idées reçues sur la guerre en Algérie. Dans ce village perdu, il va rencontrer l’humain : la simplicité et la générosité de gens qui ont du cœur, mais aussi la misère et le dénuement. Il n’omet rien de l’expérience vécue : de l’amour qu’il portait, qu’il porte toujours à cette con-trée, à sa population qui le lui rend bien, à ses villages autrefois de simples « lieux dits » jusqu’aux descriptions des riches demeures des colons bien installés. Le texte est riche, vrai, l’âme vulnérable. Les villages offrent des noms évocateurs : la source des perdrix (ain lahdjel),la source des colombes (ain lehmam),Hassi el bared(le puits froid), la source de la tortue (ain elfe-kroun) et les ‘koubbas’ nombreuses où sont enterrés apôtres et autres saints venus d’horizons divers apporter la bonne parole à ces populations presque coupées du monde. Tant de secrets habitent ces vastes plaines où les villages portent des siècles d’existence. L’enseignant nous introduit dans son école, il nous in-troduit aussi discrètement dans les foyers : un monde totalement inconnu avec sa singularité, ses coutumes, ses traditions à respecter et parfois ses malheurs. Tout cela est décrit avec rigueur par l’auteur qui par ailleurs a vécu de nombreuses années à Alger. L’expérience de l’intérieur a pris le pas sur celle de la capitale parce qu’elle recèle simplement la vérité. Une vérité qu’il n’est pas souvent aisé d’admettre et qui est sa principale préoccupation :essayer de montrer que c’est encore bien difficile, tant pour les Algériens que pour les Français, d’aborder cette chaleur sous la coloniale tout en condamnant sans réserve le système colonial lui-même. Le choix des illustrations estjudicieux. L’évocation de laNezlaou transhumance semble pousser vers la régression, vers des temps oubliés, l'atmosphère estpaisible etparaît ouatée. Est-ce l'absence de l'hommequi lui confère cette atmosphère de fragilité en même tempsqa? On ue de force aussi l'impressionque l'homme et la nature se fondent. Les deuxgénérations qui y sont représentées évoquent une perspective, un sens, quelque chose que rien ne vient altérer. Même vus de dos, lespersonnages savent très bien où aller, et leur chemin est tout sauf un labyrinthe ; le labyrinthe estpour les autres, ceux qui ne connaissent pas la route, ceux qui n'ont jamais su mais qui s’évertuent à créer le chaos. 1 Fatima Moussa-Babaci Juillet 2015 1 Professeure, Université d’Alger 2. Présidente de l’Association Internationale pour la Recherche Interculturelle (ARIC.)
Introduction
Dans mon essai précédent, j’ai relaté ma silencieuse découverte de l’anticolonialisme d’Henry de Montherlant depuis une première lecture d’Un Amour de la Rose de sable,extrait d’un roman dont j’avais attendu impa-tiemment la parution.Je résidais à Alger au lendemain de l’Indépendance de l’Algérie lorsque j’ai pu enfin prendre connaissance deLa Rose de sabledans son intégralité. C’était en 1969. De nombreuses années devaient encore s’écouler avant que j’entreprenne un examen des écrits anticolonialistes d’Henry de Montherlant de 1927 à 1932, totalement oubliés.
J’entre en scène après avoir longtemps hésité, conscient que le lecteur d’aujourd’hui éprouvera peut-être des difficultés à pénétrer un monde deve-nu étranger àl’air du temps.
Une lettre de Mourad Bourboune à Jean Pélégri a conforté ma décision. Accusant réception desÉtés perdus12 juillet 1999 il remerciait son ami le en ces termes :
Tu as rappelé tout ce contexte des ombres que l’on ne voyait plus depuis cin-quante ans, tu les as remises en plein soleil avec leurs joies et leurs peines d’hommes et de femmes, tu les as rétablies dans l’Histoire de ce pays où elles ont leur place pour toujours, cessant d’être des ombres pour devenir 2 des morts parmi les morts.
Grande est ma dette envers l’auteur desOliviers de la justice. Je me suis efforcé de m’inspirer de son exceptionnelle sincérité et d’éviter tout mani-chéisme. Sincérité qui l’incite à ne pas dissimuler ses déchirements et, par-fois, à livrer de discrètes confidences personnelles. Quittant sa Mitidja natale pour m’enfoncer dans les Hautes-Plaines steppiques, je me suis attaché à remettre en lumière des ombres oubliées depuis beaucoup plus longtemps que celles évoquées par Mourad Bourboune.
Le texte de Pélégri qui suit pourrait me servir d’introduction car je cul-tive, quasiment sans trêve depuis mon séjour dans un petit village du Sersou, une obsession de l’Algérie qu’on retrouvera à chaque page de ceLabyrinthe.Obsession/confession ? Les deux peut-être :
2 Lettre inédite que Dominique Le Boucher, que je remercie, m’a autorisé à publier intégralement dansMontherlant et Camus anticolonialistes, Paris, L’Harmattan, 2012, p. 170.
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