Regards du sud. Bribes de mémoire du XXè siècle finissant

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Cet essai est une somme de réflexions sur des expériences vécues pour restituer les bribes de mémoire des étapes physiques, intellectuelles, politiques de la première partie du parcours de l'auteur, les années 1950-2000. Sont ainsi abordées les problématiques des Empires coloniaux et leur effondrement, la montée fulgurante des superpuissances, les dynamiques de leur confrontation et du vaste mouvement de libération nationale ayant débouché sur la nouvelle aire géopolitique baptisée "Tiers-Monde".
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140006029
Nombre de pages : 380
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Regards du sud
e Bribes de mémoire du XX siècle finissant
Mohamed ALYCHÉRIFRegards du sud
e Bribes de mémoire du XX siècle finissant
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07157-2 EAN : 9782343071572
AVANT PROPOS Le présent ouvrage est un essai de rassemblement d’un certain nombre de faits et événements qui ont tout particulièrement marqué e l’hémisphère Sud, appelé tiers-monde, le XX siècle finissant. Notamment les processus de décolonisation et de mise au monde d’entités étatiques nouvelles dans le contexte géopolitique de la confrontation Est-Ouest alors baptisée « Guerre Froide ». Et à l’interne, des évolutions accélérées, fulgurantes mêmes, aux plans économique, social, culturel, induites par les dynamiques scientifiques, techniques et politiques qui ont si profondément bouleversé la vie de tous les jours, les horizons, les cadres de pensée et d’action à l’échelle individuelle et collective. Centrant les regards sur la Mauritanie au miroir du tiers-monde émergent, il fallait naturellement, d’abord, retracer le long itinéraire intellectuel et politique par où ma génération est entrée dans l’univers des réalités contemporaines. Pour passer à la lecture, autant que permettaient l’intelligibilité des choses et la complexité des situations offertes, des dimensions contrastées et d’amplitude variée qui prenaient forme. Je n’ai pas besoin de souligner tout ce que cet effort doit au privilège que j’eus d’accompagner l’homme d’État à l’envergure exceptionnelle que fut le président Moktar Ould Daddah dans l’œuvre d’édification nationale, et au fil des expériences vécues durant les innombrables et riches déplacements effectués à ses côtés à travers le monde. La spécificité des champs et la singularité des moments ont justifié l’ordonnancement du décryptage des défis, avec les réalisations accomplies, ou les ratés, pour mettre en lumière, sans parti pris excessif, les facteurs endogènes ou les contraintes externes qui ont balisé le parcours des États naissants. Le monde étant un, mais assis sur un socle toujours changeant, la question est enfin posée de savoir comment résoudre le problème de l’inadéquation entre la marche vers des solidarités quasi inexorables et l’intensification de conflits que l’histoire humaine ne saura sans doute jamais éteindre. Essayer d’atténuer les aspérités, énoncer comme possibles des convergences a minima… cela nécessite l’acceptation d’une certaine humilité et de quelque tolérance. Sans forcément recourir à tant de dialogues, où de discours à débats et ateliers, on n’a abouti, trop souvent, qu’à d’interminables impasses, qui cachent mal que la rhétorique des participants n’est que l’émanation de forces cherchant à pérenniser des intérêts et politiques de puissance, l’habit
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de l’anonymat des acteurs et rencontres n’étant conçu que pour mieux forcer l’adhésion du grand nombre, en tout cas des décideurs. Ou voiler les échecs des uns et des autres, permettant ainsi d’entreprendre d’autres initiatives… plus adaptées et généreuses ! Heureusement que l’histoire abonde d’autres exemples et chemins montrant que les pires situations et les voies obscures peuvent être vaincues. Et que les promesses d’une humanité réconciliée avec elle-même sur des bases plus saines sont encore réalisables, moyennant le bon sens, et beaucoup de courage et d’effort.
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INTRODUCTION Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, c’est d’abord et toujours, dans d’immenses régions du globe, de l’Europe occidentale que viennent les nouvelles du monde. Et d’abord en histoire, en géopolitique, où la Grande Guerre à peine éteinte, se dessinent et prennent corps d’horizons nouveaux, parfois sur les décombres d’entités qui ne cesseront de faire parler d’elles. Ainsi de la Grande-Bretagne et de la France, dont les vastes empires vacillent çà et là, avant des désintégrations parfois lentes, souvent brutales. Ayant déjà pris congé du sous-continent indien sans trop de tergiversation après la fin de la guerre 1939-1945 et s’apprêtant à le faire rapidement au Moyen-Orient, Londres qui a durement maté, mais sans vaincre, la rébellion Kényane des Mau Mau, ouvre un dialogue aux modalités diverses dans les autres colonies africaines. Et procède à un aggiornamento de la politique coloniale par la mise en place d’un Commonwealth qui sauve l’essentiel des intérêts de l’ex-Métropole, posant même les jalons d’une présence qui se révèlera plus durable et féconde au cours des mutations politiques, économiques et technologiques qui vont e e marquer le reste du XX et le début du XXIsiècle. La France, seconde puissance impériale, tarde, quant à elle, à tirer de grandes leçons des évolutions terribles qu’elle venait de vivre pourtant presque plus que tout autre État de l’Europe Occidentale au sortir de la guerre. L’Union Française que l’on essaie d’imposer à partir de 1946 est immédiatement rejetée par l’Extrême-Orient sous domination française. Avec comme conséquence, la guerre d’Indochine, déclenchée avant même que la France respire toute la liberté retrouvée. Guerre qui sera longue de plus de sept ans, avec la débâcle de l’armée coloniale à Diên Biên Phu en 1954. Et les retraits sans appel du lointain Orient. Retrait, dans la même foulée, selon d’autres formes, du Maroc, de la Tunisie. Mais pas de l’Algérie, département français à part entière qu’il est impensable de brader. Et c’est la longue, la terrible guerre d’Algérie. Sept ans, là encore, plus d’un million de victimes côté nationalistes. Appelés rebelles, Fellaghas, Français musulmans par les services et journaux coloniaux et même des journaux de grande réputation qui affichaient une neutralité lentement démentie. Avant de retrouver ce qu’ils ont toujours été : leur identité algérienne.
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