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Si près du malheur à Lille

De
42 pages
Michel a eu tort : il a lu le journal intime de Marianne. L’objet traînait sur la table de la cuisine et la tentation était trop forte. Quand il découvre que cette fille dont il est follement amoureux le trompe depuis plusieurs semaines, qu’elle est attirée par un autre homme et veut le quitter, il ne lui reste qu’une chose à faire. Définitive. Dans cinq semaines, se promet-il, Marianne sera morte.
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Si près du malheur à Lille
MichelQuint Illustrépar Pozla
Édité par la Société éditrice du Monde – 2015 80, boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris. Éditeurs : Hervé Lavergne et Pascale Sensarric Coordination éditoriale : Christine Ferniot Assistés par Teva Heuzard la Couture Création et mise en page : Denfert Consultants Coordination technique : Camille Lloret Direction artistique : Didier Hochet ISBN de la collection « Les Petits Polars » : 9782361562007 ISBN Si près du malheur à Lille : 9782363154910 Illustrations © Pozla
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Préface
Ouvrir un polar c’est avoir le choix entre plusieurs mondes : marcher sur les routes froides d’Islande en compagnie d’un commissaire qui préfère la réflexion silencieuse aux déductions bavardes. Arpenter les ruelles américaines sur les traces d’un tueur en série. Prendre un thé à l’arsenic avec une vieille Anglaise permanentée qui semble si charmante. Mais c’est aussi découvrir une ville, un lieu inattendu, historique ou actuel, grâce à des romanciers qui ont décidé d’en faire le décor parfait de leur nouvelle intrigue. Roman noir, suspense, thriller, enquête ou énigme, le polar est tout cela à la fois. Un terme générique, né dans les années 70, pour réunir les différentes couleurs du Noir. Cette année, neuf grands auteurs et illustrateurs de « Petits Polars » se sont installés dans l’Hexagone, entre Marseille et La Baule, Lyon et Le Touquet, Paris et Montpellier, Lille, Biarritz et Colmar. Ils ont investi les lieux, envisagé des intrigues, visité les quartiers, les jardins, les bâtiments, pour imaginer, chacun à leur manière, un polar inédit, illustré par un dessinateur qui les suit pas à pas, adaptant librement leur univers. Voici une quatrième saison qui scelle également la complicité entreLe Mondeet SNCF, décidés à marier la fiction policière et l’illustration contemporaine. Ce tour de France très particulier est aussi une manière de fêter les quinze ans du PRIX SNCF DU POLAR*, né en 2000. Un prix du public pour ce genre littéraire qu’on appelait autrefois « roman de gare ». Aujourd’hui, les prix de ces catégories se sont multipliés : roman toujours, mais également bande dessinée et court métrage, pour révéler chaque année de nouveaux talents. Desœuvres pour amateurs éclairés et simples curieux, des fictions inédites pour tous ceux qui aiment voyager avec « la crème du crime ». Nouveauté 2015, chaque nouvelle illustrée située dans une ville française est suivie d’une « échappée » journalistique et touristique au sortir de la gare. Rassurez-vous, avec ces nouvelles noires, il ne s’agit pas d’une simple promenade de santé !
SAISON 4 • Jérémie Guez & Jacques Ferrandez –Là-bas, c’est Marseille suivi d’une échappée à MARSEILLE EmmanuelGrand&PierrePlacePavillon rougeàLaBaule
EmmanuelGrand&PierrePlacePavillonrougeàLaBaule suivi d’une échappée à LA BAULE • Chantal Pelletier & Loustal –I Love Lyon suivi d’une échappée à LYON • Karim Miské & Florence Dupré la Tour –Les Filles du Touquet suivi d’une échappée au TOUQUET • Tito Topin & Vincent Gravé –Bloody Paris suivi d’une échappée à PARIS • Antoine Chainas & Anthony Pastor –Le soleil se couche parfois à Montpellier suivi d’une échappée à MONTPELLIER • Michel Quint & Pozla –Si près du malheur à Lille suivi d’une échappée à LILLE • Ian Manook & Hervé Bourhis –Retour à Biarritz suivi d’une échappée à Biarritz • Nicolas Mathieu & Florent Chavouet –Paris-Colmar suivi d’une échappée à COLMAR * Suivez le PRIX SNCF DU POLAR toute l’année sur polar.sncf.com, #PolarSNCF
Michel Quint nous entraîne dans le Vieux-Lille, une ville, un paysage qu’il connaît si bien, en compagnie de Bruno, l’instituteur et de ses amis de l’association, qui oeuvre pour les plus démunis. Son conte de Noël prend toutes les couleurs du noir lorsque Bruno croise Jessie et sa fille Line. Elles viennent du Sud-Est, apportant avec elles un passé difficile derrière leur accent chantant. Line rêve d’une panoplie d’arbitre de rugby, Bruno croit au grand amour, mais Jessie n’a plus beaucoup d’illusions. Un polar entre Nord et Sud, entre passions et rêves impossibles, puissamment illustré par Pozla.
Si près du malheur à Lille
Sur le ton lointain d’une maman qui sait qu’on va lui mentir, la petite fille a demandé si elle était bien chez monsieur le Père Noël. Quand il a entendu la question cérémonieuse derrière lui, Bruno Delage se demandait où classer un jeu de construction en bois, presque neuf, qu’on venait de lui déposer. Garçons ou filles ? Plutôt âgés de 3 ou de 5 ans ? Sans se retourner il a répondu que, exactement, vous y êtes, mais le patron est absent, parti faire préparer son traîneau, ses rennes. Seulement ensuite il a regardé par-dessus son épaule. Pas si grande, solide dans son anorak fuchsia, le visage mangé de grands yeux pâles, une énorme mousse de cheveux blonds, trèslittle lady au caractère trempé avec son menton levé, presque inquiétante de beauté lointaine, elle était debout dans le jour gris des hautes fenêtres, parmi une forêt de jouets de seconde main, comme une grande poupée, près de la porte qui donne sur le large couloir ouvert au milieu de l’ancienne Halle aux sucres, au bord d’un port fluvial disparu où des péniches, des bateaux faisaient commerce autrefois, dans le Vieux-Lille. Commissariat, mairie de quartier et des salles prêtées aux associations. La petite a fait un ah silencieux, et puis de cette voix sérieuse, appliquée : – J’ai bientôt 6 ans mais je sais déjà presque lire. En tout cas, « Noël » écrit sur le tissu dehors j’ai reconnu. Et comme c’est plein de jouets, j’ai devinéLà Bruno a pris des mines, regard circulaire et sourcils froncés, a mis un doigt devant ses lèvres, est venu s’accroupir près de la petite : – C’est bien, la grande école n’aura plus grand-chose à vous apprendre mademoiselle. L’inscription complète est « Noël des petits déshérités ». Vous comprenez, le Père Noël organise une distribution spéciale de cadeaux pour ceux qui n’ont pas de famille ou pas de maison– Et vous l’aidez ? – Chaque mercredi après-midi. Vous voyez toutes ces caisses sur les étagères : je range les jouets qu’il m’apporte avant qu’il lise son courrier, ses commandes, et fasse la répartition entre les enfants. Mais mon vrai métier c’est instituteur. Directeur d’école. – Alors il faut que je fasse une lettre pour demander ce que je veux ? Et dis-moi « tu ». – Bien aimableJe peux transmettre ta commande. Après, pour la livraison, ce n’est plus moi qui décide. Si tu as des parents, une adresse, peut-être il vaut mieux que tes cadeaux arrivent chez toi. Comment tu t’appelles mademoiselle ? – Paganel Emmeline. On dit Line. Et toi ? Avec maintenant, sur son prénom, l’ombre d’un accent du Sud. Bruno a redressé sa carcasse de mal nourri pas très grand, maigre comme un cent de clous disait sa mère, gueule de Quichotte, a passé une main sur ses cheveux pâles aussi ras que sa barbe, tiré sur les revers en fausse fourrure de sa canadienne et a tendu la main : – Bruno Delage. Enchanté. Écoute, je vais toujours prendre note de ce que tu désires et le Père Noël aviseraIl a contourné des tables couvertes de joujoux d’occasion, Playmobil, Lego, nounours, des piles de boîtes pleines de voitures téléguidées, de consoles de jeux vidéo. Putain de progrès, faire jouer des gosses à la guerre virtuelle ! Il a déniché son cartable et sorti un cahier de brouillon, un Bic, histoire de faire semblant. Cette petite sortait d’un bon milieu, habillée ainsi, cette façon de parler, ce Noël des nécessiteux n’était pas pour elle : – Nous disions, pour Line Paganel– Une panoplie d’arbitre de rugby.
LetempsqueBrunocommenceàpeinedécrirelacommandesursoncahier,qu’ilen mesure