A toujours ma concubine

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En Indochine, en pleine période coloniale, Michel Bouteille, un jeune lieutenant, arrive au Tonkin par un paquebot dans le port de Mui Ngoc, région où il est né et a passé son enfance. Deux ans après, sur la rive droite du fleuve Rouge, Michel fait la connaissance d'une chanteuse tonkinoise, Quy, belle et intelligente, dont la pudeur, la simplicité, la maladresse et la merveilleuse voix séduisent son coeur. L'été 1988, quelques années après leurs retrouvailles, lors de la célébration de leur mariage, Michel a déclaré, très ému : "Cinquante ans après, je l'aime comme au premier jour".
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
Lecture(s) : 76
EAN13 : 9782296705241
Nombre de pages : 212
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Voici à la fois « une histoire vraie, un roman, une légende ». C’est ainsi que Tran Thi Hao, présenteA toujours ma concubine. Et pourtant le livre est bien soustitré « roman ». Alors ? Et si la force de cette histoire tenaitjustement de ce mélange desgenres ? Car c’est tout d’abord une histoire, vraie ou inventée qu’importe, mais donnée pour vraie, avec des dates, des repères historiques, des événements dans lesquels les faits s’inscrivent, et prennent sens. Tout commence dans le Tonkin de l’Indochine coloniale, se prolonge dans l’occupation japonaise puis dans les deux guerres, la guerre « française » d’Indochine, la guerre « américaine » du Viêtnam, au terme de laquelle les aventures des deux principaux héros approchent d’un dénouement, ou plutôt des retrouvailles. Il y a aussi la France, entrevue, et l’Afrique, évoquée. En tout cas, l’Histoire est ici une composante nécessaire de l’histoire qui est racontée. Cette inscription dans l’Histoire est aussi inscription dans des cultures. Ainsi l’évocation de la viequotidienne fait référence aux usages, aux rites, aux fêtes et cérémonies, et aussi auxpréceptes de Confucius, ou, plus tard, du communisme. Quant au sort des enfants métis, et à celui des épouses ou concubines asiatiques de Français, il est révélateur des sociétés, des mentalités et des représentations, de leur lâcheté aussi, ou du décalage entre certains discours généreux et certaines attitudes oppressives. La misère, les misèresque subit l’héroïne en sont l’illustration éloquente. Des individus broyéspar le choc des idéologies, rencontrent aussi parfois des êtres sincères, compatissants, généreux, et survivent vaille que vaille aux événements contraires. C’est en même temps un roman, où l’auteur fait œuvre de création en donnant vie aux scènes de la vie quotidienne, aux émotions, aux pensées, au regard des uns et des autres, en variant
les points de vue aussi, que ce soit celui de l’héroïne, ou celui du père de ses enfants. Un Français, une Vietnamienne, unis et séparés, lointains et proches, deux univers que les circonstances tendent à séparer et que tout unit dans un amour exceptionnel. L’histoire vraie donne une armature, un squelette,que le roman enrobe de chair et de sang, auquel il insuffle la vie. Une légende enfin, car comment ne pas lire audelà des destins individuels une leçon symbolique, celleque tous les exilés, les réprouvés, les malheureux attendent, qui est celle de l’espérance, de l’amour plus fort que la vie et que la mort ? Dans cette histoire presque picaresque par ses rebondissements, dans ces héros tourmentéspar les tribulationsqui les éloignent, onpeutpercevoir des échos de vieux mythes des deux cultures, occidentale et asiatique, et comme un reflet du grand Kim Van Kieu, cette œuvre en vers dont chaque Vietnamien connaît quelques vers. Pour cette riche complexité, il faut souhaiter à ce roman – le genre qui les contient tous ! – de rencontrer ses lecteurs, tous ceux qui demandent à la littérature d’être à la fois vraie, imaginative, et inscrite dans les mythes les plus anciens, qu’elle renouvelle. Henri Copin
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Le présent roman raconte les vicissitudes de la vie d’un couple francovietnamien dont l’amour a débuté en pleine période coloniale. Dès que j’ai fait la connaissance de Quy, j’ai éprouvé une grande compassion et beaucoup d’admiration pour elle et son mari. Au moment où elle m’a confié avec des mots simples, en vietnamien, le récit de son émouvante histoire d’amour, Michel Bouteille, son mari, était décédé. Je lui ai rendu visite dans l’appartement où elle habite et où son mari et elle ont vécu, âgés, plusieurs années de vie heureuse après tant d’années de souffrances et de séparation. J’ai consulté les documents que Michel avait laissés pour mieux comprendre sa vie et son oeuvre. Mais dans ce grand nombre de livres, de documents, de dossiers dans sa bibliothèque familiale, ce n’était pas facile de trouver ce qui avait appartenu à sa vie professionnelle. De plus, les lettres qu’il avait écrites à Quy dans son carnet intime, étaient devenues illisibles avec le temps. Pour mieux comprendre la vie de ce couple pendant leurs premières années de concubinage au Tonkin, j’ai lu des livres abordant l’époque coloniale en Indochine. A peu près soixante ans sont passsés depuis la fin de la guerre d’Indochine, beaucoup de livres ont été écrits sur la colonisation française, sur cette guerre, sur la vie des Français pendant cette période, mais peu ou presque pas d’ouvrages relatant la vie des « Me Tây » (terme utilisé pour désigner les épouses des Français pendant la période coloniale française et dans les années qui suivirent. Il n’est heureusement plus employé). Ces femmes qui devaient rester dans leur pays après le départ de leur mari, de leur compagnon et dont la vie quotidienne était très difficile.
Cette histoire de Quy et de Michel a suscité en moi le désir irrésistible de faire du récit de leur vie, une « aventure ». Je me suis imprégnée au plus profond de moi de leur vie. Mais c’est mon imagination qui m’a conduite à mettre en scène, à décrire leurs premières rencontres, mais aussi celles entre Quy et la fille de son amie Liên, une métisse noire et à écrire à la place de Michel des lettres d’amour. Parfois, les aventures romanesques sont limitées par l’envie de relater l’histoire vraie des personnages. Parfois, pour faciliter la compréhension et ne pas alourdir l’écriture, le terme Vietnam sera utilisé le plus souvent pour désigner le pays. Car à cette époque, l’Indochine était composée du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Le Vietnam était divisé en trois régions administrées selon des statuts différents : Protectorats pour le Nord (Tonkin) et pour le Centre (Annam) et Colonie pour le Sud (Cochinchine). On avait l’habitude d’appeler les habitants du Vietnam soit des Indochinois, soit selon qu’ils étaient nés dans une des trois régions : des Tonkinois/es, des Annamites ou des Cochinchinois/es. Aussi, ce roman n’évite pas la maladresse d’utiliser les techniques romanesques ou quelque confusion pour la compréhen sion de l’ancien nom des régions du Vietnam. J’espère que les lecteurs laisseront passer les erreurs commises s’il y en a et que les descendants de Michel et de Quy me pardonneront d’avoir osé utiliser les protagonistes de cette belle histoire d’amour pour les transformer en personnages d’un roman, qu’ils comprendront que ma démarche exprime mon souhait de manifester toute l’affection, tout le respect et toute l’admiration que j’éprouve pour eux. Et je voudrais, à cette occasion, remercier plusieurs personnes qui ont contribué à faire de ce roman ce qu’il est devenu. J’ai une dette toute particulière envers Yveline FERAY, écrivaine française, auteure de plusieurs livres et romans, qui a
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