L'étrange secret de Marie Cloarec

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Lorsque Maître Lefort, notaire à Quimper, lui demande de rédiger son histoire, Gwenn Rosmadec n'imagine pas un seul instant qu'il va mettre le doigt sur un passé douloureux, au point que certaines personnes mal intentionnées n'hésiteront pas à le faire disparaître pour l'empêcher de découvrir le secret de Marie Cloarec.

Mais Gwenn n'est pas homme à se laisser faire. Déterminé à comprendre, de Bretagne jusqu'en Asie en passant par la Suisse, il ira chercher la vérité, aussi surprenante soit-elle, et saura, avec l’aide de sa charmante et téméraire épouse, Soazic, déterrer tous les secrets du passé.


Collection 38, rue du polar des Éditions du 38.
Publié le : mardi 3 mars 2015
Lecture(s) : 883
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791094725160
Nombre de pages : 95
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Extrait

L'étrange secret de Marie Cloarec
Alex Nicol


Pésentation

Lorsque Maître Lefort, notaire à Quimper, lui demande de rédiger son histoire, Gwenn Rosmadec n'imagine pas un seul instant qu'il va mettre le doigt sur un passé douloureux, au point que certaines personnes mal intentionnées n'hésiteront pas à le faire disparaître pour l'empêcher de découvrir le secret de Marie Cloarec.
Mais Gwenn n'est pas homme à se laisser faire. Déterminé à comprendre, de Bretagne jusqu'en Asie en passant par la Suisse, il ira chercher la vérité, aussi surprenante soit-elle, et saura, avec l’aide de sa charmante et téméraire épouse, Soazic, déterrer tous les secrets du passé.

Chapitre 1

Le petit bonhomme jovial qui faisait face à Gwenn Rosmadec exprimait par son regard de Bigouden toute la gratitude du monde.
— Ah, monsieur Rosmadec, votre rapport est extraordinaire. Vous avez trouvé des choses époustouflantes sur l’histoire de notre famille et je vous en suis très reconnaissant.
— Je suis heureux d’avoir contribué à apporter un éclairage nouveau sur des éléments de votre passé que vous ignoriez, mais vous savez, cher monsieur, dans mon métier, cela arrive régulièrement. Je ne suis qu’un passeur de paroles que je transcris en mots sur ma machine et que je vous restitue fidèlement ensuite.
— C’est vrai, mais vous écrivez rudement bien, monsieur Rosmadec. En relisant l’histoire de ma famille, j’ai failli croire que c’était un beau roman.
— La réalité rattrape souvent la fiction. Du reste, les écrivains ne peuvent guère inventer que ce que l’âme humaine s’efforce de forger. Mais je dois admettre que mon enquête est restée relativement simple. Tous ceux que j’ai sollicités pour une interview ont accepté de bonne grâce et n’ont guère tenté de dissimuler quoi que ce soit. Ensuite, les mots c’est comme de la bonne musique que l’on écrit sur une partition. Ceci dit, j’ai eu beaucoup de plaisir à effectuer ce travail pour vous. Le dossier relié que je vous ai remis devrait plaire à tous ceux, et ils sont nombreux chez vous, qui ont contribué à son élaboration.
Gwenn Rosmadec secoua sa tignasse rousse et se leva comme pour faire signe à son interlocuteur que l’entretien était terminé. Le vieux paysan en fit de même, serrant sur son cœur toute l’histoire de sa vie.
— Combien vous dois-je, monsieur Rosmadec ?
— Je vous enverrais ma facture d’honoraires par la poste. Je n’ai pas eu encore le temps de faire tous les calculs.
— Très bien, je vous remercie. Au revoir, monsieur Rosmadec.
— Au revoir, cher monsieur.
Gwenn raccompagna son client sur le perron et le regarda s’éloigner vers sa voiture. Il s’y engouffra en lançant un dernier joyeux « Kenavo ! », démarra et disparut bientôt dans le virage de la petite rue du lotissement où Gwenn avait installé son atelier d’écriture. La quarantaine sportive, Gwenn appréciait l’indépendance que procurait son nouveau métier. Grand, solide, vêtu d’un t-shirt blanc au logo du bagad local, d’un jeans plus que passé et d’une large ceinture de cuir mexicaine, il prenait la vie du côté épicurien et goûtait chaque minute que le Bon Dieu lui accordait. Une longue pratique du rugby lui avait enseigné les fondements du jeu collectif, la capacité à analyser rapidement la situation et l’art consommé de l’anticipation. Son nez cassé témoignait aussi de sa participation active aux mêlées et aux joyeuses agapes de la troisième mi-temps.

Nous étions mi-juillet ; une période de grand et beau soleil couvrait la Bretagne en général et le petit port de Sainte Marine en particulier où l’écrivain public Gwenn Rosmadec avait élu domicile. Sa maison blanche aux ardoises luisantes s’intégrait au paysage et avec le temps, les hortensias, les bruyères, le vieux chêne avaient fini par lui donner un air de petit bijou incrusté dans son écrin. Gwenn regarda le vert tendre du gazon qu’il avait coupé quelques jours plus tôt et huma l’air parfumé d’embruns iodés qu’un léger vent charriait depuis l’océan tout proche. Ce contact avec les éléments lui était nécessaire surtout après le long entretien qu’il venait d’avoir avec le vieux paysan. Il respira à pleins poumons un air parfumé d’aventures et de goémon arrachés aux rochers des Glénan. Dans un coin du jardin, Soazic son épouse, un sécateur à la main, taillait un massif de rosiers. Quelques goélands argentés filèrent au-dessus de sa tête vers quelque mystérieuse destination en lançant leurs cris stridents.
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