Ode au grand absent qui ne m'a jamais quitté

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L'auteur, fils d'un résistant français mort dans un camp nazi, se penche, dans ce livre, sur le destin de cet homme qu'il n'a pas connu mais qu'il a toujours vénéré. Au terme d'une longue quête qui le verra revenir sur les lieux de souffrance de son père et retrouver des documents longtemps enfouis, il parviendra à reconstituer le parcours de ce héros obscur dont l'image n'a jamais cessé de l'habiter.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
Lecture(s) : 2
EAN13 : 9782140005190
Nombre de pages : 206
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Jean-MichelGaussot
Ode au grand absent qui ne m’a jamais quitté
Récit d’un ls de résistant français
/ Récits
Rue des Écoles
ODE AU GRAND ABSENT QUI NE MA JAMAIS QUITTÉ
Rue des Écoles
Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques.
Déjà parus
Oudart (Paul),Une République digne, essai, 2016. Azema (Chantal), Histoire d’Alain Trioen, peintre de Montparnasse, récit, 2016. Meyer (Albert),Un siècle de souvenirs, récit, 2016. Assayag-Ghanem (Karen), Chamak (Marion),Un jour, les autres c’est nous, récit, 2016. Coet (Philippe),Une odeur de kérosène, roman, 2016. Jund (Bernard),Aie pas peur, Mémère, j’suis là, récit, 2016. Dupré (Bruno),Si tu veux une vie, vole-la !, roman, 2016. Cahour (Michel),Repères, nouvelles, 2016. Boileau (Clara),Une main sur votre épaule, 2015. Chatelain (Alexandre),Baby Lan, récit, 2015. Lemaître (Vincent),Autant qu’un naufragé, roman, 2015. Lapauw (Régis),Vivre autrement, récit, 2015.
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Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Jean-Michel GaussotOde au grand absent qui ne m’a jamais quitté Récit d’un fils de résistant français
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08613-2 EAN : 9782343086132
À mes filles
PRÉFACE
 Ce livre n’est pas une œuvre de fiction, pas même d’autofiction. Il s’agit d’un récit, conçu comme un hommage à mon père, qui fut arrêté par la Gestapo en mars 1944, sept mois avant ma naissance, et mourut dans un camp de concentration en avril 1945.
 J’y ai rapporté tout ce que je sais de lui, de l’adolescent choyé par ses parents, puis du jeune homme promis à un brillant avenir jusqu’à ce que son engagement dans la Résistance le réduise à l’état d’esclave condamné à une mort lente dans un camp nazi. Les témoignages de ses compagnons de détention m’ont permis de décrire dans le détail son parcours et ses conditions de survie jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent, une semaine avant la libération du camp de Wöbbelin. C’est dans des documents découverts tardivement, dans un dossier conservé à mon insu par ma mère, que j’ai puisé une grande partie des informations ayant trait spécifiquement à ces onze mois de captivité outre-Rhin. Les archives de l’Amicale de Neuengamme m’ont permis de compléter
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mes connaissances sur le camp central du même nom et les autres lieux de détention qui lui étaient rattachés.
 J’ai retracé aussi la longue et vaine attente de son retour par ma mère : sur ce point, je disposais des annotations portées au jour le jour par celle-ci dans ses agendas de 1944 et 1945, que j’ai trouvés dans ses affaires personnelles après son décès en 2012. Avec ses notes de 1943, que je possède également, elles fournissent un éclairage riche et précis sur la vie quotidienne d’une jeune bourgeoise de province fraîchement installée à Paris avec un mari dont elle ignorait les activités dans la Résistance puis, après l’arrestation de ce dernier, sur ses états d’âme, oscillant sans cesse entre l’espoir d’un retour prochain de l’homme qu’elle aimait et la crainte qu’il ne survive pas à la déportation.
 Une deuxième partie du récit porte sur mon enfance et mon adolescence sans ce père idéalisé, véritablement porté aux nues, mais avec lui néanmoins, tant il fut toujours présent dans mon imaginaire. Je n’ai pas voulu écrire à proprement parler desMémoireset ai décidé d’arrêter ma narration au seuil de l’âge adulte, même si ce « Grand Absent » a continué de m’accompagner sans cesse au cours des décennies suivantes. Il m’a semblé que j’en avais dit suffisamment de l’héritage à la fois si précieux et si lourd que je porte et porterai toujours en moi, et qui a largement déterminé les choix que j’ai dû faire au cours de ma vie.
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 Je sais si peu de choses de toi. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Lorsque je suis né, tu étais plongé dans la nuit et le brouillard de Fallersleben, camp extérieur de Neuengamme. Qui, en France, a entendu parler de Neuengamme, où pourtant davantage de Français ont été internés qu’à Mauthausen, presque autant qu’à Dachau, et où le taux de mortalité fut pour eux encore plus élevé que dans chacun de ces deux camps, de même que dans celui de Buchenwald ? Alors que près de la moitié des résistants français déportés en Allemagne ont survécu à ce que l’on appelle pudiquement l’expérience concentrationnaire, à peine plus d’un tiers sont revenus de Neuengamme et de ses quatre-vingt-septKommandosd’esclaves. Mais il n’y a pas d’images d’archives de la libération du camp central de Neuengamme, situé à proximité de Hambourg, car les nazis l’avaient évacué avant l’arrivée des troupes britanniques, effaçant presque toutes les traces de leurs crimes. D’où, sans doute, l’obscurité dans laquelle est
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