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Le modèle culturel aristocratique de la Rome antique
Guy Bajoit
Le modèle culturel aristocratique de la Rome antique
D/2017/4910/29
©Academia – L’Harmattan s.a.Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
ISBN : 978-2-8061-0345-1
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
Guy Bajoit
Le modèle culturel aristocratique de la Rome antique
Je dédîe ce îvre aux jeunes quî s’întéressentà comprendre e monde (économîque, socîa,poîtîque et cuture) dans eque îs vîvent, et à eurs proesseurs d’îstoîre et de scîences socîaes, quî rempîssent a tâce mérîtoîre de es accompagner dans cet apprentîssage dîIcîe.
Je remercîe vîvement : Jorge Magasîc, Proesseur d’îstoîre à ’ïHECS (ïnstîtut des Hautes Études des Communîcatîonssocîaes) pour ses remarques judîcîeuses. Jean-Mîce Caumont, Proesseur de socîoogîe à ’Unîversîté de catoîque de Louvaîn pour nos dîscussîons stîmuantes. Françoîse Van Haeperen, proesseure d’îstoîre à ’Unîversîté Catoîque de Louvaîn, pour ses conseîs bîbîograpîques. Nîcoe Desaux, Proesseure de angue rançaîse, pour sa reecture très attentîve et ses précîeux conseîs grammatîcaux et ortograpîques.
Introduction générale
Introduction générale
« Après un sîèce de socîoogîe de a cuture,es îstorîens sont de pus en pus nombreuxà avouer qu’îs sont încapabes d’expîquer esmutatîons cuturees et qu’îs n’ont même pasa moîndre îdée de ce quî pourraît être une1 expîcatîon causae en cette matîère » .
Ce îvre constîtue e second voet d’une recerce pus vaste, dont e but est d’îdentîIer et d’anayseres modèes cutures constîtutîs de a cuture de ’Europe occîdentaeet de comprendreeurs rapports avec es pratîques économîques, socîaes et poîtîques de ses acteurs. Une premîère partîe de cette recerce a déjà aît ’objet d’un ouvrage, consacré aumodèe cuture cîvîque de a cîté 2 grecque. Mon but est de reaîre îcî cette même démarce pour e modèe arîstocratîque de a Rome antîque. Avant d’entrer en matîère, je tîens à exprîmer, avec însîstance, une remarque très împortante : ma recerce se îmîte à’Europe occîdentaeet, par conséquent,es anayses proposées dans ce îvrene sont pas généraîsabes. Même sî e ecteur trouvera bîen îcî unetéorîe socîoogîque de ’îstoîre –quî estpeut-être appîcabe à d’autres coectîvîtés umaînes–,î devra toujours 3 se rappeer qu’ee n’est encore qu’uneproposîtîon ,car ee ne repose que sur un nombre îmîté d’observatîons empîrîques. Beaucoup d’autres socîétés ont ressembé ou ressembent aux socîétés européennes, maîs je n’aî nî ’întentîon, nî surtout ’énorme érudîtîon qu’î me audraît pour es comparer. 1- Le sociologue et l’historien
Une seconde remarque me parat tout aussî essentîee :cecî n’est pas un îvre d’îstoîre, maîsdesocîoogîe de ’îstoîre.Je suîs socîoogue et non îstorîen et je prends donc es travaux de mes coègues îstorîens comme « matîère premîère » de mes anayses. Cea ades conséquences împortantes, qu’î vaut mîeux expîcîter. En efet, es démarces du socîoogue et de ’îstorîen, bîen qu’ees soîent compémentaîres, n’en sont pas moîns dîférentes. a
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Pau Veyne, 1999, p. 52. VoîrLe modèe cuture cîvîque de a cîté grecque, Académîa, 2015, 294 p. J’appee « proposîtîon » une airmatîon quî estpus qu’une ypotèse(parce qu’ee repose sur une base empîrîque) maîsmoîns qu’une certîtude(parce que cette base empîrîque est trop îmîtée).
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Le modèle culturel aristocratique de la Rome Antique
préoccupatîon majeure de ’îstorîen estd’étabîr a vérîté des aîts: î doît donc trouver des sources Iabes et es crîtîquer,ce quî est évîdemment a premîère condîtîon de tout travaî scîentîIque sérîeux. Quand, en pus, î cerce à comprendre esraîsonsde ces aîts, à esexpîquer– ce que ne ont pas tous es îstorîens –, c’est presque toujours en s’appuyant sur sonbon sens,ce quî revîent înterpréter es aîts à partîr d’une « téorîe împîcîte », d’une « pîosopîe spontanée », c’est-à-dîre, d’une îdéoogîe. En efet, à tort ou à raîson, beaucoup d’îstorîens se méIent des téorîes expîcîtes, et Françoîs Jacques énonce caîrement es raîsons de cette méIance : « e rîsque est évîdent, quand a téorîe devîent dogme, quand a documentatîon est pîée aux exîgences du modèe et qu’ee ne sert qu’à conIrmer sa vaîdîté, ou bîen quand ee est déprécîée ou mîse 4 à ’écart sî ee ne s’însère pas dans e scéma expîcatî. » Pour écapper à ce rîsque, beaucoup d’îstorîens se îmîtent donc à casser es aîts par tèmes et à es présenter dans’ordre cronoogîqueoù îs se sont produîts. e socîoogue ne peut jamaîs procéder de cette açon, car î cerce àanayser es rapports entre es aîts, pour comprendre comment et pourquoî îs se sont engendrés récîproquement et î veut mettre à joures ogîques des acteurs, quî ont cercé à donner du sens à eursconduîtes, c’est-à-dîre à ce qu’îs ont aît, dît, pensé et ressentî. Dès ors, pour es besoîns de a démarce socîoogue, « poser un modèe téorîque au départ » est exactement ce que je vaîs aîre îcî. e rîsque sîgnaé par F. Jacques est donc bîen rée. Cependant, î n’est pas d’écarter întentîonneement des aîts quî înIrmeraîent a téorîe – à moîns d’une maonnêteté înteectuee, que je m’engage ormeement à évîter comme a peste ! Maîs ce rîsque a deux autres raîsons. a premîère est que, dans toute coectîvîté umaîne, on trouvepusîeurs ogîques d’actîonînteragîssent (je es aî nommées ogîques de a puîssance, quî de ’égémonîe, du pouvoîr, de ’înLuence et de ’autorîté : voîr pus oîn). ’îstorîen peut se permettre de conondre ces ogîques, car ce quî împorte pour uî, c’est surtout d’étabîr es aîts ; e socîoogue doît es dîstînguer, parce que ce qu’î veut comprendre, ce sontes raîsons d’agîr des acteurs.Dès ors, sur une seue page d’un îvre d’îstoîre, et paroîs même dans un seu paragrape, on peut trouver des réérences à pusîeurs ogîques d’actîon dîférentes. a seconde raîson de ce rîsque est sîgnaée par Hervé ïngebert : « Toute compréensîon du passé 5 est une înterprétatîon où e poîds du présent est énorme. » Ce rîsque-à, éas ! étant putôt înconscîent, même en aîsant un gros efort de dîstancîatîon – que je m’engage à aîre –, je ne peux pas garantîr de e surmonter absoument. Ce « poîds du présent » dans a recerce sur e passé est souîgné égaement par Pau Veyne, quî e consîdère comme commun aux deux dîscîpînes. « es socîoogues et es îstorîens sont à paîndre » parce que « quand îs ont à décîfrer es motîvatîons des conduîtes umaînes, îs sont en présence d’un textedoubement brouîé; a soutîon que {es acteurs ont} coîsîe ne concîde jamaîs avec a ratîonaîté qu’on {e cerceur} pourraît uî supposer et e poîds {de eurs} dîférentes motîvatîons
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Jacques, 2002, p. 292. ïngebert, 2005, p. 8.
Introduction générale
6 sembe modîIé par es contraîntes de a soutîon. » C’est bîen à, en efet, un probème majeur sur eque je revîendraî, toujours avec ’aîde précîeuse de P. Veyne, dans ’întroductîon du capître ïïï de ce îvre. 2- Propositions pour une théorie sociologique de l’histoire
Tous es socîoogues ont eur conceptîon du monde, ondée sur eur expérîence personnee, sur des années d’observatîon, de recerce, de ecture et de réLexîon. Cette conceptîon reste souventîmpîcîteet je trouve que c’est 7 dommage. Je vaîs donc tenter d’expîcîter a mîenne, en însîstant bîen sur e aît que ce ne sont que desproposîtîons.
1 Proposîtîon 1.Les êtres umaîns, prîs en un temps et un îeu donnés(t ), sont 1 conrontés à des condîtîons d’exîstence(CExt )spécîiques (objectîves et subjectîves) érîtées de eur passé, auxquees îs doîvent s’adapter et sur esquees îs doîvent agîr pour survîvre.
Sî es êtres umaîns sont parvenus à s’adapter et à agîr sur eur envîronnement c’est parce qu’îs ont réussî à mettre en pace, non pas un cerce, maîs une 8 spîrae vertueuse (dont es produîts sont souvent cumuatîs ). Cette spîrae peut être expîcîtée comme suît :
a- pour survîvre dans eur envîronnement, îs ont cercé, trouvé et accumué desînnovatîons(tecnîques et socîaes) ;
b- es coectîvîtés quî ont adopté ces înnovatîons ont survécu mîeux que es 9 autres et eur mode de vîe a Inî par s’împoser à toutes (adaptatîon séectîve ) ;
c- eur créatîvîté cuturee, transmîse de génératîon en génératîon, a Inî 10 par engendrer des mutatîons génétîques, notamment dans eurs cerveaux ;
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Deux cîtatîons de Veyne, 1976, p. 667 (2x). Pour en savoîr pus, e ecteur peut consuter aussî un autre ouvrage, que j’aî consacré excusîvement à a téorîe socîoogîque :La Maîson du socîoogue. Pour une téorîe socîoogîque générae, Académîa, 2015. Sîgnaons cependant que cette « spîrae vertueuse » peut aussî être arrêtée dans son expansîon et qu’ee peut même régresser : beaucoup de coectîvîtés ont perdu es acquîs qu’ees avaîent accumués pendant des sîèces. Rome en est justement un exempe rappant. Je pare d’adaptatîon séectîve et non de « séectîon naturee », parce que ’adaptatîon séectîve est un processus au moîns partîeementîntentîonne,aors que a séectîon naturee dépend duasard, donc est aéatoîre. Voîr a crîtîque du modèe darwînîen par Aaîn Testart, 2012, p. 136-148. C’est en tout cas ce que suggéraît déjà e îvre magîstra du pîosope Henrî Bergson,L’évoutîon créatrîce. C’est aussî ce que conIrme aujourd’uî es recerces en socîobîoogîe : voîr ’ouvrage d’Edward O. Wîson et Cares umsden. (1981),Genes, Mînd and Cuture : he Coevoutîonary Process.
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