Le terroir du Bélédougou

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Cet ouvrage est un vade-mecum pour tous ceux qui s'intéresseraient à cette partie du Grand Mali, le territoire du Bélédougou. Il comble en partie l'absence d'études sur cette région historique et culturelle du centre du Mali. L'auteur s'est nourri des archives de l'administration, de visites de terrain, de la consultation de personnes, témoins ou acteurs des événements, pour livrer un document précieux à la connaissance de ce territoire, de son histoire et de ses habitants.
Publié le : mardi 1 mars 2016
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EAN13 : 9782140003660
Nombre de pages : 342
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Mamadou Issa TAPO
Le terroir du Bélédougou
Un pays, des hommes, une civilisation Le terroir
Cet ouvrage n’est ni un roman, ni une chronique, encore moins une œuvre du Bélédougou littéraire. Il ambitionne plutôt d’être un vade-mecum pour tous ceux qui
s’intéresseraient à cette partie du Grand Mali, le territoire du Bélédougou.
Il comble en partie l’absence d’études et d’ouvrages sur cette région historique Un pays, des hommes, une civilisationet culturelle du centre du Mali.
Dans la lignée des administrateurs territoriaux de l’époque coloniale qui
s’attelaient à la rédaction de la monographie de la circonscription dont ils avaient
la charge, Mamadou Issa Tapo s’est nourri des archives de l’administration,
de visites de terrain, de la consultation de personnes, témoins ou acteurs
des événements, pour livrer un document précieux à la connaissance de ce
territoire, de son histoire et de ses habitants.
Mamadou Issa TAPO est né en 1947 à Ouahigouya (Burkina
Faso). Il a fréquenté l’école coranique dans le vestibule des Imams
KONAKE de la grande mosquée de Komoguel. Il t ses études à
l’École nationale d’administration, études supérieures sanctionnées
par un diplôme en Administration Publique.
Son parcours professionnel, très riche, l’a amené à exercer plusieurs
fonctions administratives à travers les différents échelons de la
pyramide de l’Administration territoriale. Il a été gouverneur de la région de Koulikoro
de janvier 2005 à février 2008, puis gouverneur de la région de Sikasso de février
2008 à mars 2011.
Il est Of cier de l’Ordre National du Mali depuis janvier 2009.
Essai monographique
Préface d’Agota Kristof
Illustration de couverture : Chasseur bambara,
Mamadou Issa Tapo
ISBN : 978-2-343-07515-0
29
Le terroir du Bélédougou
Mamadou Issa TAPO
Un pays, des hommes, une civilisation















Le terroir du Bélédougou
Un pays, des hommes, une civilisation

















Mamadou Issa Tapo























Le terroir du Bélédougou
Un pays, des hommes, une civilisation









Préface d’Agota Kristof
































































































































Éditions Nema




© L’Harmattan, 2016
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07515-0
EAN : 9782343075150
PREFACE
Une des tâches prioritaires à laquelle s’attelaient les Administrateurs
Territoriaux de l’époque coloniale était bel et bien la rédaction de la
Monographie de la Circonscription dont ils avaient en charge l’administration.
En dépit de la précarité des moyens de travail dont ils disposaient à
l’époque (moyens de communication et de transport), ce travail trouvait quand
même une place, et pas des moindres, dans leur programme de travail et de
séjour.
A l’avènement de l’indépendance, la relève a été progressivement faite par
les nationaux. Ainsi, les premières années de l’indépendance ont été
caractérisées par la faiblesse quantitative des ressources humaines, et surtout
par l’insuffisance de qualification professionnelle des agents dont certains se
sont vus confier des tâches pour lesquelles ils n’avaient pas été suffisamment
préparés, par rapport aux exigences nouvelles nées de l’existence d’un État
souverain.
Sans être très catégorique dans mon assertion, l’administration du territoire
(à travers les Résidences, les Subdivisions, les Arrondissements, les Cercles)
fut celle qui avait été frappée de plein fouet par cette ″ mutation imposée par
la force des choses ". La principale caractéristique de ce nouveau corps des
Administrateurs Territoriaux était le manque d’homogénéité, tributaire du
″ déficit d’Administrateurs-maison ″, car il a été longtemps fait appel aux
agents d’autres corps comme l’Education, la Santé humaine et animale, par
exemple.
Confrontée à de multiples problèmes de démarrage, la nouvelle race
d’Administrateurs Territoriaux, me semble-t-il, n’a pas retrouvé la place qui
revenait à l’élaboration des documents de monographie ou à la consolidation
des acquis par la poursuite et l’approfondissement des recherches.
Eu égard à tout ce qui précède, l’initiative heureuse prise par l’auteur du
livre "Le TERROIR du BÉLÉDOUGOU ″…est à saluer, même si l’œuvre tire
son origine de l’exécution d’une tâche administrative demandée à l’époque
(1987) par la hiérarchie de l’intéressé.
J’adresse donc de vives félicitations à l’auteur et exhorte ses cadets à lui
emboiter le pas car, de l’accession de notre pays à l’indépendance à nos jours,
si quelques cadres issus des nombreuses générations d’Administrateurs
Territoriaux qui se sont succédé (Chefs de Subdivision, Chefs
d’Arrondissement, Commandants de Cercle, Gouverneurs de Région et
membres de leurs Cabinets), si seulement quelques-uns, dis-je avaient écrit
sur leur vécu du terrain, le département de l’Administration Territoriale serait
aujourd’hui l’un des plus riches en archives, des " archives vivantes et
parlantes ".

7 « Tout être humain est né pour écrire un livre ! Un livre génial ou un livre
médiocre, peu importe, mais celui qui n’écrira rien est un être perdu, il n’a fait
que passer sur la terre sans laisser de trace. »
Agota Kristof, romancière d’origine hongroise, née le 30 Octobre 1935 en
Hongrie. Ecrivain connue et récompensée maintes fois pour son œuvre
romanesque, est morte le 27 Juillet 2011 à Neuchâtel, en Suisse.
8 IN MEMORIAM
A travers la rédaction de cet essai monographique, mon premier et modeste
ouvrage, je rends grâce à ALLAH, Dieu de la Terre et des Cieux, et implore
sa clémence pour saluer la mémoire d’un homme, celui qui fut et qui restera
toujours pour moi un modèle : j’ai nommé feu mon père ISSA, arraché à mon
admiration et à mon affection et à l’affection de toute la famille, au cours de
mes études supérieures, en pleine période d’examen.
Diplômé de l’Ecole Normale William PONTY de Dakar en Juillet 1922
avec la mention " Assez Bien″ de la Section Générale, ce pur produit de
l’Administration coloniale qui, au cours de sa carrière portera le grade de
Commis Hors Classe des Services Administratifs, Financiers et Comptables
de l’AOF, a servi au Soudan et en Haute-Volta (dans les villes de Tougan et
Ouahigouya), en qualité d’Agent Spécial (fonction de Percepteur plus tard).
Dans son pays natal, le Soudan, il a surtout exercé dans les services
financiers de Koulouba où ceux qui l’ont connu ont retenu de lui son caractère
du bon travail et sa grande passion pour les motos de grosse cylindrée de
l’époque. Après Koulouba, la ville de Mopti fut la seconde localité où il a
exercé, toujours dans les Finances, occupant les postes d’Agent Spécial, de
Sous-Ordonnateur et de Directeur Administratif de l’Hôpital Régional d’où il
fut admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Sur le plan politique, il a milité au P.S.P (Parti Progressiste Soudanais) et
occupé le poste de Trésorier Général de l’organe de Mopti dirigé par
Mamadou Badjiri DIA. Fily Dabo SISSOKO, au verso d’une photo de groupes
(année malheureusement non portée) avait apposé sa signature sous la
dédicace suivante : ″ A mon brave Issa Tapo. Amicalement. "
Fervent musulman, il effectua quatre fois successivement le pèlerinage aux
Lieux Saints de l’Islam faisant profiter de cette aubaine épouses et sœurs.
Cet homme fut pour moi un véritable précepteur qui aura marqué d’un
sceau indélébile ma tendre enfance et une bonne partie de mon adolescence.
A l’époque où j’étais le seul garçon présent dans la famille (l’aîné absent pour
des raisons d’études en Métropole et celui le suivant décédé à la fleur de l’âge
des suites d’une morsure de chien enragé) parmi plusieurs grandes sœurs et
une nièce, il veillait dans les moindres détails sur mon éducation (habitudes
alimentaires : interdiction de consommer certains repas comme les crèmes ou
bouillies de riz ; habillement : observation en cas de port de chemise dont les
boutons ne sont pas mis ; distractions et fréquentations : interdiction formelle
d’aller au cinéma ; et plus tard mes études), fondant son intransigeance sur la
conviction qu’un garçon est appelé un jour ou l’autre à quitter le toit paternel
et doit être préparé à devenir l’homme de demain. Cette éducation spéciale fut
de moi et pendant longtemps un garçon timide et taciturne, mais qui aura
beaucoup appris dans l’école de la vie.
9 C’était un peu comme « l’Education des enfants à Spartes ». Dans cette
ville de la Grèce antique où le but du législateur "…était de montrer qu’on
peut acheter une gloire et un plaisir durables au prix d’une douleur passagère.
Une autre instruction à retirer de là, c’est que dans les occasions où il faut de
la célérité, l’homme indolent, avec beaucoup de peines, ne se procure aucun
avantage".
Plus tard, à travers les vicissitudes de la vie, j’ai compris que loin d’une
méchanceté, mon père me préparait à être un homme, un homme qui saura
affronter seul les difficultés ou les obstacles quels que soient leur genre ou
leur origine. J’ai souvent regretté de n’avoir pas pu lui dire « BABA (comme
on l’appelait affectueusement mes sœurs et moi) tu avais raison de m’avoir
″ serré ". »
Dors en paix, BABA, et que ta mémoire reste toujours pour moi une torche
qui continuera d’éclairer mon chemin.
AMEN.
10 AVANT PROPOS
Le présent ouvrage se veut un ESSAI MONOGRAPHIQUE. Il n’a pas la
prétention de cerner de façon exhaustive les thèmes qui y sont traités. En effet,
loin d’être un spécialiste, j’ai voulu simplement apporter une modeste
contribution à la connaissance d’une circonscription administrative, le Cercle
de Kolokani, situé dans une zone géographique communément appelé le
Bélédougou.
Par le hasard des mutations administratives je me suis vu confier les
destinées du Cercle de Kolokani quatre années durant, jour pour jour (27
Octobre 1984-27 Octobre 1988). Au cours de ce séjour qui, à l’époque pouvait
être considéré comme long pour un administrateur territorial, je me suis
attaché à " ce pays ″ et à ses hommes, un peu plus qu’aux autres postes. Cet
attachement particulier (qui est peut-être spontané et auquel il me serait
difficile de donner une explication précise) est l’une des raisons de la rédaction
de l’ouvrage en témoignage d’un sentiment ressenti. Entre le Bélédougou et
moi, c’est une longue histoire d’amour.
L’ouvrage est aussi l’enrichissement d’un premier travail élaboré en Août
1987, en exécution des instructions données à l’époque par le Ministère de
l’Intérieur et relative à l’élaboration des monographies des cercles. Le
document initial, intitulé Monographie du Cercle de Kolokani ─ Août 1987,
selon les déclarations d’un ami (Chef d’un service local de KOLOKANI),
avait trouvé une grande audience auprès du personnel Enseignant qui en avait
fait un document de référence pour la préparation des leçons destinées aux
élèves.
Cet ami, Mahim TOURE ayant été témoin des nombreuses sollicitudes
dont le premier document de 1987 a été l’objet après mon départ de Kolokani,
m’a suggéré avec insistance de le publier. De longs moments d’hésitation
passèrent.
En finissant par accéder à cette demande amicale, voilà que je me suis
décidé à me livrer à l’exercice, sans être sûr de le réussir, mais cependant
convaincu de son bien-fondé.

Mais qu’est-ce qu’une MONOGRAPHIE ?

Le dictionnaire LAROUSSE en donne la définition suivante « Description
spéciale d’un seul objet, étude limitée d’histoire, de géographie, de critique
littéraire, etc.…. portant sur une personne, sur une région ».
En se référant à cette définition, faire ″ l’étude limitée…. portant…sur une
région "(comme c’est le cas de la présente œuvre) nécessite la réalisation
d’une somme de travaux allant de l’exploitation des archives, aux visites de
11 terrain (repérage de certains lieux importants) en passant par la consultation
de personnes ressources.
C’est à cette gymnastique tant intellectuelle que physique que je me suis
livré pour l’exploitation des différentes sources d’informations. Le travail
aurait été facile si l’accès à ces sources était aisé ; malheureusement, tel n’est
pas le cas, car des difficultés spécifiques ne permettent pas souvent l’entière
accessibilité ou l’exploitation efficiente de chacune de ces sources :
- Les archives : si elles sont disponibles, dans la plupart des cas (au
niveau des circonscriptions administratives), elles sont mal conservées.
Considérées à tort comme des " papiers encombrants et salissants ″, elles sont
généralement jetées dans le coin le moins visité du service, à défaut de local
approprié et en l’absence de responsable désigné, à la merci des intempéries
et des termites. Aussi, comme cela arrive assez fréquemment, la destruction
totale ou partielle ou la disparition des éléments d’archives causent des
préjudices irréparables, quand on sait que les archives constituent la mémoire
de l’Administration,
- les visites de terrain : elles ne sauraient être effectuées à la satisfaction
sans la disponibilité de certains moyens, surtout matériels et le temps.
- la consultation de personnes ressources (traditionalistes ou narrateurs,
hommes de castes ou personnes ayant eu l’apanage d’avoir été le témoin ou
l’acteur de certains faits ou événements). En la matière, j’ai eu le privilège,
pendant que j’étais en fonction à Kolokani de rencontrer deux vieillards
(encore lucides malgré leur âge avancé et peut-être octogénaires) qui à
l’époque m’avaient fait penser à la citation de Amadou Hampaté BA : " Un
vieillard qui meurt en Afrique est une bibliothèque qui brûle″.
J’ai précédé donc le feu au domicile de ces deux bibliothèques :
• Le vieux Fouandio TRAORE de Kolokani : assisté de M. Abdoulaye
COULIBALY, Directeur d’Ecole, je me suis entretenu avec le vieux Fouandio
erle 4 Septembre 1987 dans le vestibule de sa concession sise au 1 quartier.
Notre longue et très intéresSanté causerie a porté sur les origines du village de
Kolokani et la révolte du Bélédougou.
• Le vieux Mamary DIARRA de Nonkon : assisté de M. Moussa
DIARRA, Maître du Second Cycle à Nossombougou et sur les conseils de ce
dernier, j’ai fait spécialement un déplacement à Nonkon à la date du 5 Février
1988.A la suite d’un long et riche entretien, il nous a fait vivre quelques
séquences du film de la bataille du Kodialan pour avoir été un combattant
vivant encore de la Révolte du Bélédougou. Témoignage ne pouvait pas être
plus éloquent que celui de cet acteur !
La consultation de personnes ressources ne donne pas toujours les résultats
escomptés, car non seulement les informations (dans la plupart des cas) varient
suivant les personnes, mais aussi sont souvent sciemment déformées, soit pour
ménager des subjectivités, soit pour entrer dans les bonnes grâces d’une
certaine élite sociale (responsables détenant une parcelle d’autorité ou familles
aisées) plus ou moins concernée.
12 Cet essai qui se veut limitatif, exclut a priori les Cercles de Kati, Banamba
et Koulikoro, Nara et le District de Bamako avec lesquels le Cercle de
Kolokani constitue la grande zone du Bélédougou. Aussi, le terme "
Bélédougou ″ ou l’expression ″ Pays du Bélédougou ″, chaque fois qu’il sera
utilisé doit être considéré comme synonyme de ″ Cercle de Kolokani ".
Par ailleurs, il me paraît opportun d’attirer l’attention des lecteurs sur
certains passages qui a priori paraissent être des digressions : il s’agit de titres dans lesquels une grande place a été accordée à des informations
générales d’abord, pour ensuite parler de Kolokani. Cette approche a procédé
du souci de placer le Bélédougou dans le contexte global du pays, plutôt que
de le traiter de façon isolée. Il s’agit de :
 TITRE UN : la présentation générale du Cercle de Kolokani à travers
l’entité Mali.
 TITRE QUATRE : le premier chapitre traitant de l’évolution des
Circonscriptions Administratives.
 TITRE SEPT : le premier chapitre traitant de l’Education.
 TITRE HUIT : le premier chapitre traitant des religions.
 TITRE NEUF : les chapitres 1, 2 et 3 traitant de la naissance des Partis
Politiques ; la vie politique sous l’empire de l’UDPM ; la mise en œuvre de la
décentralisation et la naissance des Communes.
 TITRE DIX : le deuxième chapitre relatif à l’introduction au jumelage
et à la coopération décentralisée.
Aussi, j’en appelle à l’indulgence de tous ceux qui me liront, notamment
les collègues Administrateurs Territoriaux, qui, comme moi, à un moment de
leur carrière ont été amenés à administrer le Cercle de Kolokani et qui
relèveraient des lacunes ou des insuffisances.
Aux laborieuses populations (hommes, femmes, enfants, notabilités,
responsables divers, etc.) et aux cadres civils et militaires ressortissants du
Bélédougou, je leur dédie cet essai monographique en témoignage de l’amour
qui a uni un administrateur territorial à ses administrés.
Le Terroir du Bélédougou n’est ni un roman, ni une chronique, encore
moins une œuvre littéraire. Il ambitionne d’être plutôt un Vade-mecum pour
tous ceux qui s’intéresseraient à cette partie de notre Grand Mali.
Que tous ceux qui m’ont aidé d’une façon ou d’une autre à atteindre
l’objectif visé (mise à ma disposition de documents écrits et photographiques,
disponibilité physique, soutien moral…) trouvent ici l’expression de ma
profonde gratitude.

Mamadou Issa TAPO
Administrateur Civil à la retraite

13 TITRE UN
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
ET HUMAINE DU BÉLÉDOUGOU CHAPITRE PREMIER
SITUATION GEOGRAPHIQUE
I. PRESENTATION GENERALE DU CERCLE
DE KOLOKANI
ème èmeSitué au cœur de l’Afrique Occidentale, entre les 10 et 25 degrés de
ème èmelatitude Nord, le 4 degré Est et le 12 degré Ouest de longitude, le Mali
2couvre une superficie de 1.241.238 kms .
Pays caractérisé par son enclavement (aucun débouché direct sur la mer),
le Mali, à partir de sa capitale Bamako est situé à 1230 kms de Dakar,1000
kms de Conakry et 900 kms d’Abidjan.
Le Mali partage 7000 kms de frontières communes avec ses voisins que
sont :
au Nord l’Algérie ;
au Sud : la Côte d’ivoire et la Guinée Conakry ;
à l’Est : le Niger et le Burkina Faso ;
à l’Ouest : la République Islamique de Mauritanie et le Sénégal.
Le pays s’étend ainsi :
du Nord au Sud sur 1.700 kms ;
d’Est en Ouest sur 1.900 kms.
Cette immensité du territoire du pays semble avoir naturellement donné
naissance à des zones géographiques que se partagent maintenant les régions
administratives. Parmi ces zones géographiques ou naturelles, on peut citer
entre autres le Kounari, le Macina, le SAHEL, le Khasso, le Bélédougou, etc.
L’essai objet du présent ouvrage sera essentiellement axé sur la dernière
zone ou pays du Bélédougou.Le pays ou zone communément appelé le
Bélédougou s’étend approximativement entre les 7°30’ et 8°30’ de longitude
ème èmeOuest et du 12 au 14 degré de latitude Nord.
Situé sur le territoire de la Région de Koulikoro dans sa majeure partie et
partiellement sur l’ancien Cercle de Bamako, actuel District de Bamako, le
PAYS du Bélédougou s’étale présentement de la manière suivante :
cercle de Kolokani : totalité du Cercle (ex-Arrondissements centraux,
Didiéni, Massantola, Nossombougou) ;
cercle de Kati : une partie ;
cercle de Koulikoro : ex-Arrondissement de Sirakorola.
cercle de Nara : ex-Arrondissement de Goumbou
district de Bamako : une partie de la Rive Droite

Situé au Nord de Bamako, le Cercle de Kolokani couvre une superficie de
214.380 Kms que se partageaient quatre ex-Arrondissements qui étaient :
l’Arrondissement central ;
17 l’Arrondissement de Didiéni ;
l’Arrondissement de Massantola ;
l’Arrondissement de Nossombougou.
ces Arrondissements ont disparu pour céder la place à dix Communes
Rurales.
Ses limites sont :
à l’Est le Cercle de Banamba ;
au Sud-Est le Cercle de Koulikoro ;
à l’Ouest et au Nord-Ouest les Cercles de Kita et Nioro du Sahel ;
au Nord le Cercle de Nara ;
au Sud et au Sud-Ouest le Cercle de Kati.
II. LE RELIEF
Le Cercle dans son ensemble est un immense plateau gréseux de 250 à 350
mètres d’altitude situé à la jonction soudanienne et sahélienne (14° de latitude
Nord). Il présente par endroits des affleurements de granit ou de dolérite, assez
nombreux dans les parties Ouest et Nord-Ouest.
Les hauteurs, constituées par les derniers soulèvements du Mont-Manding
dominent une partie du Sud, longent la zone occidentale avant de venir mourir
au centre. Elles séparent de ce fait la vallée du Niger et celle du Baoulé. Tout
le reste du pays est couvert de petits cailloux ferrugineux (bélé) qui ont donné
leur nom à toute la contrée : Bélédougou ou Pays du Bèlè ou cailloux.
III. LE CLIMAT
Situé au Nord de Bamako, à la jonction des zones soudanienne et
sahélienne (14° de latitude Nord), le Cercle de Kolokani a un climat de type
tropical, avec deux saisons se partageant l’année :
- une saison des pluies ou hivernage couvrant 4 à 5 mois (Juin à Octobre),
avec une moyenne de 500 à 800 mm de précipitations par an (avec un
maximum en Août en bonne année et une moyenne de 61 jours de pluie). Les
pluies deviennent de moins en moins abondantes au fur et à mesure que l’on
monte vers la partie Nord du Cercle.
- une saison sèche couvrant le reste de l’année et se subdivisant en :
• une période froide (de novembre à février), dominée par l’harmattan,
vent froid et sec, soufflant du Nord à l’Est ;
• une période chaude (de mars à mai) ;
La température moyenne oscille autour de 27°C, avec des maximales
pouvant atteindre ou dépasser les 40°C.
18 IV. L’HYDROGRAPHIE
Sur le plan de l’hydrographie, le Cercle de Kolokani peut être cité parmi
les circonscriptions les plus défavorisées du pays. En effet, situé en zone
présahélienne avec la caractéristique de la faiblesse des précipitations, il ne
possède pas de cours d’eau importants.
Le seul cours d’eau qui mérite d’être cité est le Baoulé (un bras), affluent
du Bakoy. Situé à environ 70 Kms du Chef-Lieu du Cercle, et dans la partie
Ouest du Cercle, il sert de limite naturelle avec le Cercle de Kita et a la
spécificité d’être un cours d’eau intermittent. Gonflé d’une eau boueuse
pendant l’hivernage, il tarit en saison sèche et conserve par endroits seulement
des poches assez profondes où se retiraient (avant les années de grandes
sécheresses que le Mali a connues) les hippopotames qui infestaient son cours.
Situé à la lisière de ce cours d’eau, le village de Missira (Commune Rurale
de Sébécoro I) abrite une importante section de l’O.P.N.B.B. (Opération
d’Aménagement du Parc National de la Boucle du Baoulé) créée par le Décret
N°113 / PG-RM du 16 Septembre 1972 et ayant pour objectifs
l’aménagement, la conservation et la gestion des ressources d’une vaste zone
de près d’un million d’hectares, comprenant la réserve intégrale de
Kongossambougou (dans le Cercle de Kolokani).
Outre le fleuve Baoulé, le Cercle présente en certains endroits, et
précisément au Centre et Centre Nord des dépressions assez importantes
retenant les eaux en lacs et étangs. Ce sont :
- Le lac d’Ouégna, situé à 40 Kms de Kolokani et non loin du village de
Tioribougou (à l’Ouest).
S’il couvrait un plan d’eau de 500 hectares il faut dire qu’il a présentement
perdu de son importance d’antan : s’il demeure encore un point d’eau
permanent, il a sévèrement subi les effets des années de sécheresse que le pays
a connues.
- Les étangs de Koumi-Fa et du Fadié, situés dans la partie orientale du
Cercle (villages de Koumi et Gouenzena), ils couvraient respectivement 165
et 150 hectares de plan d’eau. Tout comme le lac Ouégna, ils ont subi l’impact
négatif des aléas climatiques.
V. LA VEGETATION ET LA MEDECINE TRADITIONNELLE
L’importance de sa végétation avait donné au Cercle de Kolokani le
bénéfice du classement de certaines de ses forêts depuis l’époque coloniale :
- La forêt classée du Baoulé : 12.000 hectares (Arrêté N° 536/SE – F du
18 Juillet 1941).
- La forêt classée de Didiéni : 2.600 hectares (Arrêté N° 5760/SE/EF du
3 Août 1953).
19 « Le Bélédougou, dans sa partie méridionale touche à la savane boisée aux
arbres et arbustes formant un couvert généralement clair. Dans sa partie
septentrionale, il atteint la Savane arborée aux arbres et arbustes disséminés ».
Cette particularité définit la flore du Bélédougou qui compte près de 250
espèces d’arbres groupés au sein d’une quarantaine de familles botaniques.
C’est l’occasion de rappeler que selon un article de la Revue Notes
Africaines n° 21 de Janvier 1944 consacré aux plantes et à leur utilité que « de
tous temps les hommes ont employé les plantes pour calmer leurs souffrances
et guérir leurs maladies… Dans la Zone soudanaise, les indigènes utilisent
nombre de plantes pour se soigner. Les remèdes préparés avec les divers
organes de la plante (racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits) sont administrés de
façon générale aux malades sous forme de boissons, décoctions, infusions, de
lotions (fièvre, courbature, fatigue, etc.) et d’applications locales externes
(plaies, éruptions cutanées, etc.)… ».
En se référant toujours à l’article précité de la revue Notes
Africaines, « Médecine indigène et plantes médicinales au Soudan », on peut
indiquer quelques plantes classées parmi les principales espèces végétales
existantes et leur utilité et que l’on retrouve au Bélédougou.
Les principales espèces végétales utilisées au Soudan selon les langues
locales sont :
(B) nom Bambara ; (M) nom Malinké ; (K) nom Kassonké ; (S) nom
Soninké.
A. LES LÉGUMINEUSES
Elles occupent une place prépondérante aussi bien par le nombre d’espèces
que par l’importance du peuplement :
1) Le Tamarindus indica : Tomi ou N’tomi (B), Toumbion (M, K), Karale
(S).
Le fruit acidulé, riche en mucilages, est un excellent émollient. Il est utilisé
en boisson (macération dans l’eau), comme laxatif donc pour combattre la
constipation. L’eau de macération bouillie sert à rendre la bouillie de mil « le
Moni »au goût acidulé, un aliment diététique très léger.
2) Le Parkia bigloblosa “Nere” (B), Neto (M, K), Neto (S) :
Les feuilles sont utilisées en fumigations pour faciliter l’expectoration dans
les affections pulmonaires.
Il donne aussi une pulpe jaune très nourrisSanté et dont la graine sert à
fabriquer un condiment, le Soumbala.
3) Le Bauhinia Thonningii et Bauhinia Reticula, Niama Bä et Niamaké
(B), Faro (K), Gafé (S).
La décoction de feuilles de Niama et de Tiékala (Cymbopogon Giganteus)
est utilisée en boisson comme vermifuge et contre la fièvre. L’écorce, très
riche en tanin, est employée également en boisson (décoction) pour combattre
les diarrhées et la dysenterie.
4) Le Cassia Sieberiana -Sindian (B, M, K, S) :
20 La décoction des feuilles est administrée en boisson aux femmes après
l’accouchement pour assurer le nettoyage intérieur. La même décoction est
utilisée également en lotion par les mères et les bébés. La racine de Sindian,
mise à fermenter pendant une semaine environ dans l’eau de son de mil, est
utilisée en boisson contre la blennorragie et les maux de ventre.
Les racines sont utilisées dans le traitement de certaines coliques
diarrhéïformes.
B. LES COMBRETACÉES
Elles sont représentées par :
1) Le Guiera Sénégalensis, Koundie (B), KankansôN (M, K), Kame (S):
Arbuste très répandu au Mali qui, selon la légende indigène, fleurit
régulièrement mais ne fructifie plus depuis le Déluge. La décoction de feuilles
est utilisée en boisson pour traiter la fièvre, la toux et la diarrhée. Les racines
servent comme cure -dents et préviennent, dit-on, la carie dentaire.
On lui attribue des vertus de paratonnerre lorsque sa branche est accrochée
à l’intérieur d’une maison.
2) Le Combretum glutinosum, Tiangara (B) Djama Rhattan (M,K), Tafe
(S) :
La décoction de feuilles est utilisée en boisson contre les maux de ventre.
3) Le Combretum Aculeatum et le Combretum Micranthum, N’golobe
(B), Lako (M, K), Kande (S)-Ce sont des quinquelibas. La décoction de
feuilles est utilisée en boisson pour traiter le paludisme et la fièvre en général.
4) Le Terminalia macroptera, Ouolo fâ (B), Ouolo (M, K), Kamba (S). -
La décoction de racines, très amère est utilisée en boisson contre les diarrhées
et la dysenterie.
C. LES RUBIACÉES
Ce sont entre autres :
1) Le Mytragine inermis, Dioun (B), Dioumou (M, K), Kile (S).-La
décoction de feuilles est utilisée en boisson contre la fièvre et en lotion contre
les rhumatismes et les courbatures ; la feuille, dit-on, renferme un alcaloïde.
2) Le gardenia aquala, M’bouré(B). L’écorce et la racine sont utilisées
dans le traitement des ictères.
D. LES BOMBACACÉES
1) Le Bombax buonopozense ou Kapokier, Boumou (B), Bounkön (M, K),
Guindiomé (S). La décoction de feuilles est utilisée en boisson comme
calmant contre les vomissements.
2) L’adansonia digitata, N’sira (B). Plante miracle par excellence aux
vertus curatives et nutritives multiples.
21 E. LES SAPOTACÉES
Le Butyrospermum Parkio ou Karité, Sï (B), Sé (M, K), Karé(S). L’écorce
pilée ou croquée fraîche est utilisée contre la toux.
F. LES MÉLIACÉES
Le khaya Sénégalensis ou Caïlcédrat, Diala (B, M, K), Tondo (S). L’écorce
très amère séchée et réduite en poudre est utilisée telle quelle ou dans de l’eau
(indigestion) contre la fièvre.
G. LE JUJUBIER
« ….Appelé n’ domo ou n’tomo, en bambara, cet arbre joue un rôle
fondamental dans les manifestations religieuses de la société bambara.C’est à
son pied qu’ont lieu les sacrifices du n’domo.
Les croyances bambaras relatives au jujubier :
• Cet arbre est considéré par eux comme lié à la formation de l’homme
et de la société, aux notions de rajeunissement, de vie et d’accroissement.
C’est pour ces raisons qu’on cherche, lors de l’installation d’un village, à
s’établir de préférence près d’un jujubier que l’on intégrera par la suite dans
l’enceinte même de l’agglomération
• Pour des motifs de même ordre, avant de partir à la guerre, les
combattants se rassemblaient une dernière fois près d’un n’domo, précaution
destinée à raffermir les chances d’échapper à la mort
• Associés aux branches du toro, les rameaux de cet épineux
accompagnent le cadavre dans la tombe : cette mesure garantit la formation
du nouvel homme qui doit ressusciter…. »
22
Guimba SIDIBE dit Guimba-Blén, 87 ans,
chasseur et tradithérapeute du BÉLÉDOUGOU
Le Cercle de Kolokani a connu beaucoup de guérisseurs et tradithérapeutes
dont certains ont été célèbres et parmi lesquels on peut citer Mme TRAORE
Konimba DIARRA et MM.Toumani DIARRA et Guimba SIDIBE.
me  M TRAORE Konimba DIARRA était la veuve de Nafladio
TRAORE, un Chef de village de Kolokani.Née en 1904 à Torokorobougou
(Commune Rurale de Kolokani), elle s’est éteinte le 13 Août 1997 à
Kolokani.Elle était spécialiste de maladies infantiles.En 1997, peu de temps
avant sa mort, elle avait reçu la décoration de Chevalier de l’Ordre National
du Mali.
23  M.Toumani DIARRA, Chef de village de Guihoyo, il exerçait
cumulativement avec ses fonctions administratives celles de
maraboutguérisseur.Sa réputation avait dépassé les frontières du pays et des patients
venaient de la sous-région et particulièrement du Sénégal et de la Côte
d’Ivoire.Une activité connexe était née devant son domicile, celle de
cordonniers qui confectionnaient les gris-gris donnés aux patients par le
marabout.Il s’est éteint au mois de Juin 1998.
 M.Guimba SIDIBE, du haut de ses 87 ans, chasseur de son état,
Guimba-Blén se consacre maintenant exclusivement aux fonctions de
tradithérapeute.Il a élu domicile à Bamako, au quartier de Quinzambougou,
près de l’école.
VI. LES VOIES DE COMMUNICATION
Défavorisé sur le plan des communications fluviales, le Cercle de Kolokani
a l’avantage d’être l’un des plus faciles d’accès par voies routières à partir de
Bamako, la capitale, qui n’est séparée du Chef-Lieu de Cercle que par 123
Kms.C’est ce qui fut exprimé par un promeneur en ces termes en 1949 :
« Poussés par un temps engageant rare en cette période d’hivernage, nous
décidâmes d’abandonner Bamako pour un dimanche et de faire une courte
visite à Kolokani,petit poste situé à 127 Kms au Nord sur la route
internationale N°1,dont on nous avait chanté le charme.
Après Kati, c’est le premier poste administratif sur la route et c’est si l’on
1peut dire encore la grande banlieue de notre capitale…… »
Ce qui était autrefois la route internationale N°1 est devenue la route
nationale N°3 (RN3) qui traverse la circonscription de Kolokani sur une
distance de près de 150 kms comprise entre les Cercles de Kati et Nara, en
passant par les ex-Arrondissements de Nossombougou et Didiéni.
Quant à la route locale N°25 (RL 25), elle relie le Cercle de Kolokani à
celui de Banamba sur 71kms, en passant par l’ex-Arrondissement de
Massantola, situé à 27 Kms de Kolokani.
Dans le cadre de la politique de désenclavement entreprise par les
différents gouvernements de la République du Mali, le Cercle de Kolokani
n’est pas demeuré en reste. En effet « …la liesse populaire a accompagné hier
le Président de la République, Amadou Toumani TOURE, venu à Kolokani à
la tête d’une forte délégation, inaugurer la route
Bamako-Kati-KolokaniDidiéni.
Les travaux des 163 KMS de bitume de cette route ont été lancés le 14 août
2001 et confiés à l’entreprise COLAS pour un coût d’un peu plus de 13,5
milliards de francs CFA. Le financement a été assuré par le FED (Fonds
1 Dominique ZAHAN…Sociétés d’initiation bambara : le n’domo-le korè p.44, 45 Archives
Cercle de Kolokani
24 Européen de Développement)….Les travaux ont duré 24 mois et se sont
achevés dans les délais contractuels.
« En coupant hier le ruban symbolique qui, officiellement, ouvre cette voie
à la circulation, le Président TOURE a concrétisé un vieux rêve des habitants
de Yélékébougou, Nossombougou, Ouolodo, Tioribougou, Kolokani
Sébécoro I et Didiéni et démontré que l’ambition affichée par les pouvoirs
publics de désenclaver notre pays, se manifeste sur le terrain des réalités.
Les habitants des 35 villages du Bélédougou peuvent désormais rallier
Bamako en une heure et demie alors que le trajet prenait deux à trois fois plus
de temps auparavant, sans compter les casses de véhicules et les risques élevés
d’accidents.
Les 4000 habitants du Bélédougou peuvent désormais évacuer rapidement
et à meilleur marché leurs produits, pour la plupart agro –pastoraux, vers la
2capitale. »
Avec le développement des infrastructures routières ainsi enclenché, le
Bélédougou ouvre une nouvelle ère de son développement socio-économique,
car les ports de Dakar et Nouakchott se rapprochent de notre pays et le Cercle
de Kolokani jouera réellement le rôle de cordon ombilical.

Quelques distances à partir de Kolokani
- Bamako ............................................................................................ 123 kms
- Kati 100 kms
- Koulikoro via Bamako ..................................................................... 163 kms
- Massantola-Sirakorola (Cercle Koulikoro) .............. 109 kms
- Nossombougou .................................................................................. 57 kms
- Didiéni ............................................................................................... 38 kms
- Sirakorola .......................................................................................... 63 kms
- Limite Cercle Kati ............................................................................. 65 kms
- Banamba .................................... 71 kms
- Nara ................................................................................................. 250 kms
- Sérouala ......................................................15 kms
- Yarangabougou .................................................................................. 32 kms
- Sébécoro ...................................... 49 kms
- Tiafina ................................................................................................ 82 kms
- M’pella ........................................ 13 kms
- Guihoyo 24 kms
- Fassa .........................................................32 kms
- Niokhona ........................................................................................... 53 kms
- Siracoro 61 kms
- Lac Ouegna ........................................................................................ 66 kms
- Village Ouegna .................................................................................. 70 kms
- Tioribougou ...................................................23 kms

2 L’ESSOR N°15215 du Mercredi 2 Juin 2004
25 - Didiéni-Mintimbougou ...................................................................... 10 kms
- Didiéni-Doubabougou ...........................................83 kms
- Didiéni-N’tjilla ................................................................................ 111 kms
A Gouakoulou, village situé à 6 Kms de Kolokani, existe une piste
d’atterrissage, mais qui n’est pratiquement jamais entretenue alors qu’elle
pourrait bien recevoir les petits aéronefs en cas d’intervention suite à certaines
calamités, telles les invasions de criquets par exemple.
VII. LES MOYENS DE COMMUNICATIONS ET LES TIC
En dehors du RAC (Réseau Administratif de Communication), jusqu’à une
époque relativement récente, le Cercle de Kolokani pouvait être compté parmi
les circonscriptions enclavées de notre pays sur le plan des communications.
En effet, par exemple, les tentatives de liaison téléphonique avec la ville de
Kati, localité importante la plus proche, pouvaient parfois prendre plusieurs
heures, sinon toute une journée.
L’ex-Arrondissement de Nossombougou, situé à 57 kms du Chef-Lieu du
Cercle et le seul équipé en téléphone fixe à l’époque, n’était pas toujours
facilement joignable.
Tout comme l’ensemble du pays, l’avènement des NTIC (Nouvelles
Techniques de l’Information et des Communications) aura beaucoup profité
au Bélédougou. En plus de l’automatisation de la téléphonie fixe qui compte
actuellement beaucoup d’abonnés pour l’ensemble du Cercle, les deux
opérateurs de téléphonie mobile MALITEL et ORANGE MALI se sont
confortablement installés couvrant la quasi-totalité des localités du Cercle.
La télévision malienne et la radio nationale sous l’encadrement technique
de l’ORTM (Office de la Radiodiffusion et Télévision du Mali), en plus du
Chef-Lieu de Cercle couvrent un rayon raisonnable.
Quant aux radios privées, à l’instar des autres localités du pays, elles
assurent une large couverture du Cercle à travers les stations suivantes :
26
osN NOMS LOCALITES FREQUENCES NATURES et
RADIOS PROMOTEURS
1 Radio DIDIÉNI Demande en
BENKADI cours
2 Radio DAMBE DIDIÉNI 92.3 communautaire
3 Radio JIGIYA DIDIÉNI 104.2 Privée/ Boubacar
BAH
4 Radio AN Brr DIDIÉNI 89.0 Radio islamique
KAKAN
5 Radio KOLOKANI 88.5 Radio associative
BÉLÉDOUGOU
6 Radio WELENA NOSSOMBOUGO 94.1 Communautaire/
U Feu Ibrahim
KONARE
7 Radio BAOULÉ SÉBÉCORO 1 98.3 Communautaire
8 Radio NONKON NONKON Demande en Associative
cours


27 CHAPITRE DEUX
GEOGRAPHIE HUMAINE
I. GENERALITES
A vouloir parler à notre époque de la population du Bélédougou, qui
l’aurait mieux fait que feu Issa Baba TRAORE dans son œuvre intitulé Le
Bélédougou, étude sociologique et perspective d’avenir ? Ce document qui,
me semble-t-il, n’a pas été publié, a été gracieusement mis à ma disposition
par Monsieur Mamadou D. TRAORE, cadre ressortissant du
Bélédougou,exambassadeur et père de la cantatrice Rokia TRAORE.
En m’inclinant pieusement sur la mémoire de feu Issa Baba, un des
pionniers ayant apporté une grande et riche contribution à la connaissance du
Bélédougou, je me contenterai de faire ici une large reproduction de ce qu’il
a écrit.
Il a dit en substance :
« Il est difficile de donner une date précise du peuplement du Bélédougou.
La région toutefois semble avoir été occupée initialement par les
SONINKÉ.Selon la légende recueillie par Maurice DELAFOSSE, Maghan
DIABÉ, premier souverain du Ouagadou divisa son royaume en provinces à
la tête desquelles il plaça des gouverneurs :

• L’EST échut à Ouagané SAKHO, ancêtre des DIAGOURAGA ;
celuici se fixa à GUESSENE dans le Sud de Kangaba.

• Le SUD OUEST fut confié à Makan DOUMBÉ qui installa sa résidence
à Kamatingué entre Goumbou et Nioro. Il rejoignit plus tard le Kaarta.

Le SUD EST revint à Goumaté Fadé qui s’établit au Bélédougou vers l’an
750.
èmeBien plus tard, au VIII siècle, des émigrants du Ouagadou occupèrent le
Nord de la région et donnèrent " naissance à ce qui fut l’empire Soninké des
CISSÉ ou du Kaniaga".
Comme on le voit, l’occupation première de la région remonte selon la
légende, à plus de douze siècles.
Les traditionalistes du Mandé de leur côté sont unanimes à reconnaître que
èmedès la fin du X siècle, le Mandé qui était une confédération de 33 provinces
entretenait un important commerce d’esclaves avec les populations nord du
Sahel. Le "petit chemin des esclaves", nous apprend-on, passait derrière
chaque gros village et aboutissait au Bélédougou où avaient lieu les échanges :
esclaves contre sel.
29 L’occupation de la région par les Bambara eut lieu plus tard. Selon
l’Administrateur BRÉVIÉ (Monographie du Cercle de Bamako _1904), " la
concordance des renseignements recueillis permet de penser que son
occupation par les Bambara ne remonte pas à plus de deux siècles".
Ce qui est certain, c’est que le Bélédougou Bambara avait des rapports
d’allégeance avec le Royaume de SÉGOU dès sa fondation.
Le peuplement de la région s’est fait par migrations successives
provoquées soit par des rivalités de familles, soit par des guerres
malheureuses, soit encore par la recherche de gibier ou des terres de culture.
Au demeurant les traditions admettent que toutes ces migrations sont parties
de la rive droite du Niger.
1) Les DIARRA : ils sont établis dans le Nonkon au Sud Est et débordent
sur les kafos de Massantola et Sirakoroba à l’Est et de Tioribougou au Nord.
Un sous-groupe gagna plus tard Mourdiah beaucoup plus au Nord (Cercle de
NARA).
Le Nonkon a pour Ancêtre N’Tontji originaire de Koblé près de l’actuel
village de Gouni sur la rive droite du Niger en face de Koulikoro. De colère,
N’Tontji tua le chien de son maître Zan TRAORÉ, dit Koblé-Zan. Devant les
menaces de mort proférées par celui-ci, l’esclave dut fuir guidé par son ami
forgeron Fassoko COULIBALY. Ils traversèrent le fleuve et furent accueillis
dans le Bélédougou par le chef village de Korian. Ils créèrent d’abord
N’Tontjibougou et bien plus tard, se fixèrent dans une vallée encaissée au
coude (nonkon en bambara) d’une colline, créant ainsi le village de
Nonkon.En 1875, Nonkon résista victorieusement aux assauts des guerriers
toucouleurs du Lamdo-Dioulbé (Commandeur des Croyants) AHMADOU,
fils d’EL HADJ OMAR et roi de Ségou. L’expédition était conduite par
l’intrépide capitaine Koni DIARRA qui y trouva une mort glorieuse.
2) Les COULIBALY : ils occupent le centre (le M’Pella) et le Nord-Est
du pays (Tao et Bassala…….).Selon la légende, quatre frères COULIBALY :
Baraman-N’Golo, Sira-N’Golo, Nia-N’Golo et Gniné -N’Golo, partis de
Kéléya (Cercle de Bougouni) traversèrent le Baniko et s’établirent sur les
bords du Niger. L’aîné Baraman-N’Golo fonda Ségou.
A la suite de dissensions, les descendants de Nia-N’Golo franchirent le
Niger et s’établirent dans le Kaarta après plusieurs années de pérégrinations.
Ils y fondèrent un puissant royaume à partir de 1715.
Mais avant d’atteindre le Kaarta, une fraction sous la conduite de M’PÈ ou
M’Piè ou encore M’Pièni abandonna la marche et se fixa dans la zone centrale
30 du Bélédougou connue actuellement sous le nom de M’Pella (chez M’Pè). A
ce propos, Henri LABOURET écrivait : “ Ce chef de famille,M’Pièni
COULIBALY après avoir reconnu le territoire,résolut de s’y fixer.Dans ce
but, il offrit en sacrifice aux puissances surnaturelles du lieu et demanda
l’autorisation de s’établir sur la terre qu’elles contrôlaient.La position de l’une
des volailles égorgées et qui expira sur le dos, le poitrail tourné vers le
ciel,montra que les divinités locales accueillaient cette requête.En
conséquence, M’Pièni fonda avec l’aide de ses gens un village qui reçut son
3nom (M’Piella ou M’Pella chez Pè) (1) .Outre cette région, les COULIBALY
occupent de nos jours les zones de Tao, Bassala, Pampalan…

3) Les TRAORÉ : ils forment deux clans bien distincts, le clan des
Zambla, de loin le plus important du point de vue nombre et prestige et les
autres TRAORÉ qui forment l’un des sous-groupes des " nouveaux arrivants".
a) Les Zambla : comme tous les autres Bélérins, les Zambla sont venus de
la rive droite du Niger.Deux versions s’affrontent à leur sujet.La première veut
qu’ils soient originaires du Mandé d’où par étapes successives, à la suite de
querelles intestines, ils gagnèrent Fiya dans l’actuel Cercle de Kati (35 Kms
de Kati). De Fiya, ils se mirent au service de Zan, gouverneur de cette lointaine
province vassale du Royaume de Ségou. Zan, pour le compte du roi Da
Monzon rançonnait les dioulas, agents commerciaux de liaison entre le Nord
qui produit du sel et le Sud qui offre ses noix de colas. C’est précisément de
cette allégeance à Zan qu’est venue l’appellation Zambla (bla= dépôt, réserve.
Zambla signifie donc les hommes de Zan, la propriété de Zan).
Selon la seconde version, les Zambla seraient partis de Sikasso pour Fiya.
Mais pour qui connaît l’histoire du Mandé, les deux versions ne s’excluent
pas, les TRAORÉ étant originaires de Branzan dans le Mandé, d’où ils ont
essaimé jusqu’à Sikasso et Djenné. Tiramakan TRAORÉ leur lointain ancêtre
conquérant du Djolof au Sénégal a d’ailleurs sa tombe à Branzan, tombe
vénérée de nos jours encore.
Les Zambla constituent encore de nos jours une communauté qui s’est
jalousement conservée.Ils sont seuls installés dans les villages de Gouenzéna
(village mère après l’exode de Fiya), Kolokani et Koumi.

b) Les autres TRAORE : ils seraient quant à eux venus de la région de
Ségou, SAN.Par petites fractions, à la recherche de terres de culture pour les
uns et du gibier pour les autres, ils poussèrent jusqu’au Bélédougou où leurs
descendants vivent disséminés dans la partie orientale.
Kakolo pour d’autres).Les Kagoro sont issus du métissage des Saracollé,
Marka du Nord (le Wagadou) et de leurs voisins Bambara du Sud. Les
Kagoro-FOFANA furent les habitants du Kaarta-Biné (Petit Kaarta).Sous la
conduite de Kaman-Mady FOFANA ils émigrèrent plus tard dans le Bakono.

3 Henri LABOURET : les Manding et leur langue. -PARIS
31 De l’union de Sapé MAGASSA (esclave évadé du Bouré) et d’une fille
de Kaman-Mady FOFANA, naquit Fion Mamary MAGASSA, ancêtre des
Kagoro-MAGASSA.
A la suite des invasions des DIAWARA du Kingui, des Saracollés, des
Bambara-Massassi du Kaarta et plus tard des Toucouleurs d ’EL HADJ
OMAR, les Kagoro essaimèrent. Des fractions FOFANA et MAGASSA
s’établirent le long du Baoulé, dans la région occidentale du Bélédougou.Ces
populations d’origines diverses se sont toujours relevées des invasions de
leurs puissants voisins de Ségou et du Kaarta et ont lentement prospéré sur ces
terres.
Le souci de sécurité aidant, elles ont fini par se souder en un bloc
d’abord militaire, puis social, économique et religieux si homogène que pas
même les invasions futures toucouleurs et la conquête française n’arrivèrent à
entamer. De là partent l’originalité et l’individualisme du Bélédougou ».
Après Issa Baba TRAORE, ce que l’on peut ajouter en parlant de la
population du Bélédougou, c’est que sa principale caractéristique est sa
stabilité, ce qui a fait dire à un des premiers Administrateurs maliens de
Kolokani :"…..le Bambara, sûrement s’expatrie moins facilement que le
Sarakolé et, à quelques rares exceptions près, il revient toujours, même s’il ne
rapporte rien….".
II. LA POPULATION A TRAVERS
LES DIFFERENTS RECENSEMENTS
Le dernier Recensement Général de la Population de 1996 a permis
d’actualiser les données du Recensement Administratif et Fiscal de Mai 1986
et relatives aux chiffres de la population, au nombre d’imposables, données
consignées dans les cahiers de recensement transférés aux Communes par les
Sous-Préfets auprès des Communes.
Les statistiques suivantes peuvent être dégagées :
- population de 1 à 13 ans ................................................. 66 592 soit 36,75%
- on de 14 à18 ans .......... 20 175 soit 11,13%
- population de 18 à 59 ans .....................................77 751 soit 42,91%
- on de plus de 59 ans ............................................. 16 636 soit 9,13%
La Population totale est de 181 154 habitants dont 90 802 femmes et 90352
hommes.
Avec la mise en œuvre de la réforme administrative de la Décentralisation,
les quatre Arrondissements existant, en disparaissant ont cédé à la place à dix
32 Communes Rurales qui se sont réparties la population et les villages comme
suit :

Populations Habitants Nombre de villages
1-DIDIÉNI 25.814 40
2-GUIHOYO 18.314 24
3-KOLOKANI 30.934 45
4 -MASSANTOLA 28.241 42
5-NONKON 14.424 19
6 -NOSSOMBOUGOU 16.960 22
7 -OUOLODO 7.848 11
8 -SAGABALA 12.376 35
9 -SÉBÉCORO I 13.941 31
10-TIORIBOUGOU 11.030 14
TOTAUX 179.882 283

Résultats du RACE (Recensement Administratif à Caractère Electoral)
effectué en 2001 sur toute l’étendue du territoire.
La ville de Kolokani, Chef-Lieu de la Commune Rurale du même nom et
Chef-Lieu du Cercle a vu sa population augmenter, passant de 8.063 habitants
en 1986 à 9.469 habitants en 1998, pour atteindre 11.145 habitants en 2009,
population que se partagent quatre quartiers administratifs.
Selon les données actualisées de la population fournies par la
D.N.S.I.(Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique) en 2009,
plusieurs villages comptent plus de 1.000 habitants parmi lesquels :

- DIDIÉNI ................................................................................ 6.255 habitants
- NOSSOMBOUGOU.......................................................................... 4.302 "
- OUOLODO ....................................................................................... 3.856 ″
- MERCOYA 3.788 "
- NONKON .......................................................................................... 3.413 ″
- TIORIBOUGOU................................................................................ 2.990 "
- KOUMI .............................................................................................. 2.527 ″
- OUARALA ........................................................................................ 2.513 "
- MISSIRA .................................... 1.626 ″
- GOUMÉNÉ ................................ 1.615 "
- SÉBÉCORO I ....................................................1.373 ″

Quant au RAVEC (Recensement Administratif à Vocation d’Etat Civil),
effectué en 2010, il a donné les résultats suivants par Commune :
- 1-DIDIÉNI ........................................................................... 32.412 habitants
- 2-GUIHOYO ................................. 17.335
- 3-KOLOKANI .................................................................................... 31.684
- 4-MASSANTOLA .............................................................................. 31.726
- 5-NONKON .......................................................................................... 9.987
33

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