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Tchad, éloge des lumières obscures

De
173 pages

Cet essai convoque l'histoire sociopolitique du Tchad, depuis son indépendance en 1960, en identifiant les erreurs et bavures politiques qui ont plongé ce pays dans un engrenage couronné de 5 décennies de guerres et d'instabilités permanentes.

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Ajouté le : 01 janvier 2009
Lecture(s) : 217
EAN13 : 9782336252179
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TCHAD, ÉLOGE DES LUMIÈRES OBSCURES
Du sacre des cancres à la dynastie des pillards psychopathes

iÇ) L'Harmattan, 5-7, rue de l'Ecole

2008 polytechnique;

75005

Paris

http://www.!jbrairiehannattan.com diffusi on .harmattan@wanadoo.fr harmattan] @wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-07833-8 EAN : 9782296078338

Succès MASRA et Béral M. LE GRAND

TCHAD, ÉLOGE DES LUMIÈRES OBSCURES
Du sacre des cancres à la dynastie des pillards psychopathes

L'Harmattan

A tous

ceux qui croient

encore l'Afrique

à l'avenir

de

INTRODUCTION

Lorsque d'un peuple sont éclaireurs que des de bougres se prenant fous dieux sanguinaires coulant des blessures saurait être autrement ceux qui détiennent le bien en user pour leur l'exigence et la maturité

immature et amorphe, ne âmes malades, s'agisse-t-il pour des érudits, ou de seulement avides du miel des hommes, le destin ne pavé que de chaos. Car, pouvoir sont plus enclins à propre bon sens que pour de ceux qu'ils gouvernent.

Dès lors, gouverner et orienter le destin d'un peuple constitue, au demeurant, le mérite des seules consciences transcendant les égocentriques déshydratas individuels et assimilant la nécessité d'une appartenance commune. Cependant, l'évidente émergence de telle conscience demeure d'autant plus hypothétique que même les esprits les plus mal intentionnés se trouvent souvent doués d'autant d'aptitude et de talent à se montrer plus angéliques que les esprits véritablement bien intentionnés; contrastes et paradoxes que l'on doit, non pas à quelques efficacités intrinsèques de la malice, de la ruse, de l'hypocrisie ou de la malignité; mais au contraire, à l'âpreté, la rigueur et la minutie du raisonnable qui le place comme inaccessible à tous... Ainsi, il importe aujourd'hui, plus que jamais, qu'aux peuples n'ayant accédé que très récemment au libéralisme, les défenseurs de cette idéologie inculquent, au préalable, le véritable sens de la responsabilité patriotique. En effet, le

multipartisme, la promotion des droits humains, la séparation des pouvoirs ainsi que toutes les autres prérogatives de nos actuelles configurations démocratiques, relèvent de préambules qui, tant qu'ils ne s'identifient pas aux réelles préoccupations qui sont les nôtres, ne valent rien de mieux que des tissus d'épouvantails, des coquilles vides. Avant toutes les valeurs juridiques suscitant aujourd'hui tant d'engouement, nous ne pouvons ignorer l'existence de l'insurmontable paramètre de l'identité humaine. Sans une affirmation absolue de la dignité de la personne humaine, sans appréhension intelligible de ce qu'est cette dignité dans un contexte d'ensemble telle que la patrie, toute tentative d'affranchissement émancipateur ne peut ne pas étre certaine de demeurer une pieuse velléité... ! La LIBERTE est loin d'être assimilable à une CUIsme charitable où les plus laborieux se peineraient à concocter les mets et les clampins gourmets n'attendraient que la franche lippée. La LIBERTE est une valeur permanente et perpétuelle, toujours à refaire; et, toujours au

même prix. Les

«

plus grands

peuples»

de notre

monde auront donné leur vie, versé leur sang pour se délecter de la sève d'une liberté qu'ils ne se lassent pourtant jamais de vouloir chaque jour meilleure. Nous, peuples du tiers monde, peuples africains notamment, tant que nous n'aurons pas payé ce prix du sacrifice, nous continuerons de nous leurrer dans de vaines théories, le bec cloué dans le cul-de-sac de notre histoire L..Quoique tout peuple ait besoin d'une codification de son cadre communautaire, rien au monde n'est pire 6

qu'une réalités

codification aveugle qui se et des spécificités du peuple.

passe

des

Pour notre part, nous nous en irons signifier d'ores et déjà que les préoccupations qui sont aujourd'hui les nôtres sont des préoccupations d'ordre existentiel; de ce fait, les réponses juridiques que l'on s'obstine à vouloir y apporter relèvent de la nature de pures fictions. De même, quoique nous nous en tiendrons à notre histoire sociopolitique dans son sens noble du vécu, nous n'attacherons aucune importance à ces paramètres scientifiques que caractérise le scrupuleux suivi chronologique et qui n'amputent ni n'ajoutent à l'agencement des faits concrets. Le seul questionnement qui nous soit utile dans la recherche de notre épanouissement n'est pas celui tout simple d'identifier nos oppresseurs et détracteurs; mais celui nécessaire d'établir en quoi nous serions, nous-mêmes, complices, voire coupables de notre oppression. Ce que nous voudrions ici dire est d'autant moins aisé qu'il s'agit de restituer la réalité, la vérité selon laquelle un peuple est appelé à se créer, à

faire enfin

son

«

AUFKLÂRUNG

», son

« SIECLE

DE LUMIERES ». Cela est aussi d'autant moins aisé que quelques brouillons et simplistes esprits nous verraient user d'une lorgnette facile pour incriminer, à tour de bras, des personnages hasardeux. Enfin, ce que nous voudrions essayer de dire ici est d'autant plus délicat que la vie de notre ouvrage même demeure hypothétique dans un 7

monde où, rarissimes sont les âmes fortes qui ne frémissent point de dévoiler le vrai. Néanmoins, elles resteront ces paroles là, parce qu'écrites. Sans doute, des cœurs où règne encore l'honnêteté, un jour, leur donneront pleine vie I... En nous laissant couler dans l'âme, dans le cœur, dans le poignet, puis sous le bec de la plume, le sang viril hérité des entrailles maternelles, nous viendrons sans doute nous faire reléguer au rang de ces nombreux esprits incapables d'opprimer leurs pensées et que l'on traite de fous. D'aucuns se demandent, non sans raisons, s'il est sans danger cet écrit. D'autres se demandent s'il est politiquement opportun, dans un environnement comme le nôtre au Tchad et dans la plupart des pays africains où celui qui ne partage pas les mêmes visions politiques est un ennemi à abattre physiquement; d'autres encore s'il sera populaire cet écrit. Mais la conscience folle nous pose la

question

«

est-ce juste,

est-ce que les mots que

nous utilisons sont disproportionnés par rapport aux maux qui sont notre quotidien depuis belle lurette»? Aussi, ivres de ce sang viril, fous mêmes, nous hurlerons tout notre amour patriotique jusqu'au seuil de l'instant irréversible du trépas! Lorsque coule la plume féconde, courent nos âmes; fuyons, fuyons nos réalités, mais l'histoire nous rattrapera! L'Histoire nous rattrapera!

8

PREMIERE PARTIE. LE BAL DES CONS PATRIOTES

L'ivresse patriotique qui s'est emparée de la tête de l'Etat dès l'aube des Indépendances aura, à notre sens, été le jalon premier de l'actuelle impasse sociopolitique et culturelle du Tchad. Car l'on a beau être patriote convaincu, beau adorer sa terre-mère, il n'en demeure pas moins que l'on a nécessairement besoin de clairvoyance et de lucidité, au risque de se constituer prisonnier de sa propre passion et de se cloîtrer dans le dogme d'un acharnement intransigeant et aveugle. Il n'est absolument rien de si authentique à clamer aujourd'hui que la colonisation est une résultante des incommensurables bavures de la raison humaine, mues par nos égoïstes ambitions et qui s'identifie suffisamment aux honteuses logiques esclavagistes. Vraisemblablement fille de ces logiques, comme elles, la colonisation ne saurait être autrement perçue que comme une agression, un viol de la dignité humaine. Pourtant, la décolonisation constituerait-elle systématiquement la clef de la rédemption et de la liberté? A cette question, nous répondrons sans ambages, ni rhétorique...Non ! Et s'il est clairement entendu que notre propos ici ne sera ni de tenter de réhabiliter la colonisation, ni d'en purifier les évidentes abominations dans le flot d'un discours béatement stoïque; il ne sera pas moins entendu que nous aspirons beaucoup

moins à remâcher comme tant d'autres, la vielle viande héritée des chantres de l'indépendance et de la colonisation. Qu'est-ce à dire? Les éternels couples colonisation-décolonisation, dépendanceindépendance, ne portent en réalité leur antinomie que dans le charme de l'anti-thèse sémantique et demeurent sans accomplissement acquis dans le concret. Ce qui en de termes davantage explicites, veut dire qu'au-delà des théories conceptuelles et des bagarres idéologiques, ce sont l'engagement et la responsabilité des hommes et femmes qui leur assignent la condition de liberté ou de soumission. L'orgasmique fièvre indépendantiste qui, au lendemain de la deuxième Guerre Mondiale, a réveillé tant de zèle et de témérité en Afrique noire, n'aura pas eu que le seul mérite d'avoir revigoré la verve et le pédantisme anticolonialiste de la jeune littérature négro-africaine. Cette fièvre tout aussi fougueuse qu'euphorique aura donné lieu à l'émergence d'une fébrile faune politique, peuplée de patriotes, les uns tout aussi velléitaires que les autres... Au Tchad, engouement c'est à l'occasion de ce pandémique électrique que, très tôt, se

démarqueront
porteurs

des

«

pseudo-charismatiques

»,

d'un lourd destin.

10

CHAPITRE I. LE MARCHAND D'ILLUSIONS

Comme dans le processus individuel d'élaboration de la personnalité où la capacité à réfléchir de manière autonome ne peut être que la conséquence d'un métabolisme d'éducation, de culture et d'expériences diverses, la souveraineté d'un Etat ne saurait répondre d'une opération fortuite. Or, avant son âge de raison, son réel stade de maturité, l'individu connaît plusieurs étapes, révolutionnaires pour ainsi dire: des périodes de rébellion qui, pour autant ne constituent pas quelque preuve de maturité. Quoiqu'il en soit, il est évident que chacune de ces phases d'affirmation constitue un maillon indispensable dans la construction de la personnali té. Dans la naissance des Etats et leur marche vers la souveraineté, il s'établit une série de contextes historiques. Péripéties, drames ou épopées, ces expériences que collecte la roue de l'histoire comptent toujours pour quelque chose: elles constituent les gènes porteurs de la future identité souveraine. Ainsi, les nations qui triomphent de leur destin et affirment véritablement leur souveraineté, sont les seules qui ont été aptes à lire avec discernement et responsabilité chaque trait de leur histoire. Qu'on ne s'y méprenne pas, les expériences de l'histoire valent pour une Nation sa culture et son éducation. Chaque assimilation de ces expériences constitue

l'accomplissement réussi d'une processus de la souveraineté.

étape

dans

le

De même qu'il serait insensé de tenir pour de la maturité le tout premier coup de dents d'un nourrisson dans le sein de sa mère, il est dangereux de confondre la conscience patriotique au moindre sursaut contestataire d'un peuple dominé. Certes, toute révolte, toute contestation illustre une prise de conscience. Aussi toute conscience naît, croît et mûrit. Hélas, l'avidité des ambitions humaines se porte très souvent au-delà du raisonnable et n'offre guère l'occasion de la moindre critique, méme face aux décisions les plus lourdes de conséquences... Au Tchad, ceux que l'on a appelés les « premiers cadres)} du pays ont pour péché d'avoir pris leurs premières émulations culturelles pour de la maturité intellectuelle et politique. Cette intelligentsia embryonnaire composée d'Instituteurs, d'Infirmiers vétérinaires, de Moniteurs agricoles, d'Interprètes et autres Soldats ou Gardiens de la Paix, et qui constituaient la crème intellectuelle du pays, a dû obéir mécaniquement au mouvement protestataire d'ensemble qui traversait l'Afrique noire au nom du « Soleil des Indépendances)}. Les premiers mouvements syndicaux, les révoltes paysannes du sud du pays, pour avoir gagné quelques unes de leurs revendications, ont fait naître dans leurs esprits, l'agitante illusion de la compétence politique.. . Monsieur Président François TOMBALBAYE, de la République du Tchad 12 premIer comptait

évidemment parmi les éminentes personnalités de ce gratin intellectuel; car il n'était rien de moins qu'un Instituteur d'école, un éducateur. Comme cela l'est encore aujourd'hui, l'école était respectée et vénérée: elle était la prodigieuse industrie d'où sortaient les têtes pensantes du pays. D'ailleurs, c'est bien l'école coloniale qui avait donné à ces braves gens les silhouettes de la connaissance juridique: indépendance, souveraineté nationale, pour ne citer que cela; connaissances qui remuaient les esprits. Le demi savoir est une drogue; il permet difficilement de réaliser que l'on est fragile et que mieux vaudrait attendre et apprendre davantage pour s'affirmer. Si par l'école, nos « premiers)} cadres avaient pu comprendre que c'était en toute violation de notre intégrité humaine que l'Occident nous dominait et nous colonisait, avaient-ils seulement posé la question fondamentale de pourquoi, venu de si loin, l'Occident nous dominait et nous imposait sa vision du monde? Notre logique ici n'est aucunement de soutenir que nous aurions gagné à demeurer un peu plus longtemps colonisés. Non, car la question se place bien au-delà de la simple préoccupation de se soumettre à la puissance dominatrice ou de s'en déprendre. Mais il est sûr que toute confrontation ne saurait être menée à bien si l'on ne se donne le moindre mal de faire l'inventaire de ses forces et faiblesses. C'est donc cette absence d'esprit à inventorier nos moyens que nous reprochons à nos quémandeurs d'indépendance: nos têtes pensantes de la première heure. Ces hommes, et 13

c'est peu de le dire, ont imposé un sevrage brutal au pays du Tchad. Le pays n'avait pas les moyens humains d'accéder à la souveraineté ou du moins avait géré de façon catastrophique cette « souveraineté - évènement H. Monsieur François TOMBALBAYE, notre premier chef d'Etat, semble n'avoir pas eu le discernement nécessaire pour réaliser que diriger une nation est une mission bien plus délicate et exigeante que tenir en classe un troupeau de grimauds. Dans une classe, les écoliers sont des novices et aspirent tous à un même savoir, tandis que l'Etat, c'est le boulevard d'une infinité de diversités, voire de contradictions, que les hommes se doivent de parvenir nécessairement à concilier, dans un élan à la fois de relativisme et de fermeté; relativisme et donc douceur du cœur, mais aussi fermeté d'esprit. Ces diversités, fussent-elles sociales, culturelles, intellectuelles, sont autant de stratifications et de singularités qui constituent des poches d'énergie, les unes aussi indispensables que les autres à la projection et à l'accomplissement d'une communauté de destin. Dès lors, la responsabilité politique implique d'une part la capacité des hommes à décrypter avec clairvoyance chaque couche de ces stratifications répondant de l'histoire; et d'autre part, leur conscience de ce que la banalisation ou la négligence du moindre maillon de la chaîne de l'histoire implique à jamais une aporie dans la mémoire collective. Et c'est en cela que, pour garantir efficacement sa souveraineté, l'Etat se doit d'être posé d'abord comme un héritage; car

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seule la conscience d'un socle fiable d'une nation.

héritage

constitue

le

Il est donc évident à la lumière d'une telle définition que quiconque choisit de diriger une Nation ne choisit pas le repos. Cependant la difficulté de la tâche ne réside pas en ce que le Dirigeant doive s'interdire d'ignorer chaque foyer de valeur, chaque poche d'énergie. Le véritable défi, l'ambition et la vertu politique même, c'est de parvenir à construire un système à même de mettre en complicité l'ensemble de stratifications et singularités de l'Etat: faire en sorte que chacun, à sa place, joue un rôle indispensable à l'ensemble...L'opération se révèle d'autant plus délicate qu'elle ne saurait ne pas impliquer une analyse en deux temps. Premièrement, décrypter le fondement et l'orientation interne de chaque foyer d'énergie; et en second lieu, identifier le pôle par lequel il peut être mis en complicité avec l'ensemble de la chaîne. Plus explicitement, il s'agit de comprendre que dans un Etat, chaque secteur, chaque cercle humain, avant de répondre à la nécessité de composer avec un tout organique, constitue un système clair ou confus; mais du reste, bien établi... Face à une telle complexité inhérente à la volonté de diriger un destin politique, quiconque aspire à ce métier ne saurait se dérober à l'exigence de l'intelligence, de la lucidité et de la responsabilité. Qu'on l'admette ou non, diriger un Etat c'est se porter artisan de son maillage pensant: des dirigeants piètres ne peuvent bàtir une nation forte que par le plus pur des miracles...

15

Hélas, à la faveur de circonstances politiques et historiques brumeuses et confuses, ce fut Monsieur François TOMBALBAYE qui accéda à la téte de l'Etat; cet homme qui, à notre sens, pouvait être tout sauf un Homme d'Etat. Fort de son goût novateur, de sa passion aveugle pour le changement, Monsieur François TOMBALBAYE n'a pas attendu plus de trois années après son sacre pour faire un pied de nez au régime politique hérité de la colonisation. Sans explication autre que celle évidente et manifeste de son allergie à la contradiction, Monsieur François TOMBALBAYE supprima sans autre forme de procès, le multipartisme... Quelques esprits simplistes s'emploieraient encore aujourd'hui, sans vergogne à défendre la thèse stupide que, dans le contexte de l'époque, la pluralité d'opinions contribuerait moins à faire participer le peuple au débat qu'à fragiliser les grandes initiatives de rupture avec la puissance colonisatrice. Et pourtant, au Tchad, la nécessité d'une diversité d'opinions, au-delà du risque de voir revenir la domination, s'impose pour des raisons historiques et culturelles. Si du Nord au Sud, au gré du découpage géographique des forces d'occupation occidentales, le pays présente un paysage fort variant allant du désert à la savane en passant par montagnes et autres steppes; ce qu'il est impératif de ne point perdre de vue, c'est la diversité des croyances, mœurs et cultures dont certaines sont d'ailleurs héritées du colonisateur... De ce fait, aucun Dirigeant responsable ne saurait se soustraire à l'obligation d'œuvrer de manière à ce que puissent se sentir 16

représentées toutes les couches culturelles du Pays. Par ce postulat et cette exigence, loin de nous toute intention de prêcher une aumônerie étatique où l'assimilation et l'intégration sociopolitique se feraient à l'aveuglette, au mépris de tout critère de mérite et de compétence. Il s'agit, pour que la diversité culturelle du pays ne fasse pas le lit d'une foire d'empoignes mais constitue véritablement une richesse, d'élaborer un système rigoureux capable de promouvoir les atouts des uns et des autres en bannissant ce qui, chez chacun, se trouve de nature à compromettre la cohabitation. En clair, la meilleure manière qui soit de bâtir une jeune nation, c'est d'ériger la crème de tous ses atouts en ciment politique. Les sociétés humaines sont souvent enclines à sublimer leurs valeurs, manifestant ainsi une animosité farouche à toute intrusion, toute tentative de remise en question. C'est pourquoi le réflexe politique devrait consister à demeurer dans un élan interrogateur permanent: le courage politique, c'est l'aptitude à se placer en pivot au carrefour de toutes les divergences, en s'affranchissant à la fois du nombrilisme et de toute tolérance débonnaire. Le refus d'œuvrer à instituer une homogénéité consistante dans un peuple multiculturel constitue une insulte à l'histoire de ce peuple et ne peut que compromettre l'avènement d'une véritable nation. Cette réalité est, à notre sens, ce qui aura le mieux échappé à la connaissance du premier régime politique tchadien. Monsieur l'honnêteté François TOMBALBAYE, de le dire, garde tout le mérite 17 ayons de s'être